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The Raid 2: Berandal (2014)

The Raid 2: Berandal (Gareth Evans, 2014)

C’est rarement gagné d’avance quand, peu de temps après la sortie d’un film somme toute honnête ayant connu un vif succès d’estime auprès des amateurs, une suite est annoncée. Ca sent le cash-in facile, l’opportunisme, la volonté de faire du profit sur un nom encore frais dans la mémoire collective.

The Raid 2, ça avait toutes les raisons possibles d’être un navet nageant dans la redite, le premier film étant sympa, excellent dans son action mais sérieusement bancal sur sa progression, son scénario, le developpement de ses personnages et presque tout le reste en fait. Un excellent film à bas budget en résumé (1.000.000$). Cette suite, aussi incroyable que cela puisse paraître, gomme quasiment tous les défauts du premier jet.

Le budget est quatre fois supérieur au premier film, et ça se sent réellement. La photographie est bien meilleure, les décors plus nombreux, recherchés, les scènes d’action beaucoup plus diversifiées et la réalisation touche de près le top de ce qui peut se faire dans le genre du coté asiatique. Vraiment, la forme gagne en contours et c’est ce qui manquait au premier film.

Là où les choses s’améliorent significativement, c’est pourtant au niveau de l’intérêt global passé les scènes d’action. The Raid premier du nom n’était qu’un beat’em all cinématographique, certes maîtrisé, mais laissant quand même une impression de coquille vide dans son ensemble. C’est dur, ça castagne, mais au fond, pas de surprise, c’est creux. L’intrigue de Berandal n’est certainement pas novatrice ni excitante, mais suffisamment recherchée pour enfin donner du relief aux personnages: les enjeux sont enfin posés, le héros ne lutte pas inutilement contre une horde de sagouins « parce qu’il doit le faire », les méchants ne sont pas méchants juste parce qu’ils viennent de la té-ci, non, l’ambition est un peu plus haute.

Suite directe du premier film, Berandal est une histoire de vengeance avant tout, dans la plus pure tradition des films d’action asiatiques, les combats s’enchaînent et si le scénario n’est qu’un prétexte une fois de plus pour laisser parler les poings (et les pieds), il se laisse cette fois suivre avec intérêt, ce qui n’était certainement pas le cas du premier film. L’action, parlons-en, vous ne trouverez pas meilleur dans la catégorie Arts Martiaux avant un bon moment, et vous n’avez pas vu meilleur non plus depuis sûrement quelques années: ça envoie véritablement du bois, en pleine gueule, certainement surréaliste mais jouissif à un point indescriptible.

Les chorégraphies sont brutales, directes, sans fioritures, et suffisament inventives pour qu’on se souviennent de presque chacune. Le premier volet ne faisait pas dans la dentelle et s’est fait repérer pour cette raison, dites-vous que sa suite met les bouchées doubles et se targue en plus de ça d’être beaucoup plus lisible et diversifiée. Tout cela méritait-il pour autant 2h30 au compteur pour en arriver à son but ? Certainement pas non, le scénario aurait pu gagner à être raccourci à certains endroits, mais comme dit plus haut, l’intérêt s’en retrouve également décuplé, on a le temps de respirer, et savourer un peu plus les moments d’action quand ceux-ci prennent place, point qui manquait au premier volet mais n’était pas non plus un gros défaut, le film misant tout sur son rythme excessif.

Berandal est donc une suite réussie, qui enterre effectivement le premier volet sur quasiment tous les points. Cet épisode perd en intensité ce qu’il gagne en intérêt et c’est tant mieux en ce qui me concerne, on est cette fois en face d’un vrai film, et moins d’une démonstration de katas d’1h30. La durée divisera sûrement beaucoup de spectateurs, mais je n’ai pas vraiment de doute sur l’accueil global qu’il recevra: Berandal est objectivement bien meilleur que Redemption, et pour un film d’action, ça mérite d’être surligné avec trois fluos différents.

The Typing of the Dead: Overkill, un jeu qu’il est Mother-Putain-de-Fucking-Good.

The Typing of the Dead: Overkill

OVERKILL:   /oh-ver-kill/n

1. La capacité de détruire une cible en utilisant plus d’armes que nécessaire.
2. Excéder le niveau correct ou approprié, que ce soit par zèle, ou par manque de jugement.

Derrière cette intro qui en met plein la vue, et vous fait prendre conscience que vous allez lire quelques lignes d’un mec qui ne se prends pas pour de la merde, se cache en réalité un avertissement adressé aux plus sensibles. Si vous êtes arrivé sur cette page, peut-être était-ce suite à une erreur de navigation, votre unique main disponible ayant glissée sur le mauvais lien,la seconde étant trop occupée à d’autres activités qu’il serait
bon de ne pas mentionner pour votre honneur…

Ou bien, à l’inverse, étiez-vous parfaitement conscient de vos actes et souhaitiez lire quelques avis sur
un jeu -que dis-je, une légende- ayant déjà connu un succès non dissimulé auprès d’un certain public
il y a quelques années de cela, ce qui nous ne fait pas rajeunir, nous les vieux cons.
Si cette seconde option vous correspond, gardez vos deux mains en évidence et abordons les choses sérieuses.

Je précise donc d’emblée que cette review n’est que partiellement sponsorisée par les éditions Nathan, et que pour ceux qui n’auraient pas révisé la veille les origines de la série, le cours d’histoire ne se passe par ici, ça c’est dit. Maintenant qu’on est entre personnes respectables, vous n’êtes pas sans savoir que The House of the Dead: Overkill fût entre autres l’un des plus gros doigts d’honneur du jeu-vidéo adressé aux bien-pensants, et à ceux qui, se paluchants à l’époque sur divers FPS console simulants la vie du clone raté de Bob l’Éponge, renommé Savonette pour l’occasion, trouvaient bon ton de chier sur une console qui, à défaut d’avoir eu un soutien de qualité des éditeurs tiers, avait eu la volonté d’innover mais aussi de proposer en exclusivité 2 jeux figurants parmi les plus outranciers jamais sortis:celui dont je parle actuellement, si vous suivez toujours, et le
non moins fameux Madworld.

Certains d’entre vous auront reconnu que je parlais de la Wii, à moins que vous ne fassiez parti des affreux gugus décrits plus hauts et que pour vous, cette console rime toujours avec « Léa Passion FermeTaGueule » et « L’Entraînement Cérébrale du Professeur Fukushima », dans ce cas je vous invite prestement à quitter cette page, car même a 14 ans, j’avais du mal à rire de ces clichés, même en me forçant, surtout quand en face on ventait des jeux payés 70 balles mal dégrossis et dont la communauté n’avait rien à envier à une classe de CM1.
Je suis soigneux mon public, moi.

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BREF.

The House of the Dead: Overkill, détenteur officiel du record du monde d’insultes enregistrées sur un temps de dialogue donné dans un jeu-vidéo, était une mission risquée lancée par Sega, celle d’apporter des jeux matures sur une console d’une firme pas franchement réputée pour son soutien sur les jeux trop excessifs -et donc, à l’encontre de leur politique-, mais aussi d’emmerder profondément les mauvaises langues qui vouaient cette machine à trôner sur la table de nuit de ta petite soeur. Mission à haut risque, partiellement réussie: Madworld et Overkill auront unaninement reçu le salut critique des joueurs, malgré d’évidentes lacunes sur chacun des deux, mais le prix du risque aura eu un coût non négligeable: des ventes globalement maigres pour deux jeux qui auraient mérité beaucoup plus d’attention.

Moi j’ai envie de dire, les absents ont toujours tort, et je n’irais pas pleurer pour ceux qui à l’époque ont boudé ces deux tueries au profit de jeux plus commerciaux (ou merdiques, au choix). Nah.

Pour entretenir le brasier incandescent allumé par Overkill, Sega ayant bien compris que la préquelle de sa série phare n’avait pas les moyens de connaître le succès qu’elle méritait chez Nintendo, la firme se décide à porter le jeu chez la concurrence. Sony accueille donc une version « Extended Cut » d’Overkill deux ans plus tard, comprenant des graphismes revus à la hausse, un framerate bien plus stable (chose qui manquait à l’original), et de nouveaux niveaux rallongeants la durée de vie du soft. Que du bon donc,
mais une fois de plus, le succès ne sera pas au rendez-vous.

Le lifting graphique de l'Extended Cut d'Overkill reste appréciable même si le soft ne mise pas sur la puissance graphique.

Le lifting graphique de l’Extended Cut d’Overkill reste appréciable même si le soft ne mise pas tant sur son moteur.

 

La raison est cette fois plus évidente, arrivée du portage en toute discretion, peu de promotion, disponible depuis plus de deux ans chez Nintendo… à quoi bon s’y pencher? Sachant qu’en plus le PSMove nécessaire pour en profiter à 100% est un accessoire dispensable de la console que peu de personnes ont en leur possession. Un bide programmé qui ne démotivera cependant pas Sega à continuer sa croisade sur divers supports, en passant par les portables avec The Lost Reels, version peu jouable, amputée, et pour le coup dispensable du déjà culte Overkill. En même temps, c’est mérité, soit tu es une pédale de Candy Crush, soit un badass d’Overkill, mais pas les deux.

L’histoire me fait tout de même dire qu’après une bonne intention sur Wii, l’appel du pognon aura motivé Sega a surfer sur le succès culte d’Overkill pour user son modèle à toutes les sauces jusqu’à l’indigestion, tant mieux pour certains dirais-je, qui auront pu profiter de ce petit bonheur sur à peu près tous les supports récents, mais l’aspect commercial de la démarche reste cela dit bien présent. Mais bon, que voulez-vous, Overkill, c’est comme les fous, plus y’en a mieux c’est. Et c’est ainsi que…

Voyelle... Consonne... Consonne... SPELLED, Merci Bertrand on passe aux chiffres.

Voyelle… Consonne… Consonne… SPELLED, merci Bertrand on passe aux chiffres.

 

Portage teasé sur le site de Sega par l’intermédiaire d’un parternariat avec Des Chiffres & Des Lettres, puis annoncé et sorti le jour même, celui d’Halloween, histoire de faire les choses convenablement. Communication catastrophique donc, pour ce qui s’avère pourtant être la meilleure version du soft qu’on puisse trouver. Mais si vous avez bien lu, vous aurez remarqué qu’ici, il ne s’agit plus de « The House of the Dead: Overkill« , mais de « The Typing of the Dead: Overkill« . Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Hé bien tout simplement, au lieu de viser des hordes de mutants (et non pas de zombies, n’utilisez plus le Z-word), vous devez cette fois-ci les éliminer en faisant parler vos talents de dactylo en rédigeant les mots qui apparaissent à l’écran! …

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Holà, doucement! Précisément, vous « pouvez », car cette édition comprend également le jeu de base, dans toute sa splendeur, où les plus bourrins d’entre vous pourront s’amuser à faire des headshots à l’aide du pointeur classique de la série. On nous propose ici un double jeu, chaque type de gameplay étant scindé en deux progressions différentes, pour une rejouabilité gargantuesque si l’on accroche au soft.

Sachez tout de même que ce crossover pour amoureux de la dactylo ne date pas d’hier, les jeux originaux de la série ayant également connu ces spin-offs à leur époque sur Dreamcast, également salués par la critique pour leur inventivité et l’ingéniosité de l’idée malgré des apparences bancales à première vue.  C’est donc un double retour d’entre les morts (haha…) qu’opère (hoho…) The Typing of the Dead, ayant pour but de ramener à la vie un Overkill malmené depuis sa sortie originale, et une série de spin-offs de qualité oubliés par la plupart.

Et vous savez quoi, c’est réussi.

Oui, c’est réussi, The Typing of the Dead: Overkill est un jeu réussi, et putain je n’y croyais pas du tout tant la démarche semblait faussement honnête. L’équipe originale d’Headstrong Games ayant fait place à celle de Modern Dream pour ce portage, je suis en mesure de dire que ces petits gars ont fait un beau boulot de reconversion avec un court délai selon certaines interviews, pour un jeu qui ne me lassera jamais, et que la fanbase plus solide que les couilles du Terminator a accueilli avec plaisir malgré un prix un brin exagéré, aussi bon soit ce dépoussiérage. 18€ pour un classique de l’année 2009 enrichi de quelques bonus, cela pique un peu, mais la promotion d’un Humble Bundle où figurait la bête était tout simplement immanquable pour tout amateur de la série qui se respecte.

Le jeu, vous le connaissez déjà: ambiance Grindhouse bien crade, références au cinéma de genre brillantes, OST foutrement culte, dialogues orduriers à foison, one-liners en béton armé et gore outrancier, tout y est, en plus beau, en plus fin, en plus fluide, 200% Overkill pour une double ration dans la gueule qui plaira à un large nombre de joueurs, que l’on opte pour sa version dédiée aux pros du clavier, ou aux flingueurs invétérés qui préfèrent le feeling d’un bon vieux viseur. Ajoutez donc à cela les niveaux inédits de la version Extended Cut, la haute résolution, le multijoueur en ligne, les leaderboards, de nouveaux bonus et une parfaite intégration Steamworks avec cartes à échanger et tout le tralala, et vous avez tous les éléments nécessaires pour avoir le jeu ultime des soirées Bières-Pizza. La rejouabilité est évidemment l’un des points forts du titre, car si sa durée de vie
en ligne droite avoisine maximum les trois heures, le New Game +, les bonus en cours de route,
le scoring, la double progression et le multijoueur ajoutent une plus-value indescriptible
à l’ensemble rendant ce chiffre totalement caduque.

A noter que le jeu propose également des DLC de nouveaux mots pour la version Typing of the Dead, axés sur des genres précis: ainsi, selon vos préférences, et votre porte-monnaie, vous pourrez dézinguer de la carcasse en rédigeant de fabuleuses déclarations d’amour à base de « Sexual Tyrranosaur », « Furious Penis » ou bien « Hygenically Fucked », ou alors en citant les meilleurs passages de Rambo, Die Hard et bien d’autres avec
un contenu dédié au cinéma. Un beau programme qui coûte tout de même 3€ à l’unité,
ce qui a tendance à piquer le cul pour rester poli, mais bon.

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Oui enfin non. Retour au monde réel, celui où l’on doit se réveiller le matin et sortir ses poubelles, payer son loyer… Passons aux points négatifs donc.

Il y en a, peu heureusement, mais il me fallait les mentionner, histoire de vous convaincre que Sega n’a pas glissé un billet dans mon slip pour que j’encense ce jeu. Tout d’abord, si le multijoueur en ligne est une très belle idée, il faut tout simplement dire au revoir à la co-op locale. POURQUOI ?! Les bras m’en tombent. Je ne comprends toujours pas la raison, et j’ai eu beau chercher, la réponse des développeurs est claire, ça n’arrivera jamais pour des raisons techniques. Je comprends bien que la version Typing of the Dead soit difficilement jouable avec deux claviers, pas par faute du jeu mais de l’environnement sur lequel il tourne, insérer deux claviers en USB est évidemment possible mais quant à la reconnaissance de quelle touche a été saisie sur quel périphérique, c’est une autre histoire… Mais la version House of the Dead ? Pourquoi serait-ce impossible pour un joueur de viser à la souris, et l’autre au pad (si il est suicidaire) ? Tant de questions, peu de réponses, les soirées Bières-Pizza en prennent évidemment un coup avec cette lacune, mais il faudra faire avec… Flûte de pute.

Pour le reste, les détails sont mineurs (mais consentants): certains passages rajoutés de l’Extended Cut ont des problèmes d’effets audio manquants, Modern Dream l’a signalé lors d’interviews, mais cela était déjà dans le jeu de base, pourquoi ne les ont-ils pas corrigés, c’est une autre histoire… Ces moments restent cela dit assez rares pour ne pas gâcher l’expérience. Le fait amusant reste que ces fameux passages n’ont aucun problème notable lors des sessions multijoueurs… La qualité du portage en elle-même est au-delà de ça solide, n’ayant eu absolument aucun problème durant le jeu excepté quelques soucis de stabilité lors du multijoueur, assez vite résolus. L’absence de la séquence d’intro clin-d’oeil à Planet Terror avec la fameuse Strip-Teaseuse (deux mains sur le clavier j’ai dit) manque à l’appel également, chose bien dommage tant celle-ci était bonne (l’intro hein…), et de surcroît « remasterisée » dans la version Extended Cut. Ca fait chier donc.

On notera enfin l’absence de mode « Director’s Cut » pour la version Typing of the Dead, chose étonnante, qui en résulte au final que le mode House of the Dead est plus fourni en contenu que son homologue dédié aux dactylos, étant pourtant l’attrait principal de cette version PC. Un choix curieux, mais on fera avec.

Assez peu de défauts pour beaucoup de qualités, voilà comment résumer ce portage d’House of the Dead: Overkill, sur lequel je ne misais pourtant pas une couille. Modern Dream a réussi avec brio à redorer le blason du jeu original, en offrant aux joueurs PC une expérience efficace, maîtrisée et pas fainéante malgré quelques écueils. La conversion a été travaillée, cela se voit, et ça fait bien plaisir contrairement à beaucoup d’autres portages consoles dégueulasses de bout en bout.

Le rail-shooter est mort, House of the Dead: Overkill en est la preuve, et c’est franchement bon.

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Legacy of Kain: Blood Omen (PC) [1995]

« Il existe une opération magique, d’une importance maximum: l’initiation d’un nouvel Éon.
Lorsqu’il devient nécessaire, la planète toute entière doit baigner dans le sang. »

C’est sur ces mots de l’occultiste britannique Aleister Crowley que démarre l’un des récits les plus épiques et denses du Jeu-Vidéo, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on est prévenu d’office: la saga Legacy of Kain ne s’adresse pas aux jeunes joueurs et la maturité de son ambiance gore et gothique réserve ce Blood Omen à un public averti et, à l’époque, très exigeant.

Pour faire simple, ce titre est issu d’un autre temps (tout comme son discutable artwork sur PC, bien plus soignée pour sa présentation Playstation…), d’une autre période, où le Jeu-Vidéo était encore pointé du doigt comme un mauvais hobby, le vilain petit canard des arts modernes et de la technologie, réservant cette discipline à une catégorie de personnes assez restreinte et au courant de son actualité. En 1995, les joueurs étaient pour la plupart ce que l’on appelle de nos jours des « Hardcore Gamers », terme qui aujourd’hui a bien perdu de son sens, communauté assez à part et incomprise, souvent très élitiste pour qui la qualité d’une production se devait d’être exemplaire avant de lui assurer un semblant de succès commercial.
Les développeurs devaient rivaliser de prouesses, de technique et d’inventivité pour gagner la reconnaissance de cette meute affamée et espérer se démarquer du lot. Seuls les meilleurs passaient à la postérité, les autres, eux, restaient condamnés au grade de « seconds couteaux », que seuls les nostalgiques de l’époque peuvent encore se remémorer aujourd’hui. La publicité pour le genre n’existait pas ou peu, limitée à quelques magazines spécialisés vendus aux plus acharnés, le bouche à oreille était la meilleure façon d’être au courant des dernières actualités et des différents hits à ne surtout pas manquer.

L’artwork Playstation du jeu reste nettement supérieur à son homologue PC.

 

C’est dans ce cadre aujourd’hui révolu qu’est sorti ce premier épisode de la série Legacy of Kain, développé par Silicon Knights, petite boîte ayant auparavant donné naissance à quelques productions n’ayant pas marqué les esprits. Bien conscients qu’il fallait proposer une expérience nouvelle aux joueurs pour espérer convaincre un plus large public, Blood Omen est né de la volonté et l’ambition profonde d’une poignée de personnes d’offrir un voyage unique et jamais vu auparavant dans le domaine vidéo-ludique. Transpirante d’ingéniosité, impressionnante par sa richesse hors-norme et son scénario soigneusement étudié, sa mythologie très persistante et son univers particulièrement fouillé, la première aventure du vampire Kain marquait au fer rouge les amateurs d’Heroic-Fantasy et d’Aventure en tous genres, s’imposant à l’époque comme un divertissement unique et précurseur d’une horde de classiques ayant connus un succès retentissant.
En observant le gameplay de Blood Omen, on pense surtout au Hack’N’Slash, Diablo en tête, mais également à Baldur’s Gate. C’est également Fallout qui nous vient à l’esprit pour ces éléments de jeux de rôles caractéristiques et inhérents à la série. Blood Omen est arrivé bien avant tous ces titres et je mettrais ma main à couper que ces derniers n’auraient pas tout à fait eu le même aspect sans l’existence du dernier né de Silicon Knights. En dépit de son influence et de son succès critique, autant de la part des joueurs que des professionnels, cette première incursion dans l’univers de Nosgoth n’en reste pas moins un relatif échec commercial, lui conférant un statut culte de qualité dans l’ombre imposante de son petit frère Soul Reaver, sorti quelques années plus tard.

Blood Omen vous conte l’histoire de Kain, jeune noble preux et vaillant, qui fût un beau soir lâchement assassiné par une horde de brigands sans vergogne… Condamné à souffrir pour l’éternité dans un monde inférieur, Kain accepte sans hésitation la proposition de Mortanius, puissant nécromancien lui offrant la possibilité de se venger de ses agresseurs en recouvrant la vie. Il ne réalisait pas alors que ce choix allait impliquer de lourdes conséquences, la principale étant directement liée à la « nouvelle vie » promise par le sorcier: Kain retrouverait bel et bien les joies d’une existence en chair et en os, mais sous la forme d’un vampire, n’ayant d’humain que l’apparence lointaine et dont la soif de sang serait désormais intarissable… Un bien lourd fardeau à porter pour ce noble autrefois sans histoire, injustement abattu et dont l’unique motivation n’est désormais plus que la vengeance. C’est ainsi que Kain se met en route, franchissant cryptes et cimetières en direction de Ziegsturhl, lieu où s’est déroulé le tragique accident. Abattant sans pitié ses bourreaux d’autrefois, Kain réalise que son souhait est désormais exaucé, vengeance est faite, sa prochaine étape ne serait autre que le repos éternel… Mais, sous cette forme damnée, comment obtenir ce mérite ? Dans le doute, le chevalier vampire se remet en route, espérant trouver réponses à ses questions, et fait bien rapidement la connaissance d’Ariel, représentante de l’Équilibre du monde de Nosgoth. Cette dernière lui explique que la contrée est en danger, suite à un complot au sein même du Cercle des Neufs, protecteurs de Nosgoth et du destin du monde. En temps normal, Kain n’aurait eu que faire de ces histoires qui dépassaient de loin l’existence des humains, mais Mortanius l’informe que ses assassins étaient envoyés par l’un des gardiens corrompus du cercle… C’est donc dans un but à la fois personnel et moral que Kain part à la recherche des membres du cercle pour mettre fin aux maux de Nosgoth, et avant tout venger sa mort…

Au cours de l’aventure, Kain aura la possibilité de s’équiper d’un arsenal destructeur.

 

Le scénario de Blood Omen est aussi recherché que sa mythologie est profonde, Silicon Knights n’a rien laissé au hasard et a doté son titre d’un background prodigieux et rare à l’époque pour une production d’un studio tiers, un univers hautement détaillé, fourmillant de détails participants grandement à l’immersion du joueur, marquant d’un bout à l’autre et proposant de ce fait une expérience hors-norme. Des origines du monde à sa création, jusqu’à son anéantissement, tout vous sera conté au cours de votre périple, vous promettant une aventure haletante et épique dans tous les sens du terme. Blood Omen n’est pas qu’une simple histoire de vengeance, c’est une fresque détaillée de la destruction d’un monde et de la perfidie des entités le dirigeant.

Comme dit plus haut, le soft nous rappelle des classiques tels que Diablo ou Baldur’s Gate pour ne citer qu’eux, même si en vérité, ce serait plutôt ces deux derniers qui nous rappelleraient Blood Omen. Vous dirigez votre personnage vu du dessus, à la manière d’un jeu d’aventure comme Zelda, attaquant en temps réel vos ennemis et utilisant divers pouvoirs magiques pour vous débarrasser d’eux. Le système de combat est plutôt simple mais pas vraiment des plus précis, Kain dispose de plusieurs armes allant de l’épée au fléau, en passant par les haches, mais a malheureusement la souplesse de Goliath. Les coups sont relativement lents et il est parfois complexe de bien réagir face aux ennemis plus rapides qui vous toucheront sans mal, heureusement, pour palier à ce défaut, chaque attaque est dévastatrice et les pouvoirs amassés en cours de route surpuissants. Des pouvoirs d’ailleurs originaux et bien utiles, essentiels même quoi qu’optionnels au déroulement de l’aventure. Éclair, Possession des Corps, Douche de Sang, Invisibilité, Putréfaction des Cadavres ou encore la possibilité de se transformer en Loup-Garou vous seront octroyés si vous daignez explorer de fond en comble l’immense monde de Nosgoth. Vous aurez également la possibilité d’équiper Kain de nouvelles armures magiques lui permettant par exemple de repousser certains monstres, résister au feu ou attirer le sang versé par ses ennemis dans son propre corps, restaurant de ce fait votre « vie ». Car dans Blood Omen, pas de medkits, de potions ou de fées, mais l’élément principal de toute vie sur terre, le Sang… Quoi de plus normal pour un vampire me direz-vous ?

Se transformer en loup-garou est bien pratique pour arpenter le monde, et chasser…

 

La progression se fait par étapes, à chaque nouveau membre du cercle recherché, Kain devra visiter une nouvelle contrée, fort de nouveaux pouvoirs acquis en chemin lui permettant d’ouvrir de nouvelles routes auparavant inaccessibles. De très nombreux donjons vous attendent au cours de votre périple, ces zones étant d’ailleurs le point principal du jeu, à l’inverse d’un Zelda comportant quelques donjons majeurs et un grand monde central où la majorité de l’action aura lieue. Dans Blood Omen, votre périple est jonché de cavernes, châteaux et autres repères obscurs, autant dire que l’exploration est primordiale et la persévérance essentielle tant leur nombre est conséquent. Le Level design est très bien étudié et malgré l’abondance de ces zones, on ne ressent à aucun moment une impression de déjà vu ou de copié/collé. Les énigmes et mécanismes présents dans le jeu sont dans l’ensemble assez simples et se constituent pour la plupart de leviers, portes dérobées ou éléments magiques qu’il faudra actionner à l’aide de vos pouvoirs. L’utilisation des compétences de Kain est obligatoire pour venir à bout des épreuves que vous rencontrerez et une bonne logique sera bien évidemment de mise pour vous permettre de résoudre les mystères rencontrés au cours de l’aventure. L’obtention de nouvelles capacités est ainsi très fréquente et, si la majorité des donjons du jeu sont factices, il n’en reste pas moins plus qu’intéressant de les visiter afin d’améliorer les pouvoirs du vampire et ses compétences. L’interaction avec les personnages non-joueurs n’est malheureusement pas très exploitée, ainsi vous n’aurez jamais de « quête annexe » à résoudre, mais « seulement » une multitude d’endroits à visiter selon votre bon vouloir et le chemin emprunté.

Sur le plan technique, Blood Omen n’avait pas pour ambition de s’imposer comme une vitrine technologique et reste donc un cran en-deçà des productions moyennes de l’époque. Le moteur 2D utilisé se montre néanmoins convaincant dans l’absolu mais ne surprends à aucun moment, aussi, de nos jours, l’aspect « rusto » de la bête risque bien d’en effrayer certains. Les différents pouvoirs magiques sont joliment animés mais les éléments du décors tels que les maisons, villageois, ou la nature elle-même ne sont pas toujours resplendissants, le jeu se rattrape heureusement grâce à son design gothique parfaitement pensé et son identité visuelle très marquée.

Les donjons sont parfois coriaces, et les pics ne sont qu’un bien mince danger.

 

Identité renforcée par une bande-son en totale adéquation avec le récit, épique et sombre, vous promettant de longues heures de recherches accompagné des compositions de Steve Henifin. Mention toute particulière au splendide Bastion de Malek qui me donne toujours autant de frissons, et résume à lui seul l’héroïsme de l’aventure que vit le joueur. Des thèmes ambiants, empreints d’ambiances gothiques et médiévales très réussis, relativement peu nombreux mais de qualité plus que satisfaisante, auxquels s’ajoutent divers bruitages rythmant l’action, tous très réalistes. Les dialogues ne sont pas en marge et le jeu fût d’ailleurs reconnu sur ce plan dans sa version originale, proposant une interprétation très juste et poignante de la plupart des acteurs. Pour ce qui est de la version Française, on oscille entre l’excellent et le médiocre: ainsi, si la voix de Kain est tout à fait dans le ton et rapidement attachante, d’autres protagonistes comme Mortanius ou les gardiens des Forges de l’Esprit s’avèrent malheureusement plus comiques qu’effrayants, la faute à un doublage bancal et pas franchement peaufiné… Un contrat tout de même très bien honoré dans sa globalité qui restera tout de même inférieur à sa version originale, comme souvent à l’époque.

Pour les plus courageux, le monde de Nosgoth réservera de bien belles surprises à ceux qui auront le courage de s’y aventurer en profondeur, entre cavernes, châteaux, grottes et passages secrets, la durée de vie du soft s’élève à une bonne quarantaine d’heures pour en faire complètement le tour. Ceux qui sont en revanche plus préoccupés par le scénario que la vadrouille en pleine nature en verront la fin en un peu plus de 20h selon leurs prouesses d’aventurier.

Une fois armé de la Soul Reaver, Kain est un adversaire pratiquement invincible.

 

Quoi qu’il en  soit, Blood Omen reste un jeu exigeant mais néanmoins accessible à la plupart, pour peu que la motivation suive. L’aventure haletante, le scénario recherché, le gameplay simple et efficace et le rythme général de la progression suffisent à captiver le joueur pour lui offrir une expérience unique et mémorable, un petit coup de génie qui marquait les débuts d’une grande série… Et démontre par la même occasion que la seconde moitié des années 90 aura marqué un tournant pour le Jeu-Vidéo, essentiellement sur les qualités d’immersion. Sauter sur des ennemis ou tronçonner des démons sans but précis ne suffisait plus, tout avait déjà été dit dans ce domaine, il fallait désormais penser à entraîner le joueur au cœur même de l’action. Blood Omen est et reste incontestablement un nom à connaître quand on évoque cette significative évolution.

En résumé, une perle qui se doit d’être dépoussiérée, recommandée aux amateurs d’Aventure, d’Heroic-Fantasy et d’A-RPG dans la veine de Secret of Mana ou la série Zelda.
Vae Victis !

Comme d’habitude, n’hésitez pas à laisser un commentaire en tant qu’invité pour parler du jeu / de la chronique, ça fait toujours plaisir ;o)

Kreator + Morbid Angel + Nile + Fueled By Fire au Bataclan: 6 Novembre 2012

Putain ! Quel flyer mes amis. On peut dire que pour cette tournée, Kreator a su s’entourer de grands noms et de valeurs sûres. Exception faite du dernier nom, cette affiche présentée ci-dessus a de sérieux arguments pour réveiller les morts, et faire trembler plus d’un mur. Ce qui tremblera pour l’occasion, c’est le Bataclan tout entier, rien que ça mesdames messieurs. De passage sur la capitale ce Mardi 6 Novembre, Kreator a délivré ce soir une performance tout simplement hors du commun, épaulé par les légendes semi-déchues de Morbid Angel, les techniciens de Nile et les gros rigolos de Fueled By Fire, pour une soirée placée sous le signe du muscle, de la sueur et de l’extrême. Alors, quels sont les survivants, et qui sont les faibles ayant trépassés ? VERDICT !


Fueled By Fire

La soirée démarre tôt: 17h00 pour l’ouverture des portes, autant dire qu’il fallait prévoir sa journée de repos pour assister au spectacle dans son intégralité, d’autant plus que les horaires de passage annoncés ont été assez bien respectés, chose satisfaisante en comparaison du fiasco de la veille (W.A.S.P.). Cela dit, rassurez-vous, les retardataires n’ont pas loupé grand chose car les premiers à passer sur scène étaient les ricains de Fueled By Fire. Pour ceux qui ne connaissent pas, FBF est un groupe de Revival Thrash, remarqués par un certain nombre lors de la sortie de leur premier album « Spread The Fire » en 2006. Le succès du groupe aura cependant duré aussi longtemps qu’un pet de moustique, car comme beaucoup d’autres issus de cette scène, l’inspiration frôle de très près le bitume et l’innovation est parfaitement inexistante. En gros, à la première écoute, ça paraît génial, ça riff pas mal, y’a de bons soli ici et là, ça tabasse comme il faut… Mais une fois l’album terminé, on ne le réécoute pour ainsi dire plus jamais, le tout s’avérant d’une homogénéité effrayante et le contenu lyrique hilarant (en gros ça cause de tuer les poseurs, de thrasher à fond la baraque… pendant 50 minutes).
Bref, du Thrash chiant quoi, soyons francs.

En Live, c’est un peu pareil, en presque pire. Déjà d’une, quand on joue du Thrash, on se doit d’avoir une certaine présence scénique. Inciter à faire des moshpits, à « banger » nos « fucking heads » et tout le tralala, c’est bien beau, mais quand sur scène, on est aussi mobile et motivé qu’un poirier, forcément ça le fait pas. Pas du tout. Le lead-singer y mettait assez bien du sien, mais pour ce qui est du duo Guitare/Basse, carton rouge. Pas une parole, pas un mouvement. Rien. Musicalement, c’est cadré, c’est plutôt propre et en rythme, mais l’ambiance est navrante, vraiment. Essayer c’est bien, réussir c’est mieux, et Fueled By Fire essaie tellement que tous leurs efforts s’avèrent vains. Résultat: un public qui se fait chier dans sa grande majorité, dont moi. Oui, y’a pire comme groupe, mais c’est dommage pour eux, eux qui critiquent tellement les poseurs et le faux Thrash… Au final, qu’y a-t-il de plus faux qu’un groupe de Thrash qui n’arrive pas à mettre d’ambiance ? FUELED BY FAILURE !


Nile

La performance précédente était d’autant plus navrante que par la suite, le puissant Nile allait nous écraser sous ses riffs et ses splendides accords orientaux. Et là, on a eu droit à du lourd. Première chose qu’il faut faire remarquer, Nile en live est un groupe qui fait plaisir à voir, non pas seulement pour sa musique, mais pour le sourire affiché sur le visage de chacun de ses membres. Des musiciens motivés, heureux, en communion avec le public. J’ai rarement vu un groupe aussi rigoureux et heureux de jouer, encore moins dans le Death Metal, mais c’était vraiment réjouissant. Horns Up incessants de la part du nouveau bassiste Todd Ellis, qui m’a d’ailleurs repéré et m’a envoyé la setlist du concert à la fin du show ! C’était une parenthèse que je tenais à souligner, car vous en conviendrez, rien de pire sur scène qu’un groupe ayant l’air absent… Bref, qu’en est-il de la musique à part ça ?

N’étant pas un très grand connaisseur du groupe, j’y suis surtout allé en curieux, très intéressé de voir ce que pouvait donner cette ambiance orientale propre à leurs albums sur scène. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le show était très bien exécuté, musicalement splendide, et m’aura donné envie d’en découvrir plus sur eux. C’est quand même très positif ça, nan ? Une performance donc assez écrasante, énergique, puissante. C’est d’ailleurs le meilleur mot pour les qualifier je pense, la puissance dévoilée sur scène reflète assez bien le son de leurs albums, même si cela semble atténué par rapport au studio, la musique n’étant pas jouée par des brutes épaisses mais des musiciens assez normaux au final, toujours surprenant à voir. Pour ce qui est de la setlist, c’était très satisfaisant, moi-même ayant reconnus les grands titres du combo, il y en avait pour tous les goûts, du classique au plus récent. Le seul regret que j’en tire, c’est que le set n’ait pas été plus long, comme pour chaque groupe ce soir là d’ailleurs (sauf le premier hein). Un groupe que j’aimerais en tout cas revoir en live, et que je dois sérieusement approfondir.

Voici la setlist de Nile (9 titres):

Sacrifice Unto Sebek, Defiling The Gates of Ishtar, Kafir, Hittite During Incantation, Permitting The Noble Dead To Descent To The Underworld, Sarcophagus, The Inevitable Degradation of Flesh, Lashed to The Slave Stick, Black Seeds of Vengeance


Morbid Angel

Bon. Voilà un sujet épineux que j’aborde ici. Le cas Morbid Angel… Je ne saurais pas exactement vous l’expliquer, mais, je n’aime pas ce groupe. Pas beaucoup du moins. Je vois en Altars Of Madness l’un des albums les plus surestimés du Metal. Pionniers ? Certes, mais Possessed et son Seven Churches était là avant. « Maze of Torments » est excellente, « Chapel of Ghouls » une tuerie… le reste, un immense bordel surplombé de cris de guitares martyrisées. Insultez-moi si vous voulez, mais Morbid Angel n’a de légendaire pour moi que son batteur Pete Sandoval, qui je l’admets, est une putain de bête féroce. Trey Azagthoth force le respect aussi, mais je passe sous silence le reste du crew. Manque de pot, ce soir là, Pete Sandoval n’y était pas, visiblement toujours pas prêt à rejoindre le reste de son équipe (une blessure au bras avait-il dit il y a un an pour la précédente tournée, mais un an plus tard, toujours personne… Ca vaut mieux pour lui vu l’actualité du groupe me direz-vous). C’est donc toujours Tim Yeung qui le remplace sur scène, et si le nouveau venu est loin d’égaler le maître, force est de constater que c’est un batteur vraiment très doué qui mérite l’attention des amateurs, un jeu précis et véloce qui constitua pour moi le principal intérêt de la performance ce soir là. La performance, parlons-en… Vus au Hellfest en 2011, pour promouvoir la sortie de leur dernier étron (désolé mais là je pèse mes mots), j’étais parti en plein milieu suite à un enchaînement insoutenable de trois titres d’Illud Divinum Insanus.

Le Bataclan ayant promis sur son site que le groupe ne jouerait que des morceaux de ses deux premiers albums, je partais donc plutôt confiant pour assister à une représentation enthousiasmante, à défaut d’excellente… Résultat, mythos: le combo a joué un bon gros medley de toutes ses productions, de Altars of Madness a Formulas Fatal to The Flesh, en passant par leur dernière bouse… Alors, qui mentait, le groupe ou le Bataclan ? Toujours est-il que sur scène, c’était encore ni-chaud ni-froid pour moi. David Vincent et son beau brushing en font toujours des caisses, s’y croient trop, et énervent légèrement mon coté obscur. Trey Azagthoth, en revanche, a toujours la classe, c’était d’ailleurs lui le plus honorable ce soir là: calme, concentré, humble, plutôt content d’être là, mais sans en faire des tonnes. Destructhor ne me convainc toujours pas, statique et sans grand intérêt pour ma part, et comme je l’ai déjà dit, Tim Yeung était pour moi le grand intérêt de leur passage. Balèze, tout simplement, du haut niveau. La setlist avait son lot de tueries, au hasard, Chapel of Ghouls, Rapture, Where The Slime Live, mais les bouses n’ont pourtant pas été écartées, Nevermore et Existo Vulgoré n’ont strictement rien à foutre dans un concert de qualité, et on y a cependant eu droit, d’accords ou non. Bref, bien meilleurs qu’il y a un an et demi, mais toujours pas assez intéressants de mon coté… Jamais deux sans trois dit-on, la prochaine à intérêt d’envoyer, mais je ne crois plus au père noël depuis longtemps.

Morbid Angel aura joué 14 morceaux:

Immortal Rites, Fall From Grace, Rapture, Maze of Torment, Sworn to the Black, Existo Vulgoré, Nevermore, Lord of All Fevers and Plague, Chapel of Ghouls, Where the Slime Live, Blood on my Hands, Bil Ur-Sag, God of Emptiness, World of Shit (The Promised Land)



Kreator


Et ça y est ! On y est ! Le grand moment est arrivé. J’adore Kreator, j’ai mis du temps à les apprécier, mais avec le recul, je pense que le statut de meilleur groupe de Thrash pourrait très bien leur revenir tant ils ont contribué à façonner le son du genre, et plus encore, le faire évoluer. C’est bien simple, parmi les pionniers, Kreator est pour moi le seul groupe encore actif à proposer des albums réellement intéressants. Entre Pleasure To Kill et plus récemment Phantom Antichrist, la carrière de Kreator est ponctuée de classiques immortels du genre, tout simplement car ils n’ont jamais cherché à faire deux fois le même disque, ou reproduire un ancien succès, et c’est là la clé de la réussite. Pendant que Slayer cherche désespérément à refaire Reign In Blood depuis 10 ans, Kreator eux ont compris que Pleasure To Kill était un album inimitable, et ont donc évolué vers un style bien plus mélodique, virtuose que dans leur passé. Violent Revolution était un sérieux retour aux affaires après un léger passage à vide, montrant un groupe totalement changé, déjà maîtres d’un son tout nouveau pour eux. Enemy of God a confirmé tout cela et s’est inscrit aux cotés de Coma of Souls ou Extreme Agression sur la longue liste des références du combo. Tout cela, c’est de l’histoire. Kreator est actuellement en tournée pour promouvoir leur dernière bête, Phantom Antichrist, et le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas prêts d’être dépassés, plus encore, ils ont toujours de nouvelles choses à apprendre, aux nouveaux comme aux anciens.

Qu’on se le dise, Kreator est une bombe nucléaire en live. Un ouragan. Une putain de claque dans la gueule. Vus pour la première fois en 2011 au Hellfest, le groupe m’a simplement abasourdi par son énergie dévastatrice, encore plus marquée sur scène que sur album (!), mené par un Mille Petrozza dans une forme sur-olympique. Une violence inouïe, une technique remarquable, des morceaux qui font mouche à chaque coup, c’est simple, impossible de les surpasser en live. Kreator est l’expérience live la plus unique qu’il m’ait été donnée de voir, et la liste est pourtant déjà longue.Le concert démarre. Les lumières baissent, un rideau blanc se déroule devant les yeux du public. Projection d’un diaporama recensant des vidéos d’archives, des photos, et des miniatures défilantes de chaque album du groupe. Des cris de guerre pour Endless Pain, un triomphe pour Pleasure To Kill, un tonnerre d’applaudissement pour Coma of Souls, un bref encouragement pour Endorama, une ovation pour Enemy of God, et la guerre démarre ensuite pour Phantom Antichrist. Le rideau tombe, décor soigné sur scène, sculptures des chevaux damnés figurants sur la cover du dit-album, et grande estrade mettant en valeur Jürgen Reil, batteur et membre fondateur du groupe. Mille Petrozza a perdu du poids depuis notre dernière rencontre, mais l’âge n’a pas totalement épargné son apparence pour autant. Peu importe, du haut de ses 45 ans (46 le 18 Décembre, souhaitez-le lui !), le monsieur en impose à mort et s’avère incroyable en tant que lead-singer. Une rage hors du commun, ébouriffante, à tel point que je cherche actuellement mes mots pour la décrire. Je ne peux pas, il faut le voir, c’est impossible de synthétiser toute la puissance dégagée par Mille lors d’un concert de Kreator. Vous devez penser que j’en fais trop, que je m’emporte, mais tout ce que je dis est vrai, en attesteront ceux qui étaient présents et ont eu la chance d’assister au même spectacle.

« PARIS, ARE YOU HAVING A GOOD TIME TONIGHT ? ! » « PARIS, ARE YOU READYY ?!« . J’en tremble encore ! Quelle performance ce soir là, de chacun des membres du groupe, tous cadrés, souriants, à fond dans leur prestation. Mythique. Circle-Pits à profusion, moshpits d’une violence extrême, public qui chante en cœur des hymnes tels que « People of The Lie », « Hordes of Chaos », « Betrayer », « Civilization Collapse » ! Je m’en suis donné à cœur joie, connaissant tous les morceaux ou presque de la setlist, le moment fût intense pour moi et beaucoup d’autres, encouragé par Petrozza pour exploser le Bataclan. Explosion ayant eu lieue sur le final « Flag of Hate/Tormentor », Mille brandissant son mythique drapeau au-dessus de sa tête et hurlant à s’époumoner, signal de départ d’un circle-pit complètement timbré, mis à feu et à sang par un public en transe. « I Survived in the Moshpit », pouvait-on lire sur certains T-Shirts présents au merchandising, j’aurais dû en acheter un ! Et en plus d’avoir survécu, grand moment pour ma part, premier souvenir matériel récupéré d’un concert: comme tout bon groupe qui se respecte, les membres ont jeté certains de leurs accessoires en pâtures aux fauves, brassards et baguettes notamment. Étant placé au centre du pit, la place est idéale pour recevoir ces précieux trophées, manque de bol, le premier m’a échappé de peu, un brassard Kreator jeté par Mille me semble-t-il. Un peu dépité, je regarde les membres partir, jusqu’au moment où Jürgen s’approche et lance ses baguettes: la première n’était pas dans ma direction, tant pis, mais la seconde est parfaitement dans l’axe: je saute pour l’avoir, elle me glisse des doigts et tombe au sol, tout le monde se bouscule pour l’avoir… Mais j’en sors vainqueur !
Grand moment de fierté, hourra ! La salle se vide, et c’est déjà le moment de partir…

Setlist de Kreator, qui a joué 19 morceaux:

Phantom Antichrist, From Flood Into Fire, Enemy of God, Phobia, Hordes of Chaos, Civilization Collapse, Voices of the Dead, Extreme Aggression, People of the Lie, Death to the World, Coma of Souls / Endless Pain, Pleasure to Kill, The Patriarch, Violent Revolution, United in Hate, Betrayer, Flag of Hate, Tormentor

Pour conclure, Kreator a délivré une performance exceptionnelle qui restera dans les mémoires de ceux qui ont pu y assister, assurément.
Pour les accompagnateurs, les avis divergeront, mais je ne pense pas me tromper en disant que chaque personne ayant assisté au spectacle en sera repartie satisfaite, pour une raison ou une autre.

Un grand moment de Metal, et de musique, qui s’impose d’ores et déjà pour moi comme l’un de mes meilleurs souvenirs live, rien que ça.

N’hésitez pas à laisser un commentaire en tant qu’invité, pour parler de votre expérience et vous aussi, donner votre avis !

Morsay: La Vengeance (Truands 2 La Galère) (2012)

Morsay: La Vengeance (Truands 2 La Galère) (2012)

Petite piqûre de rappel avant de parler de ce chef-d’œuvre honteusement oublié à la cérémonie des Oscars 2012, je tenais en premier lieu à rappeler à mes lecteurs qui était l’illustre réalisateur de ce block-buster, à savoir Mohamed Mehadji, plus connu dans le paysage virtuel sous le nom de… Morsay.

Ahhh, Morsay… Sans doute l’une des « personnalités » françaises les plus drôles de ces dernières années. Involontairement, certes, mais drôle quand même. Tout comme Tony Montana, Morsay est parti de rien pour gravir les échelons de la société. A l’inverse, lui n’a jamais vraiment dépassé le statut de vendeur de frites. Initialement commerçant de T-Shirts à la sauvette avec son frère Zehef, Morsay est par la suite devenu une caricature du rappeur moderne, pseudo-podcasteur, membre de la mafia, dealer, proxénète et enfin Réalisateur ! Rien que ça mes amis, hé oui ! Ça vous en bouche un coin pas vrai ? Bref, une véritable réussite sociale. Ce drôle de pingouin aurait très bien pu rester dans l’ombre jusqu’à la fin de ses jours (ou à l’ombre, en fonction des évènements), mais c’était sans compter sur l’aide des Noelistes qui, en Février 2008, s’en prennent avec violence au rappeur suite à la publication de son plus grand hit, « On S’en Balle Les Couilles » (Non non je tiens à vous rassurer, je n’ai fait aucune faute, c’est lui même qui l’écrit comme ça, la preuve en vidéo).

Quelle nostalgie, dire que tout est parti de cette vidéo !

 

Suite aux attaques et provocations incessantes de cette communauté au bonnet rouge,  Morsay pète les plombs, il est « supervénèretaracelapute » comme on dit chez lui, et publie une vidéo qui fera rapidement le tour du net pour s’imposer comme l’un des phénomènes du Web les plus connus de France. La vidéo en question, intitulée « Morsay: Message à Internet » et longue d’une dizaine de minutes, nous montre l’intéressé en compagnie de tous ses amis du quartier (et de personnes probablement soudoyées), remerciant tout d’abord les gens qui le soutiennent (???), puis partant d’un seul coup dans un ballet d’insultes toutes plus improbables les unes que les autres en direction de ses détracteurs. Le vocabulaire du zouave est à peine plus complet que les instructions fournies sur l’emballage des éponges Spontex et se compose majoritairement d’insultes, parfois d’adjectifs, mais pas grand chose de plus, vraiment. Dans les citations les plus connues, nous évoquerons entre autre « J’te shlasse ta race », « Ta race la mère la pute », « Enculé de ta race » ou encore « Nique ta race ». L’individu semble en toute logique très concerné par le pédigrée et n’hésite pas à s’adresser à ses spectateurs en employant le terme de « Bâtards ».

Morsay en compagnie de son gang de rue. Notez la bille rouge, caractéristique des jouets et reproductions d'armes...

 

Véritable icône montante, Morsay se rend compte que ses pitreries lui apportent une certaine forme de succès sur la toile… Unanimement considéré comme l’un des derniers rebuts de l’humanité, le guignol n’en démord pas et utilisera depuis lors ce semblant de connerie pour s’illustrer dans des vidéos toutes plus provocantes, insultantes et ridicules les unes que les autres. Tout le monde le prend pour un con, mais ça, il s’en fout, il est connu et c’est ce qu’il veut ! Morsay se sera fait de nombreux ennemis sur la longue route du succès (ironie, ironie…), de la communauté Noeliste au rappeur Heenok Beauséjour, en passant par Marine Le Pen, cette dernière ayant d’ailleurs collé un procès sur le dos de son ami Cortex pour insultes et diffamations. En bref, le petit monde de Morsay tourne uniquement grâce à sa mauvaise réputation et sa crédibilité proche du néant. Reconnaissons lui tout de même un sacré sens de l’imagination, le gus nous surprenant toujours depuis plus de 4 ans dans ses projets de conquête du monde. Dernières idées en date ? Morsay Président, et celle qui nous intéresse le plus ici, Morsay Réalisateur !

Non non, ce n'est pas la nouvelle campagne des Restaus du Cœur, mais juste Morsay et son ami Cortex dans leur boutique de Clignancourt.

 

C’est l’heure de la review, disséquons ensemble les dessous du film le plus choquant, le plus controversé, le plus remarquable, le plus surprenant et le plus haï de ce début d’année 2012 (rayez les mentions inutiles). Ça commence fort avec une introduction réalisée sous Sony Vegas Pro, une police Sci-Fi affiche le titre ainsi que sa team d’élite sous fond d’un classique de Zehef, qui nous accueille par un « Wai Wai Wai ! Ze-Ze-Zehef ! ». Hum.

L’intrigue démarre dans un parc, Morsay est assis sur un banc en compagnie de Zehef et l’un de ses potes, s’insultant joyeusement de « braqueurs de merguez » et autres familiarités liées aux trafics du « gang » de « voyous », quand apparaît soudain une brigade de policiers en inspection de routine. Les deux frères décident de tenir tête à la police sans raison apparente, et là, c’est le drame: une véritable vendetta orchestrée par Steven Seagal éclate contre les forces de l’ordre, Morsay et Zehef sont dès lors rapidement mis sous détention pour violences sur agent. Persuadé d’avoir été pris comme cible par un flic véreux, Morsay sort de prison avec pour seul but de se venger de celui qui lui a tendu un piège. Zehef, quant à lui, prend du recul par rapport à ces évènements et aspire à une vie régulière, souhaitant créer sa propre marque de vêtements, « Truands 2 La Galère », et gagner sa vie de façon honnête… Mais c’était sans compter sur son frère qui enchaînera les coups foireux et s’attirera des embrouilles incontrôlables pour un petit truand de son espèce…

Le film se lance sur une touchante scène d'amitié et de fraternité.

 

Voilà pour le scénario. Là comme ça, vous imaginez sûrement un truc cool, croisement entre Scarface / La Haine, mais en fait non, c’est tout l’inverse, c’est même inimaginable je vous assure. Premièrement, la réalisation… Quelle réalisation mes amis. La Vengeance est de toute évidence un film bas budget, malgré les annonces de 65 millions d’euros dépensés (qui sont aussi vraies que les rumeurs sur la sexualité de Jean-Pierre Pernaut). Mise au point floue, caméra hésitante et tremblante, faux raccords, effets spéciaux (coups de feu) réalisés à l’aide d’After Effect, piste sonore mal balancée et régulièrement saturée (interview du juge par une journaliste: « AWOUBOUHAWHOBUHA verdict définitif ? AWOUBUBUBUH-ci beaucoup madame la juge« )… Le tout mélangé à des acteurs médiocres, vraisemblablement sélectionnés faute de mieux, et vous obtenez un film à peine plus professionnel qu’une pub pour le ketchup Heinz. Ici, point de perches micros dans le champ, il n’y en a pas, tout a été enregistré avec un Blackberry. Flûte alors, moi qui m’attendait à rire de ces détails comme je l’ai fait devant Black Dynamite, la déception fût rude. La bande-son ne fait qu’aggraver les choses, n’étant pas un grand amateur de Hip-Hop mais néanmoins de bonne musique, je pense, malgré mes lacunes, être en mesure d’affirmer que la quasi-intégralité du film nageait dans un énorme océan de merde, et c’est peu dire. Un Tsunami de mauvais-goût, de productions infâmes et de rap haineux. Vous voyez, on est déjà bien loin de La Haine.

Morsay au supermarché... La discrétion, c'est son rayon !

 

Parlons du script et des dialogues, sans doute le point le plus intéressant de tout ce joyeux bordel (ou pas). La Vengeance constitue une sorte de palmarès du grand n’importe quoi. Incohérent, grossier, ridicule et parfois incompréhensible, le film regorge de répliques croustillantes que l’amateur des Monty-Phyton ne saurait renier. S’enchaînent alors des scènes d’une absurdité incroyable, la plus connue étant probablement celle du tribunal: « Vous avez un regard bien énervé monsieur ! Comment qu’on dit chez vous ? … Ah oui, voilà. Vous avez un regard bien ZEHEF !« . Dans les grands moments forts, je pense également à cette fameuse scène où Morsay passe la nuit chez l’un de ses camarades de cité. « Putain comment vous puez des pieds les mecs un truc de ouf ! On dirait que y’a un rat crevé dans tes pieds ! Non mais vous vous lavez desfois sans déconner ?« … De la poésie moderne chiée contée par un cœur lourd et désespéré. Désespéré, tout comme Zehef, qui contre toute attente se révèle être le seul personnage un tant soit peu appréciable du film. Habituellement trois fois plus con que son illuminé frangin sur leurs vidéos de famille, le bougre s’avère fort attachant, comique, et presque convaincant dans son rôle de Grand Frère de l’Extrême. C’est également le seul « acteur » du film semblant doué de logique, ce qui n’est pas rien dans une fiction aussi surnaturelle !

La technique de Morsay pour terroriser ses adversaires ? Les noyer dans la salive.

 

Pour le reste, le film est entaché de scènes absolument ignobles et inutiles, une bonne moitié de l’action se résumant à la quête du sexe opposé par Morsay (quête qu’il finira inévitablement par échouer soit dit en passant),  où lui et l’un de ses affreux glands de compatriotes nous montreront toute l’étendue de leurs atouts de gentlemen. Si vous avez apprécié Hitch, Expert en Séduction, vous pourrez vous passer des conseils de Morsay, Expert en Riendutout, sachez-le. De plus, l’œuvre, que dis-je, cette fresque épique, s’étale sur deux longues heures, deux putains d’heures mesdames messieurs, et les deux génériques combinés ne dépassent pas la minute trente, ce n’est pas une illusion ! Il est évident que le film aurait aisément pu être tronqué d’une bonne heure (voire même carrément deux avec le recul), mais non, toujours plus long, toujours plus con, Morsay en rajoute couche pour ne laisser personne sur sa faim. J’attends impatiemment la version Blu-Ray 1080p Director’s Cut hein, attention, pré-commandée dès l’annonce même à la Fnouc du coin !

Passé l'heure, vous ferez à peu près la même tête que Zehef sur cette photo en regardant La Vengeance.

 

C’est bien simple, je ne peux que vous conseiller de regarder La Vengeance avec vos meilleurs amis, autour d’une bonne pizza et quelques bières, et surtout un téléphone à portée de main, en cas d’urgence décès ou tout autre effet secondaire dû au visionnage. C’est presque ce que j’ai fait, et j’ai passé un moment, honnêtement, vraiment amusant, quoi qu’infâme et trop long. La Vengeance se range dans le bas du classement « So Bad it’s Good« , de par sa stupidité sans bornes et son amateurisme aigu. Ses répliques cultes, ses incohérences et ses acteurs dignes des plus mauvais téléfilms érotiques vous feront passer un bon moment de rigolade bien gras, sans vous laisser un goût trop amer en fin de séance. On ne peut pas dire que je ne vous ai pas prévenu, c’est mauvais, c’est incroyablement mauvais, vous n’avez jamais rien vu de tel, mais ce film mérite d’être vu ! Ne serait-ce que pour relever un challenge et trouver quelque chose d’encore pire, si cela existe. Néanmoins, si ces deux heures devant la production des Truands 2 La Galère n’ont pas été les plus insupportables de ma vie, je me dois de rester objectif et vous alerter sur un point nettement plus sérieux, à savoir l’absence total de maturité, de sources, et de morale de ce film.

Je vous assure que ces doublages encryptés sont d'origine, aucune modification n'a été apportée. Notez que Sean Paul semble faire une apparition spéciale dans le film ! (sic)

 

La Vengeance, au-delà de son aspect grotesque, est un film haineux. Une production réalisée par des gamins, ni plus ni moins. Un délire entre potes qui, malheureusement, sera vu par un nombre conséquent de personnes. Les évènements de ce film sont, selon son affiche, basés sur des faits réels, ce qui n’est sûrement pas vrai mais suffit néanmoins à instaurer une très mauvaise image des ethnies / groupes représentés dans ce film. Non, les skinheads ne vénèrent pas tous Hitler. Non, Slayer, The Exploited et Cradle of Filth, présents sur diverses affiches à la fin du film, ne sont pas des groupes néo-nazis. Non, les gens de cité ne sont pas tous des « racailles » pour reprendre une expression bien connue, Morsay ne représente pas une généralité, ce sous-individu ne représente d’ailleurs rien ni personne, et n’a que pour seule utilité d’agrandir la haine infondée et le racisme des gens en France. Ce film est tellement puéril et provocant qu’il pourrait presque servir de propagande au service du Front-National, je pèse mes mots. Mais ça, c’est seulement la fiction, et l’image que La Vengeance donne des quartiers défavorisés. Morsay, tu es un con, et je te chie dessus.

Avis à son fan club ! Shlagetto apparaît dans le film, nous racontant sa bouleversante histoire. Un grand moment.

 

Sur ce je vous souhaite un « bon » film, en espérant que ces (trop nombreuses) lignes vous auront convaincu de voir en famille cette merveille du cinéma français !

Et en plus de ça, on termine sur une pointe d'humour... C'était pas du luxe.

 

[youtube.com/watch?v=e_IhCNno4No&feature=related]

Sepultura – Chaos A.D. (1993)

SEPULTURAChaos A.D. (1993)

Allez, je craque mon slip sur celui-ci et je rédige une critique très élogieuse en sachant parfaitement que je ne suis pas tout à fait objectif vis-à-vis de cet album, et que de toutes manières je ne pourrais jamais l’être.

Chaos A.D. est en fait le premier album de Metal que j’ai écouté. Je m’en souviens comme si c’était hier, je devais avoir 6 ou 7 ans, ma sœur possédait des tas d’albums de qualité variable, et notamment pas mal de vieux classiques Thrash / Death mainstreams et connus. Ce Chaos A.D. est passé dans mes oreilles un nombre incalculable de fois. Sur le poste quand j’étais à la maison, sur walkman quand j’étais en voiture, bref, je ne le lâchais pas.

Là vous vous dites qu’écouter du Metal quand on a 7 ans, c’est pas banal, mais je n’exagère vraiment pas, j’adorais ce disque, et pas seulement pour « la violence ». « Refuse/Resist » sonnait déjà pour moi comme un putain de tube, « Kaiowas » une curiosité toujours aussi intéressante aujourd’hui, et « Manifest » un vrai hymne au Headbang. Je ne savais pas ce que c’était à l’époque, mais bon, oui, j’Headbangais sur Sepultura bordel de dieu ! J’aurai pu tomber sur Korn, Limp Bizkit et pleins d’autres merdes en vogue vers la fin du second millénaire, mais non, c’est bien les Brésiliens qui ont retenu mon attention et je ne saurais jamais assez les remercier pour ça.

Chaos A.D. est souvent perçu comme le passage « sellout » de Sepultura, globalement très apprécié, mais néanmoins considéré comme le début de la fin. On est loin de Roots attention, mais on sent que le groupe cherche à toucher un public différent, peut-être plus large, et à verser un peu d’eau dans son vin. Pour ma part, grand bien leur en a pris, n’étant pas un grand amateur d’Arise, ce changement de direction passe beaucoup mieux chez moi, et ce n’est pas peu dire. Nostalgie mise à part, j’aime vraiment beaucoup cet album et considère toujours que c’est l’un des disques de Thrash les plus intéressants des 90’s.

La belle époque où Sepultura était encore considéré comme un grand groupe, et non un Running-Gag.

 

D’ailleurs, Thrash, Groove, qu’est-ce qu’on écoute ici ? Un peu des deux, mais attention, pas du Groove de pédale à la Lamb of God, ah non, le Groove qui bave bien et ferait trembler un éléphant. L’album reste tout de même majoritairement Thrash à mon humble avis, des titres comme « Manifest » (cette intro bon sang !), « Propaganda » ou « Biotech is Godzilla » ne font que confirmer cette impression. De l’autre coté, Sepultura ralentit le tempo avec brio sur « We Who are Not as Others », « Territory » ou l’excellente reprise de New Model Army, « The Hunt ». Le travail rythmique sur l’album est franchement monstrueux, les frangins Cavalera sont en grande forme et ça s’entend. En résulte un album où toutes les pistes prises indépendamment s’avèrent intéressantes, certaines plus que d’autres, mais la redondance n’ose même pas pointer le bout de son nez.

Les Brésiliens ont réussi leur coup, Chaos A.D. est un virage négocié avec succès, mais qui mènera malheureusement sur une route bien déserte dans le futur. Peut-être auraient-ils mieux fait de faire demi-tour ? On ne peux pas totalement leur en vouloir d’avoir proposé sur chaque galette une expérience différente, Sepultura était l’un des très gros espoirs du Metal en cette période, leur notoriété n’a fait qu’accentuer les espérances des auditeurs de l’époque, mais la chute n’en a été que plus difficile pour eux. Chaque groupe connaît un passage à vide un moment ou un autre, pour Sepultura, tout est parti de travers, leurs racines ont pris une place prépondérante dans leur musique, les tensions internes ont menées à un semi-fratricide et la rage d’antan s’est éclipsée au profit d’un… de quoi en fait ? J’en ai franchement rien à foutre pour être honnête, le groupe signe ici son testament, de fort belle manière, et c’est bien tout ce qui m’importe.

Chronique pas forcément objective mais j’en suis bien conscient, pour le reste, c’est à vous d’en juger. Pour cela je ne peux que vous conseiller de vous repencher sur ce disque, qui malgré la controverse, est, et reste un des albums majeurs du Metal des 90’s.

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Quake IV (PC) [2006]

Quake IV (PC) [2006]

Quake IV, ou la suite de l’un des plus grands (pour moi, le plus grand) FPS Multijoueur au monde… Succéder à un titre de cette envergure n’est pas chose aisée, le risque est grand. Trop grand… Fortement attendu à sa sortie, Quake IV aura suscité l’engouement des fans, la crainte également, mais n’aura laissé derrière lui qu’une brève vague de déceptions… Un jeu parti aussi vite qu’il est arrivé en somme.

Euh, tu veux un coup de main ?

 

Quake IV vous met dans la peau du soldat Matthew Kane, héros de la guerre contre les Stroggs, race Alien extrêmement agressive, n’ayant que pour seule ambition de conquérir la terre. Suite à la défaite du Makron (Commandant en chef des Stroggs, voir Quake II), l’armée Terrienne pense pouvoir mettre un terme à toute cette mascarade en détruisant la source même de la puissance ennemie, à savoir le Nexus, immense zone énergétique ralliant par la pensée l’intégralité des effectifs Stroggs… Détruire cette source aurait pour effet de rendre HS la totalité des troupes ennemies. C’est donc une tâche de la plus haute envergure qui vous est confiée, à savoir infiltrer les rangs opposer, exploser autant de crânes que possible et défoncer un sacré gros paquet de machines. Mais tout ne va pas se passer comme prévu…

Décidément, le futur, ça déconne pas. Les moustiques n'ont qu'à bien se tenir !

 

Quake IV à sa sortie a souffert d’une comparaison quasi-meurtrière pour lui avec un autre jeu bien connu d’ID Software, à savoir: Doom III. C’est très simple, Quake IV, c’est Doom III, mais avec plein d’alliés autour de toi. Le design intérieur est pour ainsi dire identique, le peu d’extérieur visité est fortement similaire à la base martienne de Phobos, quant aux ennemis… hé bien c’est Quake II en version HD, à peu d’effectifs près. On appréciera ou non le fan service évident qui reprends presque à l’animation près le comportement des monstres, pour ma part c’est un point sympathique qui me rappelle d’agréables souvenirs.

Bon, ils sont à trois dessus, moi pendant ce temps je reste en arrière, et je ramasse les éventuels morceaux.

 

En ce qui concerne l’arsenal, aucune surprise à l’horizon: l’intégralité du stock de Quake III est présent, à savoir des classiques comme le Railgun, Lightning Gun, Rocket Launcher, ou encore le Nailgun. Rien de plus, pas une once d’innovation malgré diverses améliorations déblocables en cours de route. De qui se moque-t-on ? Pour le gameplay, les cinq premières heures de jeu s’avèrent franchement lourdes, lentes, peu réactives et globalement inintéressantes. Le pilotage de différents véhicules est une nouveauté de l’épisode, et malheureusement, pas franchement la meilleure. Maniabilité très approximative et sans aucune sensation, les diverses phases de conduite s’avèrent laborieuses, et on est souvent bien content de repartir à pied. C’est suite à un malheureux accident (que je ne spoilerai pas) que le jeu commence à vraiment démarrer et gagner en vitesse: le strafe-jump est de retour, et on commence enfin à s’amuser à zigzaguer entre les hordes d’ennemis. Dommage tout de même que ce « démarrage » n’intervienne presque qu’à la moitié du jeu…

Je me demande où ce charlatan a bien obtenu son diplôme de dentiste.

 

Pour le reste, c’est extrêmement classique et poussiéreux: la difficulté est faible même en Hard, vos coéquipiers sont de vrais Rambos en puissance et sont souvent invincibles, ce qui vous permet de glander tranquillement pendant qu’eux font le ménage dans les lignes ennemies… Les 3/4 du jeu se déroulent de cette manière, ne cherchez pas à trouver un quelconque instinct de survie, il n’y en a presque pas. On notera tout de même une surabondance de gore et des environnements souvent très malsains, à l’instar des « camps de concentration » de l’épisode II. Vous avez intérêt à avoir l’estomac accroché car sur ce plan là, Quake IV est une bonne référence.
Alors au final, à part des tripes et un lointain bilan nostalgique, il reste quoi de ce nouvel épisode? Un multijoueur réussi… en tout point identique à celui de Quake III. Ah oui, j’avoue que l’attente valait son pesant d’or.

Le jeu à sa sortie était une belle référence graphique dans sa configuration maximale, rien à redire.

 

Quake IV n’est pas un mauvais FPS, mais juste un jeu extrêmement classique, déjà vu, sans originalité aucune… L’action débordante du second épisode s’est envolée, la nervosité du troisième disparue, et la peur du premier inexistante. ID Software avait confié le développement au studio Raven à l’époque, ce qui explique peut-être ce manque de personnalité et l’absence du savoir-faire légendaire de la firme… Reste au final un jeu qui satisfera difficilement les fans, et passera inaperçu auprès du grand public. C’est pas totalement étonnant j’ai envie de dire, et c’en est bien dommage.
NB: Comme pour Doom III, le doublage Français des protagonistes s’avère franchement réussi, un travail minutieux qu’on aimerait revoir plus souvent dans les productions de grande envergure.

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Extermination (PS2) [2001]

Extermination (PS2) [2001]

Dans la catégorie « perles oubliées », Extermination sur Playstation 2 mériterait sûrement une bonne place, certainement pas la meilleure mais son nom se doit d’être honoré compte tenu de ses qualités évidentes. Titre de lancement de la console, Extermination s’impose comme le premier Survival Horror de la bébête de Sony. Succès critique à sa sortie, le jeu n’a malheureusement pas vraiment réussi à s’imposer auprès du public, faute d’un manque de communication évident et du prix affolant de la machine à l’époque…

C’est en plein blizzard que l’action d’Extermination se déroule. Sortez couverts !

 

Extermination vous met dans la peau du Marine Dennis Riley. Soldat d’élite, vous et votre équipe êtes projetés en plein milieu d’une base de recherche scientifique, située en Antarctique, pour une mission de reconnaissance et de sauvetage. La base de Fort Stewart ayant rompu toute communication depuis un certain temps, c’est aux Marines de partir enquêter et trouver d’éventuelles explications à ce silence radio.
Arrivé sur place, vous vous rendez vite compte de la situation: la base semble avoir été désertée suite à une expérience ratée ayant lâché un virus dans tout le complexe. Les cadavres se relèvent, se transforment en monstres, les insectes ont subi d’effroyables mutations, les murs se remplissent progressivement d’une substance organique inconnue et vos amis y passent les uns après les autres. L’infection vous guette et les mesures d’urgence sont décrétées: Fort Stewart doit être rasé de la carte.

Drôle d’accueil… Les chiens de garde ont l’air plus problématiques que de simples Dobermans.

 

Le scénario, bien qu’assez classique, est plaisant à suivre, les rebondissements étant bien amenés et les personnages attachants, chose rare pour un Survival-Horror. Ponctué de nombreuses scènes cinématiques, la progression s’avère vraiment prenante et pour peu que l’on accroche au soft, difficile de lâcher la manette avant d’en apprendre plus sur le sort de nos héros. Le gameplay est malin et fluide, très proche d’un Metal Gear Solid: Dennis peut réaliser une palette d’actions étonnantes et acrobatiques afin de traverser les zones les plus dangereuses de la base. Réactif et simple à prendre en main, c’est un véritable « plaisir » de parcourir cette base fantôme. Le jeu ne met à votre disposition qu’une seule arme, un fusil tactique, que vous pourrez améliorer en cours de route en y incorporant, entre autres, un lance-flammes, un lance-grenades ou bien une batterie de missiles… Rien que ça !

Ces sangues sont responsables de la propagation de l’infection dans le complexe. Solution recommandée: le feu.

 

Coté ambiance, c’est du très bon: l’environnement graphique rappelle fortement des classiques comme The Thing (tempête de neige, monstres abominables, huis clos), et la tension est à son paroxysme dans les zones sombres. En plus d’une jauge de vie, le jeu vous montre un niveau d’infection progressive: plus vous êtes touché par les créatures, plus ce niveau augmente. Arrivé à 100%, vous devrez impérativement vous soigner dans un labo d’urgence, sous peine de vous aussi vous retrouver transformé. L’aspect sonore est une franche réussite, les musiques collent parfaitement à l’action, renforcent à merveille les scènes plus tragiques et contribuent énormément à l’ambiance d’insécurité permanente. Coté durée de vie, le soft montre ses points faibles: une rejouabilité relativement faible dû au peu d’éléments secrets à trouver, hormis les dogtags de votre équipe et les quelques rapports secrets, il ne faut pas s’attendre à une pelletée de bonus… Le tout se boucle en environ six ou huit heures selon votre niveau, et votre aptitude à résoudre les énigmes rencontrées en cours de jeu.

Surmonter les dangers de Fort Stewart ne sera pas chose aisée. Heureusement, Dennis est sacrément bien équipé.

 

Extermination n’a certainement pas réinventé le Survival-Horror mais a permis à la PS2 de se doter d’un titre à l’ambiance originale, bien réalisé et prenant pour sa sortie. Résolument mature, les amateurs du genre ne devraient pas être déçus par cette incursion au cœur de l’Antarctique, en dépit d’un classicisme évidemment dans sa progression.
En résumé ? Extermination, c’était du bon.

NB: Les versions US et PAL du jeu comportent de légères différences. Dans la version PAL, Dennis Riley apparaît vêtu d’un uniforme noir, et de cheveux courts, comme présenté en images plus haut. Le doublage est différent sur les principaux protagonistes, de qualité assez moyenne, et hors timing sur pas mal de scènes cinématiques. La version US présente Dennis dans un design totalement différent, vêtu d’une combinaison arctique comme dans la vidéo ci-dessous, et de cheveux mi-longs. Le doublage a également été refait, de qualité plus professionnelle cette fois-ci. Aucun autre changement notable si ce n’est la vitesse de jeu différente en fonction du 50hz/60hz en rigueur à l’époque.

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Sheitan (2006)

Alors comme ça, il paraît que j’ai des goûts douteux en cinéma. Bon, je le reconnais en partie, je cède souvent à la tentation et à la facilité. Ainsi, rire grassement et soupirer avec mépris devant le dernier Teen-Movie à la mode m’arrive plus souvent que de constater à quel point Jack Nicholson est un putain d’acteur comme on en a rarement vu. Dans un sens, regarder des films de merde à longueur de temps vous fait apprécier puissance 1000 de vrais chef-d’œuvre, et ça c’est un plaisir indescriptible que les explorateurs de chartes IMDB ne peuvent se permettre. Bon, bref, je suis l’expert du cinéma « Punk » et grossier que tout individu normalement constitué reniera avec dégoût, pour en rire secrètement avec ses potes à l’occasion.
Au moins vous savez à qui vous avez à faire.

Bref, aujourd’hui j’ai décidé de pondre quelques paragraphes sur Sheitan, de Kim Chapiron (Dog Pound), rien que pour vous, mais surtout faute d’avoir mieux à faire. Hum.


Sheitan, le film pas bien que tu vas aimer voir.

Avec une accroche pareille, il y a 75% de chances pour que mes potentiels lecteurs aient déjà quitté la page, donc je peux écrire à peu près ce que je veux. Non bon allez, je vais rester sérieux.
Sheitan est un film français, sorti en 2006 et dirigé par Kim Chapiron, qui nous offrait l’an passé l’excellent Dog Pound. Première expérience du jeune cinéaste, cette comédie noire malsaine à souhait et complètement frappée avait fait l’effet d’une bombe à retardement lors de sa sortie : Vincent Cassel dans un rôle de paysan déglingué et sataniste qui martyrise des racailles la veille de Noël, forcément, ça promettait du lourd. Le lourd, on l’a eu, dans tous les sens du terme d’ailleurs.

Le scénario écarte volontairement toute pensée philosophique et bonne morale et fait un très gros doigt d’honneur aux comédies beaufs dans lesquelles apparaissent, au hasard, Franck Dubosc (au hasard hein je répète). Nous suivons l’histoire d’une bande de petites frappes parisiennes au vocabulaire logeant sur une feuille (pas deux) de papier toilette Monoprix, pas attachants pour un sou et dont on ne leur souhaite qu’une seule chose: mourir. Jusque-là, un film d’horreur assez classique me direz-vous.
La joyeuse troupe décide, suite à une soirée un peu mouvementée, de prendre quelques jours de vacances et fêter Noël dans la maison de campagne d’une jeune pousse aux formes chaleureuses, interprétée par Roxane Mesquida. Loin de tout et perdus au beau milieu d’un environnement aussi passionnant que la Creuse, nos parisiens de choc vont passer un Noël qu’ils ne sont pas prêt d’oublier en la compagnie d’un hôte dérangeant et dérangé, campé à merveille par Vincent Cassel…

Rien que là, on sent une forme d'intelligence inconnue émaner des différents protagonistes

 

Vincent Cassel, bouffon du diable et plus encore.

Vous voyez José Bové ? Dolph Lundgreen ? Nicolas Sarkozy ? Pour une fois  ce dernier n’a rien fait et ne servira qu’à booster les résultats de recherches dirigeants vers mon article (je vous ai dit, je peux écrire ce que je veux, personne ne lit normalement passé le premier paragraphe, d’ailleurs je vous félicite si vous êtes encore là), en revanche si vous assemblez les deux premiers cités, vous obtenez Joseph, rôle de Cassel dans Sheitan. Véritable force de la nature, peu porté sur l’hygiène corporelle et les bonnes manières, cet autochtone envahissant et maladroit va faire vivre à la bande de jeunes le pire Noël qu’on puisse imaginer. Au programme, voyeurisme, violence volontaire, langage ordurier, excision d’organes divers et spécialités locales peu recommandables au voyageur en perdition.

Une bête féroce, un grand comique, le stéréotype grossier vulgaire du paysan, le mec qu’on connaît pas qui fait un peu flipper, le lourd qui s’incruste dès que possible… Vincent Cassel, dans Sheitan, c’est tout ça à la fois, et c’est franchement merveilleux. Les critiques s’accordent pour dire que sans sa performance,  le film n’aurait probablement pas fait grand bruit et n’aurait pas dépassé le cadre de la série Z, mais heureusement, c’est tout l’inverse. Point fort incontestable de la réalisation, ses frasques multiples ne manqueront pas de vous faire rire ou bien vous effrayer, et c’est d’ailleurs sur cet enchaînement d’émotions que Sheitan se démarque habilement des autres: passer du rire à la psychose en un claquement de doigts, c’est pas un phénomène très courant.

Vincent Cassel dans le rôle d'un paysan sataniste illetré... Saisissant de réalisme !

 

La blague qui tue ? Presque.

Comme je l’ai déjà dit plus haut (relisez bon sang..), Sheitan est un film très malsain, agrémenté d’un d’humour noir des plus borderline. Si la première moitié de cet obscène délire oscille entre la comédie et le nanar assumé, la seconde en revanche s’avère bien plus violente et troublante, voire provocante. Aucune compassion pour les héros, aucune envie de les aider, à vrai dire, tout dans ce film est prévu dans l’unique but de les voir souffrir et ne pas sortir en vie de cet enfer campagnard. A mi-chemin entre Texas Chainsaw, Halloween ou bien House of 1000 Corpses, que j’ai précédemment chroniqué (hé oui, là encore, relisez) , Sheitan combine d’une belle manière une atmosphère délirante et pourtant très tendue. Son scénario, très maigre et peu cohérent, ne restera pas gravé en mémoire bien longtemps, de même que son casting tout à fait moyen et fauché… Mais sa direction, son ambiance, son humour révoltant et la performance encore une fois excellente de Cassel suffiront à convaincre les fans d’Exploitation et de cinéma Trash à jeter un œil sur cet essai assez unique dans le paysage horrifique français…

Sheitan, en résumé ? Un film de fou, pour les fous.
Voilà qui devrait bien vous avancer !


PS : les plus malins d’entre vous auront remarqué une image subliminale d’un mauvais goût effroyable lors des premières secondes du générique final… très classe !

The Devil’s Rejects (2005)

Deux ans auparavant, House of 1000 Corpses nous entraînait dans les folles et furieuses aventures d’une famille pas vraiment comme les autres. Rob Zombie s’illustrait alors pour la première fois en tant que réalisateur, et si le bilan de cette première expérience aura été mitigé en termes de critiques, le public a quant à lui réagit de façon plutôt positive face à un film reçu à l’époque comme une bouffée d’air frais pour le cinéma Horrifique.

Il n’en fallait pas plus pour mettre en chantier la suite directe de ce succès commercial, et c’est donc sans (grande) surprise que The Devil’s Rejects voit le jour en 2005. Bon, revenons un peu sur les origines de cette fiction.

Ce qu’il faut savoir avant toute chose, c’est que cette suite ne continue aucunement la précédente histoire entamée (qui était déjà terminée de toutes façons), vous pouvez donc regarder ce second volet sans avoir jeté un œil au premier, vous ne serez absolument pas perdu. The Devil’s Rejects reprend les mêmes protagonistes, la même famille, la même maison, les mêmes ficelles, le même humour… Sauf que cette fois il y a un scénario ! Et des séquences originales même, si si je vous le jure !

Le Shérif John Wydell, dont le frère a été assassiné par le Captain Spaulding, est bien décidé à se venger.

 

Très nette évolution en comparaison de la précédente réalisation de Rob Zombie, qui gomme avec cette suite tous les défauts de son aînée. Finies les errances, exit les clichés, bonjour l’Amérique et ses routes ensoleillées !
Nous sommes cette fois du coté des « méchants », les Devil’s Rejects en question sont bien connus du public puisqu’il s’agit tout simplement de la famille Firefly, résidents et propriétaires de la Maison des 1000 Morts, accompagnés désormais de ce clown douteux qu’est le Captain Spaulding. Pourchassés pour leurs crimes et leur train de vie peu orthodoxe, la joyeuse troupe se retrouve en cavale et n’a pas d’autre alternative que de s’enfuir au plus vite de l’état.

C’est donc un Road-Movie sanglant, violent, sexy, drôle et inattendu qui démarre en trombe pour ne jamais ralentir, et ce pour notre plus grand plaisir. Moins glauque que son prédécesseur, plus gore que ce dernier, plus amusant et surtout mieux rythmé, The Devil’s Rejects s’adresse à un public bien plus large, j’irais même jusqu’à dire connaisseur ou non du cinéma Horrifique, car c’est justement là la force de ce film : mixer habilement un nombre très important d’influences pour ne tirer que le meilleur de chacune et proposer un divertissement mémorable qu’on prendra souvent plaisir à voir et revoir. Et de ce point de vue, c’est totalement réussi.

Bill Moseley dans le rôle d'Otis a gagné une barbe dans cette suite, en revanche, il a perdu quelques cases de plus.

 

Rob Zombie a réussi à faire table-rase du passé et repartir sur des bases totalement nouvelles, pour finalement proposer une fiction unique, et l’inscrire de ce fait comme l’une des productions Horrifique les plus rafraîchissantes des dix dernières années, assurément. Comme je l’ai dit plus haut, The Devil’s Rejects est un concentré de tout ce que l’on aime dans le cinéma d’Exploitation, qu’il soit moderne ou non.

La bande-son est une fois de plus très soignée, toujours bien accordée à l’action et soutenant avec brio le périple des trois timbrés à l’écran. The James Gang, Lynyrd Skynyrd, Buck Owens, Joe Walsh ou encore The Allman Brothers Band… Le réalisateur nous prouve de fort belle manière son bon goût pour le Blues Rock et les racines du Hard. La compilation de classiques proposée ravira à n’en pas douter les aficionados du genre.

Les timbrés sus-cités, eux, crèvent totalement l’écran avec une performance encore plus marquante qu’auparavant, Sid Haig est absolument déchaîné et sort des répliques cultes à tour de bras ( « What’s the matter kid, don’t you like clowns ? Why ? Don’t we make ya laugh, aren’t we fuckin’ funny ? » ), Bill Moseley pousse à son paroxysme son personnage d’Otis, maniaque violent, cynique et dérangé, et Sheri Moon Zombie, quant à elle, use à nouveau à merveille de ses atouts naturels… Oui bon, elle joue mieux aussi, et surtout, ne se comporte plus comme une gamine attardée, c’est un bon point !

Ah, lui, il n'aime pas les clowns apparemment, chose qui ne plaît pas vraiment au Captain Spaulding.

 

Au niveau de la réalisation, le film se veut plus classique et surtout moins hallucinogène que son prédécesseur : les plans ultra-saturés et les mini-clips n’ayant aucun rapport direct avec l’intrigue ont été supprimés pour plus de cohérence, l’aspect « malsain » est bien moins exploité visuellement et laisse place à des scènes tout aussi tendues, optant pour une violence plus psychologique désormais (la fameuse prise d’otages). Au final, Rob Zombie a changé de direction horrifique et livre ici un bilan plus solide et convainquant que précédemment, on perds en personnalité pour gagner en intérêt et ce n’est honnêtement pas plus mal.

 

En résumé ? Si vous avez aimé House of 1000 Corpses, vous aimerez The Devil’s Rejects. Si vous n’avez jamais vu le premier méfait, ce second opus vous donnera sûrement envie de le voir. Enfin, si plus généralement vous êtes un amateur d’Horreur, d’humour noir, de Road-Movies et de vieux Rock, vous serez aux anges avec cette production déjà culte des années 2000, cocktail détonnant et dépaysant réalisé d’une étonnante main de maître par un artiste souvent controversé dans son milieu.
Rob Zombie, meilleur réalisateur que musicien ? C’est encore un peu tôt pour le dire, mais The Devil’s Rejects est sans conteste l’un des hauts-faits de sa carrière.

Chapeau le Zombie.