Archives de Tag: swedish

Syphilitic Vaginas – Complete Studio Collection (2008)

acov_tid150954

Personne ne sait si ils sont Suédois ou bien Japonais, ce qui est sûr, c’est que dans un cas comme dans l’autre, SYPHILITIC VAGINAS rend hommage au Hardcore Japonais d’une fort belle manière en reprenant le flambeau là où G.I.S.M. et Zouo l’ont laissé vers la fin des années 80: en pleine migration vers
le Heavy et le Speed Metal de badass !

Cette compilation comprend donc l’ensemble de leur carrière sortie avant 2008, que ce soit les albums, les splits et les EPs, tout y est, et c’est servi sur un plateau en argent qui brûle les doigts dès qu’on pose la main dessus. Juste dommage de ne pas y trouver Alpha Antichrist et quelques projets sortis par la suite donc, mais bon, on ne va pas se plaindre vu que tout ce matériel est de toute manière out of print depuis longtemps.

SYPHILITIC VAGINAS est le groupe de « Speed qui Black » ultime, c’est simple, leur recette est excellente, leurs riffs sont destructeurs et on en trouve pas deux pareils. C’est assez rare pour les groupes du genre de ne pas faire dans la redite, mais vraiment, chaque morceau est une tuerie et se remémore facilement, assez incroyable vu la quantité de titres présents sur cette compil’ et leur durée. Ou peut-être est-ce là leur secret…

D’entrée de jeu, on est prévenu, « Inferno Rider » sonne comme une version sur-protéinée du premier Bathory, ça tranche dans le lard, c’est incisif, et c’est d’un fun indescriptible. Les influences du groupe sont évidentes et faciles à reconnaître pour qui touche de près ou de loin aux différents genres abordés, il y a du G.I.S.M., du Zouo, du Venom, une forte dose de Motörhead et du speed metal dans la veine d’Exciter ou Oz. Loin de ne faire jouer que la carte de la nostalgie ou du worship, ces malades imposent leur patte en mélangeant tout ça pour obtenir un son dopé à la TNT chargée dans un M-16 qui fait mouche à tous les coups.

Ce serait compliqué de prendre quelques morceaux au hasard tant il y a de tubes, mais avec des bombes comme « Motor Demon », « Possessed To Fuck », « Command Us Satan » et son chant Heavy débraillé, ou encore « Making Love With Devil », parfaite cover de Zouo, il y a de quoi casser la baraque à maintes reprises pendant 1h20 de surpuissance nucléaire. L’ensemble de leur disco s’enchaîne, mais les coupures ne gênent aucunement l’écoute, on passe d’un album à l’autre sans temps mort ni changement de son trop brutal, le groupe n’ayant de toutes manières jamais vraiment changé sa recette et sorti que des albums de très courte durée. Et puis, avec si peu de sorties, pourquoi chercher à se renouveller quand à chaque fois on en redemande plus arrivé au dernier morceau ?

Cette Complete Studio Collection a également le mérite de proposer une qualité audio au top vu son pressage CD, le restant de leur matériel n’étant dispo qu’en LPs, très compliqués à trouver de nos jours, c’est plus qu’une alternative de choix pour avoir l’essentiel du groupe sous la main doublé d’un son irréprochable. La prod, parlons-en: tout ce qu’on peut rêver dans le genre. Ca crépite, ça grince, c’est saturé à l’extrême mais mixé à la perfection, aucun instrument ni la voix ne prennent le dessus sur le reste, ça aurait pu sortir dans les années 80 qu’on l’aurait cru sans problème. Un son qui a du charme et reproduit donc, encore une fois, avec beaucoup de soin l’expérience que pouvait procurer une bonne platine et une collec’ de vinyles 25 ans plus tôt.

Je termine enfin pour dire que si vous cherchez un album décomplexé, headbanguant au possible et mélangeant parfaitement Black et Speed Metal, vous êtes en face de l’ultime référence dans le genre. On a pas fait mieux avant, on fera difficilement mieux plus tard. Plus qu’une simple compilation, cet album est un must-have pour les fans des sous-genres cités et les Thrasheurs aux dents longues, ou simplement ceux qui veulent se défouler un bon coup en poussant le son à fond.

SYPHILITIC VAGINAS l’a fait, leur discographie est un monument de fun sans précédent, et la
Complete Studio Collection le prouve bien. Indispensable ? Mais totalement putain.

Achetez-le, volez-le à un pote, ou téléchargez-le, j’en ai rien à foutre, mais ne mourez pas sans avoir headbangué sur « Armageddon Buttfuck » au moins une fois dans votre vie. C’est votre maman qui sera contente, bon petit !

Cet album devrait être remboursé par la sécu tellement il fait du bien.

w3fx7yjn

Publicités

Opeth – Heritage (2011)


Beaucoup de fans ont sonné l’alarme en voyant la pochette de ce nouveau Opeth. Un artwork résolument 70’s ; un arbre avec la tête des membres du groupe, celle du claviériste qui tombe (eh oui le bonhomme a quitté le navire), les racines qui se plantent dans les enfers, et une ville en flamme dont s’enfuient les habitants… On savait que le leader du groupe suédois adorait ces années là, maintenant on ne peut plus en douter.

C’est donc avec logique que ces mêmes fans ont été déçus quand ils ont appris que la musique, à l’instar de la pochette, serait un hommage aux 70’s : pas de death , Mikael dit dans les interviews que ça l’emmerde de growler et qu’il rêvait de pondre ce Heritage depuis ses vingt ans. Un Mikael qui dit aussi qu’il se moquait si les fans ou non aimaient, un Mikael heureux de réaliser son putain de rêve.

Mais un compositeur heureux ne veut pas forcément dire une fanbase heureuse, par exemple, David Vincent est fier de sa dernière grosse merde sonore, et il est sourd aux fans qui protestent sur internet. Est-ce que Mikael auraient-ils les chevilles qui enflent ? Est-ce qu’il fait sa crise de la quarantaine ? J’en sais rien mais en tout cas, il fait pas encore payer ses autographes comme Wilson le fait!

Mikael, un homme bien entouré.

Le virage d’Opeth n’est pas non plus la chose la plus brutale de l’histoire de la musique, c’est pas aussi fort que Celtic Frost qui s’est mis à faire du Glam Gay. Les 70’s étaient bien là dans Damnation (même si légèrement), dans Ghost Reveries, et surtout dans Watershed, album où toutes les pistes (à part Heir Apparent) avaient cette touche old-school dans la production et dans les structures…

Heritage comme son titre l’indique, est un disque qui mélange toutes les influences de ses vieux et vénérables groupes dans une grosse marmite en rajoutant l’épice Opeth. Et ouais, même si le growl est parti, que presque tous les gros riffs se sont fait la malle, on reconnait encore entre mille la patte du groupe. Enfin, c’est difficile à dire : sur ce disque Opeth n’est plus Opeth car il abandonne presque toute sa noirceur (même présente sur Damnation), il abandonne son état d’hybride qui lui a rapporté tant de fans… Mais Opeth reste tout de même Opeth : toutes les caractéristiques du son, les gimmicks, le chant, pas mal de mélancolie, des paroles personnelles…

La musique proposée est souvent calme (entendez par là que c’est du rock progressif, pas que c’est de l’ambient), du piano (intro et outro), quelques percussions, de la flûte (uniquement sur Famine), quelques petites expérimentations qui font plaisir (la venue clavier/guitare sur Nepenthe). Le disque propose quelques explosions bien senties, des ponts musicaux typiques au groupe, l’ambiance sur les longs morceaux est fortement comparable à celle présente sur Watershed. Les morceaux Metal se font rares : ils sont deux, et ce sont les plus courts : Slither, définitivement un Deep Purle Like, et The Lines in My Hand proposant une ligne de basse/batterie foutrement bonne, bien que ce morceau soit loin d’être énervé.
Le meilleur morceau de ce disque reste Folklore, tout à fait bien géré et dont l’outro fait partie d’un des meilleurs moments de l’album

Ce nouveau Opeth est loin d’être chiant comme certains ont pu le croire : les 70’s vues par Mikael reste une expérience fraiche et intéressante proposant son lot de bonnes idées, et comme chaque Opeth (à part Damnation), il faut dompter un minimum le disque pour l’apprécier. Mais l’émotion palpable du groupe durant presque toute la carrière s’effiloche, s’efface au profit de morceaux plus complexes, et en dehors de l’outro de Folklore et de quelques passages, le disque ne montre plus autant de sentiments qu’avant, et perd encore un peu de sa personnalité.

Akerfeldt se fait moins touchant dans sa prestation vocale : dans presque tous ces albums, son chant clair était souvent émouvant (Damnation, Burden, To Bid You Farewell) ou se mélangeait à merveille avec le chant Death (Still Life et Blackwater Park étant l’apogée de cet exercice de style), ici Mikael, même si agréable à l’oreille, est parfois fortement… plat! Häxprocess est le meilleur exemple, le moins bon morceau de Heritage ; ça peine à décoller, le chant n’aide en rien, et le seul moment ‘émouvant’ est avorté au profit d’un pont progressif raté.

Que dire de plus ? L’album qui est un virage naturel dans la musique du groupe : un hommage à ces groupes dont l’héritage est toujours présent dans la musique d’aujourd’hui. C’est du Opeth assurément, avec son lot de bonnes idées, ses gimmicks, sa production, Mikael réalise donc son rêve en gestation depuis, à l’en croire, une vingtaine d’années. C’est une galette mature et bien exécutée, mais en passant, le groupe abandonne une trop grosse partie de son identité, la technique et la maitrise de son sujet donnant lieu à une certaine stérilité musicale à de bien nombreux moments. Heritage est loin d’être naze, il est même bon, parfois très bon, mais il reste à mes yeux le « plus mauvais » Opeth (avec Ghost Reveries) pour toutes ces raisons.

Au final, c’est une bonne chose que Mikael ait fait ce disque : j’espère qu’Opeth en restera là avec les 70’s pures, et qu’il saura à nouveau évoluer vers quelque chose de nouveau, de frais, et d’original, sans pour autant laisser une si grosse partie de son identité derrière lui. Heritage est une bonne expérience et un virage intéressant mais ils doivent bien garder à l’esprit qu’un deuxième essai de ce genre restera certainement au travers de la gorge de nombreux fans.