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Punish Yourself + Dead Sexy Inc. au Forum de Vauréal: 16 Novembre 2012

Et voilà. Rebelote, on la refait. Un mois à peine après avoir assisté à l’explosive performance de Punish Yourself au Divan du Monde, pour laquelle j’étais arrivé en retard, à l’arrache, et illégalement (huhu), je remet le couvert et retourne joyeusement les voir sur leur tournée actuelle, cette fois-ci non pas à Paris mais en banlieue, plus précisément au Forum de Vauréal. Première excursion pour moi dans cette petite commune proche de Cergy, vous vous douterez bien que comme guide touristique, je serais un peu à la ramasse et sûrement de mauvais conseil, en tant qu’auditeur acharné et globe-trotter en herbe en revanche, je serais pas trop mal placé pour vous parler de la salle en question. Le Forum de Vauréal, c’est une salle assez petite, proche de celle du Glazart pour donner une idée. Un endroit visiblement très entretenu à l’inverse, très clean vu de dehors et dont la confirmation se fait définitivement une fois entré. Tiens, des photographes à l’entrée ! Ils ont l’air sympa, allez, je me laisse prendre au jeu avec ma moitié, ça fera un beau souvenir. Dans le hall, plein de posters des célébrités ayant foulées la scène annexe: on aperçoit Wishbone Ash, UFO, ou encore Élodie Frégé pour les plus talentueux d’entre eux (un intrus s’est subtilement glissé dans cette liste, sauras-tu le retrouver ?). Bref, une salle visiblement pas très orientée Metal mais bien éclectique, ça fait toujours plaisir à voir.  Tour du propriétaire effectué, il est temps de passer à ce qui nous intéresse le plus: le gros son !

Dead Sexy Inc.

Alors, comme je l’ai dit plus haut, lors de leur représentation au Divan du Monde courant Octobre, je n’ai pas pu assister au début du concert, donc Dead Sexy Inc. m’est passé sous le nez. Flûte de Zut. Visiblement assez proches de Punish Yourself, qui, en plus de les accompagner sur leurs tournées, ont contribué à certains remixs de leurs titres, notamment « Night-Club » sur Disco Flesh: Warp 99, je me demandais bien à quoi pouvait ressembler le groupe, ayant lu ici et là des genres trop peu connus de mes oreilles comme Electro-Punk, Synth-Pop et autres. Sur le papier, ça a déjà l’air différent de la tête d’affiche me direz-vous. Sur scène, ça l’est presque tout autant en fait, hormis pour le look assez prononcé bien qu’encore une fois, sans aucun rapport. Pour exemple de comparaison, je dirais que Dead Sexy Inc. emprunte des sonorités à pas mal de groupes différents, en refaisant chauffer le tout à sa sauce, malheureusement un peu tiède pour ma part. J’ai entendu du Garage-Punk dans leurs riffs, je pense surtout aux Stooges ou The Clash de ce coté là, avec un petit coté Joan Jett pour l’aspect gentillet de la chose, vous voyez, pas trop forcé quoi. Pour le son global, ça se rapproche tout de même plus de ce qu’on peut trouver sur les albums les plus pops de The Cure ou Indochine (sic), enrobé dans une légère couche de Goth-Rock à la Alien Sex Fiend sur certains morceaux et l’utilisation de quelques samples et effets encore une fois assez peu marqués. Bref, c’est difficile à décrire, mais en fait c’est pas tellement original, c’est un condensé de pleins de groupes réunis et ça n’a pas franchement trop pris chez moi. Les membres y mettaient de la bonne volonté, plutôt dynamiques sur scène, proches du public, le lead-singer ayant fait participer certains membres du public, mais la globalité de la foule semblait tout de même assez statique et peu habituée des lives j’ai l’impression. Peu de mouvement, assez peu d’énergie générale dans les compos, malgré une bonne volonté certaine et l’exercice difficile d’ouvrir pour un groupe n’ayant que peu de rapport musicalement, je ne pourrais pas dire que le set de Dead Sexy Inc. m’aura convaincu. Ca passait, c’était pas odieux, mais j’aurais aimé une plus forte identité musicale pour ma part.

Punish Yourself

En parlant d’identité, en voilà qui ont certainement poussé dans ses derniers retranchements les limites de l’apparence visuelle. Punish Yourself, en fait, c’est une sorte de pub géante pour les surligneurs Stabilo, le truc que tu peux utiliser sur une autoroute en pleine nuit pour signaler une déviation, ou encore pour effrayer les corbeaux dans le champ de Mr.Gontrand, ton voisin un peu sauvage âgé de 75 ans et dur de la feuille. Un truc vraiment unique quoi. Le Metal a eu GWAR, l’Electro-Indus aura Punish Yourself, c’est dit !
Mine de rien, Punish a beau être un groupe Français, terre pas franchement réputée sur le plan musical, ces gars (et ces dames) sont dans le système depuis 1994, soit presque 20 ans, et ont depuis tout ce temps acquis une reconnaissance nationale parmi les fans d’Electro-Indus et Metal. Malheureusement, si ils sont connus dans l’Hexagone, le public étranger reste assez mince. En y regardant de près, on comprend difficilement pourquoi. Pourtant moins pops que KMFDM, beaucoup plus Metal que Skinny Puppy, carrément plus punks que Ministry et plus inventifs que Rob Zombie, le succès rencontré n’est encore une fois pas celui mérité pour un groupe de qualité ayant produit une tripoté d’albums tous aussi bons les uns que les autres. Pour ma part, Punish Yourself est aussi important sur la scène Electro-Indus que certains noms cités au-dessus, avant tout grâce à leurs efforts constants depuis la moitié des 90’s, mais aussi pour leur identité musicale (et visuelle) facilement reconnaissable. Bref, je ne suis pas là pour refaire le monde, mais si j’ai pu faire prendre conscience à certains que Punish Yourself n’est pas qu’un « groupe français », j’estime avoir bien fait mon boulot.

On vous avait prévenus: en live, c’est coloré, et c’est des vrais timbrés…

Arrivée en grandes pompes et peintures bien fluos sur tout le corps, les membres prennent place sur scène accompagnés d’une intro ambiante assez bien choisie pour illustrer le calme avant la tempête: BOUM ! Ce fût bref, mais les gros riffs débarquent déjà, « Gun » annonce le début des hostilités et la salle semble s’être réveillée d’un seul coup ! La fosse démarre au quart de tour et l’ambiance ne tarde pas à devenir vraiment explosive dès les morceaux suivants. « Suck My T.V. » nous offre une bonne opportunité de brises-nuque par milliers avec son riff pachydermique, et « Rock’N’Roll Machine » fera définitivement péter la salle pour nous laisser en plan dans les décombres. Arrivée sur la moitié du set, la danseuse pyrotechnicienne du groupe nous servira comme à son habitude son hypnotisante performance, avec tantôt ses mouvements  déstructurés, tantôt son sympathique délire à la meuleuse, éclaboussant d’étincelles brûlantes la scène et ses collègues. Grand absent de la soirée, le second pyrotechnicien, qui ne s’est pas manifesté ce soir-là… Pour quelle raison, ça je n’en sais rien, reste qu’au Divan du Monde un mois plus tôt, le gus avait fière allure avec sa combi SM et ses jets d’étincelles entrecroisés à tout bout de champ ! Si l’entrée dans le vif du sujet fût directe et sans préavis, l’intégralité du set fût du même acabit, alternant avec brio les passages plus énervés avec le coté hypnotique de titres comme « Enter Me Now » ou encore « Cult Movie Remake ». Gros mouvement sur « CNN War », titre définitivement taillé pour le live,  et délire de fou sur l’enchaînement de timbré entre « Las Vegas 2060 », et « This Is My Body/This Is My Gazoline » ! Si le public se montrait plus agité au début du set, on peut leur pardonner tout de même la fatigue évidente dû à la chaleur ambiante et la durée de la performance: un peu plus d’une heure et demie sur scène à nous agresser avec leurs gros riffs, c’est sûr que Punish a mis pas mal de monde sur les rotules. Pourtant pas décidés à nous laisser respirer, le rappel habituel allait définitivement mettre K.O. la salle avec des classiques indispensables et immanquables: ce n’est rien de moins que « Primitive », « Gay Boys In Bondage » et « A Station In Space » qui clôturerons le concert ! Pas la peine de vous dire que tout le monde s’est réveillé d’un coup, l’ambiance est repartie de plus belle avec une fosse bien motivée pour partir sur orbite. Un grand moment de fun et de camaraderie qui mérite vraiment d’être vécu, en résumé.

… mais vraiment hein.

23h40 déjà, c’est terminé… c’était encore une fois trop court ! Un petit tour au merch, histoire de voir la marchandise: toujours très abordable, 15€ le t-shirt, 10€ le CD, et 1€ l’affiche du concert ! Je n’ai malheureusement vu le prix que trop tard, je me serais bien laissé tenter… Bon, en souvenir, j’ai pris un sticker gratuit, « Satan Is Gay » que c’est écrit, voilà qui mettra de la gai(y)eté sur l’unité centrale de ma bébête. La chance de mon coté, une connaissance de ma copine nous ramènera à bon port, les trains et bus à cette heure-ci étant inexistants, on a évité de peu une déambulation nocturne quasi-suicidaire…

La soirée en bref: Si Dead Sexy Inc., malgré un effort notable et louable de leur part, n’a pas su me convaincre suffisamment pour en vanter les mérites, Punish Yourself réitère l’exploit une seconde fois et fait un sans faute pour sa part, un set complètement allumé, déjanté, délirant, fluorescent, et plein de mots qui finissent en -ant ! Non je vous rassure, c’était très loin d’être chiant… Le groupe est actuellement en tournée un peu partout dans toute la France, ça coûte une bouchée de pain, alors si vous aimez l’Electro-Indus, les gros riffs et les soirées bien animées, vous savez ce qui vous reste à faire: Gotta Catch’Em All !

Comme d’hab, si vous étiez, n’hésitez pas à laisser un commentaire en bas de page en tant que visiteur pour partager vos impressions !

Merci au Collectif 24/36 pour la participation et les photos !

Kreator + Morbid Angel + Nile + Fueled By Fire au Bataclan: 6 Novembre 2012

Putain ! Quel flyer mes amis. On peut dire que pour cette tournée, Kreator a su s’entourer de grands noms et de valeurs sûres. Exception faite du dernier nom, cette affiche présentée ci-dessus a de sérieux arguments pour réveiller les morts, et faire trembler plus d’un mur. Ce qui tremblera pour l’occasion, c’est le Bataclan tout entier, rien que ça mesdames messieurs. De passage sur la capitale ce Mardi 6 Novembre, Kreator a délivré ce soir une performance tout simplement hors du commun, épaulé par les légendes semi-déchues de Morbid Angel, les techniciens de Nile et les gros rigolos de Fueled By Fire, pour une soirée placée sous le signe du muscle, de la sueur et de l’extrême. Alors, quels sont les survivants, et qui sont les faibles ayant trépassés ? VERDICT !


Fueled By Fire

La soirée démarre tôt: 17h00 pour l’ouverture des portes, autant dire qu’il fallait prévoir sa journée de repos pour assister au spectacle dans son intégralité, d’autant plus que les horaires de passage annoncés ont été assez bien respectés, chose satisfaisante en comparaison du fiasco de la veille (W.A.S.P.). Cela dit, rassurez-vous, les retardataires n’ont pas loupé grand chose car les premiers à passer sur scène étaient les ricains de Fueled By Fire. Pour ceux qui ne connaissent pas, FBF est un groupe de Revival Thrash, remarqués par un certain nombre lors de la sortie de leur premier album « Spread The Fire » en 2006. Le succès du groupe aura cependant duré aussi longtemps qu’un pet de moustique, car comme beaucoup d’autres issus de cette scène, l’inspiration frôle de très près le bitume et l’innovation est parfaitement inexistante. En gros, à la première écoute, ça paraît génial, ça riff pas mal, y’a de bons soli ici et là, ça tabasse comme il faut… Mais une fois l’album terminé, on ne le réécoute pour ainsi dire plus jamais, le tout s’avérant d’une homogénéité effrayante et le contenu lyrique hilarant (en gros ça cause de tuer les poseurs, de thrasher à fond la baraque… pendant 50 minutes).
Bref, du Thrash chiant quoi, soyons francs.

En Live, c’est un peu pareil, en presque pire. Déjà d’une, quand on joue du Thrash, on se doit d’avoir une certaine présence scénique. Inciter à faire des moshpits, à « banger » nos « fucking heads » et tout le tralala, c’est bien beau, mais quand sur scène, on est aussi mobile et motivé qu’un poirier, forcément ça le fait pas. Pas du tout. Le lead-singer y mettait assez bien du sien, mais pour ce qui est du duo Guitare/Basse, carton rouge. Pas une parole, pas un mouvement. Rien. Musicalement, c’est cadré, c’est plutôt propre et en rythme, mais l’ambiance est navrante, vraiment. Essayer c’est bien, réussir c’est mieux, et Fueled By Fire essaie tellement que tous leurs efforts s’avèrent vains. Résultat: un public qui se fait chier dans sa grande majorité, dont moi. Oui, y’a pire comme groupe, mais c’est dommage pour eux, eux qui critiquent tellement les poseurs et le faux Thrash… Au final, qu’y a-t-il de plus faux qu’un groupe de Thrash qui n’arrive pas à mettre d’ambiance ? FUELED BY FAILURE !


Nile

La performance précédente était d’autant plus navrante que par la suite, le puissant Nile allait nous écraser sous ses riffs et ses splendides accords orientaux. Et là, on a eu droit à du lourd. Première chose qu’il faut faire remarquer, Nile en live est un groupe qui fait plaisir à voir, non pas seulement pour sa musique, mais pour le sourire affiché sur le visage de chacun de ses membres. Des musiciens motivés, heureux, en communion avec le public. J’ai rarement vu un groupe aussi rigoureux et heureux de jouer, encore moins dans le Death Metal, mais c’était vraiment réjouissant. Horns Up incessants de la part du nouveau bassiste Todd Ellis, qui m’a d’ailleurs repéré et m’a envoyé la setlist du concert à la fin du show ! C’était une parenthèse que je tenais à souligner, car vous en conviendrez, rien de pire sur scène qu’un groupe ayant l’air absent… Bref, qu’en est-il de la musique à part ça ?

N’étant pas un très grand connaisseur du groupe, j’y suis surtout allé en curieux, très intéressé de voir ce que pouvait donner cette ambiance orientale propre à leurs albums sur scène. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le show était très bien exécuté, musicalement splendide, et m’aura donné envie d’en découvrir plus sur eux. C’est quand même très positif ça, nan ? Une performance donc assez écrasante, énergique, puissante. C’est d’ailleurs le meilleur mot pour les qualifier je pense, la puissance dévoilée sur scène reflète assez bien le son de leurs albums, même si cela semble atténué par rapport au studio, la musique n’étant pas jouée par des brutes épaisses mais des musiciens assez normaux au final, toujours surprenant à voir. Pour ce qui est de la setlist, c’était très satisfaisant, moi-même ayant reconnus les grands titres du combo, il y en avait pour tous les goûts, du classique au plus récent. Le seul regret que j’en tire, c’est que le set n’ait pas été plus long, comme pour chaque groupe ce soir là d’ailleurs (sauf le premier hein). Un groupe que j’aimerais en tout cas revoir en live, et que je dois sérieusement approfondir.

Voici la setlist de Nile (9 titres):

Sacrifice Unto Sebek, Defiling The Gates of Ishtar, Kafir, Hittite During Incantation, Permitting The Noble Dead To Descent To The Underworld, Sarcophagus, The Inevitable Degradation of Flesh, Lashed to The Slave Stick, Black Seeds of Vengeance


Morbid Angel

Bon. Voilà un sujet épineux que j’aborde ici. Le cas Morbid Angel… Je ne saurais pas exactement vous l’expliquer, mais, je n’aime pas ce groupe. Pas beaucoup du moins. Je vois en Altars Of Madness l’un des albums les plus surestimés du Metal. Pionniers ? Certes, mais Possessed et son Seven Churches était là avant. « Maze of Torments » est excellente, « Chapel of Ghouls » une tuerie… le reste, un immense bordel surplombé de cris de guitares martyrisées. Insultez-moi si vous voulez, mais Morbid Angel n’a de légendaire pour moi que son batteur Pete Sandoval, qui je l’admets, est une putain de bête féroce. Trey Azagthoth force le respect aussi, mais je passe sous silence le reste du crew. Manque de pot, ce soir là, Pete Sandoval n’y était pas, visiblement toujours pas prêt à rejoindre le reste de son équipe (une blessure au bras avait-il dit il y a un an pour la précédente tournée, mais un an plus tard, toujours personne… Ca vaut mieux pour lui vu l’actualité du groupe me direz-vous). C’est donc toujours Tim Yeung qui le remplace sur scène, et si le nouveau venu est loin d’égaler le maître, force est de constater que c’est un batteur vraiment très doué qui mérite l’attention des amateurs, un jeu précis et véloce qui constitua pour moi le principal intérêt de la performance ce soir là. La performance, parlons-en… Vus au Hellfest en 2011, pour promouvoir la sortie de leur dernier étron (désolé mais là je pèse mes mots), j’étais parti en plein milieu suite à un enchaînement insoutenable de trois titres d’Illud Divinum Insanus.

Le Bataclan ayant promis sur son site que le groupe ne jouerait que des morceaux de ses deux premiers albums, je partais donc plutôt confiant pour assister à une représentation enthousiasmante, à défaut d’excellente… Résultat, mythos: le combo a joué un bon gros medley de toutes ses productions, de Altars of Madness a Formulas Fatal to The Flesh, en passant par leur dernière bouse… Alors, qui mentait, le groupe ou le Bataclan ? Toujours est-il que sur scène, c’était encore ni-chaud ni-froid pour moi. David Vincent et son beau brushing en font toujours des caisses, s’y croient trop, et énervent légèrement mon coté obscur. Trey Azagthoth, en revanche, a toujours la classe, c’était d’ailleurs lui le plus honorable ce soir là: calme, concentré, humble, plutôt content d’être là, mais sans en faire des tonnes. Destructhor ne me convainc toujours pas, statique et sans grand intérêt pour ma part, et comme je l’ai déjà dit, Tim Yeung était pour moi le grand intérêt de leur passage. Balèze, tout simplement, du haut niveau. La setlist avait son lot de tueries, au hasard, Chapel of Ghouls, Rapture, Where The Slime Live, mais les bouses n’ont pourtant pas été écartées, Nevermore et Existo Vulgoré n’ont strictement rien à foutre dans un concert de qualité, et on y a cependant eu droit, d’accords ou non. Bref, bien meilleurs qu’il y a un an et demi, mais toujours pas assez intéressants de mon coté… Jamais deux sans trois dit-on, la prochaine à intérêt d’envoyer, mais je ne crois plus au père noël depuis longtemps.

Morbid Angel aura joué 14 morceaux:

Immortal Rites, Fall From Grace, Rapture, Maze of Torment, Sworn to the Black, Existo Vulgoré, Nevermore, Lord of All Fevers and Plague, Chapel of Ghouls, Where the Slime Live, Blood on my Hands, Bil Ur-Sag, God of Emptiness, World of Shit (The Promised Land)



Kreator


Et ça y est ! On y est ! Le grand moment est arrivé. J’adore Kreator, j’ai mis du temps à les apprécier, mais avec le recul, je pense que le statut de meilleur groupe de Thrash pourrait très bien leur revenir tant ils ont contribué à façonner le son du genre, et plus encore, le faire évoluer. C’est bien simple, parmi les pionniers, Kreator est pour moi le seul groupe encore actif à proposer des albums réellement intéressants. Entre Pleasure To Kill et plus récemment Phantom Antichrist, la carrière de Kreator est ponctuée de classiques immortels du genre, tout simplement car ils n’ont jamais cherché à faire deux fois le même disque, ou reproduire un ancien succès, et c’est là la clé de la réussite. Pendant que Slayer cherche désespérément à refaire Reign In Blood depuis 10 ans, Kreator eux ont compris que Pleasure To Kill était un album inimitable, et ont donc évolué vers un style bien plus mélodique, virtuose que dans leur passé. Violent Revolution était un sérieux retour aux affaires après un léger passage à vide, montrant un groupe totalement changé, déjà maîtres d’un son tout nouveau pour eux. Enemy of God a confirmé tout cela et s’est inscrit aux cotés de Coma of Souls ou Extreme Agression sur la longue liste des références du combo. Tout cela, c’est de l’histoire. Kreator est actuellement en tournée pour promouvoir leur dernière bête, Phantom Antichrist, et le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas prêts d’être dépassés, plus encore, ils ont toujours de nouvelles choses à apprendre, aux nouveaux comme aux anciens.

Qu’on se le dise, Kreator est une bombe nucléaire en live. Un ouragan. Une putain de claque dans la gueule. Vus pour la première fois en 2011 au Hellfest, le groupe m’a simplement abasourdi par son énergie dévastatrice, encore plus marquée sur scène que sur album (!), mené par un Mille Petrozza dans une forme sur-olympique. Une violence inouïe, une technique remarquable, des morceaux qui font mouche à chaque coup, c’est simple, impossible de les surpasser en live. Kreator est l’expérience live la plus unique qu’il m’ait été donnée de voir, et la liste est pourtant déjà longue.Le concert démarre. Les lumières baissent, un rideau blanc se déroule devant les yeux du public. Projection d’un diaporama recensant des vidéos d’archives, des photos, et des miniatures défilantes de chaque album du groupe. Des cris de guerre pour Endless Pain, un triomphe pour Pleasure To Kill, un tonnerre d’applaudissement pour Coma of Souls, un bref encouragement pour Endorama, une ovation pour Enemy of God, et la guerre démarre ensuite pour Phantom Antichrist. Le rideau tombe, décor soigné sur scène, sculptures des chevaux damnés figurants sur la cover du dit-album, et grande estrade mettant en valeur Jürgen Reil, batteur et membre fondateur du groupe. Mille Petrozza a perdu du poids depuis notre dernière rencontre, mais l’âge n’a pas totalement épargné son apparence pour autant. Peu importe, du haut de ses 45 ans (46 le 18 Décembre, souhaitez-le lui !), le monsieur en impose à mort et s’avère incroyable en tant que lead-singer. Une rage hors du commun, ébouriffante, à tel point que je cherche actuellement mes mots pour la décrire. Je ne peux pas, il faut le voir, c’est impossible de synthétiser toute la puissance dégagée par Mille lors d’un concert de Kreator. Vous devez penser que j’en fais trop, que je m’emporte, mais tout ce que je dis est vrai, en attesteront ceux qui étaient présents et ont eu la chance d’assister au même spectacle.

« PARIS, ARE YOU HAVING A GOOD TIME TONIGHT ? ! » « PARIS, ARE YOU READYY ?!« . J’en tremble encore ! Quelle performance ce soir là, de chacun des membres du groupe, tous cadrés, souriants, à fond dans leur prestation. Mythique. Circle-Pits à profusion, moshpits d’une violence extrême, public qui chante en cœur des hymnes tels que « People of The Lie », « Hordes of Chaos », « Betrayer », « Civilization Collapse » ! Je m’en suis donné à cœur joie, connaissant tous les morceaux ou presque de la setlist, le moment fût intense pour moi et beaucoup d’autres, encouragé par Petrozza pour exploser le Bataclan. Explosion ayant eu lieue sur le final « Flag of Hate/Tormentor », Mille brandissant son mythique drapeau au-dessus de sa tête et hurlant à s’époumoner, signal de départ d’un circle-pit complètement timbré, mis à feu et à sang par un public en transe. « I Survived in the Moshpit », pouvait-on lire sur certains T-Shirts présents au merchandising, j’aurais dû en acheter un ! Et en plus d’avoir survécu, grand moment pour ma part, premier souvenir matériel récupéré d’un concert: comme tout bon groupe qui se respecte, les membres ont jeté certains de leurs accessoires en pâtures aux fauves, brassards et baguettes notamment. Étant placé au centre du pit, la place est idéale pour recevoir ces précieux trophées, manque de bol, le premier m’a échappé de peu, un brassard Kreator jeté par Mille me semble-t-il. Un peu dépité, je regarde les membres partir, jusqu’au moment où Jürgen s’approche et lance ses baguettes: la première n’était pas dans ma direction, tant pis, mais la seconde est parfaitement dans l’axe: je saute pour l’avoir, elle me glisse des doigts et tombe au sol, tout le monde se bouscule pour l’avoir… Mais j’en sors vainqueur !
Grand moment de fierté, hourra ! La salle se vide, et c’est déjà le moment de partir…

Setlist de Kreator, qui a joué 19 morceaux:

Phantom Antichrist, From Flood Into Fire, Enemy of God, Phobia, Hordes of Chaos, Civilization Collapse, Voices of the Dead, Extreme Aggression, People of the Lie, Death to the World, Coma of Souls / Endless Pain, Pleasure to Kill, The Patriarch, Violent Revolution, United in Hate, Betrayer, Flag of Hate, Tormentor

Pour conclure, Kreator a délivré une performance exceptionnelle qui restera dans les mémoires de ceux qui ont pu y assister, assurément.
Pour les accompagnateurs, les avis divergeront, mais je ne pense pas me tromper en disant que chaque personne ayant assisté au spectacle en sera repartie satisfaite, pour une raison ou une autre.

Un grand moment de Metal, et de musique, qui s’impose d’ores et déjà pour moi comme l’un de mes meilleurs souvenirs live, rien que ça.

N’hésitez pas à laisser un commentaire en tant qu’invité, pour parler de votre expérience et vous aussi, donner votre avis !

Rosetta, 18/07/11

Rosetta ! En voilà un groupe qu’il est bon, et dont ni Colossalvoid, ni Halkeron, ni moi ne vous avons encore parlé. Bizarre, ça… mais ça viendra ne vous en faites pas !

Ainsi, même si le concert dont je vais vous parler a déjà quelques semaines au compteur, un petit live-report me semble une bonne entrée en matière à Rosetta. En deux mots, de quoi s’agit-il ? D’un groupe américain de sludge (et aussi un petit peu post-rock) dont les chansons traitent de l’espace et du cosmos. Un intérêt qui ne se ressent pas que dans les paroles mais aussi dans la musique, avec un aspect souvent aérien malgré les riffs méga plombés et la voix particulièrement hurlée.

Donc, en ce lundi soir, c’est parti pour une soirée bien hipster, entre connaisseurs. Il va sans dire que la majorité du public présent se retrouvera, cinq jours plus tard, au concert des excellents Neurosis. Pas mon cas, hélas.

Après avoir retrouvé l’ami Halkeron et Vivi (une bourgeoise sludgeuse sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, mais dans un autre article, promis), et après nous être restaurés, nous pénétrons en cette petite salle parisienne, très conviviale au demeurant, qu’est le Klub. On a bien fait d’arriver en avance, la salle se remplira sans discontinuer. Vu la notoriété du groupe dans le genre, la rareté de ses passages en France et la capacité de la salle, nul doute qu’on va être de plus en plus serré.  Et en effet, la marge de manœuvre dont moi et mes camarades disposeront se réduira au fur et à mesure des quatre groupes qui vont se succéder ce soir-là.

On attaque sous les meilleurs auspices avec Zéro Absolu ! Un one-man band venu d’Annecy, plus franchement orienté post-rock. Et notre homme d’assurer toutes ses compos tout seul, un instrument après l’autre, en enregistrant des boucles instrumentales, comme un véritable homme-orchestre.  Comme je pense qu’une vidéo vous parlera plus, voici (je précise toutefois que cette vidéo n’est pas celle de ce lundi soir mais d’une autre date) :

Il paraît que c’est une pratique pas si isolée que ça, mais c’était la première fois que je voyais cela. J’ai été séduit par ce procédé, on pouvait vraiment apprécier la montée en puissance des compos, très solides au demeurant. Je ne me suis pas encore procuré les albums du monsieur, mais c’est prévu, et dans un avenir trèèès proche !

Deuxième groupe : Lost In Kiev ! Encore des français ! Officiant dans le même style,  ils s’emploient à nous faire passer un bon moment et s’en sortent bien.  Chaque morceau contient ses bons moments, et même si je décroche parfois, l’intervention de Mike Armine, vocaliste de Rosetta, achève de me convaincre. La moins bonne première partie à mon sens.

Alors que la foule commence vraiment à se faire compacte, que je squatte les premiers rangs depuis le tout début de la soirée avec un mal de dos qui s’intensifie, s’installe sans tarder City Of Ships. On commence à entrer dans un registre plus violent et hardcore, les compos charclent sévèrement, le vocaliste aussi, quelques pogos éclatent. Le son est clair, puissant, de qualité. Et même si je n’avais pas du tout écouté le groupe avant, j’apprécie quand même la musique proposée et m’échauffe un peu les cervicales avant LA tête d’affiche !

Dernier changement de matos, dernière attente. Je piétine, la salle est remplie jusqu’à la masse critique, l’impatience monte, des bourrés mongoliens lancent « alors ça vient ? on a pas le temps ! on est pas là pour cuire des haricots ! » , et autres preuves d’intelligence.  Si vous lisez ces mots par hasard : allez vous faire foutre (décidément mes live-reports se transforment en règlement de compte).

Bref, Rosetta arrive sous les hourras. Les setlists du groupe américain sont souvent variables, donc on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Mais mon sang ne fait qu’un tour quand je reconnais « Red In Tooth And Claw », issue de l’album « Wake / Lift ». Pour commencer le concert, y’a pas mieux, et l’assistance headbangue comme un seul homme.

Le gros point fort de ce concert, c’était indéniablement la proximité avec le groupe. On peut pas faire mieux dans le domaine. Mike Armine qui vous gueule dessus à bout portant, fendant la foule, allant jusqu’au fond de la salle, revenant, slammant, c’est assez magique. Les vagues pogotiques se déchaînent par instants dans un certain chaos. On manque même de renverser le laptop d’Armine dans tout ce bordel. Niveau setlist, pas tellement de surprises en fin de compte : pas de morceaux du premier album, beaucoup d’extraits du dernier, dont « Release », avec la voix claire du bassiste. La grosse surprise est quand même arrivée en fin de concert, au moment du rappel : alors que tout le monde s’attendait à « Wake », Rosetta nous sort « Monument » ! Une rareté live qui fait bien plaisir. C’est une salle surchauffée et un Mike Armine en sueur, assis au bord de la scène que nous quittons après ce dernier moment de bravoure, pleinement satisfaits par cette très bonne soirée !

(NDLR : j’ai tenté de prendre quelques photos du concert, mais elles sont vraiment piteuses, et je n’en ai pas trouvé d’autres. Donc, va falloir vous contenter de l’affiche pour le moment, navré.)