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Punish Yourself + Dead Sexy Inc. au Forum de Vauréal: 16 Novembre 2012

Et voilà. Rebelote, on la refait. Un mois à peine après avoir assisté à l’explosive performance de Punish Yourself au Divan du Monde, pour laquelle j’étais arrivé en retard, à l’arrache, et illégalement (huhu), je remet le couvert et retourne joyeusement les voir sur leur tournée actuelle, cette fois-ci non pas à Paris mais en banlieue, plus précisément au Forum de Vauréal. Première excursion pour moi dans cette petite commune proche de Cergy, vous vous douterez bien que comme guide touristique, je serais un peu à la ramasse et sûrement de mauvais conseil, en tant qu’auditeur acharné et globe-trotter en herbe en revanche, je serais pas trop mal placé pour vous parler de la salle en question. Le Forum de Vauréal, c’est une salle assez petite, proche de celle du Glazart pour donner une idée. Un endroit visiblement très entretenu à l’inverse, très clean vu de dehors et dont la confirmation se fait définitivement une fois entré. Tiens, des photographes à l’entrée ! Ils ont l’air sympa, allez, je me laisse prendre au jeu avec ma moitié, ça fera un beau souvenir. Dans le hall, plein de posters des célébrités ayant foulées la scène annexe: on aperçoit Wishbone Ash, UFO, ou encore Élodie Frégé pour les plus talentueux d’entre eux (un intrus s’est subtilement glissé dans cette liste, sauras-tu le retrouver ?). Bref, une salle visiblement pas très orientée Metal mais bien éclectique, ça fait toujours plaisir à voir.  Tour du propriétaire effectué, il est temps de passer à ce qui nous intéresse le plus: le gros son !

Dead Sexy Inc.

Alors, comme je l’ai dit plus haut, lors de leur représentation au Divan du Monde courant Octobre, je n’ai pas pu assister au début du concert, donc Dead Sexy Inc. m’est passé sous le nez. Flûte de Zut. Visiblement assez proches de Punish Yourself, qui, en plus de les accompagner sur leurs tournées, ont contribué à certains remixs de leurs titres, notamment « Night-Club » sur Disco Flesh: Warp 99, je me demandais bien à quoi pouvait ressembler le groupe, ayant lu ici et là des genres trop peu connus de mes oreilles comme Electro-Punk, Synth-Pop et autres. Sur le papier, ça a déjà l’air différent de la tête d’affiche me direz-vous. Sur scène, ça l’est presque tout autant en fait, hormis pour le look assez prononcé bien qu’encore une fois, sans aucun rapport. Pour exemple de comparaison, je dirais que Dead Sexy Inc. emprunte des sonorités à pas mal de groupes différents, en refaisant chauffer le tout à sa sauce, malheureusement un peu tiède pour ma part. J’ai entendu du Garage-Punk dans leurs riffs, je pense surtout aux Stooges ou The Clash de ce coté là, avec un petit coté Joan Jett pour l’aspect gentillet de la chose, vous voyez, pas trop forcé quoi. Pour le son global, ça se rapproche tout de même plus de ce qu’on peut trouver sur les albums les plus pops de The Cure ou Indochine (sic), enrobé dans une légère couche de Goth-Rock à la Alien Sex Fiend sur certains morceaux et l’utilisation de quelques samples et effets encore une fois assez peu marqués. Bref, c’est difficile à décrire, mais en fait c’est pas tellement original, c’est un condensé de pleins de groupes réunis et ça n’a pas franchement trop pris chez moi. Les membres y mettaient de la bonne volonté, plutôt dynamiques sur scène, proches du public, le lead-singer ayant fait participer certains membres du public, mais la globalité de la foule semblait tout de même assez statique et peu habituée des lives j’ai l’impression. Peu de mouvement, assez peu d’énergie générale dans les compos, malgré une bonne volonté certaine et l’exercice difficile d’ouvrir pour un groupe n’ayant que peu de rapport musicalement, je ne pourrais pas dire que le set de Dead Sexy Inc. m’aura convaincu. Ca passait, c’était pas odieux, mais j’aurais aimé une plus forte identité musicale pour ma part.

Punish Yourself

En parlant d’identité, en voilà qui ont certainement poussé dans ses derniers retranchements les limites de l’apparence visuelle. Punish Yourself, en fait, c’est une sorte de pub géante pour les surligneurs Stabilo, le truc que tu peux utiliser sur une autoroute en pleine nuit pour signaler une déviation, ou encore pour effrayer les corbeaux dans le champ de Mr.Gontrand, ton voisin un peu sauvage âgé de 75 ans et dur de la feuille. Un truc vraiment unique quoi. Le Metal a eu GWAR, l’Electro-Indus aura Punish Yourself, c’est dit !
Mine de rien, Punish a beau être un groupe Français, terre pas franchement réputée sur le plan musical, ces gars (et ces dames) sont dans le système depuis 1994, soit presque 20 ans, et ont depuis tout ce temps acquis une reconnaissance nationale parmi les fans d’Electro-Indus et Metal. Malheureusement, si ils sont connus dans l’Hexagone, le public étranger reste assez mince. En y regardant de près, on comprend difficilement pourquoi. Pourtant moins pops que KMFDM, beaucoup plus Metal que Skinny Puppy, carrément plus punks que Ministry et plus inventifs que Rob Zombie, le succès rencontré n’est encore une fois pas celui mérité pour un groupe de qualité ayant produit une tripoté d’albums tous aussi bons les uns que les autres. Pour ma part, Punish Yourself est aussi important sur la scène Electro-Indus que certains noms cités au-dessus, avant tout grâce à leurs efforts constants depuis la moitié des 90’s, mais aussi pour leur identité musicale (et visuelle) facilement reconnaissable. Bref, je ne suis pas là pour refaire le monde, mais si j’ai pu faire prendre conscience à certains que Punish Yourself n’est pas qu’un « groupe français », j’estime avoir bien fait mon boulot.

On vous avait prévenus: en live, c’est coloré, et c’est des vrais timbrés…

Arrivée en grandes pompes et peintures bien fluos sur tout le corps, les membres prennent place sur scène accompagnés d’une intro ambiante assez bien choisie pour illustrer le calme avant la tempête: BOUM ! Ce fût bref, mais les gros riffs débarquent déjà, « Gun » annonce le début des hostilités et la salle semble s’être réveillée d’un seul coup ! La fosse démarre au quart de tour et l’ambiance ne tarde pas à devenir vraiment explosive dès les morceaux suivants. « Suck My T.V. » nous offre une bonne opportunité de brises-nuque par milliers avec son riff pachydermique, et « Rock’N’Roll Machine » fera définitivement péter la salle pour nous laisser en plan dans les décombres. Arrivée sur la moitié du set, la danseuse pyrotechnicienne du groupe nous servira comme à son habitude son hypnotisante performance, avec tantôt ses mouvements  déstructurés, tantôt son sympathique délire à la meuleuse, éclaboussant d’étincelles brûlantes la scène et ses collègues. Grand absent de la soirée, le second pyrotechnicien, qui ne s’est pas manifesté ce soir-là… Pour quelle raison, ça je n’en sais rien, reste qu’au Divan du Monde un mois plus tôt, le gus avait fière allure avec sa combi SM et ses jets d’étincelles entrecroisés à tout bout de champ ! Si l’entrée dans le vif du sujet fût directe et sans préavis, l’intégralité du set fût du même acabit, alternant avec brio les passages plus énervés avec le coté hypnotique de titres comme « Enter Me Now » ou encore « Cult Movie Remake ». Gros mouvement sur « CNN War », titre définitivement taillé pour le live,  et délire de fou sur l’enchaînement de timbré entre « Las Vegas 2060 », et « This Is My Body/This Is My Gazoline » ! Si le public se montrait plus agité au début du set, on peut leur pardonner tout de même la fatigue évidente dû à la chaleur ambiante et la durée de la performance: un peu plus d’une heure et demie sur scène à nous agresser avec leurs gros riffs, c’est sûr que Punish a mis pas mal de monde sur les rotules. Pourtant pas décidés à nous laisser respirer, le rappel habituel allait définitivement mettre K.O. la salle avec des classiques indispensables et immanquables: ce n’est rien de moins que « Primitive », « Gay Boys In Bondage » et « A Station In Space » qui clôturerons le concert ! Pas la peine de vous dire que tout le monde s’est réveillé d’un coup, l’ambiance est repartie de plus belle avec une fosse bien motivée pour partir sur orbite. Un grand moment de fun et de camaraderie qui mérite vraiment d’être vécu, en résumé.

… mais vraiment hein.

23h40 déjà, c’est terminé… c’était encore une fois trop court ! Un petit tour au merch, histoire de voir la marchandise: toujours très abordable, 15€ le t-shirt, 10€ le CD, et 1€ l’affiche du concert ! Je n’ai malheureusement vu le prix que trop tard, je me serais bien laissé tenter… Bon, en souvenir, j’ai pris un sticker gratuit, « Satan Is Gay » que c’est écrit, voilà qui mettra de la gai(y)eté sur l’unité centrale de ma bébête. La chance de mon coté, une connaissance de ma copine nous ramènera à bon port, les trains et bus à cette heure-ci étant inexistants, on a évité de peu une déambulation nocturne quasi-suicidaire…

La soirée en bref: Si Dead Sexy Inc., malgré un effort notable et louable de leur part, n’a pas su me convaincre suffisamment pour en vanter les mérites, Punish Yourself réitère l’exploit une seconde fois et fait un sans faute pour sa part, un set complètement allumé, déjanté, délirant, fluorescent, et plein de mots qui finissent en -ant ! Non je vous rassure, c’était très loin d’être chiant… Le groupe est actuellement en tournée un peu partout dans toute la France, ça coûte une bouchée de pain, alors si vous aimez l’Electro-Indus, les gros riffs et les soirées bien animées, vous savez ce qui vous reste à faire: Gotta Catch’Em All !

Comme d’hab, si vous étiez, n’hésitez pas à laisser un commentaire en bas de page en tant que visiteur pour partager vos impressions !

Merci au Collectif 24/36 pour la participation et les photos !

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Rosetta, 18/07/11

Rosetta ! En voilà un groupe qu’il est bon, et dont ni Colossalvoid, ni Halkeron, ni moi ne vous avons encore parlé. Bizarre, ça… mais ça viendra ne vous en faites pas !

Ainsi, même si le concert dont je vais vous parler a déjà quelques semaines au compteur, un petit live-report me semble une bonne entrée en matière à Rosetta. En deux mots, de quoi s’agit-il ? D’un groupe américain de sludge (et aussi un petit peu post-rock) dont les chansons traitent de l’espace et du cosmos. Un intérêt qui ne se ressent pas que dans les paroles mais aussi dans la musique, avec un aspect souvent aérien malgré les riffs méga plombés et la voix particulièrement hurlée.

Donc, en ce lundi soir, c’est parti pour une soirée bien hipster, entre connaisseurs. Il va sans dire que la majorité du public présent se retrouvera, cinq jours plus tard, au concert des excellents Neurosis. Pas mon cas, hélas.

Après avoir retrouvé l’ami Halkeron et Vivi (une bourgeoise sludgeuse sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, mais dans un autre article, promis), et après nous être restaurés, nous pénétrons en cette petite salle parisienne, très conviviale au demeurant, qu’est le Klub. On a bien fait d’arriver en avance, la salle se remplira sans discontinuer. Vu la notoriété du groupe dans le genre, la rareté de ses passages en France et la capacité de la salle, nul doute qu’on va être de plus en plus serré.  Et en effet, la marge de manœuvre dont moi et mes camarades disposeront se réduira au fur et à mesure des quatre groupes qui vont se succéder ce soir-là.

On attaque sous les meilleurs auspices avec Zéro Absolu ! Un one-man band venu d’Annecy, plus franchement orienté post-rock. Et notre homme d’assurer toutes ses compos tout seul, un instrument après l’autre, en enregistrant des boucles instrumentales, comme un véritable homme-orchestre.  Comme je pense qu’une vidéo vous parlera plus, voici (je précise toutefois que cette vidéo n’est pas celle de ce lundi soir mais d’une autre date) :

Il paraît que c’est une pratique pas si isolée que ça, mais c’était la première fois que je voyais cela. J’ai été séduit par ce procédé, on pouvait vraiment apprécier la montée en puissance des compos, très solides au demeurant. Je ne me suis pas encore procuré les albums du monsieur, mais c’est prévu, et dans un avenir trèèès proche !

Deuxième groupe : Lost In Kiev ! Encore des français ! Officiant dans le même style,  ils s’emploient à nous faire passer un bon moment et s’en sortent bien.  Chaque morceau contient ses bons moments, et même si je décroche parfois, l’intervention de Mike Armine, vocaliste de Rosetta, achève de me convaincre. La moins bonne première partie à mon sens.

Alors que la foule commence vraiment à se faire compacte, que je squatte les premiers rangs depuis le tout début de la soirée avec un mal de dos qui s’intensifie, s’installe sans tarder City Of Ships. On commence à entrer dans un registre plus violent et hardcore, les compos charclent sévèrement, le vocaliste aussi, quelques pogos éclatent. Le son est clair, puissant, de qualité. Et même si je n’avais pas du tout écouté le groupe avant, j’apprécie quand même la musique proposée et m’échauffe un peu les cervicales avant LA tête d’affiche !

Dernier changement de matos, dernière attente. Je piétine, la salle est remplie jusqu’à la masse critique, l’impatience monte, des bourrés mongoliens lancent « alors ça vient ? on a pas le temps ! on est pas là pour cuire des haricots ! » , et autres preuves d’intelligence.  Si vous lisez ces mots par hasard : allez vous faire foutre (décidément mes live-reports se transforment en règlement de compte).

Bref, Rosetta arrive sous les hourras. Les setlists du groupe américain sont souvent variables, donc on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Mais mon sang ne fait qu’un tour quand je reconnais « Red In Tooth And Claw », issue de l’album « Wake / Lift ». Pour commencer le concert, y’a pas mieux, et l’assistance headbangue comme un seul homme.

Le gros point fort de ce concert, c’était indéniablement la proximité avec le groupe. On peut pas faire mieux dans le domaine. Mike Armine qui vous gueule dessus à bout portant, fendant la foule, allant jusqu’au fond de la salle, revenant, slammant, c’est assez magique. Les vagues pogotiques se déchaînent par instants dans un certain chaos. On manque même de renverser le laptop d’Armine dans tout ce bordel. Niveau setlist, pas tellement de surprises en fin de compte : pas de morceaux du premier album, beaucoup d’extraits du dernier, dont « Release », avec la voix claire du bassiste. La grosse surprise est quand même arrivée en fin de concert, au moment du rappel : alors que tout le monde s’attendait à « Wake », Rosetta nous sort « Monument » ! Une rareté live qui fait bien plaisir. C’est une salle surchauffée et un Mike Armine en sueur, assis au bord de la scène que nous quittons après ce dernier moment de bravoure, pleinement satisfaits par cette très bonne soirée !

(NDLR : j’ai tenté de prendre quelques photos du concert, mais elles sont vraiment piteuses, et je n’en ai pas trouvé d’autres. Donc, va falloir vous contenter de l’affiche pour le moment, navré.)