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Syphilitic Vaginas – Complete Studio Collection (2008)

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Personne ne sait si ils sont Suédois ou bien Japonais, ce qui est sûr, c’est que dans un cas comme dans l’autre, SYPHILITIC VAGINAS rend hommage au Hardcore Japonais d’une fort belle manière en reprenant le flambeau là où G.I.S.M. et Zouo l’ont laissé vers la fin des années 80: en pleine migration vers
le Heavy et le Speed Metal de badass !

Cette compilation comprend donc l’ensemble de leur carrière sortie avant 2008, que ce soit les albums, les splits et les EPs, tout y est, et c’est servi sur un plateau en argent qui brûle les doigts dès qu’on pose la main dessus. Juste dommage de ne pas y trouver Alpha Antichrist et quelques projets sortis par la suite donc, mais bon, on ne va pas se plaindre vu que tout ce matériel est de toute manière out of print depuis longtemps.

SYPHILITIC VAGINAS est le groupe de « Speed qui Black » ultime, c’est simple, leur recette est excellente, leurs riffs sont destructeurs et on en trouve pas deux pareils. C’est assez rare pour les groupes du genre de ne pas faire dans la redite, mais vraiment, chaque morceau est une tuerie et se remémore facilement, assez incroyable vu la quantité de titres présents sur cette compil’ et leur durée. Ou peut-être est-ce là leur secret…

D’entrée de jeu, on est prévenu, « Inferno Rider » sonne comme une version sur-protéinée du premier Bathory, ça tranche dans le lard, c’est incisif, et c’est d’un fun indescriptible. Les influences du groupe sont évidentes et faciles à reconnaître pour qui touche de près ou de loin aux différents genres abordés, il y a du G.I.S.M., du Zouo, du Venom, une forte dose de Motörhead et du speed metal dans la veine d’Exciter ou Oz. Loin de ne faire jouer que la carte de la nostalgie ou du worship, ces malades imposent leur patte en mélangeant tout ça pour obtenir un son dopé à la TNT chargée dans un M-16 qui fait mouche à tous les coups.

Ce serait compliqué de prendre quelques morceaux au hasard tant il y a de tubes, mais avec des bombes comme « Motor Demon », « Possessed To Fuck », « Command Us Satan » et son chant Heavy débraillé, ou encore « Making Love With Devil », parfaite cover de Zouo, il y a de quoi casser la baraque à maintes reprises pendant 1h20 de surpuissance nucléaire. L’ensemble de leur disco s’enchaîne, mais les coupures ne gênent aucunement l’écoute, on passe d’un album à l’autre sans temps mort ni changement de son trop brutal, le groupe n’ayant de toutes manières jamais vraiment changé sa recette et sorti que des albums de très courte durée. Et puis, avec si peu de sorties, pourquoi chercher à se renouveller quand à chaque fois on en redemande plus arrivé au dernier morceau ?

Cette Complete Studio Collection a également le mérite de proposer une qualité audio au top vu son pressage CD, le restant de leur matériel n’étant dispo qu’en LPs, très compliqués à trouver de nos jours, c’est plus qu’une alternative de choix pour avoir l’essentiel du groupe sous la main doublé d’un son irréprochable. La prod, parlons-en: tout ce qu’on peut rêver dans le genre. Ca crépite, ça grince, c’est saturé à l’extrême mais mixé à la perfection, aucun instrument ni la voix ne prennent le dessus sur le reste, ça aurait pu sortir dans les années 80 qu’on l’aurait cru sans problème. Un son qui a du charme et reproduit donc, encore une fois, avec beaucoup de soin l’expérience que pouvait procurer une bonne platine et une collec’ de vinyles 25 ans plus tôt.

Je termine enfin pour dire que si vous cherchez un album décomplexé, headbanguant au possible et mélangeant parfaitement Black et Speed Metal, vous êtes en face de l’ultime référence dans le genre. On a pas fait mieux avant, on fera difficilement mieux plus tard. Plus qu’une simple compilation, cet album est un must-have pour les fans des sous-genres cités et les Thrasheurs aux dents longues, ou simplement ceux qui veulent se défouler un bon coup en poussant le son à fond.

SYPHILITIC VAGINAS l’a fait, leur discographie est un monument de fun sans précédent, et la
Complete Studio Collection le prouve bien. Indispensable ? Mais totalement putain.

Achetez-le, volez-le à un pote, ou téléchargez-le, j’en ai rien à foutre, mais ne mourez pas sans avoir headbangué sur « Armageddon Buttfuck » au moins une fois dans votre vie. C’est votre maman qui sera contente, bon petit !

Cet album devrait être remboursé par la sécu tellement il fait du bien.

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Legacy of Kain: Blood Omen (PC) [1995]

« Il existe une opération magique, d’une importance maximum: l’initiation d’un nouvel Éon.
Lorsqu’il devient nécessaire, la planète toute entière doit baigner dans le sang. »

C’est sur ces mots de l’occultiste britannique Aleister Crowley que démarre l’un des récits les plus épiques et denses du Jeu-Vidéo, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on est prévenu d’office: la saga Legacy of Kain ne s’adresse pas aux jeunes joueurs et la maturité de son ambiance gore et gothique réserve ce Blood Omen à un public averti et, à l’époque, très exigeant.

Pour faire simple, ce titre est issu d’un autre temps (tout comme son discutable artwork sur PC, bien plus soignée pour sa présentation Playstation…), d’une autre période, où le Jeu-Vidéo était encore pointé du doigt comme un mauvais hobby, le vilain petit canard des arts modernes et de la technologie, réservant cette discipline à une catégorie de personnes assez restreinte et au courant de son actualité. En 1995, les joueurs étaient pour la plupart ce que l’on appelle de nos jours des « Hardcore Gamers », terme qui aujourd’hui a bien perdu de son sens, communauté assez à part et incomprise, souvent très élitiste pour qui la qualité d’une production se devait d’être exemplaire avant de lui assurer un semblant de succès commercial.
Les développeurs devaient rivaliser de prouesses, de technique et d’inventivité pour gagner la reconnaissance de cette meute affamée et espérer se démarquer du lot. Seuls les meilleurs passaient à la postérité, les autres, eux, restaient condamnés au grade de « seconds couteaux », que seuls les nostalgiques de l’époque peuvent encore se remémorer aujourd’hui. La publicité pour le genre n’existait pas ou peu, limitée à quelques magazines spécialisés vendus aux plus acharnés, le bouche à oreille était la meilleure façon d’être au courant des dernières actualités et des différents hits à ne surtout pas manquer.

L’artwork Playstation du jeu reste nettement supérieur à son homologue PC.

 

C’est dans ce cadre aujourd’hui révolu qu’est sorti ce premier épisode de la série Legacy of Kain, développé par Silicon Knights, petite boîte ayant auparavant donné naissance à quelques productions n’ayant pas marqué les esprits. Bien conscients qu’il fallait proposer une expérience nouvelle aux joueurs pour espérer convaincre un plus large public, Blood Omen est né de la volonté et l’ambition profonde d’une poignée de personnes d’offrir un voyage unique et jamais vu auparavant dans le domaine vidéo-ludique. Transpirante d’ingéniosité, impressionnante par sa richesse hors-norme et son scénario soigneusement étudié, sa mythologie très persistante et son univers particulièrement fouillé, la première aventure du vampire Kain marquait au fer rouge les amateurs d’Heroic-Fantasy et d’Aventure en tous genres, s’imposant à l’époque comme un divertissement unique et précurseur d’une horde de classiques ayant connus un succès retentissant.
En observant le gameplay de Blood Omen, on pense surtout au Hack’N’Slash, Diablo en tête, mais également à Baldur’s Gate. C’est également Fallout qui nous vient à l’esprit pour ces éléments de jeux de rôles caractéristiques et inhérents à la série. Blood Omen est arrivé bien avant tous ces titres et je mettrais ma main à couper que ces derniers n’auraient pas tout à fait eu le même aspect sans l’existence du dernier né de Silicon Knights. En dépit de son influence et de son succès critique, autant de la part des joueurs que des professionnels, cette première incursion dans l’univers de Nosgoth n’en reste pas moins un relatif échec commercial, lui conférant un statut culte de qualité dans l’ombre imposante de son petit frère Soul Reaver, sorti quelques années plus tard.

Blood Omen vous conte l’histoire de Kain, jeune noble preux et vaillant, qui fût un beau soir lâchement assassiné par une horde de brigands sans vergogne… Condamné à souffrir pour l’éternité dans un monde inférieur, Kain accepte sans hésitation la proposition de Mortanius, puissant nécromancien lui offrant la possibilité de se venger de ses agresseurs en recouvrant la vie. Il ne réalisait pas alors que ce choix allait impliquer de lourdes conséquences, la principale étant directement liée à la « nouvelle vie » promise par le sorcier: Kain retrouverait bel et bien les joies d’une existence en chair et en os, mais sous la forme d’un vampire, n’ayant d’humain que l’apparence lointaine et dont la soif de sang serait désormais intarissable… Un bien lourd fardeau à porter pour ce noble autrefois sans histoire, injustement abattu et dont l’unique motivation n’est désormais plus que la vengeance. C’est ainsi que Kain se met en route, franchissant cryptes et cimetières en direction de Ziegsturhl, lieu où s’est déroulé le tragique accident. Abattant sans pitié ses bourreaux d’autrefois, Kain réalise que son souhait est désormais exaucé, vengeance est faite, sa prochaine étape ne serait autre que le repos éternel… Mais, sous cette forme damnée, comment obtenir ce mérite ? Dans le doute, le chevalier vampire se remet en route, espérant trouver réponses à ses questions, et fait bien rapidement la connaissance d’Ariel, représentante de l’Équilibre du monde de Nosgoth. Cette dernière lui explique que la contrée est en danger, suite à un complot au sein même du Cercle des Neufs, protecteurs de Nosgoth et du destin du monde. En temps normal, Kain n’aurait eu que faire de ces histoires qui dépassaient de loin l’existence des humains, mais Mortanius l’informe que ses assassins étaient envoyés par l’un des gardiens corrompus du cercle… C’est donc dans un but à la fois personnel et moral que Kain part à la recherche des membres du cercle pour mettre fin aux maux de Nosgoth, et avant tout venger sa mort…

Au cours de l’aventure, Kain aura la possibilité de s’équiper d’un arsenal destructeur.

 

Le scénario de Blood Omen est aussi recherché que sa mythologie est profonde, Silicon Knights n’a rien laissé au hasard et a doté son titre d’un background prodigieux et rare à l’époque pour une production d’un studio tiers, un univers hautement détaillé, fourmillant de détails participants grandement à l’immersion du joueur, marquant d’un bout à l’autre et proposant de ce fait une expérience hors-norme. Des origines du monde à sa création, jusqu’à son anéantissement, tout vous sera conté au cours de votre périple, vous promettant une aventure haletante et épique dans tous les sens du terme. Blood Omen n’est pas qu’une simple histoire de vengeance, c’est une fresque détaillée de la destruction d’un monde et de la perfidie des entités le dirigeant.

Comme dit plus haut, le soft nous rappelle des classiques tels que Diablo ou Baldur’s Gate pour ne citer qu’eux, même si en vérité, ce serait plutôt ces deux derniers qui nous rappelleraient Blood Omen. Vous dirigez votre personnage vu du dessus, à la manière d’un jeu d’aventure comme Zelda, attaquant en temps réel vos ennemis et utilisant divers pouvoirs magiques pour vous débarrasser d’eux. Le système de combat est plutôt simple mais pas vraiment des plus précis, Kain dispose de plusieurs armes allant de l’épée au fléau, en passant par les haches, mais a malheureusement la souplesse de Goliath. Les coups sont relativement lents et il est parfois complexe de bien réagir face aux ennemis plus rapides qui vous toucheront sans mal, heureusement, pour palier à ce défaut, chaque attaque est dévastatrice et les pouvoirs amassés en cours de route surpuissants. Des pouvoirs d’ailleurs originaux et bien utiles, essentiels même quoi qu’optionnels au déroulement de l’aventure. Éclair, Possession des Corps, Douche de Sang, Invisibilité, Putréfaction des Cadavres ou encore la possibilité de se transformer en Loup-Garou vous seront octroyés si vous daignez explorer de fond en comble l’immense monde de Nosgoth. Vous aurez également la possibilité d’équiper Kain de nouvelles armures magiques lui permettant par exemple de repousser certains monstres, résister au feu ou attirer le sang versé par ses ennemis dans son propre corps, restaurant de ce fait votre « vie ». Car dans Blood Omen, pas de medkits, de potions ou de fées, mais l’élément principal de toute vie sur terre, le Sang… Quoi de plus normal pour un vampire me direz-vous ?

Se transformer en loup-garou est bien pratique pour arpenter le monde, et chasser…

 

La progression se fait par étapes, à chaque nouveau membre du cercle recherché, Kain devra visiter une nouvelle contrée, fort de nouveaux pouvoirs acquis en chemin lui permettant d’ouvrir de nouvelles routes auparavant inaccessibles. De très nombreux donjons vous attendent au cours de votre périple, ces zones étant d’ailleurs le point principal du jeu, à l’inverse d’un Zelda comportant quelques donjons majeurs et un grand monde central où la majorité de l’action aura lieue. Dans Blood Omen, votre périple est jonché de cavernes, châteaux et autres repères obscurs, autant dire que l’exploration est primordiale et la persévérance essentielle tant leur nombre est conséquent. Le Level design est très bien étudié et malgré l’abondance de ces zones, on ne ressent à aucun moment une impression de déjà vu ou de copié/collé. Les énigmes et mécanismes présents dans le jeu sont dans l’ensemble assez simples et se constituent pour la plupart de leviers, portes dérobées ou éléments magiques qu’il faudra actionner à l’aide de vos pouvoirs. L’utilisation des compétences de Kain est obligatoire pour venir à bout des épreuves que vous rencontrerez et une bonne logique sera bien évidemment de mise pour vous permettre de résoudre les mystères rencontrés au cours de l’aventure. L’obtention de nouvelles capacités est ainsi très fréquente et, si la majorité des donjons du jeu sont factices, il n’en reste pas moins plus qu’intéressant de les visiter afin d’améliorer les pouvoirs du vampire et ses compétences. L’interaction avec les personnages non-joueurs n’est malheureusement pas très exploitée, ainsi vous n’aurez jamais de « quête annexe » à résoudre, mais « seulement » une multitude d’endroits à visiter selon votre bon vouloir et le chemin emprunté.

Sur le plan technique, Blood Omen n’avait pas pour ambition de s’imposer comme une vitrine technologique et reste donc un cran en-deçà des productions moyennes de l’époque. Le moteur 2D utilisé se montre néanmoins convaincant dans l’absolu mais ne surprends à aucun moment, aussi, de nos jours, l’aspect « rusto » de la bête risque bien d’en effrayer certains. Les différents pouvoirs magiques sont joliment animés mais les éléments du décors tels que les maisons, villageois, ou la nature elle-même ne sont pas toujours resplendissants, le jeu se rattrape heureusement grâce à son design gothique parfaitement pensé et son identité visuelle très marquée.

Les donjons sont parfois coriaces, et les pics ne sont qu’un bien mince danger.

 

Identité renforcée par une bande-son en totale adéquation avec le récit, épique et sombre, vous promettant de longues heures de recherches accompagné des compositions de Steve Henifin. Mention toute particulière au splendide Bastion de Malek qui me donne toujours autant de frissons, et résume à lui seul l’héroïsme de l’aventure que vit le joueur. Des thèmes ambiants, empreints d’ambiances gothiques et médiévales très réussis, relativement peu nombreux mais de qualité plus que satisfaisante, auxquels s’ajoutent divers bruitages rythmant l’action, tous très réalistes. Les dialogues ne sont pas en marge et le jeu fût d’ailleurs reconnu sur ce plan dans sa version originale, proposant une interprétation très juste et poignante de la plupart des acteurs. Pour ce qui est de la version Française, on oscille entre l’excellent et le médiocre: ainsi, si la voix de Kain est tout à fait dans le ton et rapidement attachante, d’autres protagonistes comme Mortanius ou les gardiens des Forges de l’Esprit s’avèrent malheureusement plus comiques qu’effrayants, la faute à un doublage bancal et pas franchement peaufiné… Un contrat tout de même très bien honoré dans sa globalité qui restera tout de même inférieur à sa version originale, comme souvent à l’époque.

Pour les plus courageux, le monde de Nosgoth réservera de bien belles surprises à ceux qui auront le courage de s’y aventurer en profondeur, entre cavernes, châteaux, grottes et passages secrets, la durée de vie du soft s’élève à une bonne quarantaine d’heures pour en faire complètement le tour. Ceux qui sont en revanche plus préoccupés par le scénario que la vadrouille en pleine nature en verront la fin en un peu plus de 20h selon leurs prouesses d’aventurier.

Une fois armé de la Soul Reaver, Kain est un adversaire pratiquement invincible.

 

Quoi qu’il en  soit, Blood Omen reste un jeu exigeant mais néanmoins accessible à la plupart, pour peu que la motivation suive. L’aventure haletante, le scénario recherché, le gameplay simple et efficace et le rythme général de la progression suffisent à captiver le joueur pour lui offrir une expérience unique et mémorable, un petit coup de génie qui marquait les débuts d’une grande série… Et démontre par la même occasion que la seconde moitié des années 90 aura marqué un tournant pour le Jeu-Vidéo, essentiellement sur les qualités d’immersion. Sauter sur des ennemis ou tronçonner des démons sans but précis ne suffisait plus, tout avait déjà été dit dans ce domaine, il fallait désormais penser à entraîner le joueur au cœur même de l’action. Blood Omen est et reste incontestablement un nom à connaître quand on évoque cette significative évolution.

En résumé, une perle qui se doit d’être dépoussiérée, recommandée aux amateurs d’Aventure, d’Heroic-Fantasy et d’A-RPG dans la veine de Secret of Mana ou la série Zelda.
Vae Victis !

Comme d’habitude, n’hésitez pas à laisser un commentaire en tant qu’invité pour parler du jeu / de la chronique, ça fait toujours plaisir ;o)

Adventus Satanae MMXII: Tortorum † Blacklodge † Horna au Glazart: 25 Septembre 2012

C’est parti pour une petite critique d’un concert bien trve comme il faut, avec en vedettes les finnois de Horna accompagnés de quelques guests. Verdict ?

Ce concert s’est donc déroulé le Mardi 25 Septembre 2012, au Glazart, petite salle bien connue sauf pour moi jusqu’alors, récemment arrivé sur la capitale. Bon, le prix n’est pas donné (19€ en prévente, 22€ sur place) mais c’est apparemment le tarif moyen des concerts à cet emplacement… Bon, on va pas râler, y’a pire, mais carton rouge tout de même pour le prix des consommations sur place qui lui, frôle le comique: 5€ les 25cl de bière, et de la Kronembourg s’il vous plaît. Ouais, bon bah on tournera à l’eau hein, c’est pas plus mal ! Problèmes financiers mis à part, mes craintes se dissipent assez vite en constatant de une que la salle est très conviviale, quoiqu’assez étroite, et de deux que le son est excellent, audible et non saturé. Ca fait tout de même plaisir de pouvoir faire un concert en salle sans bouchon et en ressortir sans acouphènes, là où le passage de Ministry au Bataclan cet été m’avait sonné pendant une semaine.
Une fois le tour du propriétaire fait, c’est l’heure du show !

                                                                          Tortorum
Premiers à monter sur scène: les norvégiens de Tortorum.
Découverte pour moi étant donné leur récente formation et leur évident manque de renommée, malgré la présence notable de l’ancien guitariste des oubliés de Thunderbolt, à savoir Skyggen. Si vous aimez l’ancien Immortal période Pure Holocaust, ce groupe devrait vous plaire, l’influence des pionniers du Black est en effet bien perceptible avec la même aisance à balancer des riffs lourds et grinçants, sans jamais trop verser dans le tabassage épileptique, privilégiant plutôt les breaks bien Heavy comme il faut. Les titres déboulent sans réel temps mort, et le public en redemande, accueil bien chaleureux de la salle pour une première partie qui remplit parfaitement son rôle.
En résulte un show très orthodoxe, du Black Metal qui en impose et des musiciens convaincants sur scène, une quarantaine de minutes plus que prometteuses pour la suite de la soirée et surtout une vraie bonne découverte, qui mérite l’attention des amateurs du genre. Sympathique cadeau d’adieu: une excellente reprise de « Call From The Grave« , de Bathory pour clôturer la performance. Indispensable !
Extinctionist est le titre de leur premier album, sorti fraîchement cette année, et vous pouvez vous faire une idée de leur son juste ici: « Aeonscourge« .

                                                                      Blacklodge

La Norvège quitte doucement la scène pour laisser place à la France, avec nos compatriotes de Blacklodge. Arrivés en tant que remplaçants d’Hell Militia, qui ont été forcés d’annuler leur participation à la tournée pour différents problèmes de santé, je ne vous cacherais pas que leur set m’aura laissé assez perplexe et, pour être honnête, carrément refroidi. Explications.
Blacklodge officie dans un registre hautement dangereux du Metal, à savoir l’Industrial-Black. Impossible d’avoir le cul entre deux chaises avec une telle vocation, ça passe ou ça casse, de brillants exemples sont à noter, comme Helheim, Dodheimsgard ou encore Mysticum pour ne citer qu’eux. Le pourcentage de réussites reste cependant nettement inférieur aux ratés engendrés par le genre, et sans aller dire que Blacklodge se range dans la seconde catégorie, je pense et j’affirme qu’ils n’avaient en tout cas pas leur place sur cette tournée.
Pourquoi donc ?
Déjà, la tournée se nomme « Adventus Satanae MMXII »: même si les thèmes sataniques sont abordés dans leurs paroles, c’est avant tout de drogues dont il est question chez eux, sujet sensiblement différent des deux groupes qui les encadrent. Ensuite, pourquoi proposer un groupe d’Industrial-Black en remplacement d’Hell Militia ? Les trois groupes normalement prévus jouent tous dans un registre on ne peut plus traditionnel du Black Metal, je ne vois donc pas de logique à proposer au public une formation résolument plus moderne dans ses sonorités, encadrée par des conservateurs du genre…
Résultat, pas convaincu du tout, les titres s’enchaînent sans grand intérêt de ma part mais je reste jusqu’au bout, par politesse (et aussi car j’aime bien rentabiliser ma thune). Une déception, la faute à la musique du groupe qui ne m’a pas réellement touchée, n’étant ‘Industrielle’ que dans l’utilisation d’une boîte à rythme, et surtout par l’incohérence de leur présence, faute à un choix maladroit de la part des organisateurs de la tournée…
« Vector G« , issue du troisième album de Blacklodge, intitulé T/ME.

                                                                        Horna

Voilà enfin le clou du spectacle, ceux qu’on attendait tous, le pourquoi du comment nous nous sommes tous déplacés ce soir là… ou presque. En effet, après le passage tumultueux de Blacklodge, la salle semble s’être mystérieusement vidée d’une bonne partie du public, en tout cas on respirait bien mieux et pas besoin de faire l’appel pour le remarquer. Fait étrange donc, mais tant pis pour les fuyards, car c’était bien là l’intérêt principal de cette soirée placée sous le signe de Satan, des croix inversées, des chèvres… bref tout ça.
Horna est un pionnier du Black Metal finlandais, branche toute particulière du genre que j’affectionne énormément pour son coté raw et kvlt qui n’a jamais changé d’un iota depuis deux décennies. Car oui, pour ceux qui se réveillent, le Black en finlande, c’est pas vraiment Children of Bodom qui le représente le mieux, non, moi j’entends surtout Satanic Warmaster, Archgoat ou encore Behexen plus récemment. Bref, du Black souvent très mélodique, « pur » et dénué de tout artifice… Je pars en HS là, désolé.
Les musiciens s’installent lentement sur scène et, première chose satisfaisante, l’ambiance est on ne peut plus soignée par nos maîtres de cérémonie. Froids (oui, c’est mélioratif), soudés et déterminés, le groupe plonge vite la salle sous son emprise et s’apprête à délivrer un set d’excellente qualité dont le seul défaut n’aura été que la durée. On a souvent l’habitude de dire que c’est trop court quand la performance est vraiment bonne, mais pour le coup, je me demande même si ils n’ont pas joués moins longtemps que les premières parties. Qu’importe, je n’avais pas l’œil sur la montre mais rivé du coté de la scène, captivé du début à la fin par les finnois.
Un set comme je le disais, excellent, avec son lot de classiques connus des fans même si, avec le recul, je regrette un peu la faible représentation de l’album Envaatnags Eflos Solf Esgantaavne, représentant pour moi le sommet qualitatif et mélodique du groupe. Ils auraient tout de même pu nous gratifier de « Vihan Tie« , mais bon, tant pis ! En compensation, on a quand même eu droit aux excellents « Kuoleva Lupos« , « Ikuisuuden Pimeyden Varjoihin » et tout un tas d’autres titres impossibles à prononcer, mais surtout… le moment fort de la soirée à mon humble avis, une sublime interprétation de « Merkuriana« , menée lors des refrains par la splendide voix claire du second guitariste, Infection, une particularité d’ailleurs propre aux lives du groupe, la version studio ne comprenant pas ces passages chantés…
La performance se termine sur « Örkkivuorilta«  et un applaudissement général, public reconnaissant dans sa majorité… pour un set qui le méritait amplement.

 

En résumé: une excellente soirée passée sous les feux de Satan et le froid du grand Nord, Horna en live ne déçoit pas et mieux, réjouit, un groupe à voir assurément pour tout amateur de Black qui se respecte.
Mention très bien également pour le soutien de Tortorum, qui s’impose comme une découverte de qualité.
Je passerais en revanche sous silence le cas Blacklodge, qui n’était simplement pas à sa place ce soir-là.

Morsay: La Vengeance (Truands 2 La Galère) (2012)

Morsay: La Vengeance (Truands 2 La Galère) (2012)

Petite piqûre de rappel avant de parler de ce chef-d’œuvre honteusement oublié à la cérémonie des Oscars 2012, je tenais en premier lieu à rappeler à mes lecteurs qui était l’illustre réalisateur de ce block-buster, à savoir Mohamed Mehadji, plus connu dans le paysage virtuel sous le nom de… Morsay.

Ahhh, Morsay… Sans doute l’une des « personnalités » françaises les plus drôles de ces dernières années. Involontairement, certes, mais drôle quand même. Tout comme Tony Montana, Morsay est parti de rien pour gravir les échelons de la société. A l’inverse, lui n’a jamais vraiment dépassé le statut de vendeur de frites. Initialement commerçant de T-Shirts à la sauvette avec son frère Zehef, Morsay est par la suite devenu une caricature du rappeur moderne, pseudo-podcasteur, membre de la mafia, dealer, proxénète et enfin Réalisateur ! Rien que ça mes amis, hé oui ! Ça vous en bouche un coin pas vrai ? Bref, une véritable réussite sociale. Ce drôle de pingouin aurait très bien pu rester dans l’ombre jusqu’à la fin de ses jours (ou à l’ombre, en fonction des évènements), mais c’était sans compter sur l’aide des Noelistes qui, en Février 2008, s’en prennent avec violence au rappeur suite à la publication de son plus grand hit, « On S’en Balle Les Couilles » (Non non je tiens à vous rassurer, je n’ai fait aucune faute, c’est lui même qui l’écrit comme ça, la preuve en vidéo).

Quelle nostalgie, dire que tout est parti de cette vidéo !

 

Suite aux attaques et provocations incessantes de cette communauté au bonnet rouge,  Morsay pète les plombs, il est « supervénèretaracelapute » comme on dit chez lui, et publie une vidéo qui fera rapidement le tour du net pour s’imposer comme l’un des phénomènes du Web les plus connus de France. La vidéo en question, intitulée « Morsay: Message à Internet » et longue d’une dizaine de minutes, nous montre l’intéressé en compagnie de tous ses amis du quartier (et de personnes probablement soudoyées), remerciant tout d’abord les gens qui le soutiennent (???), puis partant d’un seul coup dans un ballet d’insultes toutes plus improbables les unes que les autres en direction de ses détracteurs. Le vocabulaire du zouave est à peine plus complet que les instructions fournies sur l’emballage des éponges Spontex et se compose majoritairement d’insultes, parfois d’adjectifs, mais pas grand chose de plus, vraiment. Dans les citations les plus connues, nous évoquerons entre autre « J’te shlasse ta race », « Ta race la mère la pute », « Enculé de ta race » ou encore « Nique ta race ». L’individu semble en toute logique très concerné par le pédigrée et n’hésite pas à s’adresser à ses spectateurs en employant le terme de « Bâtards ».

Morsay en compagnie de son gang de rue. Notez la bille rouge, caractéristique des jouets et reproductions d'armes...

 

Véritable icône montante, Morsay se rend compte que ses pitreries lui apportent une certaine forme de succès sur la toile… Unanimement considéré comme l’un des derniers rebuts de l’humanité, le guignol n’en démord pas et utilisera depuis lors ce semblant de connerie pour s’illustrer dans des vidéos toutes plus provocantes, insultantes et ridicules les unes que les autres. Tout le monde le prend pour un con, mais ça, il s’en fout, il est connu et c’est ce qu’il veut ! Morsay se sera fait de nombreux ennemis sur la longue route du succès (ironie, ironie…), de la communauté Noeliste au rappeur Heenok Beauséjour, en passant par Marine Le Pen, cette dernière ayant d’ailleurs collé un procès sur le dos de son ami Cortex pour insultes et diffamations. En bref, le petit monde de Morsay tourne uniquement grâce à sa mauvaise réputation et sa crédibilité proche du néant. Reconnaissons lui tout de même un sacré sens de l’imagination, le gus nous surprenant toujours depuis plus de 4 ans dans ses projets de conquête du monde. Dernières idées en date ? Morsay Président, et celle qui nous intéresse le plus ici, Morsay Réalisateur !

Non non, ce n'est pas la nouvelle campagne des Restaus du Cœur, mais juste Morsay et son ami Cortex dans leur boutique de Clignancourt.

 

C’est l’heure de la review, disséquons ensemble les dessous du film le plus choquant, le plus controversé, le plus remarquable, le plus surprenant et le plus haï de ce début d’année 2012 (rayez les mentions inutiles). Ça commence fort avec une introduction réalisée sous Sony Vegas Pro, une police Sci-Fi affiche le titre ainsi que sa team d’élite sous fond d’un classique de Zehef, qui nous accueille par un « Wai Wai Wai ! Ze-Ze-Zehef ! ». Hum.

L’intrigue démarre dans un parc, Morsay est assis sur un banc en compagnie de Zehef et l’un de ses potes, s’insultant joyeusement de « braqueurs de merguez » et autres familiarités liées aux trafics du « gang » de « voyous », quand apparaît soudain une brigade de policiers en inspection de routine. Les deux frères décident de tenir tête à la police sans raison apparente, et là, c’est le drame: une véritable vendetta orchestrée par Steven Seagal éclate contre les forces de l’ordre, Morsay et Zehef sont dès lors rapidement mis sous détention pour violences sur agent. Persuadé d’avoir été pris comme cible par un flic véreux, Morsay sort de prison avec pour seul but de se venger de celui qui lui a tendu un piège. Zehef, quant à lui, prend du recul par rapport à ces évènements et aspire à une vie régulière, souhaitant créer sa propre marque de vêtements, « Truands 2 La Galère », et gagner sa vie de façon honnête… Mais c’était sans compter sur son frère qui enchaînera les coups foireux et s’attirera des embrouilles incontrôlables pour un petit truand de son espèce…

Le film se lance sur une touchante scène d'amitié et de fraternité.

 

Voilà pour le scénario. Là comme ça, vous imaginez sûrement un truc cool, croisement entre Scarface / La Haine, mais en fait non, c’est tout l’inverse, c’est même inimaginable je vous assure. Premièrement, la réalisation… Quelle réalisation mes amis. La Vengeance est de toute évidence un film bas budget, malgré les annonces de 65 millions d’euros dépensés (qui sont aussi vraies que les rumeurs sur la sexualité de Jean-Pierre Pernaut). Mise au point floue, caméra hésitante et tremblante, faux raccords, effets spéciaux (coups de feu) réalisés à l’aide d’After Effect, piste sonore mal balancée et régulièrement saturée (interview du juge par une journaliste: « AWOUBOUHAWHOBUHA verdict définitif ? AWOUBUBUBUH-ci beaucoup madame la juge« )… Le tout mélangé à des acteurs médiocres, vraisemblablement sélectionnés faute de mieux, et vous obtenez un film à peine plus professionnel qu’une pub pour le ketchup Heinz. Ici, point de perches micros dans le champ, il n’y en a pas, tout a été enregistré avec un Blackberry. Flûte alors, moi qui m’attendait à rire de ces détails comme je l’ai fait devant Black Dynamite, la déception fût rude. La bande-son ne fait qu’aggraver les choses, n’étant pas un grand amateur de Hip-Hop mais néanmoins de bonne musique, je pense, malgré mes lacunes, être en mesure d’affirmer que la quasi-intégralité du film nageait dans un énorme océan de merde, et c’est peu dire. Un Tsunami de mauvais-goût, de productions infâmes et de rap haineux. Vous voyez, on est déjà bien loin de La Haine.

Morsay au supermarché... La discrétion, c'est son rayon !

 

Parlons du script et des dialogues, sans doute le point le plus intéressant de tout ce joyeux bordel (ou pas). La Vengeance constitue une sorte de palmarès du grand n’importe quoi. Incohérent, grossier, ridicule et parfois incompréhensible, le film regorge de répliques croustillantes que l’amateur des Monty-Phyton ne saurait renier. S’enchaînent alors des scènes d’une absurdité incroyable, la plus connue étant probablement celle du tribunal: « Vous avez un regard bien énervé monsieur ! Comment qu’on dit chez vous ? … Ah oui, voilà. Vous avez un regard bien ZEHEF !« . Dans les grands moments forts, je pense également à cette fameuse scène où Morsay passe la nuit chez l’un de ses camarades de cité. « Putain comment vous puez des pieds les mecs un truc de ouf ! On dirait que y’a un rat crevé dans tes pieds ! Non mais vous vous lavez desfois sans déconner ?« … De la poésie moderne chiée contée par un cœur lourd et désespéré. Désespéré, tout comme Zehef, qui contre toute attente se révèle être le seul personnage un tant soit peu appréciable du film. Habituellement trois fois plus con que son illuminé frangin sur leurs vidéos de famille, le bougre s’avère fort attachant, comique, et presque convaincant dans son rôle de Grand Frère de l’Extrême. C’est également le seul « acteur » du film semblant doué de logique, ce qui n’est pas rien dans une fiction aussi surnaturelle !

La technique de Morsay pour terroriser ses adversaires ? Les noyer dans la salive.

 

Pour le reste, le film est entaché de scènes absolument ignobles et inutiles, une bonne moitié de l’action se résumant à la quête du sexe opposé par Morsay (quête qu’il finira inévitablement par échouer soit dit en passant),  où lui et l’un de ses affreux glands de compatriotes nous montreront toute l’étendue de leurs atouts de gentlemen. Si vous avez apprécié Hitch, Expert en Séduction, vous pourrez vous passer des conseils de Morsay, Expert en Riendutout, sachez-le. De plus, l’œuvre, que dis-je, cette fresque épique, s’étale sur deux longues heures, deux putains d’heures mesdames messieurs, et les deux génériques combinés ne dépassent pas la minute trente, ce n’est pas une illusion ! Il est évident que le film aurait aisément pu être tronqué d’une bonne heure (voire même carrément deux avec le recul), mais non, toujours plus long, toujours plus con, Morsay en rajoute couche pour ne laisser personne sur sa faim. J’attends impatiemment la version Blu-Ray 1080p Director’s Cut hein, attention, pré-commandée dès l’annonce même à la Fnouc du coin !

Passé l'heure, vous ferez à peu près la même tête que Zehef sur cette photo en regardant La Vengeance.

 

C’est bien simple, je ne peux que vous conseiller de regarder La Vengeance avec vos meilleurs amis, autour d’une bonne pizza et quelques bières, et surtout un téléphone à portée de main, en cas d’urgence décès ou tout autre effet secondaire dû au visionnage. C’est presque ce que j’ai fait, et j’ai passé un moment, honnêtement, vraiment amusant, quoi qu’infâme et trop long. La Vengeance se range dans le bas du classement « So Bad it’s Good« , de par sa stupidité sans bornes et son amateurisme aigu. Ses répliques cultes, ses incohérences et ses acteurs dignes des plus mauvais téléfilms érotiques vous feront passer un bon moment de rigolade bien gras, sans vous laisser un goût trop amer en fin de séance. On ne peut pas dire que je ne vous ai pas prévenu, c’est mauvais, c’est incroyablement mauvais, vous n’avez jamais rien vu de tel, mais ce film mérite d’être vu ! Ne serait-ce que pour relever un challenge et trouver quelque chose d’encore pire, si cela existe. Néanmoins, si ces deux heures devant la production des Truands 2 La Galère n’ont pas été les plus insupportables de ma vie, je me dois de rester objectif et vous alerter sur un point nettement plus sérieux, à savoir l’absence total de maturité, de sources, et de morale de ce film.

Je vous assure que ces doublages encryptés sont d'origine, aucune modification n'a été apportée. Notez que Sean Paul semble faire une apparition spéciale dans le film ! (sic)

 

La Vengeance, au-delà de son aspect grotesque, est un film haineux. Une production réalisée par des gamins, ni plus ni moins. Un délire entre potes qui, malheureusement, sera vu par un nombre conséquent de personnes. Les évènements de ce film sont, selon son affiche, basés sur des faits réels, ce qui n’est sûrement pas vrai mais suffit néanmoins à instaurer une très mauvaise image des ethnies / groupes représentés dans ce film. Non, les skinheads ne vénèrent pas tous Hitler. Non, Slayer, The Exploited et Cradle of Filth, présents sur diverses affiches à la fin du film, ne sont pas des groupes néo-nazis. Non, les gens de cité ne sont pas tous des « racailles » pour reprendre une expression bien connue, Morsay ne représente pas une généralité, ce sous-individu ne représente d’ailleurs rien ni personne, et n’a que pour seule utilité d’agrandir la haine infondée et le racisme des gens en France. Ce film est tellement puéril et provocant qu’il pourrait presque servir de propagande au service du Front-National, je pèse mes mots. Mais ça, c’est seulement la fiction, et l’image que La Vengeance donne des quartiers défavorisés. Morsay, tu es un con, et je te chie dessus.

Avis à son fan club ! Shlagetto apparaît dans le film, nous racontant sa bouleversante histoire. Un grand moment.

 

Sur ce je vous souhaite un « bon » film, en espérant que ces (trop nombreuses) lignes vous auront convaincu de voir en famille cette merveille du cinéma français !

Et en plus de ça, on termine sur une pointe d'humour... C'était pas du luxe.

 

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Sepultura – Chaos A.D. (1993)

SEPULTURAChaos A.D. (1993)

Allez, je craque mon slip sur celui-ci et je rédige une critique très élogieuse en sachant parfaitement que je ne suis pas tout à fait objectif vis-à-vis de cet album, et que de toutes manières je ne pourrais jamais l’être.

Chaos A.D. est en fait le premier album de Metal que j’ai écouté. Je m’en souviens comme si c’était hier, je devais avoir 6 ou 7 ans, ma sœur possédait des tas d’albums de qualité variable, et notamment pas mal de vieux classiques Thrash / Death mainstreams et connus. Ce Chaos A.D. est passé dans mes oreilles un nombre incalculable de fois. Sur le poste quand j’étais à la maison, sur walkman quand j’étais en voiture, bref, je ne le lâchais pas.

Là vous vous dites qu’écouter du Metal quand on a 7 ans, c’est pas banal, mais je n’exagère vraiment pas, j’adorais ce disque, et pas seulement pour « la violence ». « Refuse/Resist » sonnait déjà pour moi comme un putain de tube, « Kaiowas » une curiosité toujours aussi intéressante aujourd’hui, et « Manifest » un vrai hymne au Headbang. Je ne savais pas ce que c’était à l’époque, mais bon, oui, j’Headbangais sur Sepultura bordel de dieu ! J’aurai pu tomber sur Korn, Limp Bizkit et pleins d’autres merdes en vogue vers la fin du second millénaire, mais non, c’est bien les Brésiliens qui ont retenu mon attention et je ne saurais jamais assez les remercier pour ça.

Chaos A.D. est souvent perçu comme le passage « sellout » de Sepultura, globalement très apprécié, mais néanmoins considéré comme le début de la fin. On est loin de Roots attention, mais on sent que le groupe cherche à toucher un public différent, peut-être plus large, et à verser un peu d’eau dans son vin. Pour ma part, grand bien leur en a pris, n’étant pas un grand amateur d’Arise, ce changement de direction passe beaucoup mieux chez moi, et ce n’est pas peu dire. Nostalgie mise à part, j’aime vraiment beaucoup cet album et considère toujours que c’est l’un des disques de Thrash les plus intéressants des 90’s.

La belle époque où Sepultura était encore considéré comme un grand groupe, et non un Running-Gag.

 

D’ailleurs, Thrash, Groove, qu’est-ce qu’on écoute ici ? Un peu des deux, mais attention, pas du Groove de pédale à la Lamb of God, ah non, le Groove qui bave bien et ferait trembler un éléphant. L’album reste tout de même majoritairement Thrash à mon humble avis, des titres comme « Manifest » (cette intro bon sang !), « Propaganda » ou « Biotech is Godzilla » ne font que confirmer cette impression. De l’autre coté, Sepultura ralentit le tempo avec brio sur « We Who are Not as Others », « Territory » ou l’excellente reprise de New Model Army, « The Hunt ». Le travail rythmique sur l’album est franchement monstrueux, les frangins Cavalera sont en grande forme et ça s’entend. En résulte un album où toutes les pistes prises indépendamment s’avèrent intéressantes, certaines plus que d’autres, mais la redondance n’ose même pas pointer le bout de son nez.

Les Brésiliens ont réussi leur coup, Chaos A.D. est un virage négocié avec succès, mais qui mènera malheureusement sur une route bien déserte dans le futur. Peut-être auraient-ils mieux fait de faire demi-tour ? On ne peux pas totalement leur en vouloir d’avoir proposé sur chaque galette une expérience différente, Sepultura était l’un des très gros espoirs du Metal en cette période, leur notoriété n’a fait qu’accentuer les espérances des auditeurs de l’époque, mais la chute n’en a été que plus difficile pour eux. Chaque groupe connaît un passage à vide un moment ou un autre, pour Sepultura, tout est parti de travers, leurs racines ont pris une place prépondérante dans leur musique, les tensions internes ont menées à un semi-fratricide et la rage d’antan s’est éclipsée au profit d’un… de quoi en fait ? J’en ai franchement rien à foutre pour être honnête, le groupe signe ici son testament, de fort belle manière, et c’est bien tout ce qui m’importe.

Chronique pas forcément objective mais j’en suis bien conscient, pour le reste, c’est à vous d’en juger. Pour cela je ne peux que vous conseiller de vous repencher sur ce disque, qui malgré la controverse, est, et reste un des albums majeurs du Metal des 90’s.

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Quake IV (PC) [2006]

Quake IV (PC) [2006]

Quake IV, ou la suite de l’un des plus grands (pour moi, le plus grand) FPS Multijoueur au monde… Succéder à un titre de cette envergure n’est pas chose aisée, le risque est grand. Trop grand… Fortement attendu à sa sortie, Quake IV aura suscité l’engouement des fans, la crainte également, mais n’aura laissé derrière lui qu’une brève vague de déceptions… Un jeu parti aussi vite qu’il est arrivé en somme.

Euh, tu veux un coup de main ?

 

Quake IV vous met dans la peau du soldat Matthew Kane, héros de la guerre contre les Stroggs, race Alien extrêmement agressive, n’ayant que pour seule ambition de conquérir la terre. Suite à la défaite du Makron (Commandant en chef des Stroggs, voir Quake II), l’armée Terrienne pense pouvoir mettre un terme à toute cette mascarade en détruisant la source même de la puissance ennemie, à savoir le Nexus, immense zone énergétique ralliant par la pensée l’intégralité des effectifs Stroggs… Détruire cette source aurait pour effet de rendre HS la totalité des troupes ennemies. C’est donc une tâche de la plus haute envergure qui vous est confiée, à savoir infiltrer les rangs opposer, exploser autant de crânes que possible et défoncer un sacré gros paquet de machines. Mais tout ne va pas se passer comme prévu…

Décidément, le futur, ça déconne pas. Les moustiques n'ont qu'à bien se tenir !

 

Quake IV à sa sortie a souffert d’une comparaison quasi-meurtrière pour lui avec un autre jeu bien connu d’ID Software, à savoir: Doom III. C’est très simple, Quake IV, c’est Doom III, mais avec plein d’alliés autour de toi. Le design intérieur est pour ainsi dire identique, le peu d’extérieur visité est fortement similaire à la base martienne de Phobos, quant aux ennemis… hé bien c’est Quake II en version HD, à peu d’effectifs près. On appréciera ou non le fan service évident qui reprends presque à l’animation près le comportement des monstres, pour ma part c’est un point sympathique qui me rappelle d’agréables souvenirs.

Bon, ils sont à trois dessus, moi pendant ce temps je reste en arrière, et je ramasse les éventuels morceaux.

 

En ce qui concerne l’arsenal, aucune surprise à l’horizon: l’intégralité du stock de Quake III est présent, à savoir des classiques comme le Railgun, Lightning Gun, Rocket Launcher, ou encore le Nailgun. Rien de plus, pas une once d’innovation malgré diverses améliorations déblocables en cours de route. De qui se moque-t-on ? Pour le gameplay, les cinq premières heures de jeu s’avèrent franchement lourdes, lentes, peu réactives et globalement inintéressantes. Le pilotage de différents véhicules est une nouveauté de l’épisode, et malheureusement, pas franchement la meilleure. Maniabilité très approximative et sans aucune sensation, les diverses phases de conduite s’avèrent laborieuses, et on est souvent bien content de repartir à pied. C’est suite à un malheureux accident (que je ne spoilerai pas) que le jeu commence à vraiment démarrer et gagner en vitesse: le strafe-jump est de retour, et on commence enfin à s’amuser à zigzaguer entre les hordes d’ennemis. Dommage tout de même que ce « démarrage » n’intervienne presque qu’à la moitié du jeu…

Je me demande où ce charlatan a bien obtenu son diplôme de dentiste.

 

Pour le reste, c’est extrêmement classique et poussiéreux: la difficulté est faible même en Hard, vos coéquipiers sont de vrais Rambos en puissance et sont souvent invincibles, ce qui vous permet de glander tranquillement pendant qu’eux font le ménage dans les lignes ennemies… Les 3/4 du jeu se déroulent de cette manière, ne cherchez pas à trouver un quelconque instinct de survie, il n’y en a presque pas. On notera tout de même une surabondance de gore et des environnements souvent très malsains, à l’instar des « camps de concentration » de l’épisode II. Vous avez intérêt à avoir l’estomac accroché car sur ce plan là, Quake IV est une bonne référence.
Alors au final, à part des tripes et un lointain bilan nostalgique, il reste quoi de ce nouvel épisode? Un multijoueur réussi… en tout point identique à celui de Quake III. Ah oui, j’avoue que l’attente valait son pesant d’or.

Le jeu à sa sortie était une belle référence graphique dans sa configuration maximale, rien à redire.

 

Quake IV n’est pas un mauvais FPS, mais juste un jeu extrêmement classique, déjà vu, sans originalité aucune… L’action débordante du second épisode s’est envolée, la nervosité du troisième disparue, et la peur du premier inexistante. ID Software avait confié le développement au studio Raven à l’époque, ce qui explique peut-être ce manque de personnalité et l’absence du savoir-faire légendaire de la firme… Reste au final un jeu qui satisfera difficilement les fans, et passera inaperçu auprès du grand public. C’est pas totalement étonnant j’ai envie de dire, et c’en est bien dommage.
NB: Comme pour Doom III, le doublage Français des protagonistes s’avère franchement réussi, un travail minutieux qu’on aimerait revoir plus souvent dans les productions de grande envergure.

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Extermination (PS2) [2001]

Extermination (PS2) [2001]

Dans la catégorie « perles oubliées », Extermination sur Playstation 2 mériterait sûrement une bonne place, certainement pas la meilleure mais son nom se doit d’être honoré compte tenu de ses qualités évidentes. Titre de lancement de la console, Extermination s’impose comme le premier Survival Horror de la bébête de Sony. Succès critique à sa sortie, le jeu n’a malheureusement pas vraiment réussi à s’imposer auprès du public, faute d’un manque de communication évident et du prix affolant de la machine à l’époque…

C’est en plein blizzard que l’action d’Extermination se déroule. Sortez couverts !

 

Extermination vous met dans la peau du Marine Dennis Riley. Soldat d’élite, vous et votre équipe êtes projetés en plein milieu d’une base de recherche scientifique, située en Antarctique, pour une mission de reconnaissance et de sauvetage. La base de Fort Stewart ayant rompu toute communication depuis un certain temps, c’est aux Marines de partir enquêter et trouver d’éventuelles explications à ce silence radio.
Arrivé sur place, vous vous rendez vite compte de la situation: la base semble avoir été désertée suite à une expérience ratée ayant lâché un virus dans tout le complexe. Les cadavres se relèvent, se transforment en monstres, les insectes ont subi d’effroyables mutations, les murs se remplissent progressivement d’une substance organique inconnue et vos amis y passent les uns après les autres. L’infection vous guette et les mesures d’urgence sont décrétées: Fort Stewart doit être rasé de la carte.

Drôle d’accueil… Les chiens de garde ont l’air plus problématiques que de simples Dobermans.

 

Le scénario, bien qu’assez classique, est plaisant à suivre, les rebondissements étant bien amenés et les personnages attachants, chose rare pour un Survival-Horror. Ponctué de nombreuses scènes cinématiques, la progression s’avère vraiment prenante et pour peu que l’on accroche au soft, difficile de lâcher la manette avant d’en apprendre plus sur le sort de nos héros. Le gameplay est malin et fluide, très proche d’un Metal Gear Solid: Dennis peut réaliser une palette d’actions étonnantes et acrobatiques afin de traverser les zones les plus dangereuses de la base. Réactif et simple à prendre en main, c’est un véritable « plaisir » de parcourir cette base fantôme. Le jeu ne met à votre disposition qu’une seule arme, un fusil tactique, que vous pourrez améliorer en cours de route en y incorporant, entre autres, un lance-flammes, un lance-grenades ou bien une batterie de missiles… Rien que ça !

Ces sangues sont responsables de la propagation de l’infection dans le complexe. Solution recommandée: le feu.

 

Coté ambiance, c’est du très bon: l’environnement graphique rappelle fortement des classiques comme The Thing (tempête de neige, monstres abominables, huis clos), et la tension est à son paroxysme dans les zones sombres. En plus d’une jauge de vie, le jeu vous montre un niveau d’infection progressive: plus vous êtes touché par les créatures, plus ce niveau augmente. Arrivé à 100%, vous devrez impérativement vous soigner dans un labo d’urgence, sous peine de vous aussi vous retrouver transformé. L’aspect sonore est une franche réussite, les musiques collent parfaitement à l’action, renforcent à merveille les scènes plus tragiques et contribuent énormément à l’ambiance d’insécurité permanente. Coté durée de vie, le soft montre ses points faibles: une rejouabilité relativement faible dû au peu d’éléments secrets à trouver, hormis les dogtags de votre équipe et les quelques rapports secrets, il ne faut pas s’attendre à une pelletée de bonus… Le tout se boucle en environ six ou huit heures selon votre niveau, et votre aptitude à résoudre les énigmes rencontrées en cours de jeu.

Surmonter les dangers de Fort Stewart ne sera pas chose aisée. Heureusement, Dennis est sacrément bien équipé.

 

Extermination n’a certainement pas réinventé le Survival-Horror mais a permis à la PS2 de se doter d’un titre à l’ambiance originale, bien réalisé et prenant pour sa sortie. Résolument mature, les amateurs du genre ne devraient pas être déçus par cette incursion au cœur de l’Antarctique, en dépit d’un classicisme évidemment dans sa progression.
En résumé ? Extermination, c’était du bon.

NB: Les versions US et PAL du jeu comportent de légères différences. Dans la version PAL, Dennis Riley apparaît vêtu d’un uniforme noir, et de cheveux courts, comme présenté en images plus haut. Le doublage est différent sur les principaux protagonistes, de qualité assez moyenne, et hors timing sur pas mal de scènes cinématiques. La version US présente Dennis dans un design totalement différent, vêtu d’une combinaison arctique comme dans la vidéo ci-dessous, et de cheveux mi-longs. Le doublage a également été refait, de qualité plus professionnelle cette fois-ci. Aucun autre changement notable si ce n’est la vitesse de jeu différente en fonction du 50hz/60hz en rigueur à l’époque.

[youtube.com/watch?v=1ZgGEcxq-xI]

Super Star Wars: Return of the Jedi (SNES) [1994]

Super Star Wars: Return of the Jedi (SNES) [1994]

« On reprend les mêmes, et on en un ressort un nouveau »

Cette citation aurait très bien pu provenir de Lemmy Kilmister répondant à une question sur l’actualité de son groupe Motörhead, mais dans le cas présent c’est plutôt à l’ancienne équipe de développement de JVC que je me réfère. Troisième volet de la Guerre spatiale la plus incroyable de la galaxie, Super Star Wars: Return of the Jedi reprend au grain près les ingrédients qui ont fait le succès de ses aînés, à savoir un gameplay nerveux, des graphismes toujours aussi somptueux et une bande-son exemplaire utilisant à merveille les capacités de la Super Nintendo. Mais alors, qu’en est-il cette fois ci ? Ont-ils résisté à la tentation du coté obscur pour nous servir un troisième opus de qualité, ou bien ont-ils définitivement perdu foi en la Force, nous resservant un jeu fade et sans grand intérêt ?

Les monstres odieux sont légion dans cet épisode, et vous n'êtes pas arrivé au bout de vos peines pour vous en débarrasser.

 

Rassurez-vous, jamais deux sans trois: cette troisième aventure en compagnie de Luke et ses acolytes est elle aussi une petite merveille. Certes, l’effet de surprise n’y est plus vraiment, les mécaniques sont connues, les protagonistes aussi et l’univers de même, mais pourquoi bouder notre bon plaisir et ne pas se resservir une fois de plus ? D’autant plus que ce volet s’avère bien plus tendre que son prédécesseur, plus agréable à parcourir, moins frustrant, mieux optimisé… JVC semble avoir pris conscience de ses erreurs et a fortement revu à la baisse l’insolente difficulté de la série. Ainsi, cet épisode reste un sacré challenge pour tout public, néophyte comme joueur confirmé,  mais sait toutefois se montrer plus fair-play et intelligent dans sa progression. Finies les heures entières à affronter un boss, terminer un niveau ou pleurer d’énervement en pestant contre l’ordinateur, Return of the Jedi se veut plus simple et accessible, réduisant significativement les nombreux problèmes de The Empire Strikes Back.

Démonstration bluffante du mode 7 de la console aux commandes du Faucon Millénium. Une 3D impressionnante pour une si vieille machine !

 

Point agréable à constater, le jeu rame beaucoup moins ! L’aspect visuel reste pourtant toujours aussi bluffant, mais la machine semble mieux répondre aux spécifications du soft (ou peut-être bien l’inverse). J’en veux pour preuve un niveau utilisant le mode 7 de la console, vous proposant de diriger l’un des cannons du Faucon Millénium pour abattre des croiseurs ennemis: pour moi la meilleure performance technique de la console en matière d’imitation 3D, un chef-d’œuvre  ! Chose suivante, Luke est désormais spécialisé dans le combat au corps à corps: les blasters ne lui sont plus autorisés et vous devrez user de la Force pour triompher de vos ennemis. La Force en question a elle aussi été singulièrement repensée, les pouvoirs les plus inutiles ôtés du jeu pour laisser place aux meilleurs combinaisons. Le menu de sélection est également plus ergonomique. Mais ce n’est pas tout, cette nouvelle aventure vous proposer d’incarner deux personnages inédits (trois en réalité): Leia vêtue du déguisement du chasseur Boush, armée d’une lance, Leia en tenue d’esclave, équipée d’un fléau, et le petit Ewok Wickett qui partira défendre son village armé de son Arc fétiche.

Wickett est là pour vous aider dans votre périple, qui a dit que les ours en peluche étaient inoffensifs ?

 

Pour le reste, on se retrouve face à un enchaînement de niveaux aux décors très variés, tout comme la précédente épopée. Vous traverserez ainsi de grands déserts à la poursuite de Jabba The Hutt, la lune d’Endor, l’Étoile Noire ou encore l’Espace à bord du Faucon Millénium. Les passages en mode 7 sont toujours aussi intéressants et réussis, excepté une poursuite avec les Scoot-Troopers relativement… ratée. Le tout dernier niveau du jeu vous propose de piloter le Faucon Millénium lors de la fuite de l’Étoile Noire, un passage extrêmement long et complexe mais visuellement bluffant pour l’époque grâce à son imitation 3D au poil, rappelant avec nostalgie le jeu Star Fox. Les combats contre les monstres mythiques de la série sont bien présents eux aussi, c’est ainsi Jabba, le Rancor, ou bien l’Empereur que vous affronterez au cours de cette aventure décisive pour l’avenir de la galaxie. Une lourde mission repose sur vos épaules !

Il est temps de s'enfuir d'Endor pour se confronter à l'Empereur et mettre fin à ce conflit interstellaire...

 

En résumé ? Cette dernière adaptation de la saga de George Lucas est une franche réussite qui réconciliera probablement les joueurs ayant été déçus du précédent épisode. Plus abordable que son prédécesseur, Return of the Jedi s’avère être un jeu d’Action très plaisant, réalisé avec brio et une fois de plus très fidèle à son modèle original. JVC nous aura offert sur Super Nintendo trois excellents Run’N’Guns en avance sur leur temps, chacun ayant leurs défauts il faut le reconnaître, mais très loin devant la concurrence moyenne des autres éditeurs. Un beau palmarès sans aucun écueil, les fans de Star Wars (dont moi) ont souvent été gâtés en termes d’adaptations vidéo-ludique, mais la série des Super Star Wars s’imposait comme la référence avant… un certain Knights of the Old Republic.

[youtube.com/watch?v=KtbExVuu8aE&feature=related]

Super Star Wars: The Empire Strikes Back (SNES) [1993]

Super Star Wars: The Empire Strikes Back (SNES) [1993]

Pas de surprise à l’horizon, The Empire Strikes Back sur Super Nintendo est la suite directe du premier opus des Super Star Wars, sorti un an plus tard et reprenant lui aussi la trame du film du même nom.

Similaire sur de nombreux points à son aîné, ce nouvel épisode perfectionne un peu plus les meilleurs points rencontrés sur la précédente aventure, à savoir une technique graphique toujours aussi splendide, des scènes d’action encore plus réalistes pour l’époque (il est possible de participer à la contre-attaque des AT-AT à bord d’un vaisseau rebelle sur Hoth !) et un fan-service une fois de plus très soigné. Luke maîtrise désormais la Force et a appris à mieux se servir de son Sabre, vous pourrez ainsi utiliser des compétences de Soin, de Lévitation, de Contrôle Mental ou encore de Réflexes Améliorés. Le reste du casting original est toujours présent, mais le choix du Héros en début de mission n’est plus possible, le scénario décidant à votre place… Cependant, si l’intention de JVC d’améliorer son bijou fût louable, peut-être aurait-il fallu garder les pieds sur terre et se rendre compte que la Super Nes, malgré sa grande puissance, n’était pas un ordinateur… et que les joueurs n’étaient pas des cyborgs par la même occasion.

Luke sur Hoth, chevauchant son Taun-Taun.

 

Il faut savoir une chose avant de se lancer dans ce nouvel opus, la frustration sera une fois de plus de rigueur, et à un degré infiniment plus élevé: la difficulté est tout bonnement abominable. Rehaussée de toutes parts, les ennemis sont extrêmement coriaces, demandent souvent un nombre important de tirs pour être vaincus, causent de nombreux dégâts et affluent toujours par milliers. Les boss s’avèrent eux-aussi plus féroces qu’avant, allant des simples tourelles de l’Empire au puissant Dark Vador lui-même. Quant aux phases de plateforme, la difficulté a elle aussi été revue au degré supérieur et le level design s’avère bien plus tordu que par le passé.
Je n’avais jamais joué à ce jeu auparavant, et j’ai tout simplement été abasourdi, je ne suis pourtant pas le genre à reculer face au danger (je suis quand même un amateur de Contra, hein), mais je dois dire que ce Super Empire Strikes Back s’impose sans gêne comme l’un des 5 softs les plus difficiles que je connaisse. Rien que ça.

On peut enfin revivre la grande bataille de Hoth comme si on y était !

 

Pour vous éviter un Hara-Kiri, l’équipe a eue la bonne idée d’intégrer un système de password vous permettant de reprendre au début de chaque nouveau niveau découvert. Un plus qui s’avère fort appréciable et ne baisse en rien le challenge proposé, car vous aurez souvent besoin de gaspiller plusieurs continues pour boucler un niveau. Le jeu se termine ainsi « plus vite » que le premier épisode, mais reste un exercice sacrément corsé. Seuls les plus téméraires et persévérants en verront le bout, car même en Facile, les hordes d’ennemis risquent bien d’avoir raison de vous.

Chewbacca à la recherche de C-3PO sur Bespin... Mais où est-il encore passé ?

 

Mais attention, si le challenge est une chose, la puissance de la console en est une autre… Super Empire Strikes Back est certes magnifique, mais c’est là son problème: il l’est un peu trop pour la petite Super Nes. Les ralentissements sont légion. Si le premier épisode connaissait son lot de petits défauts similaires, le second, quant à lui, est souvent énervant, le framerate saute en permanence, les effets visuels recouvrants l’écran n’arrangeant rien au problème et la progression s’avérant de ce fait laborieuse. Qu’y a-t-il de plus rageant qu’un saut manqué dû à un jeu mal optimisé et qui rame quand bon lui semble ? Les jeux de l’époque connaissaient souvent ce problème, mais se débrouillaient généralement pour faire oublier ces petits défauts. Pour un Run’N’Gun aussi pointilleux que ce Super Empire Strikes Back, le verdict est malheureusement sans appel: le jeu est parfois difficilement jouable.

Rencontre entre Père et Fils.. Darth Vader s'avère être un adversaire coriace.

 

Il est dommage de constater que cet épisode est d’assez loin le meilleur des trois en termes d’expérience, de richesses et de nouveautés, mais il faut se rendre à l’évidence, c’est aussi le plus désagréable à terminer en raison des problèmes cités plus haut. On frise bien trop l’excès, et insérer un système de mot de passe pour compenser une difficulté outrancière n’était selon moi pas la meilleure des idées à avoir. Super Empire Strikes Back est un très bon jeu, mais c’est pour moi le plus faible des trois épisodes de la trilogie…

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Super Star Wars (SNES) [1992]

Super Star Wars (SNES) [1992]

La cartouche est insérée dans la console. Le bouton « Power » est poussé vers l’avant, la diode rouge s’allume. Le logo Lucasarts s’affiche sur votre téléviseur et l’écran titre apparaît. Le légendaire thème de John Williams se fait entendre, et cette fois-ci, ça y est: Star Wars est dans votre salon, plus beau que jamais, et plus intense qu’il ne l’a jamais été !

Super Star Wars est un grand classique de la Super Nintendo, très populaire à sa sortie, le jeu aura marqué bon nombre de joueurs de par sa réalisation irréprochable, ses effets visuels bluffants pour l’époque et sa bande-son qui se range parmi les meilleures retranscriptions qu’a pu offrir la Super Nes. Ce Super Star Wars est un bijou réalisé avec passion, fidèle au film original, les développeurs ont voulu nous faire revivre cette grande aventure de la façon la plus captivante qu’il soit et on peut dire qu’ils ont réussi avec brio.

Celui-là à l'air en colère, mieux vaut prendre ses distances !

 

Premier épisode d’une série de trois, tout comme la trilogie originale, le soft nous propose ce qu’il peut se faire de mieux visuellement sur la machine: 2D splendide, backgrounds réussis et dynamiques, sprites détaillés, utilisation du mode 7 (effet 3D de la Super Nes) optimale,  c’est une pure réussite sur le plan technique. L’aspect sonore, quant à lui, est l’un des plus acclamés de la machine: les blasters sonnent exactement comme dans le film, les Hommes des Sables hurlent comme des sauvages, les Jawas nous gratifient de leur si personnel « Utinni ! » et le sabre de Luke conserve cet effet si spécial et immédiatement reconnaissable à chaque coup qu’il porte. Même Obi-Wan nous soutiens, « Use the Force Luke ! ». Il n’y a pas à dire, sur le plan du Fan-Service, ce Super Star Wars est l’une des meilleures adaptations que je connaisse.

Il est temps de s'enfuir vers Mos Eisley à bord du Speeder de Luke.

 

Qu’en est-il du jeu ? C’est déjà plus classique de ce coté-là, vous incarnez au choix Luke, Han Solo ou Chewbacca selon les niveaux, et revisitez les lieux classiques du film: Le Sandcrawler des Jawas, la Cantina de Mos Eisley, l’Etoile de la Mort… Le gameplay s’apparente à un Run’N’Gun assez classique digne de Contra, vous arrosez l’écran et devez vous débarrasser de hordes incessantes d’ennemis. Luke peut par la suite obtenir le Sabrolaser de son père, mais n’est malheureusement qu’assez peu utile dans cet épisode: bien trop imprécis, l’utilisation des Blasters (améliorables), est vivement recommandée. A ce sujet, venons-en au point qui fâche un grand nombre de joueurs sur cette série: La difficulté.

Une rixe de bar ? Chewbacca va en prendre un pour taper sur l'autre.

 

Super Star Wars est impardonnable. Et encore, si vous voulez entendre la meilleure, ce premier épisode est de loin le plus facile des trois. Vous devrez braver des pièges vicieux, des trous par milliers, des boss gigantesques et des niveaux assez longs si vous voulez triompher de l’empire. Le gameplay est plutôt efficace, précis, mais la moindre erreur est fatale: vous recommencerez au checkpoint le plus proche en cas d’échec. Le jeu étant limité en continues, peu de gens sont arrivés à le boucler, laissant dans la frustration la grande majorité des joueurs de l’époque. Cela dit, comme tout bon Run’N’Gun, un peu de pratique, de la persévérance et l’apprentissage des niveaux vous permettront d’en voir le bout assez « vite » si vous êtes motivé.

Han Solo se fritte avec l'un des droïdes de sécurité de l'Empire.

 

Le grand problème du jeu vient de sa relative linéarité: pas vraiment de chemins différents à suivre malgré les trois personnages disponibles, un level design très répétitif et un certain manque de variété dans l’action. De même, les musiques, si elles sont excellentes, sont relativement peu nombreuses et le même thème se fait souvent entendre au cours de l’aventure. Ajoutez à cela le fait que le sabre de Luke est totalement inutile, que Chewbacca est tout simplement nécessaire dans les derniers niveaux pour espérer survivre (ce dernier ayant bien plus de vie que les autres), et que la difficulté s’avère bien souvent décourageante et frustrante, et vous obtenez un soft splendide plombé par quelques points noirs assez gênants…

Un rêve devenu réalité: vous pouvez désormais participer à l'escadron d'assaut des rebelles contre L'Etoile Noire.

 

Ce serait malgré tout vraiment dommage de passer à coté de cette fantastique expérience de l’époque, Super Star Wars ayant marqué une révolution technique sur la machine, et ayant fait le bonheur de nombreux fans: c’est un jeu qui mérite amplement quelques énervements tant sa réalisation est exemplaire. Il n’y a pas à dire, à l’époque, le public était bien plus exigeant…

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