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Punish Yourself + Dead Sexy Inc. au Forum de Vauréal: 16 Novembre 2012

Et voilà. Rebelote, on la refait. Un mois à peine après avoir assisté à l’explosive performance de Punish Yourself au Divan du Monde, pour laquelle j’étais arrivé en retard, à l’arrache, et illégalement (huhu), je remet le couvert et retourne joyeusement les voir sur leur tournée actuelle, cette fois-ci non pas à Paris mais en banlieue, plus précisément au Forum de Vauréal. Première excursion pour moi dans cette petite commune proche de Cergy, vous vous douterez bien que comme guide touristique, je serais un peu à la ramasse et sûrement de mauvais conseil, en tant qu’auditeur acharné et globe-trotter en herbe en revanche, je serais pas trop mal placé pour vous parler de la salle en question. Le Forum de Vauréal, c’est une salle assez petite, proche de celle du Glazart pour donner une idée. Un endroit visiblement très entretenu à l’inverse, très clean vu de dehors et dont la confirmation se fait définitivement une fois entré. Tiens, des photographes à l’entrée ! Ils ont l’air sympa, allez, je me laisse prendre au jeu avec ma moitié, ça fera un beau souvenir. Dans le hall, plein de posters des célébrités ayant foulées la scène annexe: on aperçoit Wishbone Ash, UFO, ou encore Élodie Frégé pour les plus talentueux d’entre eux (un intrus s’est subtilement glissé dans cette liste, sauras-tu le retrouver ?). Bref, une salle visiblement pas très orientée Metal mais bien éclectique, ça fait toujours plaisir à voir.  Tour du propriétaire effectué, il est temps de passer à ce qui nous intéresse le plus: le gros son !

Dead Sexy Inc.

Alors, comme je l’ai dit plus haut, lors de leur représentation au Divan du Monde courant Octobre, je n’ai pas pu assister au début du concert, donc Dead Sexy Inc. m’est passé sous le nez. Flûte de Zut. Visiblement assez proches de Punish Yourself, qui, en plus de les accompagner sur leurs tournées, ont contribué à certains remixs de leurs titres, notamment « Night-Club » sur Disco Flesh: Warp 99, je me demandais bien à quoi pouvait ressembler le groupe, ayant lu ici et là des genres trop peu connus de mes oreilles comme Electro-Punk, Synth-Pop et autres. Sur le papier, ça a déjà l’air différent de la tête d’affiche me direz-vous. Sur scène, ça l’est presque tout autant en fait, hormis pour le look assez prononcé bien qu’encore une fois, sans aucun rapport. Pour exemple de comparaison, je dirais que Dead Sexy Inc. emprunte des sonorités à pas mal de groupes différents, en refaisant chauffer le tout à sa sauce, malheureusement un peu tiède pour ma part. J’ai entendu du Garage-Punk dans leurs riffs, je pense surtout aux Stooges ou The Clash de ce coté là, avec un petit coté Joan Jett pour l’aspect gentillet de la chose, vous voyez, pas trop forcé quoi. Pour le son global, ça se rapproche tout de même plus de ce qu’on peut trouver sur les albums les plus pops de The Cure ou Indochine (sic), enrobé dans une légère couche de Goth-Rock à la Alien Sex Fiend sur certains morceaux et l’utilisation de quelques samples et effets encore une fois assez peu marqués. Bref, c’est difficile à décrire, mais en fait c’est pas tellement original, c’est un condensé de pleins de groupes réunis et ça n’a pas franchement trop pris chez moi. Les membres y mettaient de la bonne volonté, plutôt dynamiques sur scène, proches du public, le lead-singer ayant fait participer certains membres du public, mais la globalité de la foule semblait tout de même assez statique et peu habituée des lives j’ai l’impression. Peu de mouvement, assez peu d’énergie générale dans les compos, malgré une bonne volonté certaine et l’exercice difficile d’ouvrir pour un groupe n’ayant que peu de rapport musicalement, je ne pourrais pas dire que le set de Dead Sexy Inc. m’aura convaincu. Ca passait, c’était pas odieux, mais j’aurais aimé une plus forte identité musicale pour ma part.

Punish Yourself

En parlant d’identité, en voilà qui ont certainement poussé dans ses derniers retranchements les limites de l’apparence visuelle. Punish Yourself, en fait, c’est une sorte de pub géante pour les surligneurs Stabilo, le truc que tu peux utiliser sur une autoroute en pleine nuit pour signaler une déviation, ou encore pour effrayer les corbeaux dans le champ de Mr.Gontrand, ton voisin un peu sauvage âgé de 75 ans et dur de la feuille. Un truc vraiment unique quoi. Le Metal a eu GWAR, l’Electro-Indus aura Punish Yourself, c’est dit !
Mine de rien, Punish a beau être un groupe Français, terre pas franchement réputée sur le plan musical, ces gars (et ces dames) sont dans le système depuis 1994, soit presque 20 ans, et ont depuis tout ce temps acquis une reconnaissance nationale parmi les fans d’Electro-Indus et Metal. Malheureusement, si ils sont connus dans l’Hexagone, le public étranger reste assez mince. En y regardant de près, on comprend difficilement pourquoi. Pourtant moins pops que KMFDM, beaucoup plus Metal que Skinny Puppy, carrément plus punks que Ministry et plus inventifs que Rob Zombie, le succès rencontré n’est encore une fois pas celui mérité pour un groupe de qualité ayant produit une tripoté d’albums tous aussi bons les uns que les autres. Pour ma part, Punish Yourself est aussi important sur la scène Electro-Indus que certains noms cités au-dessus, avant tout grâce à leurs efforts constants depuis la moitié des 90’s, mais aussi pour leur identité musicale (et visuelle) facilement reconnaissable. Bref, je ne suis pas là pour refaire le monde, mais si j’ai pu faire prendre conscience à certains que Punish Yourself n’est pas qu’un « groupe français », j’estime avoir bien fait mon boulot.

On vous avait prévenus: en live, c’est coloré, et c’est des vrais timbrés…

Arrivée en grandes pompes et peintures bien fluos sur tout le corps, les membres prennent place sur scène accompagnés d’une intro ambiante assez bien choisie pour illustrer le calme avant la tempête: BOUM ! Ce fût bref, mais les gros riffs débarquent déjà, « Gun » annonce le début des hostilités et la salle semble s’être réveillée d’un seul coup ! La fosse démarre au quart de tour et l’ambiance ne tarde pas à devenir vraiment explosive dès les morceaux suivants. « Suck My T.V. » nous offre une bonne opportunité de brises-nuque par milliers avec son riff pachydermique, et « Rock’N’Roll Machine » fera définitivement péter la salle pour nous laisser en plan dans les décombres. Arrivée sur la moitié du set, la danseuse pyrotechnicienne du groupe nous servira comme à son habitude son hypnotisante performance, avec tantôt ses mouvements  déstructurés, tantôt son sympathique délire à la meuleuse, éclaboussant d’étincelles brûlantes la scène et ses collègues. Grand absent de la soirée, le second pyrotechnicien, qui ne s’est pas manifesté ce soir-là… Pour quelle raison, ça je n’en sais rien, reste qu’au Divan du Monde un mois plus tôt, le gus avait fière allure avec sa combi SM et ses jets d’étincelles entrecroisés à tout bout de champ ! Si l’entrée dans le vif du sujet fût directe et sans préavis, l’intégralité du set fût du même acabit, alternant avec brio les passages plus énervés avec le coté hypnotique de titres comme « Enter Me Now » ou encore « Cult Movie Remake ». Gros mouvement sur « CNN War », titre définitivement taillé pour le live,  et délire de fou sur l’enchaînement de timbré entre « Las Vegas 2060 », et « This Is My Body/This Is My Gazoline » ! Si le public se montrait plus agité au début du set, on peut leur pardonner tout de même la fatigue évidente dû à la chaleur ambiante et la durée de la performance: un peu plus d’une heure et demie sur scène à nous agresser avec leurs gros riffs, c’est sûr que Punish a mis pas mal de monde sur les rotules. Pourtant pas décidés à nous laisser respirer, le rappel habituel allait définitivement mettre K.O. la salle avec des classiques indispensables et immanquables: ce n’est rien de moins que « Primitive », « Gay Boys In Bondage » et « A Station In Space » qui clôturerons le concert ! Pas la peine de vous dire que tout le monde s’est réveillé d’un coup, l’ambiance est repartie de plus belle avec une fosse bien motivée pour partir sur orbite. Un grand moment de fun et de camaraderie qui mérite vraiment d’être vécu, en résumé.

… mais vraiment hein.

23h40 déjà, c’est terminé… c’était encore une fois trop court ! Un petit tour au merch, histoire de voir la marchandise: toujours très abordable, 15€ le t-shirt, 10€ le CD, et 1€ l’affiche du concert ! Je n’ai malheureusement vu le prix que trop tard, je me serais bien laissé tenter… Bon, en souvenir, j’ai pris un sticker gratuit, « Satan Is Gay » que c’est écrit, voilà qui mettra de la gai(y)eté sur l’unité centrale de ma bébête. La chance de mon coté, une connaissance de ma copine nous ramènera à bon port, les trains et bus à cette heure-ci étant inexistants, on a évité de peu une déambulation nocturne quasi-suicidaire…

La soirée en bref: Si Dead Sexy Inc., malgré un effort notable et louable de leur part, n’a pas su me convaincre suffisamment pour en vanter les mérites, Punish Yourself réitère l’exploit une seconde fois et fait un sans faute pour sa part, un set complètement allumé, déjanté, délirant, fluorescent, et plein de mots qui finissent en -ant ! Non je vous rassure, c’était très loin d’être chiant… Le groupe est actuellement en tournée un peu partout dans toute la France, ça coûte une bouchée de pain, alors si vous aimez l’Electro-Indus, les gros riffs et les soirées bien animées, vous savez ce qui vous reste à faire: Gotta Catch’Em All !

Comme d’hab, si vous étiez, n’hésitez pas à laisser un commentaire en bas de page en tant que visiteur pour partager vos impressions !

Merci au Collectif 24/36 pour la participation et les photos !

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Danzig – Danzig IV (1994)

DANZIGDanzig IV (1994)

Cet album est la preuve qu’une écoute n’est pas suffisante dans beaucoup de cas pour pleinement saisir l’intérêt d’un disque ou du travail proposé par un musicien: je trouvais cet album particulièrement long, pénible et sans inspiration à ma première écoute. Danzig serait-il hors système ? Ce quatrième album ne serait-il pas un pas de trop pour le colosse ? Hé bien non, fausse alerte !

Danzig IV est une continuation normale du précédent volume, la musique du groupe change, les années aussi, et le son s’en retrouve amélioré, modifié, plus complexe… Les tempos sont plus lents, les mélodies plus intimistes, le coté Heavy moins marqué… Danzig n’a pas viré Doom pour autant, ni même Gothic, mais s’en rapproche dirais-je. « Little Whip » illustre à merveille cette nouvelle direction artistique, moment fort de l’album pour ma part.

Line-Up d'origine du groupe.

L’album entier gravite sur un rythme très posé, les compositions sont bien plus softs que par le passé, parfois même étonnantes ou dérangeantes, « Sadistikal » n’aurait par exemple pas volé sa place dans la bande-son d’une production Porno-Gore distribuée sous le manteau. Oui oui, rien que ça. Pour le reste, « Stalker Song » fait partie de mes morceaux préférés avec un Danzig plus convaincant que jamais dans un registre « blasé badass » que j’apprécie particulièrement chez lui.

Faisons abstraction des 15 prochaines années pour le groupe, assez noires et creuses, et regardons ce quatrième opus comme une très belle façon de boucler la boucle: Danzig ne sortira plus d’albums aussi convaincant jusqu’au récent Deth Red Saboath et nous livre ici son travail le plus intimiste, sombre, et nébuleux. Le genre de disque qui accompagne parfaitement un matin pluvieux, gris et maussade.

Mais de la bonne façon, heureusement.

Sheitan (2006)

Alors comme ça, il paraît que j’ai des goûts douteux en cinéma. Bon, je le reconnais en partie, je cède souvent à la tentation et à la facilité. Ainsi, rire grassement et soupirer avec mépris devant le dernier Teen-Movie à la mode m’arrive plus souvent que de constater à quel point Jack Nicholson est un putain d’acteur comme on en a rarement vu. Dans un sens, regarder des films de merde à longueur de temps vous fait apprécier puissance 1000 de vrais chef-d’œuvre, et ça c’est un plaisir indescriptible que les explorateurs de chartes IMDB ne peuvent se permettre. Bon, bref, je suis l’expert du cinéma « Punk » et grossier que tout individu normalement constitué reniera avec dégoût, pour en rire secrètement avec ses potes à l’occasion.
Au moins vous savez à qui vous avez à faire.

Bref, aujourd’hui j’ai décidé de pondre quelques paragraphes sur Sheitan, de Kim Chapiron (Dog Pound), rien que pour vous, mais surtout faute d’avoir mieux à faire. Hum.


Sheitan, le film pas bien que tu vas aimer voir.

Avec une accroche pareille, il y a 75% de chances pour que mes potentiels lecteurs aient déjà quitté la page, donc je peux écrire à peu près ce que je veux. Non bon allez, je vais rester sérieux.
Sheitan est un film français, sorti en 2006 et dirigé par Kim Chapiron, qui nous offrait l’an passé l’excellent Dog Pound. Première expérience du jeune cinéaste, cette comédie noire malsaine à souhait et complètement frappée avait fait l’effet d’une bombe à retardement lors de sa sortie : Vincent Cassel dans un rôle de paysan déglingué et sataniste qui martyrise des racailles la veille de Noël, forcément, ça promettait du lourd. Le lourd, on l’a eu, dans tous les sens du terme d’ailleurs.

Le scénario écarte volontairement toute pensée philosophique et bonne morale et fait un très gros doigt d’honneur aux comédies beaufs dans lesquelles apparaissent, au hasard, Franck Dubosc (au hasard hein je répète). Nous suivons l’histoire d’une bande de petites frappes parisiennes au vocabulaire logeant sur une feuille (pas deux) de papier toilette Monoprix, pas attachants pour un sou et dont on ne leur souhaite qu’une seule chose: mourir. Jusque-là, un film d’horreur assez classique me direz-vous.
La joyeuse troupe décide, suite à une soirée un peu mouvementée, de prendre quelques jours de vacances et fêter Noël dans la maison de campagne d’une jeune pousse aux formes chaleureuses, interprétée par Roxane Mesquida. Loin de tout et perdus au beau milieu d’un environnement aussi passionnant que la Creuse, nos parisiens de choc vont passer un Noël qu’ils ne sont pas prêt d’oublier en la compagnie d’un hôte dérangeant et dérangé, campé à merveille par Vincent Cassel…

Rien que là, on sent une forme d'intelligence inconnue émaner des différents protagonistes

 

Vincent Cassel, bouffon du diable et plus encore.

Vous voyez José Bové ? Dolph Lundgreen ? Nicolas Sarkozy ? Pour une fois  ce dernier n’a rien fait et ne servira qu’à booster les résultats de recherches dirigeants vers mon article (je vous ai dit, je peux écrire ce que je veux, personne ne lit normalement passé le premier paragraphe, d’ailleurs je vous félicite si vous êtes encore là), en revanche si vous assemblez les deux premiers cités, vous obtenez Joseph, rôle de Cassel dans Sheitan. Véritable force de la nature, peu porté sur l’hygiène corporelle et les bonnes manières, cet autochtone envahissant et maladroit va faire vivre à la bande de jeunes le pire Noël qu’on puisse imaginer. Au programme, voyeurisme, violence volontaire, langage ordurier, excision d’organes divers et spécialités locales peu recommandables au voyageur en perdition.

Une bête féroce, un grand comique, le stéréotype grossier vulgaire du paysan, le mec qu’on connaît pas qui fait un peu flipper, le lourd qui s’incruste dès que possible… Vincent Cassel, dans Sheitan, c’est tout ça à la fois, et c’est franchement merveilleux. Les critiques s’accordent pour dire que sans sa performance,  le film n’aurait probablement pas fait grand bruit et n’aurait pas dépassé le cadre de la série Z, mais heureusement, c’est tout l’inverse. Point fort incontestable de la réalisation, ses frasques multiples ne manqueront pas de vous faire rire ou bien vous effrayer, et c’est d’ailleurs sur cet enchaînement d’émotions que Sheitan se démarque habilement des autres: passer du rire à la psychose en un claquement de doigts, c’est pas un phénomène très courant.

Vincent Cassel dans le rôle d'un paysan sataniste illetré... Saisissant de réalisme !

 

La blague qui tue ? Presque.

Comme je l’ai déjà dit plus haut (relisez bon sang..), Sheitan est un film très malsain, agrémenté d’un d’humour noir des plus borderline. Si la première moitié de cet obscène délire oscille entre la comédie et le nanar assumé, la seconde en revanche s’avère bien plus violente et troublante, voire provocante. Aucune compassion pour les héros, aucune envie de les aider, à vrai dire, tout dans ce film est prévu dans l’unique but de les voir souffrir et ne pas sortir en vie de cet enfer campagnard. A mi-chemin entre Texas Chainsaw, Halloween ou bien House of 1000 Corpses, que j’ai précédemment chroniqué (hé oui, là encore, relisez) , Sheitan combine d’une belle manière une atmosphère délirante et pourtant très tendue. Son scénario, très maigre et peu cohérent, ne restera pas gravé en mémoire bien longtemps, de même que son casting tout à fait moyen et fauché… Mais sa direction, son ambiance, son humour révoltant et la performance encore une fois excellente de Cassel suffiront à convaincre les fans d’Exploitation et de cinéma Trash à jeter un œil sur cet essai assez unique dans le paysage horrifique français…

Sheitan, en résumé ? Un film de fou, pour les fous.
Voilà qui devrait bien vous avancer !


PS : les plus malins d’entre vous auront remarqué une image subliminale d’un mauvais goût effroyable lors des premières secondes du générique final… très classe !

The Devil’s Rejects (2005)

Deux ans auparavant, House of 1000 Corpses nous entraînait dans les folles et furieuses aventures d’une famille pas vraiment comme les autres. Rob Zombie s’illustrait alors pour la première fois en tant que réalisateur, et si le bilan de cette première expérience aura été mitigé en termes de critiques, le public a quant à lui réagit de façon plutôt positive face à un film reçu à l’époque comme une bouffée d’air frais pour le cinéma Horrifique.

Il n’en fallait pas plus pour mettre en chantier la suite directe de ce succès commercial, et c’est donc sans (grande) surprise que The Devil’s Rejects voit le jour en 2005. Bon, revenons un peu sur les origines de cette fiction.

Ce qu’il faut savoir avant toute chose, c’est que cette suite ne continue aucunement la précédente histoire entamée (qui était déjà terminée de toutes façons), vous pouvez donc regarder ce second volet sans avoir jeté un œil au premier, vous ne serez absolument pas perdu. The Devil’s Rejects reprend les mêmes protagonistes, la même famille, la même maison, les mêmes ficelles, le même humour… Sauf que cette fois il y a un scénario ! Et des séquences originales même, si si je vous le jure !

Le Shérif John Wydell, dont le frère a été assassiné par le Captain Spaulding, est bien décidé à se venger.

 

Très nette évolution en comparaison de la précédente réalisation de Rob Zombie, qui gomme avec cette suite tous les défauts de son aînée. Finies les errances, exit les clichés, bonjour l’Amérique et ses routes ensoleillées !
Nous sommes cette fois du coté des « méchants », les Devil’s Rejects en question sont bien connus du public puisqu’il s’agit tout simplement de la famille Firefly, résidents et propriétaires de la Maison des 1000 Morts, accompagnés désormais de ce clown douteux qu’est le Captain Spaulding. Pourchassés pour leurs crimes et leur train de vie peu orthodoxe, la joyeuse troupe se retrouve en cavale et n’a pas d’autre alternative que de s’enfuir au plus vite de l’état.

C’est donc un Road-Movie sanglant, violent, sexy, drôle et inattendu qui démarre en trombe pour ne jamais ralentir, et ce pour notre plus grand plaisir. Moins glauque que son prédécesseur, plus gore que ce dernier, plus amusant et surtout mieux rythmé, The Devil’s Rejects s’adresse à un public bien plus large, j’irais même jusqu’à dire connaisseur ou non du cinéma Horrifique, car c’est justement là la force de ce film : mixer habilement un nombre très important d’influences pour ne tirer que le meilleur de chacune et proposer un divertissement mémorable qu’on prendra souvent plaisir à voir et revoir. Et de ce point de vue, c’est totalement réussi.

Bill Moseley dans le rôle d'Otis a gagné une barbe dans cette suite, en revanche, il a perdu quelques cases de plus.

 

Rob Zombie a réussi à faire table-rase du passé et repartir sur des bases totalement nouvelles, pour finalement proposer une fiction unique, et l’inscrire de ce fait comme l’une des productions Horrifique les plus rafraîchissantes des dix dernières années, assurément. Comme je l’ai dit plus haut, The Devil’s Rejects est un concentré de tout ce que l’on aime dans le cinéma d’Exploitation, qu’il soit moderne ou non.

La bande-son est une fois de plus très soignée, toujours bien accordée à l’action et soutenant avec brio le périple des trois timbrés à l’écran. The James Gang, Lynyrd Skynyrd, Buck Owens, Joe Walsh ou encore The Allman Brothers Band… Le réalisateur nous prouve de fort belle manière son bon goût pour le Blues Rock et les racines du Hard. La compilation de classiques proposée ravira à n’en pas douter les aficionados du genre.

Les timbrés sus-cités, eux, crèvent totalement l’écran avec une performance encore plus marquante qu’auparavant, Sid Haig est absolument déchaîné et sort des répliques cultes à tour de bras ( « What’s the matter kid, don’t you like clowns ? Why ? Don’t we make ya laugh, aren’t we fuckin’ funny ? » ), Bill Moseley pousse à son paroxysme son personnage d’Otis, maniaque violent, cynique et dérangé, et Sheri Moon Zombie, quant à elle, use à nouveau à merveille de ses atouts naturels… Oui bon, elle joue mieux aussi, et surtout, ne se comporte plus comme une gamine attardée, c’est un bon point !

Ah, lui, il n'aime pas les clowns apparemment, chose qui ne plaît pas vraiment au Captain Spaulding.

 

Au niveau de la réalisation, le film se veut plus classique et surtout moins hallucinogène que son prédécesseur : les plans ultra-saturés et les mini-clips n’ayant aucun rapport direct avec l’intrigue ont été supprimés pour plus de cohérence, l’aspect « malsain » est bien moins exploité visuellement et laisse place à des scènes tout aussi tendues, optant pour une violence plus psychologique désormais (la fameuse prise d’otages). Au final, Rob Zombie a changé de direction horrifique et livre ici un bilan plus solide et convainquant que précédemment, on perds en personnalité pour gagner en intérêt et ce n’est honnêtement pas plus mal.

 

En résumé ? Si vous avez aimé House of 1000 Corpses, vous aimerez The Devil’s Rejects. Si vous n’avez jamais vu le premier méfait, ce second opus vous donnera sûrement envie de le voir. Enfin, si plus généralement vous êtes un amateur d’Horreur, d’humour noir, de Road-Movies et de vieux Rock, vous serez aux anges avec cette production déjà culte des années 2000, cocktail détonnant et dépaysant réalisé d’une étonnante main de maître par un artiste souvent controversé dans son milieu.
Rob Zombie, meilleur réalisateur que musicien ? C’est encore un peu tôt pour le dire, mais The Devil’s Rejects est sans conteste l’un des hauts-faits de sa carrière.

Chapeau le Zombie.

Ni à vendre, ni à louer

Hop-là ! La Gazette Du Platypus est de retour après quelques jours de farniente… faut dire, ce sont les vacances !

Et c’est un film qui sent bon les vacances dont je veux vous parler. Ooooh, quel enchaînement fabuleux ! Je sais, je sais. J’ai été à bonne école. J’accepte les paiements Paypal.  Bon, allez, plus sérieusement, j’ai envie de vous faire part d’un petit film confidentiel qui fut pour moi une découverte foutrement sympathique.

L'affiche du film. Sacrée galerie de personnages, vous en conviendez.

Deuxième film de Pascal Rabaté, dont je n’avais pas vu la première réalisation. Malgré le côté confidentiel du film, le casting ne vous sera pas inconnu, je pense. Jugez plutôt : Jacques Gamblin, Gustave Kervern (le taré du Groland qui fait Super Soupe Au Lait), Maria de Medeiros, François Damiens, Dominique Pinon (mais si, le mec avec son magnétophone dans Amélie Poulain !)… bref, pas que des anonymes non plus.

Quant au film en lui-même, il est très simple à résumer : pendant 80 minutes quasiment muettes, le film nous expose, l’une après l’autre, des tranches de vie d’une galerie de personnages qui vaut le détour ! Le tout pendant un week-end de vacances au bord de l’Océan. On trouvera pèle-mêle deux punkettes lesbiennes, le gérant d’un supermarché aux rayons quasi vides, un père de famille qui mène tout à la baguette, un couple enfermé dans sa routine et sa maison de vacances, microscopique et improbable… et bien d’autres encore. Évidemment, tout ce petit monde ne va pas se contenter de rester dans son coin, mais va se rencontrer, fortuitement ou non, au cours du film. Les situations émouvantes, plus cocasses ou carrément délirantes, les quiproquos, les rencontres s’enchaînent alors. Le film vibre de ces petits riens qui font tout le sel de l’existence, filmés avec une grande simplicité et une tendresse communicative. On rit souvent, ou l’on est plus touché, comme lors de cette scène où le vent se déchaîne pendant une nuit, et semble révéler tout le monde au grand jour. Une scène pourtant bête comme chou, mais que je trouve d’une justesse étonnante. Et tout ça, je le rappelle, sans le moindre mot.

Mais attention ! Car simplicité et dépouillement, ça ne signifie pas systématiquement vide et banalité. De banalité ici il n’est point question, et le film fait preuve d’une grande inventivité et d’une poésie évidente dans chaque rebondissement, dans chaque situation, aussi minimes soient-ils. Le tout souligné par une jolie performance collective des acteurs, qui, privés de parole, font tout passer, émotions, intentions, dans les regards, les sourires, les soupirs, voire même les hoquets (allez voir le film, vous comprendez !).

Ce film, ce serait un petit peu l’antidote parfait à Transformers 3 par exemple : à l’heure de la 3D, des blockbusters plein à ras-bord d’explosions, d’effets spéciaux toujours plus couteux et j’en passe, un film pareil, aussi dépouillé et calme, ça risque de faire tout drôle au spectateur lambda. Mais quel bonheur au final. Si je l’osais (et je vais oser, en fait), je comparerais ce film à une coupe de champagne : c’est léger, c’est frais, ça pétille d’intelligence, et ça nous laisse sur une douce sensation d’euphorie. Recommandable. Très.