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Legacy of Kain: Blood Omen (PC) [1995]

« Il existe une opération magique, d’une importance maximum: l’initiation d’un nouvel Éon.
Lorsqu’il devient nécessaire, la planète toute entière doit baigner dans le sang. »

C’est sur ces mots de l’occultiste britannique Aleister Crowley que démarre l’un des récits les plus épiques et denses du Jeu-Vidéo, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on est prévenu d’office: la saga Legacy of Kain ne s’adresse pas aux jeunes joueurs et la maturité de son ambiance gore et gothique réserve ce Blood Omen à un public averti et, à l’époque, très exigeant.

Pour faire simple, ce titre est issu d’un autre temps (tout comme son discutable artwork sur PC, bien plus soignée pour sa présentation Playstation…), d’une autre période, où le Jeu-Vidéo était encore pointé du doigt comme un mauvais hobby, le vilain petit canard des arts modernes et de la technologie, réservant cette discipline à une catégorie de personnes assez restreinte et au courant de son actualité. En 1995, les joueurs étaient pour la plupart ce que l’on appelle de nos jours des « Hardcore Gamers », terme qui aujourd’hui a bien perdu de son sens, communauté assez à part et incomprise, souvent très élitiste pour qui la qualité d’une production se devait d’être exemplaire avant de lui assurer un semblant de succès commercial.
Les développeurs devaient rivaliser de prouesses, de technique et d’inventivité pour gagner la reconnaissance de cette meute affamée et espérer se démarquer du lot. Seuls les meilleurs passaient à la postérité, les autres, eux, restaient condamnés au grade de « seconds couteaux », que seuls les nostalgiques de l’époque peuvent encore se remémorer aujourd’hui. La publicité pour le genre n’existait pas ou peu, limitée à quelques magazines spécialisés vendus aux plus acharnés, le bouche à oreille était la meilleure façon d’être au courant des dernières actualités et des différents hits à ne surtout pas manquer.

L’artwork Playstation du jeu reste nettement supérieur à son homologue PC.

 

C’est dans ce cadre aujourd’hui révolu qu’est sorti ce premier épisode de la série Legacy of Kain, développé par Silicon Knights, petite boîte ayant auparavant donné naissance à quelques productions n’ayant pas marqué les esprits. Bien conscients qu’il fallait proposer une expérience nouvelle aux joueurs pour espérer convaincre un plus large public, Blood Omen est né de la volonté et l’ambition profonde d’une poignée de personnes d’offrir un voyage unique et jamais vu auparavant dans le domaine vidéo-ludique. Transpirante d’ingéniosité, impressionnante par sa richesse hors-norme et son scénario soigneusement étudié, sa mythologie très persistante et son univers particulièrement fouillé, la première aventure du vampire Kain marquait au fer rouge les amateurs d’Heroic-Fantasy et d’Aventure en tous genres, s’imposant à l’époque comme un divertissement unique et précurseur d’une horde de classiques ayant connus un succès retentissant.
En observant le gameplay de Blood Omen, on pense surtout au Hack’N’Slash, Diablo en tête, mais également à Baldur’s Gate. C’est également Fallout qui nous vient à l’esprit pour ces éléments de jeux de rôles caractéristiques et inhérents à la série. Blood Omen est arrivé bien avant tous ces titres et je mettrais ma main à couper que ces derniers n’auraient pas tout à fait eu le même aspect sans l’existence du dernier né de Silicon Knights. En dépit de son influence et de son succès critique, autant de la part des joueurs que des professionnels, cette première incursion dans l’univers de Nosgoth n’en reste pas moins un relatif échec commercial, lui conférant un statut culte de qualité dans l’ombre imposante de son petit frère Soul Reaver, sorti quelques années plus tard.

Blood Omen vous conte l’histoire de Kain, jeune noble preux et vaillant, qui fût un beau soir lâchement assassiné par une horde de brigands sans vergogne… Condamné à souffrir pour l’éternité dans un monde inférieur, Kain accepte sans hésitation la proposition de Mortanius, puissant nécromancien lui offrant la possibilité de se venger de ses agresseurs en recouvrant la vie. Il ne réalisait pas alors que ce choix allait impliquer de lourdes conséquences, la principale étant directement liée à la « nouvelle vie » promise par le sorcier: Kain retrouverait bel et bien les joies d’une existence en chair et en os, mais sous la forme d’un vampire, n’ayant d’humain que l’apparence lointaine et dont la soif de sang serait désormais intarissable… Un bien lourd fardeau à porter pour ce noble autrefois sans histoire, injustement abattu et dont l’unique motivation n’est désormais plus que la vengeance. C’est ainsi que Kain se met en route, franchissant cryptes et cimetières en direction de Ziegsturhl, lieu où s’est déroulé le tragique accident. Abattant sans pitié ses bourreaux d’autrefois, Kain réalise que son souhait est désormais exaucé, vengeance est faite, sa prochaine étape ne serait autre que le repos éternel… Mais, sous cette forme damnée, comment obtenir ce mérite ? Dans le doute, le chevalier vampire se remet en route, espérant trouver réponses à ses questions, et fait bien rapidement la connaissance d’Ariel, représentante de l’Équilibre du monde de Nosgoth. Cette dernière lui explique que la contrée est en danger, suite à un complot au sein même du Cercle des Neufs, protecteurs de Nosgoth et du destin du monde. En temps normal, Kain n’aurait eu que faire de ces histoires qui dépassaient de loin l’existence des humains, mais Mortanius l’informe que ses assassins étaient envoyés par l’un des gardiens corrompus du cercle… C’est donc dans un but à la fois personnel et moral que Kain part à la recherche des membres du cercle pour mettre fin aux maux de Nosgoth, et avant tout venger sa mort…

Au cours de l’aventure, Kain aura la possibilité de s’équiper d’un arsenal destructeur.

 

Le scénario de Blood Omen est aussi recherché que sa mythologie est profonde, Silicon Knights n’a rien laissé au hasard et a doté son titre d’un background prodigieux et rare à l’époque pour une production d’un studio tiers, un univers hautement détaillé, fourmillant de détails participants grandement à l’immersion du joueur, marquant d’un bout à l’autre et proposant de ce fait une expérience hors-norme. Des origines du monde à sa création, jusqu’à son anéantissement, tout vous sera conté au cours de votre périple, vous promettant une aventure haletante et épique dans tous les sens du terme. Blood Omen n’est pas qu’une simple histoire de vengeance, c’est une fresque détaillée de la destruction d’un monde et de la perfidie des entités le dirigeant.

Comme dit plus haut, le soft nous rappelle des classiques tels que Diablo ou Baldur’s Gate pour ne citer qu’eux, même si en vérité, ce serait plutôt ces deux derniers qui nous rappelleraient Blood Omen. Vous dirigez votre personnage vu du dessus, à la manière d’un jeu d’aventure comme Zelda, attaquant en temps réel vos ennemis et utilisant divers pouvoirs magiques pour vous débarrasser d’eux. Le système de combat est plutôt simple mais pas vraiment des plus précis, Kain dispose de plusieurs armes allant de l’épée au fléau, en passant par les haches, mais a malheureusement la souplesse de Goliath. Les coups sont relativement lents et il est parfois complexe de bien réagir face aux ennemis plus rapides qui vous toucheront sans mal, heureusement, pour palier à ce défaut, chaque attaque est dévastatrice et les pouvoirs amassés en cours de route surpuissants. Des pouvoirs d’ailleurs originaux et bien utiles, essentiels même quoi qu’optionnels au déroulement de l’aventure. Éclair, Possession des Corps, Douche de Sang, Invisibilité, Putréfaction des Cadavres ou encore la possibilité de se transformer en Loup-Garou vous seront octroyés si vous daignez explorer de fond en comble l’immense monde de Nosgoth. Vous aurez également la possibilité d’équiper Kain de nouvelles armures magiques lui permettant par exemple de repousser certains monstres, résister au feu ou attirer le sang versé par ses ennemis dans son propre corps, restaurant de ce fait votre « vie ». Car dans Blood Omen, pas de medkits, de potions ou de fées, mais l’élément principal de toute vie sur terre, le Sang… Quoi de plus normal pour un vampire me direz-vous ?

Se transformer en loup-garou est bien pratique pour arpenter le monde, et chasser…

 

La progression se fait par étapes, à chaque nouveau membre du cercle recherché, Kain devra visiter une nouvelle contrée, fort de nouveaux pouvoirs acquis en chemin lui permettant d’ouvrir de nouvelles routes auparavant inaccessibles. De très nombreux donjons vous attendent au cours de votre périple, ces zones étant d’ailleurs le point principal du jeu, à l’inverse d’un Zelda comportant quelques donjons majeurs et un grand monde central où la majorité de l’action aura lieue. Dans Blood Omen, votre périple est jonché de cavernes, châteaux et autres repères obscurs, autant dire que l’exploration est primordiale et la persévérance essentielle tant leur nombre est conséquent. Le Level design est très bien étudié et malgré l’abondance de ces zones, on ne ressent à aucun moment une impression de déjà vu ou de copié/collé. Les énigmes et mécanismes présents dans le jeu sont dans l’ensemble assez simples et se constituent pour la plupart de leviers, portes dérobées ou éléments magiques qu’il faudra actionner à l’aide de vos pouvoirs. L’utilisation des compétences de Kain est obligatoire pour venir à bout des épreuves que vous rencontrerez et une bonne logique sera bien évidemment de mise pour vous permettre de résoudre les mystères rencontrés au cours de l’aventure. L’obtention de nouvelles capacités est ainsi très fréquente et, si la majorité des donjons du jeu sont factices, il n’en reste pas moins plus qu’intéressant de les visiter afin d’améliorer les pouvoirs du vampire et ses compétences. L’interaction avec les personnages non-joueurs n’est malheureusement pas très exploitée, ainsi vous n’aurez jamais de « quête annexe » à résoudre, mais « seulement » une multitude d’endroits à visiter selon votre bon vouloir et le chemin emprunté.

Sur le plan technique, Blood Omen n’avait pas pour ambition de s’imposer comme une vitrine technologique et reste donc un cran en-deçà des productions moyennes de l’époque. Le moteur 2D utilisé se montre néanmoins convaincant dans l’absolu mais ne surprends à aucun moment, aussi, de nos jours, l’aspect « rusto » de la bête risque bien d’en effrayer certains. Les différents pouvoirs magiques sont joliment animés mais les éléments du décors tels que les maisons, villageois, ou la nature elle-même ne sont pas toujours resplendissants, le jeu se rattrape heureusement grâce à son design gothique parfaitement pensé et son identité visuelle très marquée.

Les donjons sont parfois coriaces, et les pics ne sont qu’un bien mince danger.

 

Identité renforcée par une bande-son en totale adéquation avec le récit, épique et sombre, vous promettant de longues heures de recherches accompagné des compositions de Steve Henifin. Mention toute particulière au splendide Bastion de Malek qui me donne toujours autant de frissons, et résume à lui seul l’héroïsme de l’aventure que vit le joueur. Des thèmes ambiants, empreints d’ambiances gothiques et médiévales très réussis, relativement peu nombreux mais de qualité plus que satisfaisante, auxquels s’ajoutent divers bruitages rythmant l’action, tous très réalistes. Les dialogues ne sont pas en marge et le jeu fût d’ailleurs reconnu sur ce plan dans sa version originale, proposant une interprétation très juste et poignante de la plupart des acteurs. Pour ce qui est de la version Française, on oscille entre l’excellent et le médiocre: ainsi, si la voix de Kain est tout à fait dans le ton et rapidement attachante, d’autres protagonistes comme Mortanius ou les gardiens des Forges de l’Esprit s’avèrent malheureusement plus comiques qu’effrayants, la faute à un doublage bancal et pas franchement peaufiné… Un contrat tout de même très bien honoré dans sa globalité qui restera tout de même inférieur à sa version originale, comme souvent à l’époque.

Pour les plus courageux, le monde de Nosgoth réservera de bien belles surprises à ceux qui auront le courage de s’y aventurer en profondeur, entre cavernes, châteaux, grottes et passages secrets, la durée de vie du soft s’élève à une bonne quarantaine d’heures pour en faire complètement le tour. Ceux qui sont en revanche plus préoccupés par le scénario que la vadrouille en pleine nature en verront la fin en un peu plus de 20h selon leurs prouesses d’aventurier.

Une fois armé de la Soul Reaver, Kain est un adversaire pratiquement invincible.

 

Quoi qu’il en  soit, Blood Omen reste un jeu exigeant mais néanmoins accessible à la plupart, pour peu que la motivation suive. L’aventure haletante, le scénario recherché, le gameplay simple et efficace et le rythme général de la progression suffisent à captiver le joueur pour lui offrir une expérience unique et mémorable, un petit coup de génie qui marquait les débuts d’une grande série… Et démontre par la même occasion que la seconde moitié des années 90 aura marqué un tournant pour le Jeu-Vidéo, essentiellement sur les qualités d’immersion. Sauter sur des ennemis ou tronçonner des démons sans but précis ne suffisait plus, tout avait déjà été dit dans ce domaine, il fallait désormais penser à entraîner le joueur au cœur même de l’action. Blood Omen est et reste incontestablement un nom à connaître quand on évoque cette significative évolution.

En résumé, une perle qui se doit d’être dépoussiérée, recommandée aux amateurs d’Aventure, d’Heroic-Fantasy et d’A-RPG dans la veine de Secret of Mana ou la série Zelda.
Vae Victis !

Comme d’habitude, n’hésitez pas à laisser un commentaire en tant qu’invité pour parler du jeu / de la chronique, ça fait toujours plaisir ;o)

Kreator + Morbid Angel + Nile + Fueled By Fire au Bataclan: 6 Novembre 2012

Putain ! Quel flyer mes amis. On peut dire que pour cette tournée, Kreator a su s’entourer de grands noms et de valeurs sûres. Exception faite du dernier nom, cette affiche présentée ci-dessus a de sérieux arguments pour réveiller les morts, et faire trembler plus d’un mur. Ce qui tremblera pour l’occasion, c’est le Bataclan tout entier, rien que ça mesdames messieurs. De passage sur la capitale ce Mardi 6 Novembre, Kreator a délivré ce soir une performance tout simplement hors du commun, épaulé par les légendes semi-déchues de Morbid Angel, les techniciens de Nile et les gros rigolos de Fueled By Fire, pour une soirée placée sous le signe du muscle, de la sueur et de l’extrême. Alors, quels sont les survivants, et qui sont les faibles ayant trépassés ? VERDICT !


Fueled By Fire

La soirée démarre tôt: 17h00 pour l’ouverture des portes, autant dire qu’il fallait prévoir sa journée de repos pour assister au spectacle dans son intégralité, d’autant plus que les horaires de passage annoncés ont été assez bien respectés, chose satisfaisante en comparaison du fiasco de la veille (W.A.S.P.). Cela dit, rassurez-vous, les retardataires n’ont pas loupé grand chose car les premiers à passer sur scène étaient les ricains de Fueled By Fire. Pour ceux qui ne connaissent pas, FBF est un groupe de Revival Thrash, remarqués par un certain nombre lors de la sortie de leur premier album « Spread The Fire » en 2006. Le succès du groupe aura cependant duré aussi longtemps qu’un pet de moustique, car comme beaucoup d’autres issus de cette scène, l’inspiration frôle de très près le bitume et l’innovation est parfaitement inexistante. En gros, à la première écoute, ça paraît génial, ça riff pas mal, y’a de bons soli ici et là, ça tabasse comme il faut… Mais une fois l’album terminé, on ne le réécoute pour ainsi dire plus jamais, le tout s’avérant d’une homogénéité effrayante et le contenu lyrique hilarant (en gros ça cause de tuer les poseurs, de thrasher à fond la baraque… pendant 50 minutes).
Bref, du Thrash chiant quoi, soyons francs.

En Live, c’est un peu pareil, en presque pire. Déjà d’une, quand on joue du Thrash, on se doit d’avoir une certaine présence scénique. Inciter à faire des moshpits, à « banger » nos « fucking heads » et tout le tralala, c’est bien beau, mais quand sur scène, on est aussi mobile et motivé qu’un poirier, forcément ça le fait pas. Pas du tout. Le lead-singer y mettait assez bien du sien, mais pour ce qui est du duo Guitare/Basse, carton rouge. Pas une parole, pas un mouvement. Rien. Musicalement, c’est cadré, c’est plutôt propre et en rythme, mais l’ambiance est navrante, vraiment. Essayer c’est bien, réussir c’est mieux, et Fueled By Fire essaie tellement que tous leurs efforts s’avèrent vains. Résultat: un public qui se fait chier dans sa grande majorité, dont moi. Oui, y’a pire comme groupe, mais c’est dommage pour eux, eux qui critiquent tellement les poseurs et le faux Thrash… Au final, qu’y a-t-il de plus faux qu’un groupe de Thrash qui n’arrive pas à mettre d’ambiance ? FUELED BY FAILURE !


Nile

La performance précédente était d’autant plus navrante que par la suite, le puissant Nile allait nous écraser sous ses riffs et ses splendides accords orientaux. Et là, on a eu droit à du lourd. Première chose qu’il faut faire remarquer, Nile en live est un groupe qui fait plaisir à voir, non pas seulement pour sa musique, mais pour le sourire affiché sur le visage de chacun de ses membres. Des musiciens motivés, heureux, en communion avec le public. J’ai rarement vu un groupe aussi rigoureux et heureux de jouer, encore moins dans le Death Metal, mais c’était vraiment réjouissant. Horns Up incessants de la part du nouveau bassiste Todd Ellis, qui m’a d’ailleurs repéré et m’a envoyé la setlist du concert à la fin du show ! C’était une parenthèse que je tenais à souligner, car vous en conviendrez, rien de pire sur scène qu’un groupe ayant l’air absent… Bref, qu’en est-il de la musique à part ça ?

N’étant pas un très grand connaisseur du groupe, j’y suis surtout allé en curieux, très intéressé de voir ce que pouvait donner cette ambiance orientale propre à leurs albums sur scène. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le show était très bien exécuté, musicalement splendide, et m’aura donné envie d’en découvrir plus sur eux. C’est quand même très positif ça, nan ? Une performance donc assez écrasante, énergique, puissante. C’est d’ailleurs le meilleur mot pour les qualifier je pense, la puissance dévoilée sur scène reflète assez bien le son de leurs albums, même si cela semble atténué par rapport au studio, la musique n’étant pas jouée par des brutes épaisses mais des musiciens assez normaux au final, toujours surprenant à voir. Pour ce qui est de la setlist, c’était très satisfaisant, moi-même ayant reconnus les grands titres du combo, il y en avait pour tous les goûts, du classique au plus récent. Le seul regret que j’en tire, c’est que le set n’ait pas été plus long, comme pour chaque groupe ce soir là d’ailleurs (sauf le premier hein). Un groupe que j’aimerais en tout cas revoir en live, et que je dois sérieusement approfondir.

Voici la setlist de Nile (9 titres):

Sacrifice Unto Sebek, Defiling The Gates of Ishtar, Kafir, Hittite During Incantation, Permitting The Noble Dead To Descent To The Underworld, Sarcophagus, The Inevitable Degradation of Flesh, Lashed to The Slave Stick, Black Seeds of Vengeance


Morbid Angel

Bon. Voilà un sujet épineux que j’aborde ici. Le cas Morbid Angel… Je ne saurais pas exactement vous l’expliquer, mais, je n’aime pas ce groupe. Pas beaucoup du moins. Je vois en Altars Of Madness l’un des albums les plus surestimés du Metal. Pionniers ? Certes, mais Possessed et son Seven Churches était là avant. « Maze of Torments » est excellente, « Chapel of Ghouls » une tuerie… le reste, un immense bordel surplombé de cris de guitares martyrisées. Insultez-moi si vous voulez, mais Morbid Angel n’a de légendaire pour moi que son batteur Pete Sandoval, qui je l’admets, est une putain de bête féroce. Trey Azagthoth force le respect aussi, mais je passe sous silence le reste du crew. Manque de pot, ce soir là, Pete Sandoval n’y était pas, visiblement toujours pas prêt à rejoindre le reste de son équipe (une blessure au bras avait-il dit il y a un an pour la précédente tournée, mais un an plus tard, toujours personne… Ca vaut mieux pour lui vu l’actualité du groupe me direz-vous). C’est donc toujours Tim Yeung qui le remplace sur scène, et si le nouveau venu est loin d’égaler le maître, force est de constater que c’est un batteur vraiment très doué qui mérite l’attention des amateurs, un jeu précis et véloce qui constitua pour moi le principal intérêt de la performance ce soir là. La performance, parlons-en… Vus au Hellfest en 2011, pour promouvoir la sortie de leur dernier étron (désolé mais là je pèse mes mots), j’étais parti en plein milieu suite à un enchaînement insoutenable de trois titres d’Illud Divinum Insanus.

Le Bataclan ayant promis sur son site que le groupe ne jouerait que des morceaux de ses deux premiers albums, je partais donc plutôt confiant pour assister à une représentation enthousiasmante, à défaut d’excellente… Résultat, mythos: le combo a joué un bon gros medley de toutes ses productions, de Altars of Madness a Formulas Fatal to The Flesh, en passant par leur dernière bouse… Alors, qui mentait, le groupe ou le Bataclan ? Toujours est-il que sur scène, c’était encore ni-chaud ni-froid pour moi. David Vincent et son beau brushing en font toujours des caisses, s’y croient trop, et énervent légèrement mon coté obscur. Trey Azagthoth, en revanche, a toujours la classe, c’était d’ailleurs lui le plus honorable ce soir là: calme, concentré, humble, plutôt content d’être là, mais sans en faire des tonnes. Destructhor ne me convainc toujours pas, statique et sans grand intérêt pour ma part, et comme je l’ai déjà dit, Tim Yeung était pour moi le grand intérêt de leur passage. Balèze, tout simplement, du haut niveau. La setlist avait son lot de tueries, au hasard, Chapel of Ghouls, Rapture, Where The Slime Live, mais les bouses n’ont pourtant pas été écartées, Nevermore et Existo Vulgoré n’ont strictement rien à foutre dans un concert de qualité, et on y a cependant eu droit, d’accords ou non. Bref, bien meilleurs qu’il y a un an et demi, mais toujours pas assez intéressants de mon coté… Jamais deux sans trois dit-on, la prochaine à intérêt d’envoyer, mais je ne crois plus au père noël depuis longtemps.

Morbid Angel aura joué 14 morceaux:

Immortal Rites, Fall From Grace, Rapture, Maze of Torment, Sworn to the Black, Existo Vulgoré, Nevermore, Lord of All Fevers and Plague, Chapel of Ghouls, Where the Slime Live, Blood on my Hands, Bil Ur-Sag, God of Emptiness, World of Shit (The Promised Land)



Kreator


Et ça y est ! On y est ! Le grand moment est arrivé. J’adore Kreator, j’ai mis du temps à les apprécier, mais avec le recul, je pense que le statut de meilleur groupe de Thrash pourrait très bien leur revenir tant ils ont contribué à façonner le son du genre, et plus encore, le faire évoluer. C’est bien simple, parmi les pionniers, Kreator est pour moi le seul groupe encore actif à proposer des albums réellement intéressants. Entre Pleasure To Kill et plus récemment Phantom Antichrist, la carrière de Kreator est ponctuée de classiques immortels du genre, tout simplement car ils n’ont jamais cherché à faire deux fois le même disque, ou reproduire un ancien succès, et c’est là la clé de la réussite. Pendant que Slayer cherche désespérément à refaire Reign In Blood depuis 10 ans, Kreator eux ont compris que Pleasure To Kill était un album inimitable, et ont donc évolué vers un style bien plus mélodique, virtuose que dans leur passé. Violent Revolution était un sérieux retour aux affaires après un léger passage à vide, montrant un groupe totalement changé, déjà maîtres d’un son tout nouveau pour eux. Enemy of God a confirmé tout cela et s’est inscrit aux cotés de Coma of Souls ou Extreme Agression sur la longue liste des références du combo. Tout cela, c’est de l’histoire. Kreator est actuellement en tournée pour promouvoir leur dernière bête, Phantom Antichrist, et le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas prêts d’être dépassés, plus encore, ils ont toujours de nouvelles choses à apprendre, aux nouveaux comme aux anciens.

Qu’on se le dise, Kreator est une bombe nucléaire en live. Un ouragan. Une putain de claque dans la gueule. Vus pour la première fois en 2011 au Hellfest, le groupe m’a simplement abasourdi par son énergie dévastatrice, encore plus marquée sur scène que sur album (!), mené par un Mille Petrozza dans une forme sur-olympique. Une violence inouïe, une technique remarquable, des morceaux qui font mouche à chaque coup, c’est simple, impossible de les surpasser en live. Kreator est l’expérience live la plus unique qu’il m’ait été donnée de voir, et la liste est pourtant déjà longue.Le concert démarre. Les lumières baissent, un rideau blanc se déroule devant les yeux du public. Projection d’un diaporama recensant des vidéos d’archives, des photos, et des miniatures défilantes de chaque album du groupe. Des cris de guerre pour Endless Pain, un triomphe pour Pleasure To Kill, un tonnerre d’applaudissement pour Coma of Souls, un bref encouragement pour Endorama, une ovation pour Enemy of God, et la guerre démarre ensuite pour Phantom Antichrist. Le rideau tombe, décor soigné sur scène, sculptures des chevaux damnés figurants sur la cover du dit-album, et grande estrade mettant en valeur Jürgen Reil, batteur et membre fondateur du groupe. Mille Petrozza a perdu du poids depuis notre dernière rencontre, mais l’âge n’a pas totalement épargné son apparence pour autant. Peu importe, du haut de ses 45 ans (46 le 18 Décembre, souhaitez-le lui !), le monsieur en impose à mort et s’avère incroyable en tant que lead-singer. Une rage hors du commun, ébouriffante, à tel point que je cherche actuellement mes mots pour la décrire. Je ne peux pas, il faut le voir, c’est impossible de synthétiser toute la puissance dégagée par Mille lors d’un concert de Kreator. Vous devez penser que j’en fais trop, que je m’emporte, mais tout ce que je dis est vrai, en attesteront ceux qui étaient présents et ont eu la chance d’assister au même spectacle.

« PARIS, ARE YOU HAVING A GOOD TIME TONIGHT ? ! » « PARIS, ARE YOU READYY ?!« . J’en tremble encore ! Quelle performance ce soir là, de chacun des membres du groupe, tous cadrés, souriants, à fond dans leur prestation. Mythique. Circle-Pits à profusion, moshpits d’une violence extrême, public qui chante en cœur des hymnes tels que « People of The Lie », « Hordes of Chaos », « Betrayer », « Civilization Collapse » ! Je m’en suis donné à cœur joie, connaissant tous les morceaux ou presque de la setlist, le moment fût intense pour moi et beaucoup d’autres, encouragé par Petrozza pour exploser le Bataclan. Explosion ayant eu lieue sur le final « Flag of Hate/Tormentor », Mille brandissant son mythique drapeau au-dessus de sa tête et hurlant à s’époumoner, signal de départ d’un circle-pit complètement timbré, mis à feu et à sang par un public en transe. « I Survived in the Moshpit », pouvait-on lire sur certains T-Shirts présents au merchandising, j’aurais dû en acheter un ! Et en plus d’avoir survécu, grand moment pour ma part, premier souvenir matériel récupéré d’un concert: comme tout bon groupe qui se respecte, les membres ont jeté certains de leurs accessoires en pâtures aux fauves, brassards et baguettes notamment. Étant placé au centre du pit, la place est idéale pour recevoir ces précieux trophées, manque de bol, le premier m’a échappé de peu, un brassard Kreator jeté par Mille me semble-t-il. Un peu dépité, je regarde les membres partir, jusqu’au moment où Jürgen s’approche et lance ses baguettes: la première n’était pas dans ma direction, tant pis, mais la seconde est parfaitement dans l’axe: je saute pour l’avoir, elle me glisse des doigts et tombe au sol, tout le monde se bouscule pour l’avoir… Mais j’en sors vainqueur !
Grand moment de fierté, hourra ! La salle se vide, et c’est déjà le moment de partir…

Setlist de Kreator, qui a joué 19 morceaux:

Phantom Antichrist, From Flood Into Fire, Enemy of God, Phobia, Hordes of Chaos, Civilization Collapse, Voices of the Dead, Extreme Aggression, People of the Lie, Death to the World, Coma of Souls / Endless Pain, Pleasure to Kill, The Patriarch, Violent Revolution, United in Hate, Betrayer, Flag of Hate, Tormentor

Pour conclure, Kreator a délivré une performance exceptionnelle qui restera dans les mémoires de ceux qui ont pu y assister, assurément.
Pour les accompagnateurs, les avis divergeront, mais je ne pense pas me tromper en disant que chaque personne ayant assisté au spectacle en sera repartie satisfaite, pour une raison ou une autre.

Un grand moment de Metal, et de musique, qui s’impose d’ores et déjà pour moi comme l’un de mes meilleurs souvenirs live, rien que ça.

N’hésitez pas à laisser un commentaire en tant qu’invité, pour parler de votre expérience et vous aussi, donner votre avis !

Morsay: La Vengeance (Truands 2 La Galère) (2012)

Morsay: La Vengeance (Truands 2 La Galère) (2012)

Petite piqûre de rappel avant de parler de ce chef-d’œuvre honteusement oublié à la cérémonie des Oscars 2012, je tenais en premier lieu à rappeler à mes lecteurs qui était l’illustre réalisateur de ce block-buster, à savoir Mohamed Mehadji, plus connu dans le paysage virtuel sous le nom de… Morsay.

Ahhh, Morsay… Sans doute l’une des « personnalités » françaises les plus drôles de ces dernières années. Involontairement, certes, mais drôle quand même. Tout comme Tony Montana, Morsay est parti de rien pour gravir les échelons de la société. A l’inverse, lui n’a jamais vraiment dépassé le statut de vendeur de frites. Initialement commerçant de T-Shirts à la sauvette avec son frère Zehef, Morsay est par la suite devenu une caricature du rappeur moderne, pseudo-podcasteur, membre de la mafia, dealer, proxénète et enfin Réalisateur ! Rien que ça mes amis, hé oui ! Ça vous en bouche un coin pas vrai ? Bref, une véritable réussite sociale. Ce drôle de pingouin aurait très bien pu rester dans l’ombre jusqu’à la fin de ses jours (ou à l’ombre, en fonction des évènements), mais c’était sans compter sur l’aide des Noelistes qui, en Février 2008, s’en prennent avec violence au rappeur suite à la publication de son plus grand hit, « On S’en Balle Les Couilles » (Non non je tiens à vous rassurer, je n’ai fait aucune faute, c’est lui même qui l’écrit comme ça, la preuve en vidéo).

Quelle nostalgie, dire que tout est parti de cette vidéo !

 

Suite aux attaques et provocations incessantes de cette communauté au bonnet rouge,  Morsay pète les plombs, il est « supervénèretaracelapute » comme on dit chez lui, et publie une vidéo qui fera rapidement le tour du net pour s’imposer comme l’un des phénomènes du Web les plus connus de France. La vidéo en question, intitulée « Morsay: Message à Internet » et longue d’une dizaine de minutes, nous montre l’intéressé en compagnie de tous ses amis du quartier (et de personnes probablement soudoyées), remerciant tout d’abord les gens qui le soutiennent (???), puis partant d’un seul coup dans un ballet d’insultes toutes plus improbables les unes que les autres en direction de ses détracteurs. Le vocabulaire du zouave est à peine plus complet que les instructions fournies sur l’emballage des éponges Spontex et se compose majoritairement d’insultes, parfois d’adjectifs, mais pas grand chose de plus, vraiment. Dans les citations les plus connues, nous évoquerons entre autre « J’te shlasse ta race », « Ta race la mère la pute », « Enculé de ta race » ou encore « Nique ta race ». L’individu semble en toute logique très concerné par le pédigrée et n’hésite pas à s’adresser à ses spectateurs en employant le terme de « Bâtards ».

Morsay en compagnie de son gang de rue. Notez la bille rouge, caractéristique des jouets et reproductions d'armes...

 

Véritable icône montante, Morsay se rend compte que ses pitreries lui apportent une certaine forme de succès sur la toile… Unanimement considéré comme l’un des derniers rebuts de l’humanité, le guignol n’en démord pas et utilisera depuis lors ce semblant de connerie pour s’illustrer dans des vidéos toutes plus provocantes, insultantes et ridicules les unes que les autres. Tout le monde le prend pour un con, mais ça, il s’en fout, il est connu et c’est ce qu’il veut ! Morsay se sera fait de nombreux ennemis sur la longue route du succès (ironie, ironie…), de la communauté Noeliste au rappeur Heenok Beauséjour, en passant par Marine Le Pen, cette dernière ayant d’ailleurs collé un procès sur le dos de son ami Cortex pour insultes et diffamations. En bref, le petit monde de Morsay tourne uniquement grâce à sa mauvaise réputation et sa crédibilité proche du néant. Reconnaissons lui tout de même un sacré sens de l’imagination, le gus nous surprenant toujours depuis plus de 4 ans dans ses projets de conquête du monde. Dernières idées en date ? Morsay Président, et celle qui nous intéresse le plus ici, Morsay Réalisateur !

Non non, ce n'est pas la nouvelle campagne des Restaus du Cœur, mais juste Morsay et son ami Cortex dans leur boutique de Clignancourt.

 

C’est l’heure de la review, disséquons ensemble les dessous du film le plus choquant, le plus controversé, le plus remarquable, le plus surprenant et le plus haï de ce début d’année 2012 (rayez les mentions inutiles). Ça commence fort avec une introduction réalisée sous Sony Vegas Pro, une police Sci-Fi affiche le titre ainsi que sa team d’élite sous fond d’un classique de Zehef, qui nous accueille par un « Wai Wai Wai ! Ze-Ze-Zehef ! ». Hum.

L’intrigue démarre dans un parc, Morsay est assis sur un banc en compagnie de Zehef et l’un de ses potes, s’insultant joyeusement de « braqueurs de merguez » et autres familiarités liées aux trafics du « gang » de « voyous », quand apparaît soudain une brigade de policiers en inspection de routine. Les deux frères décident de tenir tête à la police sans raison apparente, et là, c’est le drame: une véritable vendetta orchestrée par Steven Seagal éclate contre les forces de l’ordre, Morsay et Zehef sont dès lors rapidement mis sous détention pour violences sur agent. Persuadé d’avoir été pris comme cible par un flic véreux, Morsay sort de prison avec pour seul but de se venger de celui qui lui a tendu un piège. Zehef, quant à lui, prend du recul par rapport à ces évènements et aspire à une vie régulière, souhaitant créer sa propre marque de vêtements, « Truands 2 La Galère », et gagner sa vie de façon honnête… Mais c’était sans compter sur son frère qui enchaînera les coups foireux et s’attirera des embrouilles incontrôlables pour un petit truand de son espèce…

Le film se lance sur une touchante scène d'amitié et de fraternité.

 

Voilà pour le scénario. Là comme ça, vous imaginez sûrement un truc cool, croisement entre Scarface / La Haine, mais en fait non, c’est tout l’inverse, c’est même inimaginable je vous assure. Premièrement, la réalisation… Quelle réalisation mes amis. La Vengeance est de toute évidence un film bas budget, malgré les annonces de 65 millions d’euros dépensés (qui sont aussi vraies que les rumeurs sur la sexualité de Jean-Pierre Pernaut). Mise au point floue, caméra hésitante et tremblante, faux raccords, effets spéciaux (coups de feu) réalisés à l’aide d’After Effect, piste sonore mal balancée et régulièrement saturée (interview du juge par une journaliste: « AWOUBOUHAWHOBUHA verdict définitif ? AWOUBUBUBUH-ci beaucoup madame la juge« )… Le tout mélangé à des acteurs médiocres, vraisemblablement sélectionnés faute de mieux, et vous obtenez un film à peine plus professionnel qu’une pub pour le ketchup Heinz. Ici, point de perches micros dans le champ, il n’y en a pas, tout a été enregistré avec un Blackberry. Flûte alors, moi qui m’attendait à rire de ces détails comme je l’ai fait devant Black Dynamite, la déception fût rude. La bande-son ne fait qu’aggraver les choses, n’étant pas un grand amateur de Hip-Hop mais néanmoins de bonne musique, je pense, malgré mes lacunes, être en mesure d’affirmer que la quasi-intégralité du film nageait dans un énorme océan de merde, et c’est peu dire. Un Tsunami de mauvais-goût, de productions infâmes et de rap haineux. Vous voyez, on est déjà bien loin de La Haine.

Morsay au supermarché... La discrétion, c'est son rayon !

 

Parlons du script et des dialogues, sans doute le point le plus intéressant de tout ce joyeux bordel (ou pas). La Vengeance constitue une sorte de palmarès du grand n’importe quoi. Incohérent, grossier, ridicule et parfois incompréhensible, le film regorge de répliques croustillantes que l’amateur des Monty-Phyton ne saurait renier. S’enchaînent alors des scènes d’une absurdité incroyable, la plus connue étant probablement celle du tribunal: « Vous avez un regard bien énervé monsieur ! Comment qu’on dit chez vous ? … Ah oui, voilà. Vous avez un regard bien ZEHEF !« . Dans les grands moments forts, je pense également à cette fameuse scène où Morsay passe la nuit chez l’un de ses camarades de cité. « Putain comment vous puez des pieds les mecs un truc de ouf ! On dirait que y’a un rat crevé dans tes pieds ! Non mais vous vous lavez desfois sans déconner ?« … De la poésie moderne chiée contée par un cœur lourd et désespéré. Désespéré, tout comme Zehef, qui contre toute attente se révèle être le seul personnage un tant soit peu appréciable du film. Habituellement trois fois plus con que son illuminé frangin sur leurs vidéos de famille, le bougre s’avère fort attachant, comique, et presque convaincant dans son rôle de Grand Frère de l’Extrême. C’est également le seul « acteur » du film semblant doué de logique, ce qui n’est pas rien dans une fiction aussi surnaturelle !

La technique de Morsay pour terroriser ses adversaires ? Les noyer dans la salive.

 

Pour le reste, le film est entaché de scènes absolument ignobles et inutiles, une bonne moitié de l’action se résumant à la quête du sexe opposé par Morsay (quête qu’il finira inévitablement par échouer soit dit en passant),  où lui et l’un de ses affreux glands de compatriotes nous montreront toute l’étendue de leurs atouts de gentlemen. Si vous avez apprécié Hitch, Expert en Séduction, vous pourrez vous passer des conseils de Morsay, Expert en Riendutout, sachez-le. De plus, l’œuvre, que dis-je, cette fresque épique, s’étale sur deux longues heures, deux putains d’heures mesdames messieurs, et les deux génériques combinés ne dépassent pas la minute trente, ce n’est pas une illusion ! Il est évident que le film aurait aisément pu être tronqué d’une bonne heure (voire même carrément deux avec le recul), mais non, toujours plus long, toujours plus con, Morsay en rajoute couche pour ne laisser personne sur sa faim. J’attends impatiemment la version Blu-Ray 1080p Director’s Cut hein, attention, pré-commandée dès l’annonce même à la Fnouc du coin !

Passé l'heure, vous ferez à peu près la même tête que Zehef sur cette photo en regardant La Vengeance.

 

C’est bien simple, je ne peux que vous conseiller de regarder La Vengeance avec vos meilleurs amis, autour d’une bonne pizza et quelques bières, et surtout un téléphone à portée de main, en cas d’urgence décès ou tout autre effet secondaire dû au visionnage. C’est presque ce que j’ai fait, et j’ai passé un moment, honnêtement, vraiment amusant, quoi qu’infâme et trop long. La Vengeance se range dans le bas du classement « So Bad it’s Good« , de par sa stupidité sans bornes et son amateurisme aigu. Ses répliques cultes, ses incohérences et ses acteurs dignes des plus mauvais téléfilms érotiques vous feront passer un bon moment de rigolade bien gras, sans vous laisser un goût trop amer en fin de séance. On ne peut pas dire que je ne vous ai pas prévenu, c’est mauvais, c’est incroyablement mauvais, vous n’avez jamais rien vu de tel, mais ce film mérite d’être vu ! Ne serait-ce que pour relever un challenge et trouver quelque chose d’encore pire, si cela existe. Néanmoins, si ces deux heures devant la production des Truands 2 La Galère n’ont pas été les plus insupportables de ma vie, je me dois de rester objectif et vous alerter sur un point nettement plus sérieux, à savoir l’absence total de maturité, de sources, et de morale de ce film.

Je vous assure que ces doublages encryptés sont d'origine, aucune modification n'a été apportée. Notez que Sean Paul semble faire une apparition spéciale dans le film ! (sic)

 

La Vengeance, au-delà de son aspect grotesque, est un film haineux. Une production réalisée par des gamins, ni plus ni moins. Un délire entre potes qui, malheureusement, sera vu par un nombre conséquent de personnes. Les évènements de ce film sont, selon son affiche, basés sur des faits réels, ce qui n’est sûrement pas vrai mais suffit néanmoins à instaurer une très mauvaise image des ethnies / groupes représentés dans ce film. Non, les skinheads ne vénèrent pas tous Hitler. Non, Slayer, The Exploited et Cradle of Filth, présents sur diverses affiches à la fin du film, ne sont pas des groupes néo-nazis. Non, les gens de cité ne sont pas tous des « racailles » pour reprendre une expression bien connue, Morsay ne représente pas une généralité, ce sous-individu ne représente d’ailleurs rien ni personne, et n’a que pour seule utilité d’agrandir la haine infondée et le racisme des gens en France. Ce film est tellement puéril et provocant qu’il pourrait presque servir de propagande au service du Front-National, je pèse mes mots. Mais ça, c’est seulement la fiction, et l’image que La Vengeance donne des quartiers défavorisés. Morsay, tu es un con, et je te chie dessus.

Avis à son fan club ! Shlagetto apparaît dans le film, nous racontant sa bouleversante histoire. Un grand moment.

 

Sur ce je vous souhaite un « bon » film, en espérant que ces (trop nombreuses) lignes vous auront convaincu de voir en famille cette merveille du cinéma français !

Et en plus de ça, on termine sur une pointe d'humour... C'était pas du luxe.

 

[youtube.com/watch?v=e_IhCNno4No&feature=related]

Danzig – Danzig IV (1994)

DANZIGDanzig IV (1994)

Cet album est la preuve qu’une écoute n’est pas suffisante dans beaucoup de cas pour pleinement saisir l’intérêt d’un disque ou du travail proposé par un musicien: je trouvais cet album particulièrement long, pénible et sans inspiration à ma première écoute. Danzig serait-il hors système ? Ce quatrième album ne serait-il pas un pas de trop pour le colosse ? Hé bien non, fausse alerte !

Danzig IV est une continuation normale du précédent volume, la musique du groupe change, les années aussi, et le son s’en retrouve amélioré, modifié, plus complexe… Les tempos sont plus lents, les mélodies plus intimistes, le coté Heavy moins marqué… Danzig n’a pas viré Doom pour autant, ni même Gothic, mais s’en rapproche dirais-je. « Little Whip » illustre à merveille cette nouvelle direction artistique, moment fort de l’album pour ma part.

Line-Up d'origine du groupe.

L’album entier gravite sur un rythme très posé, les compositions sont bien plus softs que par le passé, parfois même étonnantes ou dérangeantes, « Sadistikal » n’aurait par exemple pas volé sa place dans la bande-son d’une production Porno-Gore distribuée sous le manteau. Oui oui, rien que ça. Pour le reste, « Stalker Song » fait partie de mes morceaux préférés avec un Danzig plus convaincant que jamais dans un registre « blasé badass » que j’apprécie particulièrement chez lui.

Faisons abstraction des 15 prochaines années pour le groupe, assez noires et creuses, et regardons ce quatrième opus comme une très belle façon de boucler la boucle: Danzig ne sortira plus d’albums aussi convaincant jusqu’au récent Deth Red Saboath et nous livre ici son travail le plus intimiste, sombre, et nébuleux. Le genre de disque qui accompagne parfaitement un matin pluvieux, gris et maussade.

Mais de la bonne façon, heureusement.