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Adventus Satanae MMXII: Tortorum † Blacklodge † Horna au Glazart: 25 Septembre 2012

C’est parti pour une petite critique d’un concert bien trve comme il faut, avec en vedettes les finnois de Horna accompagnés de quelques guests. Verdict ?

Ce concert s’est donc déroulé le Mardi 25 Septembre 2012, au Glazart, petite salle bien connue sauf pour moi jusqu’alors, récemment arrivé sur la capitale. Bon, le prix n’est pas donné (19€ en prévente, 22€ sur place) mais c’est apparemment le tarif moyen des concerts à cet emplacement… Bon, on va pas râler, y’a pire, mais carton rouge tout de même pour le prix des consommations sur place qui lui, frôle le comique: 5€ les 25cl de bière, et de la Kronembourg s’il vous plaît. Ouais, bon bah on tournera à l’eau hein, c’est pas plus mal ! Problèmes financiers mis à part, mes craintes se dissipent assez vite en constatant de une que la salle est très conviviale, quoiqu’assez étroite, et de deux que le son est excellent, audible et non saturé. Ca fait tout de même plaisir de pouvoir faire un concert en salle sans bouchon et en ressortir sans acouphènes, là où le passage de Ministry au Bataclan cet été m’avait sonné pendant une semaine.
Une fois le tour du propriétaire fait, c’est l’heure du show !

                                                                          Tortorum
Premiers à monter sur scène: les norvégiens de Tortorum.
Découverte pour moi étant donné leur récente formation et leur évident manque de renommée, malgré la présence notable de l’ancien guitariste des oubliés de Thunderbolt, à savoir Skyggen. Si vous aimez l’ancien Immortal période Pure Holocaust, ce groupe devrait vous plaire, l’influence des pionniers du Black est en effet bien perceptible avec la même aisance à balancer des riffs lourds et grinçants, sans jamais trop verser dans le tabassage épileptique, privilégiant plutôt les breaks bien Heavy comme il faut. Les titres déboulent sans réel temps mort, et le public en redemande, accueil bien chaleureux de la salle pour une première partie qui remplit parfaitement son rôle.
En résulte un show très orthodoxe, du Black Metal qui en impose et des musiciens convaincants sur scène, une quarantaine de minutes plus que prometteuses pour la suite de la soirée et surtout une vraie bonne découverte, qui mérite l’attention des amateurs du genre. Sympathique cadeau d’adieu: une excellente reprise de « Call From The Grave« , de Bathory pour clôturer la performance. Indispensable !
Extinctionist est le titre de leur premier album, sorti fraîchement cette année, et vous pouvez vous faire une idée de leur son juste ici: « Aeonscourge« .

                                                                      Blacklodge

La Norvège quitte doucement la scène pour laisser place à la France, avec nos compatriotes de Blacklodge. Arrivés en tant que remplaçants d’Hell Militia, qui ont été forcés d’annuler leur participation à la tournée pour différents problèmes de santé, je ne vous cacherais pas que leur set m’aura laissé assez perplexe et, pour être honnête, carrément refroidi. Explications.
Blacklodge officie dans un registre hautement dangereux du Metal, à savoir l’Industrial-Black. Impossible d’avoir le cul entre deux chaises avec une telle vocation, ça passe ou ça casse, de brillants exemples sont à noter, comme Helheim, Dodheimsgard ou encore Mysticum pour ne citer qu’eux. Le pourcentage de réussites reste cependant nettement inférieur aux ratés engendrés par le genre, et sans aller dire que Blacklodge se range dans la seconde catégorie, je pense et j’affirme qu’ils n’avaient en tout cas pas leur place sur cette tournée.
Pourquoi donc ?
Déjà, la tournée se nomme « Adventus Satanae MMXII »: même si les thèmes sataniques sont abordés dans leurs paroles, c’est avant tout de drogues dont il est question chez eux, sujet sensiblement différent des deux groupes qui les encadrent. Ensuite, pourquoi proposer un groupe d’Industrial-Black en remplacement d’Hell Militia ? Les trois groupes normalement prévus jouent tous dans un registre on ne peut plus traditionnel du Black Metal, je ne vois donc pas de logique à proposer au public une formation résolument plus moderne dans ses sonorités, encadrée par des conservateurs du genre…
Résultat, pas convaincu du tout, les titres s’enchaînent sans grand intérêt de ma part mais je reste jusqu’au bout, par politesse (et aussi car j’aime bien rentabiliser ma thune). Une déception, la faute à la musique du groupe qui ne m’a pas réellement touchée, n’étant ‘Industrielle’ que dans l’utilisation d’une boîte à rythme, et surtout par l’incohérence de leur présence, faute à un choix maladroit de la part des organisateurs de la tournée…
« Vector G« , issue du troisième album de Blacklodge, intitulé T/ME.

                                                                        Horna

Voilà enfin le clou du spectacle, ceux qu’on attendait tous, le pourquoi du comment nous nous sommes tous déplacés ce soir là… ou presque. En effet, après le passage tumultueux de Blacklodge, la salle semble s’être mystérieusement vidée d’une bonne partie du public, en tout cas on respirait bien mieux et pas besoin de faire l’appel pour le remarquer. Fait étrange donc, mais tant pis pour les fuyards, car c’était bien là l’intérêt principal de cette soirée placée sous le signe de Satan, des croix inversées, des chèvres… bref tout ça.
Horna est un pionnier du Black Metal finlandais, branche toute particulière du genre que j’affectionne énormément pour son coté raw et kvlt qui n’a jamais changé d’un iota depuis deux décennies. Car oui, pour ceux qui se réveillent, le Black en finlande, c’est pas vraiment Children of Bodom qui le représente le mieux, non, moi j’entends surtout Satanic Warmaster, Archgoat ou encore Behexen plus récemment. Bref, du Black souvent très mélodique, « pur » et dénué de tout artifice… Je pars en HS là, désolé.
Les musiciens s’installent lentement sur scène et, première chose satisfaisante, l’ambiance est on ne peut plus soignée par nos maîtres de cérémonie. Froids (oui, c’est mélioratif), soudés et déterminés, le groupe plonge vite la salle sous son emprise et s’apprête à délivrer un set d’excellente qualité dont le seul défaut n’aura été que la durée. On a souvent l’habitude de dire que c’est trop court quand la performance est vraiment bonne, mais pour le coup, je me demande même si ils n’ont pas joués moins longtemps que les premières parties. Qu’importe, je n’avais pas l’œil sur la montre mais rivé du coté de la scène, captivé du début à la fin par les finnois.
Un set comme je le disais, excellent, avec son lot de classiques connus des fans même si, avec le recul, je regrette un peu la faible représentation de l’album Envaatnags Eflos Solf Esgantaavne, représentant pour moi le sommet qualitatif et mélodique du groupe. Ils auraient tout de même pu nous gratifier de « Vihan Tie« , mais bon, tant pis ! En compensation, on a quand même eu droit aux excellents « Kuoleva Lupos« , « Ikuisuuden Pimeyden Varjoihin » et tout un tas d’autres titres impossibles à prononcer, mais surtout… le moment fort de la soirée à mon humble avis, une sublime interprétation de « Merkuriana« , menée lors des refrains par la splendide voix claire du second guitariste, Infection, une particularité d’ailleurs propre aux lives du groupe, la version studio ne comprenant pas ces passages chantés…
La performance se termine sur « Örkkivuorilta«  et un applaudissement général, public reconnaissant dans sa majorité… pour un set qui le méritait amplement.

 

En résumé: une excellente soirée passée sous les feux de Satan et le froid du grand Nord, Horna en live ne déçoit pas et mieux, réjouit, un groupe à voir assurément pour tout amateur de Black qui se respecte.
Mention très bien également pour le soutien de Tortorum, qui s’impose comme une découverte de qualité.
Je passerais en revanche sous silence le cas Blacklodge, qui n’était simplement pas à sa place ce soir-là.

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Morsay: La Vengeance (Truands 2 La Galère) (2012)

Morsay: La Vengeance (Truands 2 La Galère) (2012)

Petite piqûre de rappel avant de parler de ce chef-d’œuvre honteusement oublié à la cérémonie des Oscars 2012, je tenais en premier lieu à rappeler à mes lecteurs qui était l’illustre réalisateur de ce block-buster, à savoir Mohamed Mehadji, plus connu dans le paysage virtuel sous le nom de… Morsay.

Ahhh, Morsay… Sans doute l’une des « personnalités » françaises les plus drôles de ces dernières années. Involontairement, certes, mais drôle quand même. Tout comme Tony Montana, Morsay est parti de rien pour gravir les échelons de la société. A l’inverse, lui n’a jamais vraiment dépassé le statut de vendeur de frites. Initialement commerçant de T-Shirts à la sauvette avec son frère Zehef, Morsay est par la suite devenu une caricature du rappeur moderne, pseudo-podcasteur, membre de la mafia, dealer, proxénète et enfin Réalisateur ! Rien que ça mes amis, hé oui ! Ça vous en bouche un coin pas vrai ? Bref, une véritable réussite sociale. Ce drôle de pingouin aurait très bien pu rester dans l’ombre jusqu’à la fin de ses jours (ou à l’ombre, en fonction des évènements), mais c’était sans compter sur l’aide des Noelistes qui, en Février 2008, s’en prennent avec violence au rappeur suite à la publication de son plus grand hit, « On S’en Balle Les Couilles » (Non non je tiens à vous rassurer, je n’ai fait aucune faute, c’est lui même qui l’écrit comme ça, la preuve en vidéo).

Quelle nostalgie, dire que tout est parti de cette vidéo !

 

Suite aux attaques et provocations incessantes de cette communauté au bonnet rouge,  Morsay pète les plombs, il est « supervénèretaracelapute » comme on dit chez lui, et publie une vidéo qui fera rapidement le tour du net pour s’imposer comme l’un des phénomènes du Web les plus connus de France. La vidéo en question, intitulée « Morsay: Message à Internet » et longue d’une dizaine de minutes, nous montre l’intéressé en compagnie de tous ses amis du quartier (et de personnes probablement soudoyées), remerciant tout d’abord les gens qui le soutiennent (???), puis partant d’un seul coup dans un ballet d’insultes toutes plus improbables les unes que les autres en direction de ses détracteurs. Le vocabulaire du zouave est à peine plus complet que les instructions fournies sur l’emballage des éponges Spontex et se compose majoritairement d’insultes, parfois d’adjectifs, mais pas grand chose de plus, vraiment. Dans les citations les plus connues, nous évoquerons entre autre « J’te shlasse ta race », « Ta race la mère la pute », « Enculé de ta race » ou encore « Nique ta race ». L’individu semble en toute logique très concerné par le pédigrée et n’hésite pas à s’adresser à ses spectateurs en employant le terme de « Bâtards ».

Morsay en compagnie de son gang de rue. Notez la bille rouge, caractéristique des jouets et reproductions d'armes...

 

Véritable icône montante, Morsay se rend compte que ses pitreries lui apportent une certaine forme de succès sur la toile… Unanimement considéré comme l’un des derniers rebuts de l’humanité, le guignol n’en démord pas et utilisera depuis lors ce semblant de connerie pour s’illustrer dans des vidéos toutes plus provocantes, insultantes et ridicules les unes que les autres. Tout le monde le prend pour un con, mais ça, il s’en fout, il est connu et c’est ce qu’il veut ! Morsay se sera fait de nombreux ennemis sur la longue route du succès (ironie, ironie…), de la communauté Noeliste au rappeur Heenok Beauséjour, en passant par Marine Le Pen, cette dernière ayant d’ailleurs collé un procès sur le dos de son ami Cortex pour insultes et diffamations. En bref, le petit monde de Morsay tourne uniquement grâce à sa mauvaise réputation et sa crédibilité proche du néant. Reconnaissons lui tout de même un sacré sens de l’imagination, le gus nous surprenant toujours depuis plus de 4 ans dans ses projets de conquête du monde. Dernières idées en date ? Morsay Président, et celle qui nous intéresse le plus ici, Morsay Réalisateur !

Non non, ce n'est pas la nouvelle campagne des Restaus du Cœur, mais juste Morsay et son ami Cortex dans leur boutique de Clignancourt.

 

C’est l’heure de la review, disséquons ensemble les dessous du film le plus choquant, le plus controversé, le plus remarquable, le plus surprenant et le plus haï de ce début d’année 2012 (rayez les mentions inutiles). Ça commence fort avec une introduction réalisée sous Sony Vegas Pro, une police Sci-Fi affiche le titre ainsi que sa team d’élite sous fond d’un classique de Zehef, qui nous accueille par un « Wai Wai Wai ! Ze-Ze-Zehef ! ». Hum.

L’intrigue démarre dans un parc, Morsay est assis sur un banc en compagnie de Zehef et l’un de ses potes, s’insultant joyeusement de « braqueurs de merguez » et autres familiarités liées aux trafics du « gang » de « voyous », quand apparaît soudain une brigade de policiers en inspection de routine. Les deux frères décident de tenir tête à la police sans raison apparente, et là, c’est le drame: une véritable vendetta orchestrée par Steven Seagal éclate contre les forces de l’ordre, Morsay et Zehef sont dès lors rapidement mis sous détention pour violences sur agent. Persuadé d’avoir été pris comme cible par un flic véreux, Morsay sort de prison avec pour seul but de se venger de celui qui lui a tendu un piège. Zehef, quant à lui, prend du recul par rapport à ces évènements et aspire à une vie régulière, souhaitant créer sa propre marque de vêtements, « Truands 2 La Galère », et gagner sa vie de façon honnête… Mais c’était sans compter sur son frère qui enchaînera les coups foireux et s’attirera des embrouilles incontrôlables pour un petit truand de son espèce…

Le film se lance sur une touchante scène d'amitié et de fraternité.

 

Voilà pour le scénario. Là comme ça, vous imaginez sûrement un truc cool, croisement entre Scarface / La Haine, mais en fait non, c’est tout l’inverse, c’est même inimaginable je vous assure. Premièrement, la réalisation… Quelle réalisation mes amis. La Vengeance est de toute évidence un film bas budget, malgré les annonces de 65 millions d’euros dépensés (qui sont aussi vraies que les rumeurs sur la sexualité de Jean-Pierre Pernaut). Mise au point floue, caméra hésitante et tremblante, faux raccords, effets spéciaux (coups de feu) réalisés à l’aide d’After Effect, piste sonore mal balancée et régulièrement saturée (interview du juge par une journaliste: « AWOUBOUHAWHOBUHA verdict définitif ? AWOUBUBUBUH-ci beaucoup madame la juge« )… Le tout mélangé à des acteurs médiocres, vraisemblablement sélectionnés faute de mieux, et vous obtenez un film à peine plus professionnel qu’une pub pour le ketchup Heinz. Ici, point de perches micros dans le champ, il n’y en a pas, tout a été enregistré avec un Blackberry. Flûte alors, moi qui m’attendait à rire de ces détails comme je l’ai fait devant Black Dynamite, la déception fût rude. La bande-son ne fait qu’aggraver les choses, n’étant pas un grand amateur de Hip-Hop mais néanmoins de bonne musique, je pense, malgré mes lacunes, être en mesure d’affirmer que la quasi-intégralité du film nageait dans un énorme océan de merde, et c’est peu dire. Un Tsunami de mauvais-goût, de productions infâmes et de rap haineux. Vous voyez, on est déjà bien loin de La Haine.

Morsay au supermarché... La discrétion, c'est son rayon !

 

Parlons du script et des dialogues, sans doute le point le plus intéressant de tout ce joyeux bordel (ou pas). La Vengeance constitue une sorte de palmarès du grand n’importe quoi. Incohérent, grossier, ridicule et parfois incompréhensible, le film regorge de répliques croustillantes que l’amateur des Monty-Phyton ne saurait renier. S’enchaînent alors des scènes d’une absurdité incroyable, la plus connue étant probablement celle du tribunal: « Vous avez un regard bien énervé monsieur ! Comment qu’on dit chez vous ? … Ah oui, voilà. Vous avez un regard bien ZEHEF !« . Dans les grands moments forts, je pense également à cette fameuse scène où Morsay passe la nuit chez l’un de ses camarades de cité. « Putain comment vous puez des pieds les mecs un truc de ouf ! On dirait que y’a un rat crevé dans tes pieds ! Non mais vous vous lavez desfois sans déconner ?« … De la poésie moderne chiée contée par un cœur lourd et désespéré. Désespéré, tout comme Zehef, qui contre toute attente se révèle être le seul personnage un tant soit peu appréciable du film. Habituellement trois fois plus con que son illuminé frangin sur leurs vidéos de famille, le bougre s’avère fort attachant, comique, et presque convaincant dans son rôle de Grand Frère de l’Extrême. C’est également le seul « acteur » du film semblant doué de logique, ce qui n’est pas rien dans une fiction aussi surnaturelle !

La technique de Morsay pour terroriser ses adversaires ? Les noyer dans la salive.

 

Pour le reste, le film est entaché de scènes absolument ignobles et inutiles, une bonne moitié de l’action se résumant à la quête du sexe opposé par Morsay (quête qu’il finira inévitablement par échouer soit dit en passant),  où lui et l’un de ses affreux glands de compatriotes nous montreront toute l’étendue de leurs atouts de gentlemen. Si vous avez apprécié Hitch, Expert en Séduction, vous pourrez vous passer des conseils de Morsay, Expert en Riendutout, sachez-le. De plus, l’œuvre, que dis-je, cette fresque épique, s’étale sur deux longues heures, deux putains d’heures mesdames messieurs, et les deux génériques combinés ne dépassent pas la minute trente, ce n’est pas une illusion ! Il est évident que le film aurait aisément pu être tronqué d’une bonne heure (voire même carrément deux avec le recul), mais non, toujours plus long, toujours plus con, Morsay en rajoute couche pour ne laisser personne sur sa faim. J’attends impatiemment la version Blu-Ray 1080p Director’s Cut hein, attention, pré-commandée dès l’annonce même à la Fnouc du coin !

Passé l'heure, vous ferez à peu près la même tête que Zehef sur cette photo en regardant La Vengeance.

 

C’est bien simple, je ne peux que vous conseiller de regarder La Vengeance avec vos meilleurs amis, autour d’une bonne pizza et quelques bières, et surtout un téléphone à portée de main, en cas d’urgence décès ou tout autre effet secondaire dû au visionnage. C’est presque ce que j’ai fait, et j’ai passé un moment, honnêtement, vraiment amusant, quoi qu’infâme et trop long. La Vengeance se range dans le bas du classement « So Bad it’s Good« , de par sa stupidité sans bornes et son amateurisme aigu. Ses répliques cultes, ses incohérences et ses acteurs dignes des plus mauvais téléfilms érotiques vous feront passer un bon moment de rigolade bien gras, sans vous laisser un goût trop amer en fin de séance. On ne peut pas dire que je ne vous ai pas prévenu, c’est mauvais, c’est incroyablement mauvais, vous n’avez jamais rien vu de tel, mais ce film mérite d’être vu ! Ne serait-ce que pour relever un challenge et trouver quelque chose d’encore pire, si cela existe. Néanmoins, si ces deux heures devant la production des Truands 2 La Galère n’ont pas été les plus insupportables de ma vie, je me dois de rester objectif et vous alerter sur un point nettement plus sérieux, à savoir l’absence total de maturité, de sources, et de morale de ce film.

Je vous assure que ces doublages encryptés sont d'origine, aucune modification n'a été apportée. Notez que Sean Paul semble faire une apparition spéciale dans le film ! (sic)

 

La Vengeance, au-delà de son aspect grotesque, est un film haineux. Une production réalisée par des gamins, ni plus ni moins. Un délire entre potes qui, malheureusement, sera vu par un nombre conséquent de personnes. Les évènements de ce film sont, selon son affiche, basés sur des faits réels, ce qui n’est sûrement pas vrai mais suffit néanmoins à instaurer une très mauvaise image des ethnies / groupes représentés dans ce film. Non, les skinheads ne vénèrent pas tous Hitler. Non, Slayer, The Exploited et Cradle of Filth, présents sur diverses affiches à la fin du film, ne sont pas des groupes néo-nazis. Non, les gens de cité ne sont pas tous des « racailles » pour reprendre une expression bien connue, Morsay ne représente pas une généralité, ce sous-individu ne représente d’ailleurs rien ni personne, et n’a que pour seule utilité d’agrandir la haine infondée et le racisme des gens en France. Ce film est tellement puéril et provocant qu’il pourrait presque servir de propagande au service du Front-National, je pèse mes mots. Mais ça, c’est seulement la fiction, et l’image que La Vengeance donne des quartiers défavorisés. Morsay, tu es un con, et je te chie dessus.

Avis à son fan club ! Shlagetto apparaît dans le film, nous racontant sa bouleversante histoire. Un grand moment.

 

Sur ce je vous souhaite un « bon » film, en espérant que ces (trop nombreuses) lignes vous auront convaincu de voir en famille cette merveille du cinéma français !

Et en plus de ça, on termine sur une pointe d'humour... C'était pas du luxe.

 

[youtube.com/watch?v=e_IhCNno4No&feature=related]

Peste Noire – L’ordure à l’état pur (2011)

Peste Noire, icône du Black Metal français, groupe le plus connu de la scène underground française. Si KPN (Kommando Peste Noire) est en effet connu par chez nous, il fait même le bonheur des anglophones, se taillant un nom dans la scène internationale.
Leur succès est du à la qualité de leur musique : moyenâgeuse, misanthrope, sale, puissante.
Grâce aussi à la présence de Neige dans deux albums. Neige ne faisait rien sinon suivre les ordres de Famine, leader du groupe, mais qui a attiré de nombreux fans de projet Alcest et AmeSœurs.
Neige qui d’ailleurs a vite été viré par le leader trouvant qu’il n’attirait que des gamins nourri à deezer, lastfm et autre myspace… Autre facteur de la célébrité du groupe est bien entendu la personnalité et le caractère pourri de leur leader : Famine, nationaliste (et non pas nazi, quoique je ne défends aucune de ces idéologies…) a en effet livré une interview juteuse au site diabolicalconquest.com, montrant au grand jour la vraie tête de KPN. Monsieur est raciste, violent, égocentrique, narcissique mais à malgré tout un sens de la musique qui fait mouche. C’est un peu le Varg Vikernes français…
Dans sa misanthropie, il a même été jusqu’à écrire Folkfuck Folie dans le simple but d’éloigner les trends. Il refuse d’avoir recours à internet pour la vente de ses disques, les pages créées sur la toile ne sont que l’œuvre de fans, rien d’officiel.

L’ordure à l’état pur, dernier disque de KPN, est sorti dans cette optique : personne n’avait entendu parler du disque, la première annonce a été faite trois jours avant sa sortie, le 20 mai 2011. Un coup en douce, une surprise. Avec si peu de publicités, le disque s’est à peine ébruité, contrairement à son grand-frère Ballade Cuntre la Anemi Francor.

Famine, déjà jugé fou par de nombreuses personnes, pousse sa folie encore plus loin sur ce disque. Outre la première chanson, l’aspect médiéval a été abandonné au profit de nouveaux éléments : batterie plus martiale, samples nombreux, thèmes modernes, satyres hideuses, et plus de nationalisme. Ne vous attendez pas à de la poésie comme sur les précédents disques, pas d’hommage à Verlaine ou Baudelaire. Famine s’essaye même à l’écriture sms et à un chant plus clair, à la limite du Punk.

Porte d’entrée au disque, Casse, Pêches, Fractures et Traditions sont les seules traces du XVIe siècle, pourtant si cher à KPN jusqu’ici. La chanson ne se fait pourtant pas poétique pour un sous, mais utilise assez bien d’humour… Le premier sample du disque est tout droit sorti du film… Les visiteurs! La track propose des paroles assez stupides, voire très connes (pourtant pas les pires…).
Des effets stupides, Famine en use et en abuse. Rien que cette chanson comporte des samples, des bruits de renvois en rythme avec les riffs, le chant d’un coq, des combats à  l’épées, du trombone… Le titre fonctionne à merveille, on croirait entendre une grosse fête médiévale. Certes on est loin de la mélancolie et de la rage habituelle, mais ce nouveau visage «rigolo » semble plutôt bien coller au groupe.

Alors qu’on croyait avoir tout entendu, Famine nous jette à la figure « Cochon Carotte et les Sœurs Crottes »… La moins bonne du disque, sans aucun doute : presque punk oï. Le thème abordé est la violence contre les femmes… Pas pour les défendre non. Des samples de films pornos, Famine qui hurle Salope à s’en arracher les cordes vocales, des riffs haineux, et des paroles lamentables…
« Gosse sovage antropofage planté dans les groçes à gros culs
Ma pine de pin contre un éku gratos mon groin dans leur caca
Goulougoulou dans la casba ma loutre cracra fé toi foutre… »
Pour la poésie et la finesse, on repassera, c’est du très mauvais goût, Famine ne s’en cache pas. Musicalement, ce n’est pas génial, mais pas mauvais non plus, le côté Punk étalé sur huit minutes est foutrement lassant.

« J’avais rêvé du nord » est la pièce maitresse de ce nouveau méfait. Au long de vingt minutes, KPN nous emmène dans sa haine, sa folie avec brio. Flingues, balles tirées, discours sous fond de racisme anti-blanc, Famine se fait convaincant, commençant sa chanson dans la haine, et la faisant évoluer avec une belle construction vers un hommage au Black Metal, avec des chœurs repris plusieurs fois au travers d’un riff mélancolique.
« Toi Métal Noir dont soudain, j’ai emprunté les ailes
D’immense corbeau boréal
Pour m’arracher plus loin vers de plus nobles citadelles! »

La haine a toujours été fortement présente dans Peste Noire, aux travers de ses thèmes, de son imagerie… « Sale Famine Von Valfoutre » pue la colère, la haine, la stupidité. Tsunami sonore, porté par une prose haineuse et grasse, vantant la violence, les agressions. Les riffs sont acides, et kpn nous attire avec facilité dans l’univers de sa chanson. Au final, la piste est un bon descriptif de Famine : un connard de la pire espèce, conscient de ce qu’il est, et qui sait faire preuve d‘auto-dérision… Certes, l’humour est assez bizarre, je vous l’accorde.

La mélancolie, voilà un visage plus rare. Des pistes comme Soleils Couchants de Verlaine, Spleen, Phalènes et Pestilence, Folkfuck Folie montrait des traces de tristesse, de contemplation, de misanthropie acre et douloureuse. Peste Noire endosse l’apparat funéraire avec La Condi Hu (La Condition Humaine). Les riffs sont du DSBM à l’état pur (eh un jeu de mot, un!), Famine hurle, vocifère derrière ce mur tous les fléaux de ce monde (le tout en rimes, c’est pas beau ?).
Cet exercice est parfaitement maitrisé par les Français. La chanson est belle, si vous êtes amateurs de Depressive Black Metal, elle risquera de vous arracher quelques frissons…

Les fans de la première heure, (même ceux de la dernière à vrai dire) risquent d’être choqués par ce nouveau disque caméléon, au virage improbable, l‘ordure à l‘état pur fera encore moins l‘unanimité que FolkFuck Folie. Peste Noire mise presque tout sur le grand-guignolesque, se transforme plusieurs fois sur l‘heure que dure la galette. Famine ose et repousse les limites, et réussi, malgré l’échec du deuxième titre, à impressionner. Famine n’a rien perdu de son génie, il cherche à l’étendre… Mais il ne faudrait tout de même qu’il s’égare de trop…