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Morsay: La Vengeance (Truands 2 La Galère) (2012)

Morsay: La Vengeance (Truands 2 La Galère) (2012)

Petite piqûre de rappel avant de parler de ce chef-d’œuvre honteusement oublié à la cérémonie des Oscars 2012, je tenais en premier lieu à rappeler à mes lecteurs qui était l’illustre réalisateur de ce block-buster, à savoir Mohamed Mehadji, plus connu dans le paysage virtuel sous le nom de… Morsay.

Ahhh, Morsay… Sans doute l’une des « personnalités » françaises les plus drôles de ces dernières années. Involontairement, certes, mais drôle quand même. Tout comme Tony Montana, Morsay est parti de rien pour gravir les échelons de la société. A l’inverse, lui n’a jamais vraiment dépassé le statut de vendeur de frites. Initialement commerçant de T-Shirts à la sauvette avec son frère Zehef, Morsay est par la suite devenu une caricature du rappeur moderne, pseudo-podcasteur, membre de la mafia, dealer, proxénète et enfin Réalisateur ! Rien que ça mes amis, hé oui ! Ça vous en bouche un coin pas vrai ? Bref, une véritable réussite sociale. Ce drôle de pingouin aurait très bien pu rester dans l’ombre jusqu’à la fin de ses jours (ou à l’ombre, en fonction des évènements), mais c’était sans compter sur l’aide des Noelistes qui, en Février 2008, s’en prennent avec violence au rappeur suite à la publication de son plus grand hit, « On S’en Balle Les Couilles » (Non non je tiens à vous rassurer, je n’ai fait aucune faute, c’est lui même qui l’écrit comme ça, la preuve en vidéo).

Quelle nostalgie, dire que tout est parti de cette vidéo !

 

Suite aux attaques et provocations incessantes de cette communauté au bonnet rouge,  Morsay pète les plombs, il est « supervénèretaracelapute » comme on dit chez lui, et publie une vidéo qui fera rapidement le tour du net pour s’imposer comme l’un des phénomènes du Web les plus connus de France. La vidéo en question, intitulée « Morsay: Message à Internet » et longue d’une dizaine de minutes, nous montre l’intéressé en compagnie de tous ses amis du quartier (et de personnes probablement soudoyées), remerciant tout d’abord les gens qui le soutiennent (???), puis partant d’un seul coup dans un ballet d’insultes toutes plus improbables les unes que les autres en direction de ses détracteurs. Le vocabulaire du zouave est à peine plus complet que les instructions fournies sur l’emballage des éponges Spontex et se compose majoritairement d’insultes, parfois d’adjectifs, mais pas grand chose de plus, vraiment. Dans les citations les plus connues, nous évoquerons entre autre « J’te shlasse ta race », « Ta race la mère la pute », « Enculé de ta race » ou encore « Nique ta race ». L’individu semble en toute logique très concerné par le pédigrée et n’hésite pas à s’adresser à ses spectateurs en employant le terme de « Bâtards ».

Morsay en compagnie de son gang de rue. Notez la bille rouge, caractéristique des jouets et reproductions d'armes...

 

Véritable icône montante, Morsay se rend compte que ses pitreries lui apportent une certaine forme de succès sur la toile… Unanimement considéré comme l’un des derniers rebuts de l’humanité, le guignol n’en démord pas et utilisera depuis lors ce semblant de connerie pour s’illustrer dans des vidéos toutes plus provocantes, insultantes et ridicules les unes que les autres. Tout le monde le prend pour un con, mais ça, il s’en fout, il est connu et c’est ce qu’il veut ! Morsay se sera fait de nombreux ennemis sur la longue route du succès (ironie, ironie…), de la communauté Noeliste au rappeur Heenok Beauséjour, en passant par Marine Le Pen, cette dernière ayant d’ailleurs collé un procès sur le dos de son ami Cortex pour insultes et diffamations. En bref, le petit monde de Morsay tourne uniquement grâce à sa mauvaise réputation et sa crédibilité proche du néant. Reconnaissons lui tout de même un sacré sens de l’imagination, le gus nous surprenant toujours depuis plus de 4 ans dans ses projets de conquête du monde. Dernières idées en date ? Morsay Président, et celle qui nous intéresse le plus ici, Morsay Réalisateur !

Non non, ce n'est pas la nouvelle campagne des Restaus du Cœur, mais juste Morsay et son ami Cortex dans leur boutique de Clignancourt.

 

C’est l’heure de la review, disséquons ensemble les dessous du film le plus choquant, le plus controversé, le plus remarquable, le plus surprenant et le plus haï de ce début d’année 2012 (rayez les mentions inutiles). Ça commence fort avec une introduction réalisée sous Sony Vegas Pro, une police Sci-Fi affiche le titre ainsi que sa team d’élite sous fond d’un classique de Zehef, qui nous accueille par un « Wai Wai Wai ! Ze-Ze-Zehef ! ». Hum.

L’intrigue démarre dans un parc, Morsay est assis sur un banc en compagnie de Zehef et l’un de ses potes, s’insultant joyeusement de « braqueurs de merguez » et autres familiarités liées aux trafics du « gang » de « voyous », quand apparaît soudain une brigade de policiers en inspection de routine. Les deux frères décident de tenir tête à la police sans raison apparente, et là, c’est le drame: une véritable vendetta orchestrée par Steven Seagal éclate contre les forces de l’ordre, Morsay et Zehef sont dès lors rapidement mis sous détention pour violences sur agent. Persuadé d’avoir été pris comme cible par un flic véreux, Morsay sort de prison avec pour seul but de se venger de celui qui lui a tendu un piège. Zehef, quant à lui, prend du recul par rapport à ces évènements et aspire à une vie régulière, souhaitant créer sa propre marque de vêtements, « Truands 2 La Galère », et gagner sa vie de façon honnête… Mais c’était sans compter sur son frère qui enchaînera les coups foireux et s’attirera des embrouilles incontrôlables pour un petit truand de son espèce…

Le film se lance sur une touchante scène d'amitié et de fraternité.

 

Voilà pour le scénario. Là comme ça, vous imaginez sûrement un truc cool, croisement entre Scarface / La Haine, mais en fait non, c’est tout l’inverse, c’est même inimaginable je vous assure. Premièrement, la réalisation… Quelle réalisation mes amis. La Vengeance est de toute évidence un film bas budget, malgré les annonces de 65 millions d’euros dépensés (qui sont aussi vraies que les rumeurs sur la sexualité de Jean-Pierre Pernaut). Mise au point floue, caméra hésitante et tremblante, faux raccords, effets spéciaux (coups de feu) réalisés à l’aide d’After Effect, piste sonore mal balancée et régulièrement saturée (interview du juge par une journaliste: « AWOUBOUHAWHOBUHA verdict définitif ? AWOUBUBUBUH-ci beaucoup madame la juge« )… Le tout mélangé à des acteurs médiocres, vraisemblablement sélectionnés faute de mieux, et vous obtenez un film à peine plus professionnel qu’une pub pour le ketchup Heinz. Ici, point de perches micros dans le champ, il n’y en a pas, tout a été enregistré avec un Blackberry. Flûte alors, moi qui m’attendait à rire de ces détails comme je l’ai fait devant Black Dynamite, la déception fût rude. La bande-son ne fait qu’aggraver les choses, n’étant pas un grand amateur de Hip-Hop mais néanmoins de bonne musique, je pense, malgré mes lacunes, être en mesure d’affirmer que la quasi-intégralité du film nageait dans un énorme océan de merde, et c’est peu dire. Un Tsunami de mauvais-goût, de productions infâmes et de rap haineux. Vous voyez, on est déjà bien loin de La Haine.

Morsay au supermarché... La discrétion, c'est son rayon !

 

Parlons du script et des dialogues, sans doute le point le plus intéressant de tout ce joyeux bordel (ou pas). La Vengeance constitue une sorte de palmarès du grand n’importe quoi. Incohérent, grossier, ridicule et parfois incompréhensible, le film regorge de répliques croustillantes que l’amateur des Monty-Phyton ne saurait renier. S’enchaînent alors des scènes d’une absurdité incroyable, la plus connue étant probablement celle du tribunal: « Vous avez un regard bien énervé monsieur ! Comment qu’on dit chez vous ? … Ah oui, voilà. Vous avez un regard bien ZEHEF !« . Dans les grands moments forts, je pense également à cette fameuse scène où Morsay passe la nuit chez l’un de ses camarades de cité. « Putain comment vous puez des pieds les mecs un truc de ouf ! On dirait que y’a un rat crevé dans tes pieds ! Non mais vous vous lavez desfois sans déconner ?« … De la poésie moderne chiée contée par un cœur lourd et désespéré. Désespéré, tout comme Zehef, qui contre toute attente se révèle être le seul personnage un tant soit peu appréciable du film. Habituellement trois fois plus con que son illuminé frangin sur leurs vidéos de famille, le bougre s’avère fort attachant, comique, et presque convaincant dans son rôle de Grand Frère de l’Extrême. C’est également le seul « acteur » du film semblant doué de logique, ce qui n’est pas rien dans une fiction aussi surnaturelle !

La technique de Morsay pour terroriser ses adversaires ? Les noyer dans la salive.

 

Pour le reste, le film est entaché de scènes absolument ignobles et inutiles, une bonne moitié de l’action se résumant à la quête du sexe opposé par Morsay (quête qu’il finira inévitablement par échouer soit dit en passant),  où lui et l’un de ses affreux glands de compatriotes nous montreront toute l’étendue de leurs atouts de gentlemen. Si vous avez apprécié Hitch, Expert en Séduction, vous pourrez vous passer des conseils de Morsay, Expert en Riendutout, sachez-le. De plus, l’œuvre, que dis-je, cette fresque épique, s’étale sur deux longues heures, deux putains d’heures mesdames messieurs, et les deux génériques combinés ne dépassent pas la minute trente, ce n’est pas une illusion ! Il est évident que le film aurait aisément pu être tronqué d’une bonne heure (voire même carrément deux avec le recul), mais non, toujours plus long, toujours plus con, Morsay en rajoute couche pour ne laisser personne sur sa faim. J’attends impatiemment la version Blu-Ray 1080p Director’s Cut hein, attention, pré-commandée dès l’annonce même à la Fnouc du coin !

Passé l'heure, vous ferez à peu près la même tête que Zehef sur cette photo en regardant La Vengeance.

 

C’est bien simple, je ne peux que vous conseiller de regarder La Vengeance avec vos meilleurs amis, autour d’une bonne pizza et quelques bières, et surtout un téléphone à portée de main, en cas d’urgence décès ou tout autre effet secondaire dû au visionnage. C’est presque ce que j’ai fait, et j’ai passé un moment, honnêtement, vraiment amusant, quoi qu’infâme et trop long. La Vengeance se range dans le bas du classement « So Bad it’s Good« , de par sa stupidité sans bornes et son amateurisme aigu. Ses répliques cultes, ses incohérences et ses acteurs dignes des plus mauvais téléfilms érotiques vous feront passer un bon moment de rigolade bien gras, sans vous laisser un goût trop amer en fin de séance. On ne peut pas dire que je ne vous ai pas prévenu, c’est mauvais, c’est incroyablement mauvais, vous n’avez jamais rien vu de tel, mais ce film mérite d’être vu ! Ne serait-ce que pour relever un challenge et trouver quelque chose d’encore pire, si cela existe. Néanmoins, si ces deux heures devant la production des Truands 2 La Galère n’ont pas été les plus insupportables de ma vie, je me dois de rester objectif et vous alerter sur un point nettement plus sérieux, à savoir l’absence total de maturité, de sources, et de morale de ce film.

Je vous assure que ces doublages encryptés sont d'origine, aucune modification n'a été apportée. Notez que Sean Paul semble faire une apparition spéciale dans le film ! (sic)

 

La Vengeance, au-delà de son aspect grotesque, est un film haineux. Une production réalisée par des gamins, ni plus ni moins. Un délire entre potes qui, malheureusement, sera vu par un nombre conséquent de personnes. Les évènements de ce film sont, selon son affiche, basés sur des faits réels, ce qui n’est sûrement pas vrai mais suffit néanmoins à instaurer une très mauvaise image des ethnies / groupes représentés dans ce film. Non, les skinheads ne vénèrent pas tous Hitler. Non, Slayer, The Exploited et Cradle of Filth, présents sur diverses affiches à la fin du film, ne sont pas des groupes néo-nazis. Non, les gens de cité ne sont pas tous des « racailles » pour reprendre une expression bien connue, Morsay ne représente pas une généralité, ce sous-individu ne représente d’ailleurs rien ni personne, et n’a que pour seule utilité d’agrandir la haine infondée et le racisme des gens en France. Ce film est tellement puéril et provocant qu’il pourrait presque servir de propagande au service du Front-National, je pèse mes mots. Mais ça, c’est seulement la fiction, et l’image que La Vengeance donne des quartiers défavorisés. Morsay, tu es un con, et je te chie dessus.

Avis à son fan club ! Shlagetto apparaît dans le film, nous racontant sa bouleversante histoire. Un grand moment.

 

Sur ce je vous souhaite un « bon » film, en espérant que ces (trop nombreuses) lignes vous auront convaincu de voir en famille cette merveille du cinéma français !

Et en plus de ça, on termine sur une pointe d'humour... C'était pas du luxe.

 

[youtube.com/watch?v=e_IhCNno4No&feature=related]
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Hellraiser (1987)

Note de l’auteur : la chronique suivante ne constitue pas réellement une description ou même une présentation précise du film, mais plutôt un rapide billet sur un classique que tout le monde devrait déjà avoir vu, et si ce n’est pas le cas ces quelques lignes vous motiveront peut-être à le faire, en tout cas vous avez intérêt.


Hellraiser, ce n’est pas qu’un excellent titre d’Ozzy Osbourne paru sur No More Tears, non, c’est avant tout un film de Clive Barker qui a marqué sur bien des aspects à sa sortie.

Souvent taxé de sous-Carpenter, ersatz de Stephen King et j’en passe, ce pauvre Clive n’a jamais réussi à se faire un nom très reconnu auprès du grand public, et ce n’est pourtant pas faute d’être polyvalent. Entre des romans à succès, des jeux vidéos de son cru ou bien évidemment ses propres films, l’homme peine à voir son nom cité parmi les plus grands alors qu’il y aurait tout à fait sa place, et même plus que certains si vous voulez mon avis. Heureusement pour lui, son esprit torturé et ses idées diaboliques ne sont pas passées inaperçues chez tout le monde…

Hellraiser est l’un de ces classiques du cinéma d’Horreur qui a marqué les années 80 de fort belle manière, et surtout avec originalité. Les Serial-Killers ayant le vent en poupe après le succès d’un certain Jason ou d’un autre Freddy, il aurait été peu judicieux de reprendre la même recette pour lancer sur le marché une nouvelle série à succès, et ça, Clive l’avait bien compris.

La coupe Automne-Hiver 1987. Ca vous cloue le bec pas vrai ?

Ainsi sort Hellraiser, un grand vent frais dans le domaine de l’Horreur, la référence du « Gore-SM » et du paranormal, et un autre très bon représentant de cette époque bénie où les costumes étaient fait main et non digitalisés…

Un scénario original et étonnamment solide pour un film horrifique, encore aujourd’hui, un univers visuel unique, un méchant référentiel, une ambiance au poil, un réalisateur qui sait parfaitement là où il va et ne s’égare pas en chemin… Tout était réuni pour en faire un classique, et fort heureusement c’est le cas aujourd’hui. Hellraiser supporte très bien le poids des années si l’on excepte ces rares mais odieux effets spéciaux lumineux dignes de Power Rangers, pour le reste, les costumes de l’époque sont somptueux, novateurs, le gore omniprésent et les créatures réellement laides. Un coup de maître presque intouchable.

Un film captivant parfaitement rythmé et dirigé avec brio. Clive Barker prouve qu’il n’est pas une bête copie sans intérêt de je ne sais quel autre réalisateur, non, c’est un grand malade, et moi j’aime ça les grands malades.

"Forcément, tous ces cons qui me prennent pour une pâle copie de Cronenberg, ça me met les nerfs à vif..."

NB : Pour ceux qui s’étonneraient de la ridicule et douteuse longévité d’une telle série (Dix films dont un futur remake), voici grossièrement les propos qu’à tenu Barker à la presse concernant le dernier opus de la série qu’il a crée, attention, ça vaut le détour :

« Bonjour les amis. Je veux que l’on comprenne bien que le film ici présent utilisant le mot Hellraiser, N’EST PUTAIN DE PAS DE MOI !! Je n’ai RIEN à voir avec cette saloperie. S’ils prétendent que cela provient de l’esprit de Clive Barker, c’est un mensonge, ça ne sort même pas de mon trou de balle. » *

Je vous l’ai dit, j’aime ce mec.


* Source

Rien à Déclarer (2011)

« Bienvenue chez les Ch’tis », véritable épidémie à travers la France et la Wallonie au box-office, battant pas mal de records, dépassant même l’excellente comédie qu’est la Grande Vadrouille… Un succès assez immérité : Dany Boon nous livrait un film plus que moyen, assez niais, avec pour gros lot une histoire d’amour ridicule. Pourquoi un tel succès ? Parce qu’il s’aventurait sur une partie de la France méconnue et mal-aimée ? Parce qu’il surfe sur les clichés Ch’tis ? Parce que ça fait rire Marcel de voir deux facteurs complètement ivres tombant par terre ? (Désolé à tous les Marcel qui nous lisent). En tant que fier chroniqueur belge, j’ai décidé de regarder le nouvel essai du Boon qui s’attaque en partie à mon pays !

Après un tel amas de fric, notre ami Ch’ti a donc décidé de recommencer avec Rien à Déclarer… L’histoire se déroule avant la fin des frontières européennes, et prend place entre la France et la Belgique. Benoit Poelvoorde (acteur belge bien connu, qui a commencé sa carrière avec l’énorme « C’est arrivé près de chez vous » et qui est maintenant réduit à tourner dans des Astérix et Obélix fumeux) campe donc un douanier belge hautain anti-français, horrifié par l’abolition des frontières, laissant donc entrer les trafiquants de drogue et surtout bah, les Français. Dany Boon lui campe aussi un douanier mais français, évidemment, il a une aventure secrète avec la sœur de son coéquipier belge, et va tout faire pour s’accorder avec lui, afin de pouvoir l’épouser.

Rien qu’à ces lignes, le lecteur averti aura compris que le français du nord commet exactement les mêmes bourdes que son grand-frère, mais soit, je vais vous expliquer ça en détail. Néanmoins, Rien à Déclarer vous arrachera sûrement quelques sourires : des situations cocasses ma foi bien réussies, un Benoit Poelvoorde dans son élément en tant que sale connard,  une première partie amusante, certains personnages vraiment sympas et attachants (si, si), et une caméra plus habile qu‘auparavant.
Un autre point qui va sûrement en amuser certains et en irriter d’autres : les stéréotypes énormes, et ce des deux côtés de la frontière : un couple franco-belge tenant un café : la femme française hautaine et méchante, le belge con et gentil, le trafiquant de drogue vilain, et son sous-fifre débile qui rate tous ses passages en fraude (ce qui donnera un moment d’humour gras assez bête), un arabe illettré…

Mais en contrepartie, énormément de fautes sont faites : le scénario c’est Bienvenue chez les Ch’tis bis avec quelques ajouts : la Belgique devient le Sud, Poelvoorde est Kad Merad, les facteurs sont des douaniers… Si vous attendiez quelque chose d’original, repassez, sûrement poussé par le succès de son précédent métrage, le Ch’ti tombe dans le piège du « en revoilà un deuxième Marcel! » (encore désolé pour les Marcel).

Et mi, j'suis un bon (f)acteur, hein !

Si la première moitié est assez sympathique, la deuxième ennuie, s’occupant de détails dont le spectateur se moque : les scènes d’amour sont chiantes, mal amenées, hors-propos mais ne sont en fait que la partie émergée de l’iceberg qu’est la plaidoirie antiraciste de Dany Boon. Elle alourdit le film d’une manière incroyable, plongeant les vingt dernières minutes dans les abysses profondes du ridicule et donne lieu à l’une des scènes finales les plus mauvaises du cinéma français. En fait c’est simple, pendant la deuxième partie, on ne fait qu’un voyage d’ennui parsemé de gags plus ou moins marrants (certains jeux de mots sont pitoyables, enfin, vous le verrez vous-même) dont la destination certaine est le happy end foireux. Et c’est exactement ce qui arrive.

Dany Boon livre avec son nouveau film quelque chose qui avait du potentiel mais qui s’embourbe dans la paresse et dans son message aussi subtil qu’un pet retentissant en pleine minute de silence. Si ça vous arrachera quelques sourires, le métrage inégal vous plongera surtout dans l’ennui, un film à regarder un mercredi soir sur TF1, mais ne déboursez pas un rond pour le voir : ça leur apprendra aux réalisateurs, d’être des connards paresseux.

Super 8 (2011)

J.J. Abrams, l’homme qui s’est  d’abord rendu célèbre par le petit écran. Binoclard dans sa quarantaine, le bonhomme est surtout connu pour les séries Alias et Lost, et au cinéma pour Mission Impossible 3 (qui est mauvais) ,Cloverfield (que je trouve cool mais qui est tout de même très controversé) et Star Trek (que j’ai pas vu).

Le petit gars ne s’est tout de même pas arrêté avec le cinéma et en 2011 voilà que sort Super 8. Le premier teaser était assez énigmatique : une jeep dans la nuit qui fonce sur les rails, un train qui déraille, et quelque chose frappe à la porte d’un wagon renversé qui vole vite en éclat.. L’écran devient noir, un cri de bestiole… Autant dire que ça sentait le Cloverfield 2 et que pas mal de fans étaient septiques, et puis le titre ? Une Super 8 étant un ancien modèle de caméra ,qu’est-ce que ça venait faire dans une histoire de monstre ?

Le deuxième trailer nous corrigea presque tous : le film raconte en fait l’histoire d’une bande de gosses qui tourne un film en Super 8, dont une scène à la petite gare du coin quand ils assistent au crash du train… Très vite on a appris que ce film serait une sorte d’hommage au cinéma d’aventure des 90’s : ces enfants qui vivent des aventures extraordinaires, comme dans E.T, les Goonies…

Super 8 ne s’en cache pas, sa fibre est celle d’un bon vieux Spielberg (avant que celui-ci ne se décide à mettre des aliens dans Indiana Jones). Ces films qui ont fait rêver toute une génération de bambins et de préadolescents avec ces bandes de gamins dont on rêvait de faire parties.

Le film de J.J. démarre de la sorte: on assiste à la réunion des amis et de la famille qui sont venus rendre leurs condoléances suite à la mort de la mère de Joe, broyée dans un accident d’usine… Joe est obligé de vivre avec son père, un sheriff fortement touché par la mort de sa femme et têtu comme un âne qui évidemment ne comprend pas ce que veut son fils. Le gamin malgré tout aide sa bande d’amis à réaliser un film d’horreur amateur. La bande qui est d’ailleurs bien caricaturée : Le gros, le gosse insupportable qui adore faire exploser des trucs, la nana mystérieuse, le peureux,…

Le bousin devient réellement intéressant quand on assiste au crash du train, assez spectaculaire, puis à la libération de l’entité qu’on ne voit tout d’abord pas et qui va semer la panique en ville, surtout quand l’armée va s’en mêler… Un film au scénario classique, avec toutes les valeurs d’un métrage d’aventure familiale : famille, peur, amour, amitié, courage…

Mais Super 8 fait bien son boulot : les gamins sont attachants, que des nouvelles têtes qui ont l‘air d‘être à fond dans leur rôle, il y a de l’humour, parfois assez enfantin, mais qui ne vire jamais dans le gras stupide comme ont pu le faire des navets comme Transformers, des bons sentiments et surtout une aventure, une aventure bien gérée qui monte en puissance. La bête se dévoile petit à petit, terrifie le village, les soldats qui l‘envahissent, on découvre le pourquoi du crash… Du classique avec une petite touche d’Abrams : l’alien est loin d’être aussi gentil qu’E.T., il y a quand même de beaux effets spéciaux et de la tension (même si rien d’extrême, c’est un film familial à la base).

L’hommage de J.J. n’est cependant pas parfait : quelques défauts viennent entraver le visionnage du film : la fin est assez mielleuse même si elle devrait plaire aux plus jeunes ; l’explication sur la présence de l’Alien sur terre est un peu décevante et quelque peu banale comparée au bordel monstre et apocalyptique que la créature crée dans la petite ville. Je sais que c’est un hommage mais bon sur ce coup-là il aurait pu mieux faire, après tout il a écrit un truc aussi tordu que Lost!

Reste que J.J. Abrams vient de créer là un film mieux que ce que tout Spielberg a pu sortir ces dix dernières années. Une bonne vraie vieille aventure qui ne s’égare pas dans l’humour merdique ou dans une leçon de bondieuserie, avec des personnages frais et attachants (aucune tache dans le casting), et surtout un divertissement qui plaira à presque toutes les tranches d’âge.

House Of 1000 Corpses (2003)

J’aime bien Rob Zombie.
Personnage haut en couleur qui sévit depuis de nombreuses années, l’homme est un showman, un businessman, un musicien et désormais un réalisateur à la patte très personnelle et plutôt unique. Ambassadeur de la Série B et du Grand Guignolesque, un charme évident se dégage de ses productions, pour peu que l’on accroche à son univers.

White Zombie, c’est fini, Rob démarre sa carrière en solo, et ne compte pas s’arrêter à la musique, c’est un électron libre qui vit comme bon lui semble, peu importe l’opinion publique. Fan incontesté des Ramones, du gore à outrance et des productions Grindhouse, il lance en 2003 sa toute première production cinématographique en tant que réalisateur, intitulée House Of 1000 Corpses. On est prévenus d’avance avec la jaquette, le film sera un hommage au cinéma d’exploitation et à l’horreur en général, ce qui implique un fort taux d’hémoglobine, de répliques cultes, de sexe, et j’en passe…

Oui enfin bon, si le musicien avait déjà fait ses preuves depuis longtemps, le cinéaste lui n’en est qu’à ses balbutiements et peine souvent à rester debout.
En effet, House Of 1000 Corpses fonce un peu partout sans jamais vraiment savoir où aller, à droite à gauche, devant, derrière, on est un peu perdus en fin de compte.
Rob Zombie a fait un film à son image, une production à son goût, guère plus. Une utilisation de samples à outrance, un univers visuel très marqué et de la musique balancée à tosus les coins de rues, House Of 1000 Corpses , c’est ça, et pas vraiment grand chose de plus en fait.

Tu n'aimes pas les clowns ? La gazette du Platypus, elle, aime les clowns !

Fort bien réalisé, dirigé avec brio, esthétiquement soigné et doté d’un humour très noir, le film aurait pu cartonner si il avait… un scénario ? C’est malheureusement le constat que l’on a en arrivant au générique final : la production n’est qu’un immense patchwork de tous les grands succès du genre. Une famille de dégénérés (The Texas Chainsaw Massacre), des masques de cuir découpés sur le visage des victimes (Leatherface), des jeunes en week-end qui vont rapidement baigner dans leur sang (N’importe quel Slasher moderne, ou moins), une maison diabolique…

Oui, tout ça c’est très déjà vu, et tout ça ce n’est pas des plus divertissant quand on a déjà dégusté par camions entiers les classiques du genre.
Le film est néanmoins sauvé par l’excellente performance des futurs Devil’s Rejects, mention spéciale à Bill Moseley dans le rôle d’Otis qui nous livre un maniaque totalement dingue très convainquant (Et ce n’est rien comparé à la suite), mais gros malus pour la jolie Sheri Moon qui est proprement INSUPPORTABLE du début à la fin. Son personnage est volontairement exagéré, mais c’en est énervant, entendre un Pokémon couiner pendant 1h20, c’est éprouvant. Sid Haig dans son désormais cultissime rôle du Capitaine Spaulding est bien entendu l’une des vedettes du show, une interprétation au poil qui s’avère particulièrement croustillante.

Quant aux dialogues, sortez vos carnets, vous risquez de relever des one-liners en or ici et là à tout moment du film (« It’s all true, the Boogeyman is real, and you found him ! » – Hé quand même, Duke Nukem s’en est récemment servi).

Bill Moseley dans le rôle d'Otis est assurément un drôle de personnage.

En résumé, un film assez bancal qui ne présente que peu d’intérêt pour son scénario ou son originalité, mais qui brille de milles feux pour son univers visuel et la performance des principaux acteurs. Passé le coté esthétique de la chose, tout cela s’avère bien creux et décevant pour le fan d’horreur, assurément. Fort heureusement, Rob Zombie avait de la suite dans les idées et nous gratifiera de l’excellent The Devil’s Rejects quelques années plus tard.

Au final, on s’en sort pas trop mal.

Very Bad Trip II (2011)

The Wolfpack Is Back…

La meute est de retour : leurs déboires alcoolisés en 2009 avaient eu du succès : 275,156,197$ au box-office américain par exemple.
Film lancé en Europe au début de l’été, c’était la bonne approche pour du succès : un film pas prise de tête sur des amis en voyage à Las Vegas pour enterrer la vie de garçon de leur pote, Doug, qui va bientôt se marier. Les personnages étaient donc évidemment tous des gros stéréotypes. Doug, le futur marié sympa; Stu, le dentiste intello chochotte en temps normal qui fait plein de conneries quand il est bourré; Phil, le prof je-m’en-foutiste bien cool qui gère la situation et finalement Alan, le gars bizarre vraiment bizarre qui fait des remarques suspectes et des conneries toutes les trois secondes.
Le Concept est le suivant : ils vont à LV pour se foutre une cuite, ils se réveillent le lendemain, pas de souvenirs, Doug a disparu, la chambre est dans un immense bordel, Stu a perdu une dent, il y a un tigre dans la salle-de-bain… Ils doivent donc retrouver le personnage manquant avant le mariage au travers de plusieurs rebondissements loufoques dans le but de recréer la soirée oubliée, ils vont finalement y arriver in extremis et arriver dix minutes en retard au mariage.

Vous prenez les mêmes…

«Bangkok has them now » prône l’affiche, où l’on y voit Stu tatoué, Alan la tête rasée et Phil allongé par terre l’air désabusé…
Le film ne vous donnera aucune surprise : à part le cadre et le marié qui changent, tout est presque identique au premier film. On y retrouve même l’asiatique chiant et racoleur du premier film, sans doute le personnage le moins drôle du premier, et aussi le moins drôle du deuxième.

Stu va se marier avec une Thaïlandaise (j’ai oublié son nom, et les crédits du film la mentionne en « Stu’s fiancee » donc ça ne m’aide pas) et amène ses amis sur place. Dentiste poule-mouillée de formation, le futur marié introduit le film en disant qu’il ne veut pas de grosse fête, provoquant la colère de Phil tandis que Doug demande à Stu d’inviter Alan malgré ses réticences…
Tout le monde embarque donc en direction de l’Asie. Le film commence réellement à ce moment : Alan va rencontrer le frère de la mariée, cumulant crise de jalousie et comportement stupide…

Une fois sur place, après une réception où le beau-père de Stu se moque de lui et où Alan fait un discours stupide (ça ne vous rappelle pas le discours sur le toit de l’immeuble dans le premier ? Moi si), nos hommes vont partir sur la plage « pour boire deux-trois bières » et ils vont se réveiller dans une chambre miteuse en plein Bangkok, avec un singe, des tatouages, l’asiat’ chiant, et Ô malheur, pas de signes du gentil Thaïlandais servant de beau-frère à Stu, ni de Doug, mis sur le banc de touche encore une fois…

Here we go…

Je l’affirme encore une fois : ce deux films sont presque les-mêmes. Non seulement, le concept est identique, mais la trame l’est aussi. Tous les évènements du premier film se retrouvent légèrement modifiés dans le deuxième.
Jugez plutôt : enterrement de vie de garçon virant à la catastrophe. Ils se réveillent avec la gueule de bois et une perte de mémoire. Ils ont perdu un des gars, ils trouvent un animal, ils sont tous amochés à des degrés divers… Et ainsi de suite. Je ne vais pas spoiler pour ceux qui n’auraient pas vu le premier, mais pour les autres : le film suit EXACTEMENT le même chemin à quelques bifurcations près…

La meute, prête à se taper des centaines de bières.

Et le plaisir là-dedans ?

Sa redondance en fait un film évidemment moins bien que le premier, mais toujours un peu au-dessus des comédies américaines récentes. Oui, ce film sympathique profite de la médiocrité actuelle pour se tailler un nom dans les « comédies cultes », oui ce film est un plagiat scénaristique du premier, qui malgré les nouvelles blagues suit la même trame, l’effet de surprise est désormais inexistant. Mais si vous aimez le premier, difficile de ne pas retomber sous le charme un minimum, le film est toujours drôle, les personnages toujours attachants, on suit l’aventure avec un plaisir moindre, mais avec plaisir quand même, et s’il ne provoque pas l’hilarité, difficile de ne pas être amusé de la prestation.

It happened again!!!

Very Bad Trip II n’est pas fondamentalement mauvais, les fans du premier l’apprécieront. Ce n’est certainement pas un film énorme, il a beaucoup de défauts, notamment ceux cités tout le long de l’article. Mais comme toute bonne comédie grasse et grossière, elle saura s’apprécier avec des potes, une mousse à la main, ou pour un petit moment de détente cérébrale entre un Kubrick et un Lars Von Trier. Evitez de regarder ça tout seul devant votre pc, de partir avec un esprit critique : Very Bad Trip II n’est qu’une comédie, pas extraordinaire, qui fonctionne avec des grosses ficelles, mais qui fonctionne quand-même…