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Lou Reed & Metallica – Lulu (2011)

2011 est presque écoulée, une année pas bien fameuse pour le Metal où pas mal de grands se sont cassés les dents : Megadeth et son chiant th1rt3en, Morbid Angel et son ridicule Illud Divinum Insanus sonnant comme un sous-Rob Zombie qui aurait mangé un peu de Rammstein, Devin Townsend et son atrocement long et mou Ghost (bien que la fanbase s’en lèche les babines…), et la liste peut encore continuer un petit bout de temps.

Voilà qu’il y a quelques temps, une annonce particulière avait attiré mon regard sur la page d’un webzine metal quelconque : Metallica allait collaborer avec Lou Reed (ancien chanteur des Velvet Underground) pour un concept-album… Qu’attendre d’une nouvelle pareille ? Metallica est devenu médiocre, ne sortant plus que de la merde ridicule (St.Anger, où comment dégoûter définitivement les fans en un disque) ou au mieux des disques « ok » mais quand même pas fameux (Death Magnetic, Load…), bref on est bien loin des légendaires Master of Puppets, Ride The Lightning… Lou Reed quant à lui… Bah, je ne connais pas du tout sa carrière solo, et je n’ai jamais écouté énormément les Velvet Underground (honte à moi oui), donc je m’abstiens de faire des commentaires. Toujours est-il qu’on ne savait pas à quoi s’attendre, et qu’on a pas eu de nouvelles pendant un petit bout de temps…

Puis sont venues plusieurs interviews et leur site web où Metallica et Lou Reed ne cessaient de se féliciter de Lulu, que personne n’avait jamais fait quelque chose comme ça, que c’était un hybride, un nouvel animal, une « réinvention de la roue » (je ne crée rien, tout est là dans leur site web!), Lou Reed a même été jusqu’à dire : « Ceci est la meilleure chose que j’ai jamais faite, et je l’ai fait avec le meilleur groupe que j’ai pu trouver sur cette planète. Tous ceux qui y étaient impliqués étaient honnêtes, ceci est venu au monde de façon pure. Nous avons poussé aussi loin que nous avons pu dans les limites du possible. »
Finalement, quelques semaines avant la sortie de ladite collaboration, ils ont dévoilé l’infernal « The View », des riffs ratés, un Lars Ulrich nul comme un débutant, un Lou Reed fatigué qui raconte une espèce de fable philosophique digne d’un skyblogeur de 15ans par-dessus tout ça, et Hetfield qui se prend pour un meuble Ikéa… La vidéo s’est répandue à travers le web comme une trainée de poudre, provoquant pour la plupart des gens l’hilarité et/ou la consternation.

Le public déjà conscient que l’album allait sûrement être une catastrophe n’a pas été rassuré par les informations suivantes : il comporterait deux cds, et durerait 87minutes… Et ce qui devait arriver arriva : Lulu leaka une semaine avant sa sortie officielle… Et nous l’écoutâmes… Dieu nous bénisse.

C'est qu'ils ont l'air de s'y croire.

Lulu est mauvais. Lulu est une horreur monumentale, que dis-je, une erreur intergalactique, Kirk Hammet n’avait pas menti : personne n’avait jamais pondu un truc pareil, personne n’aurait jamais osé avoir une idée aussi sotte, et l’hybride tant auto congratulé par Metaloureed relève plus d’un enfant consanguin tricéphale éructant qu’un disque de génie.

Mais pourquoi Lulu est-il si mauvais ? Tout d’abord, le concept, l’idée, la chose : Grossièrement, ce disque, c’est Lou Reed qui parle de façon ultra-monotone au-dessus de la musique produite par Metallica : les histoires qu’il raconte sont définitivement nazes, irritantes, les effets dans sa voix font penser à un vieux fou sénile, qui parfois se paye des délire cosmiques : Cheat On Me et son texte débile, Pumping blood où il crie le titre pendant un long moment comme quelqu’un qui aurait fait tomber son savon dans les douches d’Alcatraz ou encore Frustration où il répète « I want so much to hurt you » avec Lars Ulrich qui fait le clown sur ses fûts.

De temps en temps, notre ami James (Gimme Food, Gimmes Fries, Gimme salad on the sides) vient faire écho à Papy Lou. Il se contente de répéter ce que Papy vient de dire avec sa voix pop-mielleuse directement venue de (Re)-Load, et quelques fois dans le disque il se paye quelques lignes de chant bien pourries : dans le premier morceau, Monsieur s’époumone en criant « Small Town Girl! » ou raconte qu’il est une table, ce genre de chose.

Secundo, la partie instrumentale est aussi ridicule : un bassiste ? Où ça ? C’est vraiment con d’engager un gars qui sort d’Infectious Grooves pour le rendre muet comme une carpe… Deuxième gros point noir, c’est la batterie : le gus sonne comme un débutant, sérieusement, je suis sûr que n’importe quel batteur avec au moins six mois d’exercices derrière lui peut reproduire toutes les structures rythmiques de Lulu : et dire qu’il sort d’une école de musique réputée ! Les guitares sont évidemment mauvaises, si quelques idées sympas émergent, elles sont tout de suite noyées soit dans leur propre longueur, soit dans un enchaînement sans queue ni tête. Le disque vous servira un semblant de pop (la première piste, Iced Honey), une ballade débile (qui dure quand même 19minutes), un peu de Metal (The View, Mistress Dread), et Metalouca pense même avoir invité le Post-Rock! Incroyable ! Ils font trainer quelques accords de guitare inquiétants/atmosphériques, un peu de violon, et ça y est, il en faut pas plus pour que le combo s’éternise sur ces minis-trouvailles… Junior Dad et ses 19minutes se compose de quelques arpèges de guitare, et de quelques notes de violons, et bordel, ça dure 20minutes, mais de qui se moque-t-on ? D’ailleurs, voilà le point final pour justifier l’indignation totale : ce disque est d’une longueur abominable : toutes les chansons auraient pu être réduite de moitié, et dans certains cas être rabotés d’un bon 2/3, mais d’où vient ce foutu syndrome débile qui consiste à répéter dans le même titre trois fois la même chanson ?

Vous mettez le tout ensemble dans une boite, vous secouez très fort : et vous obtenez Lulu, alias l’ennui et la connerie personnifiés. Ce n’a même pas l’atout d’être marrant comme le dernier nazi-paillettes Morbid Angel , c’est juste… je sais pas… merdique, c’est aberrant de faire un truc pareil et de se féliciter sur son propre site web de la qualité, de la magnificence  de son produit. Lulu, c’est de la pure science-fiction et ils n’avaient pas menti sur toute la ligne : personne n’avait sorti quelque chose de la sorte, et j’espère que plus personne ne le fera.

La Lulu Team, pire qu'un rickroll, pire qu'un viol.

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Septic Flesh – The Great Mass (2011)

 

Ah, la Grèce… Ses paysages, sa culture, ses îles, ses dettes, ses grèves, son soleil, ses plages, sa gastronomie… sa scène Metal!
Eh oui, le pays de Zeus (si vous me permettez) propose quelques groupes de très bonne qualité, dans les moins connus on peut retrouver Nocternity et son Black Metal Atmosphérique, Dead Congregation et son Death Metal occulte et viscéral…

Du côté des célébrités on retrouve évidemment Rotting Christ, formation dont la musique a fortement évoluée d’un bout à l’autre de sa carrière… Et nous avons aussi Septic Flesh qui comme son collègue, a beaucoup changé, commençant dans un registre Doom/Death onirique rempli de gothique et de classique, le tout souvent basé sur la mythologie. Aujourd’hui Septic Flesh officie dans le Death Metal Symphonique épique, et s’il a laissé le Doom derrière lui, il n’a pas tout abandonné du reste.

Après un Revolution DNA hésitant où l‘électronique remplaçait le classique, Sumerian Daemons avait définitivement marqué la cassure vers une musique plus agressive : Death orchestré, mythologique à l‘ambiance gothique, tragique proposant son lot de gros riffs… Le ton était donné. Est ensuite venu Communion, un album court, symphonique, rapide et très incisif, le gothique était relégué à tout au plus quelques refrains.

Cuir, cuir, cuir, moustache!

En 2011, voilà qu’arrive le petit nouveau, The Great Mass, album attendu par les fans, largement teasés par les commentaires du leader annonçant un album épique dont les mouvements grandiloquents seraient opérés par l’orchestre philharmonique de Prague, un disque servi par un Antoniou récemment sorti avec succès de sa formation en musique classique!

The Great Mass ne changera pas énormément vos habitudes, si vous aviez détesté les deux précédents, ça ne vaut même la peine que vous l’essayez.
La musique profite comme à son habitude d’une production propre et puissante (non pas sans âme) mettant en valeur ce qui doit l’être, un son dans la même veine que celui de Communion même si l’orchestre passe ici au premier plan.

Le groupe a balancé de nombreux trailers et teasers pour promouvoir la sortie de cet album.

La dernière offrande est un puissant alliage de la vitesse et la colère de Communion et de l’aspect tragique, grandiloquent et progressif de Sumerian Daemons. Le groupe n’hésitera pas à vous en mettre plein la gueule comme il n’hésitera pas à être classieux. Si l’album sent bon le frais, il faut bien avouer que la recette n’a pas fortement changé, même si elle a subi quelques améliorations : les ambiances sur le disque sont variées : Mad Architect évoque la folie avec son piano malade en guise d’intro; il y a encore un petit hommage à Lovecraft (The Undead Keep Dreaming); ils se la jouent gothique sur Rising et Therianthropy; A Great Mass of Death bourrine tout en grandiloquence; Oceans of Grey est tragique comme l‘a pu être Faust et la batterie se fait même martiale et tribale sur l‘énorme tube qu‘est Pyramid God!… Bref Septic Flesh ne se repose pas sur ses lauriers et propose un The Great Mass véritablement puissant, avec son identité propre.

Il est certain que certains riffs sont faiblards, mais il est clair qu’ils ont été dessinés pour accompagner l‘orchestre…  Les orchestrations sont d‘ailleurs toutes pertinentes, majestueuses, puissantes, elles évitent aussi le kitsch et sont surtout omniprésentes : une véritable réussite qui envoie les derniers opus de Dimmu Borgir, de Therion et de Fleshgod Apocalypse se rhabiller. Les quelques moments où les instruments classiques sont muets, les guitares jouent toujours dans cette veine gothique qui caractérisent les vieux albums et les quelques titres plus récents (Sunlight Moonlight, Magic Loves Infinity, Dark River…).

Au chapitre des vocaux, nous retrouvons toujours des growls puissants, sachant se faire violents (The Vampire From Nazareth qui déboule comme une bête en furie) ou sachant se fondre dans la grandiloquence et les chœurs pour donner quelque chose d’épique, de tragique,…
Voix très peu présente sur Communion, le chant clair revient bien plus souvent, un chant qui risque d’en rebuter pas mal : assez nasillard, et surtout présent dans les titres gothiques, mais malgré tout, une grosse partie de son utilisation reste incantatoire : la fin de The Vampire From Nazareth, le refrain lent et occulte de The Undead Keep Dreaming… Après tout, quoi de mieux qu’une incantation pour un hommage à Lovecraft!

The Great Mass est efficace, frais, propose une recette améliorée alliant le meilleur du Septic Flesh post-2000. Un album qui ravira sûrement les fans de Metal Symphonique de tout poil pas fort gâtés ces deux dernières années et qui a rallié à sa cause nombreux amateurs de Death Metal. Un album majeur et de haute-qualité en cette année finalement assez pauvre. Enjoy!

Restless de Gus Van Sant (2011)

Hello, le fromage est de retour avec, au menu, une petite chronique ciné : le dernier Gus Van Sant, répondant au doux nom de Restless. C’est parti !

De quoi ça parle ?

Enoch n’est définitivement pas un jeune homme comme les autres. Non content de partager son quotidien avec le fantôme d’un kamikaze japonais (avec qui il joue à la bataille navale, et contre qui il perd systématiquement, notez l’ironie du propos), il cultive aussi une passion un peu étrange : assister à toutes les cérémonies funèbres qui lui passent sous la main, même celles d’inconnus. Sauf qu’un jour, c’est l’enterrement de trop. Un type harangue notre héros, le prévient qu’il est dans son intérêt d’arrêter son petit jeu malsain. C’est à ce moment précis qu’Annabel, une jeune fille croisée quelques instants plus tôt, vient lui sauver la mise. Peu à peu, les personnages font connaissance. Jusqu’à ce qu’Enoch découvre que sa nouvelle amie est souffrante d’une tumeur au cerveau. Il ne lui reste que quelques mois à vivre. Ainsi en sera-t-il de leur relation…

C’est bien / c’est pas bien ? Pourquoi ?

J’espère ne pas être le seul, mais ce pitch m’en a rappelé un autre, sorti un peu avant : La Guerre est Déclarée. Un parallèle entre les deux est tentant et aurait sûrement été intéressant, mais je n’ai pas vu le long-métrage de Donzelli. De plus, ce film était le premier Gus Van Sant que j’ai eu l’honneur de voir. Oh, mais ? Quel est cet énorme bruit ? Ah oui, c’est celui de ma crédibilité qui vient de se casser la gueule. Bon, continuons quand même.

Et disons-le tout de suite : c’est un film qui m’a laissé perplexe. Et pas spécialement dans le bon sens du terme. En fait, je n’arrive pas vraiment à décider si ce film est un vibrant hommage à la vie,  ou seulement un film de plus dans le genre. Il faut avouer que le constat de base, les situations développées dans le film, et même ses personnages, navigue à la frontière du cliché.

Oui, car le postulat « la vie est trop courte, profitons-en », c’est quand même pas tout neuf. Au pif, je pense là, tout de suite, à « Sans Plus Attendre » (« The Bucket List » en VO). Et le film de nous proposer quelques scènes dispensables. Je pense par exemple à ce long dialogue devant la tombe des parents d’Enoch, avec les deux jeunes gens qui font comme s’ils leur répondaient…Plus tard, Enoch essayera de détruire la sépulture, dans une scène larmoyante et là encore dispensable.

Et pourtant, la sauce prend quand même. Et Van Sant semble avoir pleinement conscience qu’il va falloir qu’il traite son sujet avec finesse et originalité. Le pari n’est pas totalement réussi, mais le réalisateur semble en jouer avec un second degré certain. En témoigne cette scène où l’on croit qu’Annabel va mourir, alors qu’il ne s’agit que d’une répétition pour le jour où Annabel mourra… une fausse piste formidablement bien trouvée, à mon sens.

Ce qu’il y a d’intéressant avec Restless, quand on y réfléchit bien, ce sont les rapports que ce trio de personnages entretiennent avec la mort. On a tout d’abord Enoch, celui qui a connu la mort quelques minutes, qui n’a pas pu dire adieu à ses parents, complètement enfermé dans son monde, à qui l’échéance de la mort d’Annabel va sans doute permettre de relativiser et reprendre goût en la vie.
Puis, on a Annabel elle-même, qui en dépit du terrible et court sursis qu’il lui reste, est celle qui est la plus fascinée par la vie. Naturaliste et fan devant l’éternel de Charles Darwin, elle plaisante toujours à propos de sa maladie, va de l’avant,  sait la chance qu’elle a d’avoir rencontré Enoch.
Enfin, on a Hirochi, notre ami kamikaze, qui lui a connu la mort, au combat, pour sa patrie. De simple figurant un peu comique, il gagne en intérêt et en consistance au fur et à mesure du film. Il agit comme la conscience d’Enoch, la voix en lui-même qui sait quoi faire. Son rôle sur la fin du film sera crucial. Je n’en dis pas plus.

Au final, un film pas dénué de charme et de force, se ménageant quelques très bonnes scènes (la dernière, très subtile et surprenante), faisant bon usage d’ellipses bien placées pour éviter un déchaînement de pathos malvenu. Et même si tout n’est pas parfait (surcharge de dialogues pas toujours utiles), le film sait trouver un bon compromis. Ni larmoyant, ni trop idéaliste. Les scènes de tendresse entre nos deux héros sont toujours très subtiles et suggestives, et rien n’est toujours rose à 100% : le film ne ménage pas les disputes, les coups durs. On sent bien la gêne qu’Enoch ressent à « voler » Annabel à sa famille lors de ses derniers mois.

Bon, au final je ne suis pas si perplexe que ça. C’est un film de qualité que je recommande. Me reste plus qu’à me pencher sur les autres films de Monsieur Van Sant, à présent…

Opeth – Heritage (2011)


Beaucoup de fans ont sonné l’alarme en voyant la pochette de ce nouveau Opeth. Un artwork résolument 70’s ; un arbre avec la tête des membres du groupe, celle du claviériste qui tombe (eh oui le bonhomme a quitté le navire), les racines qui se plantent dans les enfers, et une ville en flamme dont s’enfuient les habitants… On savait que le leader du groupe suédois adorait ces années là, maintenant on ne peut plus en douter.

C’est donc avec logique que ces mêmes fans ont été déçus quand ils ont appris que la musique, à l’instar de la pochette, serait un hommage aux 70’s : pas de death , Mikael dit dans les interviews que ça l’emmerde de growler et qu’il rêvait de pondre ce Heritage depuis ses vingt ans. Un Mikael qui dit aussi qu’il se moquait si les fans ou non aimaient, un Mikael heureux de réaliser son putain de rêve.

Mais un compositeur heureux ne veut pas forcément dire une fanbase heureuse, par exemple, David Vincent est fier de sa dernière grosse merde sonore, et il est sourd aux fans qui protestent sur internet. Est-ce que Mikael auraient-ils les chevilles qui enflent ? Est-ce qu’il fait sa crise de la quarantaine ? J’en sais rien mais en tout cas, il fait pas encore payer ses autographes comme Wilson le fait!

Mikael, un homme bien entouré.

Le virage d’Opeth n’est pas non plus la chose la plus brutale de l’histoire de la musique, c’est pas aussi fort que Celtic Frost qui s’est mis à faire du Glam Gay. Les 70’s étaient bien là dans Damnation (même si légèrement), dans Ghost Reveries, et surtout dans Watershed, album où toutes les pistes (à part Heir Apparent) avaient cette touche old-school dans la production et dans les structures…

Heritage comme son titre l’indique, est un disque qui mélange toutes les influences de ses vieux et vénérables groupes dans une grosse marmite en rajoutant l’épice Opeth. Et ouais, même si le growl est parti, que presque tous les gros riffs se sont fait la malle, on reconnait encore entre mille la patte du groupe. Enfin, c’est difficile à dire : sur ce disque Opeth n’est plus Opeth car il abandonne presque toute sa noirceur (même présente sur Damnation), il abandonne son état d’hybride qui lui a rapporté tant de fans… Mais Opeth reste tout de même Opeth : toutes les caractéristiques du son, les gimmicks, le chant, pas mal de mélancolie, des paroles personnelles…

La musique proposée est souvent calme (entendez par là que c’est du rock progressif, pas que c’est de l’ambient), du piano (intro et outro), quelques percussions, de la flûte (uniquement sur Famine), quelques petites expérimentations qui font plaisir (la venue clavier/guitare sur Nepenthe). Le disque propose quelques explosions bien senties, des ponts musicaux typiques au groupe, l’ambiance sur les longs morceaux est fortement comparable à celle présente sur Watershed. Les morceaux Metal se font rares : ils sont deux, et ce sont les plus courts : Slither, définitivement un Deep Purle Like, et The Lines in My Hand proposant une ligne de basse/batterie foutrement bonne, bien que ce morceau soit loin d’être énervé.
Le meilleur morceau de ce disque reste Folklore, tout à fait bien géré et dont l’outro fait partie d’un des meilleurs moments de l’album

Ce nouveau Opeth est loin d’être chiant comme certains ont pu le croire : les 70’s vues par Mikael reste une expérience fraiche et intéressante proposant son lot de bonnes idées, et comme chaque Opeth (à part Damnation), il faut dompter un minimum le disque pour l’apprécier. Mais l’émotion palpable du groupe durant presque toute la carrière s’effiloche, s’efface au profit de morceaux plus complexes, et en dehors de l’outro de Folklore et de quelques passages, le disque ne montre plus autant de sentiments qu’avant, et perd encore un peu de sa personnalité.

Akerfeldt se fait moins touchant dans sa prestation vocale : dans presque tous ces albums, son chant clair était souvent émouvant (Damnation, Burden, To Bid You Farewell) ou se mélangeait à merveille avec le chant Death (Still Life et Blackwater Park étant l’apogée de cet exercice de style), ici Mikael, même si agréable à l’oreille, est parfois fortement… plat! Häxprocess est le meilleur exemple, le moins bon morceau de Heritage ; ça peine à décoller, le chant n’aide en rien, et le seul moment ‘émouvant’ est avorté au profit d’un pont progressif raté.

Que dire de plus ? L’album qui est un virage naturel dans la musique du groupe : un hommage à ces groupes dont l’héritage est toujours présent dans la musique d’aujourd’hui. C’est du Opeth assurément, avec son lot de bonnes idées, ses gimmicks, sa production, Mikael réalise donc son rêve en gestation depuis, à l’en croire, une vingtaine d’années. C’est une galette mature et bien exécutée, mais en passant, le groupe abandonne une trop grosse partie de son identité, la technique et la maitrise de son sujet donnant lieu à une certaine stérilité musicale à de bien nombreux moments. Heritage est loin d’être naze, il est même bon, parfois très bon, mais il reste à mes yeux le « plus mauvais » Opeth (avec Ghost Reveries) pour toutes ces raisons.

Au final, c’est une bonne chose que Mikael ait fait ce disque : j’espère qu’Opeth en restera là avec les 70’s pures, et qu’il saura à nouveau évoluer vers quelque chose de nouveau, de frais, et d’original, sans pour autant laisser une si grosse partie de son identité derrière lui. Heritage est une bonne expérience et un virage intéressant mais ils doivent bien garder à l’esprit qu’un deuxième essai de ce genre restera certainement au travers de la gorge de nombreux fans.

Lou Reed & Metallica: The View (Single)

J’aurais voulu y croire. Après tout, l’idée avait le mérite d’être surprenante.

Mais, non, remettons les pieds sur terre quelques instants. J’aurais sincèrement voulu croire qu’en 2011, Metallica se serait enfin rendu compte de sa perte de crédibilité auprès des amateurs de musique et plus spécialement sa vraie fanbase (Comprenez par là que xXJérémyBossXx n’y figure pas), mais non, c’était trop demandé venant de la part du groupe le plus puissant au monde.

Une fois de plus, Metallica m’a déçu, et Metallica décevra. Tel est le constat que l’on peut en tirer ce jour-même en découvrant enfin le single entier « The View » extrait de la future collaboration entre Lou Reed et le groupe, bêtement nommée « Lulu ». Déjà, rien que le titre on a l’impression d’être pris pour des cons, je ne sais pas trop, une impression comme ça. Mettons ça sur le dos du concept, après tout, le titre n’est pas encore expliqué, du moins pas clairement. Bref, que dire ?

Les previews s’avéraient déjà fumeuses, le single en lui-même met le feu au pétrole et fait brûler les débris qui résistaient tant bien que mal à l’effet du temps. On a du mal à croire que les auteurs de cette mauvaise blague ont respectivement sorti des albums comme « Transformer » ou encore « Ride The Lightning ».
Comme d’habitude, les plus têtus tenteront tant bien que mal de se convaincre que non, c’est pas si nul, et que c’est même plutôt intéressant cette prise de risque, alors qu’au fond on est tous bien conscients que cet album sentira sûrement le sapin, mais ça c’est juste pour couvrir l’odeur déjà plus dérangeante qu’il reflète réellement.

Je ne vais cela dit pas trop m’avancer, d’une part car cet article concerne uniquement le Single, et d’autre part car personne ici n’a entendu l’album sus-cité en entier.

 

« The View » est donc une supercherie. Le problème, c’est que ce titre a été choisi comme premier Single de « Lulu ». Ce qui laisse entendre que c’est donc normalement l’un des meilleurs titres… Et là ça fait vraiment peur.
Que ce soit la performance de Metallica comme de Lou Reed, l’intégralité du titre fait peine à voir, que ce soit en terme d’inspiration comme de technique. Un mono-riff, un rythme ultra plat (Lars Ulrich strikes again !), un chant en opposition totale avec la musique proposée… La cohérence est tout simplement absente.

Lou Reed délivre une interprétation fade, sans saveur, presque fatigante et comme dit plus haut, hors de propos. Hetfield lui, se contente du minimum et supporte le titre lors des rares passages dynamiques, en nous racontant qu’il est « The Table » ( ??? ), et d’autres conneries de ce genre. Robert Trujillo, je n’en parlerais pas, tout simplement car je suis à peu près certain que lui-même n’est pas au courant qu’il joue dans Metallica, et pour Ulrich, je préfère me taire sous peine d’être grossier. Je vous invite simplement à écouter avec attention sa participation sur le dit Single, vous en tirerez vous-même la conclusion…

En attendant, depuis le début des previews, que ce soit les fans bornés ou ceux qui prennent plus de recul face à un groupe souvent polémiqué, l’ensemble des auditeurs semble désappointé et surtout en colère, la barre de Dislike sur les vidéos officielles des previews parle d’elle-même. Cela me rappelle une récente histoire, avec un groupe de Death Metal pourtant censé représenter l’apogée du genre… Héhé.

 

En résumé ? Une structure rébarbative, une technique absente, un manque d’envie flagrant, une inspiration proche du néant, décidément, Lou Reed & Metallica, c’est pas le grand amour, on se demande donc pourquoi ces deux-là ont copulé bourrés autour d’une Heineken bon marché un soir d’Hiver. Sûrement un pari stupide tiens. En attendant, pour nous les fans, il ne nous reste que les yeux pour pleurer…

Heureusement qu’on a de l’entraînement depuis 15 ans hein !

PS: Vous remarquerez que j’ai même pas fait de blague nulle du genre « Loutallica » ou « Metallouca » ou encore même « Metallilou ».

 

Rosetta, 18/07/11

Rosetta ! En voilà un groupe qu’il est bon, et dont ni Colossalvoid, ni Halkeron, ni moi ne vous avons encore parlé. Bizarre, ça… mais ça viendra ne vous en faites pas !

Ainsi, même si le concert dont je vais vous parler a déjà quelques semaines au compteur, un petit live-report me semble une bonne entrée en matière à Rosetta. En deux mots, de quoi s’agit-il ? D’un groupe américain de sludge (et aussi un petit peu post-rock) dont les chansons traitent de l’espace et du cosmos. Un intérêt qui ne se ressent pas que dans les paroles mais aussi dans la musique, avec un aspect souvent aérien malgré les riffs méga plombés et la voix particulièrement hurlée.

Donc, en ce lundi soir, c’est parti pour une soirée bien hipster, entre connaisseurs. Il va sans dire que la majorité du public présent se retrouvera, cinq jours plus tard, au concert des excellents Neurosis. Pas mon cas, hélas.

Après avoir retrouvé l’ami Halkeron et Vivi (une bourgeoise sludgeuse sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, mais dans un autre article, promis), et après nous être restaurés, nous pénétrons en cette petite salle parisienne, très conviviale au demeurant, qu’est le Klub. On a bien fait d’arriver en avance, la salle se remplira sans discontinuer. Vu la notoriété du groupe dans le genre, la rareté de ses passages en France et la capacité de la salle, nul doute qu’on va être de plus en plus serré.  Et en effet, la marge de manœuvre dont moi et mes camarades disposeront se réduira au fur et à mesure des quatre groupes qui vont se succéder ce soir-là.

On attaque sous les meilleurs auspices avec Zéro Absolu ! Un one-man band venu d’Annecy, plus franchement orienté post-rock. Et notre homme d’assurer toutes ses compos tout seul, un instrument après l’autre, en enregistrant des boucles instrumentales, comme un véritable homme-orchestre.  Comme je pense qu’une vidéo vous parlera plus, voici (je précise toutefois que cette vidéo n’est pas celle de ce lundi soir mais d’une autre date) :

Il paraît que c’est une pratique pas si isolée que ça, mais c’était la première fois que je voyais cela. J’ai été séduit par ce procédé, on pouvait vraiment apprécier la montée en puissance des compos, très solides au demeurant. Je ne me suis pas encore procuré les albums du monsieur, mais c’est prévu, et dans un avenir trèèès proche !

Deuxième groupe : Lost In Kiev ! Encore des français ! Officiant dans le même style,  ils s’emploient à nous faire passer un bon moment et s’en sortent bien.  Chaque morceau contient ses bons moments, et même si je décroche parfois, l’intervention de Mike Armine, vocaliste de Rosetta, achève de me convaincre. La moins bonne première partie à mon sens.

Alors que la foule commence vraiment à se faire compacte, que je squatte les premiers rangs depuis le tout début de la soirée avec un mal de dos qui s’intensifie, s’installe sans tarder City Of Ships. On commence à entrer dans un registre plus violent et hardcore, les compos charclent sévèrement, le vocaliste aussi, quelques pogos éclatent. Le son est clair, puissant, de qualité. Et même si je n’avais pas du tout écouté le groupe avant, j’apprécie quand même la musique proposée et m’échauffe un peu les cervicales avant LA tête d’affiche !

Dernier changement de matos, dernière attente. Je piétine, la salle est remplie jusqu’à la masse critique, l’impatience monte, des bourrés mongoliens lancent « alors ça vient ? on a pas le temps ! on est pas là pour cuire des haricots ! » , et autres preuves d’intelligence.  Si vous lisez ces mots par hasard : allez vous faire foutre (décidément mes live-reports se transforment en règlement de compte).

Bref, Rosetta arrive sous les hourras. Les setlists du groupe américain sont souvent variables, donc on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Mais mon sang ne fait qu’un tour quand je reconnais « Red In Tooth And Claw », issue de l’album « Wake / Lift ». Pour commencer le concert, y’a pas mieux, et l’assistance headbangue comme un seul homme.

Le gros point fort de ce concert, c’était indéniablement la proximité avec le groupe. On peut pas faire mieux dans le domaine. Mike Armine qui vous gueule dessus à bout portant, fendant la foule, allant jusqu’au fond de la salle, revenant, slammant, c’est assez magique. Les vagues pogotiques se déchaînent par instants dans un certain chaos. On manque même de renverser le laptop d’Armine dans tout ce bordel. Niveau setlist, pas tellement de surprises en fin de compte : pas de morceaux du premier album, beaucoup d’extraits du dernier, dont « Release », avec la voix claire du bassiste. La grosse surprise est quand même arrivée en fin de concert, au moment du rappel : alors que tout le monde s’attendait à « Wake », Rosetta nous sort « Monument » ! Une rareté live qui fait bien plaisir. C’est une salle surchauffée et un Mike Armine en sueur, assis au bord de la scène que nous quittons après ce dernier moment de bravoure, pleinement satisfaits par cette très bonne soirée !

(NDLR : j’ai tenté de prendre quelques photos du concert, mais elles sont vraiment piteuses, et je n’en ai pas trouvé d’autres. Donc, va falloir vous contenter de l’affiche pour le moment, navré.)

Super 8 (2011)

J.J. Abrams, l’homme qui s’est  d’abord rendu célèbre par le petit écran. Binoclard dans sa quarantaine, le bonhomme est surtout connu pour les séries Alias et Lost, et au cinéma pour Mission Impossible 3 (qui est mauvais) ,Cloverfield (que je trouve cool mais qui est tout de même très controversé) et Star Trek (que j’ai pas vu).

Le petit gars ne s’est tout de même pas arrêté avec le cinéma et en 2011 voilà que sort Super 8. Le premier teaser était assez énigmatique : une jeep dans la nuit qui fonce sur les rails, un train qui déraille, et quelque chose frappe à la porte d’un wagon renversé qui vole vite en éclat.. L’écran devient noir, un cri de bestiole… Autant dire que ça sentait le Cloverfield 2 et que pas mal de fans étaient septiques, et puis le titre ? Une Super 8 étant un ancien modèle de caméra ,qu’est-ce que ça venait faire dans une histoire de monstre ?

Le deuxième trailer nous corrigea presque tous : le film raconte en fait l’histoire d’une bande de gosses qui tourne un film en Super 8, dont une scène à la petite gare du coin quand ils assistent au crash du train… Très vite on a appris que ce film serait une sorte d’hommage au cinéma d’aventure des 90’s : ces enfants qui vivent des aventures extraordinaires, comme dans E.T, les Goonies…

Super 8 ne s’en cache pas, sa fibre est celle d’un bon vieux Spielberg (avant que celui-ci ne se décide à mettre des aliens dans Indiana Jones). Ces films qui ont fait rêver toute une génération de bambins et de préadolescents avec ces bandes de gamins dont on rêvait de faire parties.

Le film de J.J. démarre de la sorte: on assiste à la réunion des amis et de la famille qui sont venus rendre leurs condoléances suite à la mort de la mère de Joe, broyée dans un accident d’usine… Joe est obligé de vivre avec son père, un sheriff fortement touché par la mort de sa femme et têtu comme un âne qui évidemment ne comprend pas ce que veut son fils. Le gamin malgré tout aide sa bande d’amis à réaliser un film d’horreur amateur. La bande qui est d’ailleurs bien caricaturée : Le gros, le gosse insupportable qui adore faire exploser des trucs, la nana mystérieuse, le peureux,…

Le bousin devient réellement intéressant quand on assiste au crash du train, assez spectaculaire, puis à la libération de l’entité qu’on ne voit tout d’abord pas et qui va semer la panique en ville, surtout quand l’armée va s’en mêler… Un film au scénario classique, avec toutes les valeurs d’un métrage d’aventure familiale : famille, peur, amour, amitié, courage…

Mais Super 8 fait bien son boulot : les gamins sont attachants, que des nouvelles têtes qui ont l‘air d‘être à fond dans leur rôle, il y a de l’humour, parfois assez enfantin, mais qui ne vire jamais dans le gras stupide comme ont pu le faire des navets comme Transformers, des bons sentiments et surtout une aventure, une aventure bien gérée qui monte en puissance. La bête se dévoile petit à petit, terrifie le village, les soldats qui l‘envahissent, on découvre le pourquoi du crash… Du classique avec une petite touche d’Abrams : l’alien est loin d’être aussi gentil qu’E.T., il y a quand même de beaux effets spéciaux et de la tension (même si rien d’extrême, c’est un film familial à la base).

L’hommage de J.J. n’est cependant pas parfait : quelques défauts viennent entraver le visionnage du film : la fin est assez mielleuse même si elle devrait plaire aux plus jeunes ; l’explication sur la présence de l’Alien sur terre est un peu décevante et quelque peu banale comparée au bordel monstre et apocalyptique que la créature crée dans la petite ville. Je sais que c’est un hommage mais bon sur ce coup-là il aurait pu mieux faire, après tout il a écrit un truc aussi tordu que Lost!

Reste que J.J. Abrams vient de créer là un film mieux que ce que tout Spielberg a pu sortir ces dix dernières années. Une bonne vraie vieille aventure qui ne s’égare pas dans l’humour merdique ou dans une leçon de bondieuserie, avec des personnages frais et attachants (aucune tache dans le casting), et surtout un divertissement qui plaira à presque toutes les tranches d’âge.

Ni à vendre, ni à louer

Hop-là ! La Gazette Du Platypus est de retour après quelques jours de farniente… faut dire, ce sont les vacances !

Et c’est un film qui sent bon les vacances dont je veux vous parler. Ooooh, quel enchaînement fabuleux ! Je sais, je sais. J’ai été à bonne école. J’accepte les paiements Paypal.  Bon, allez, plus sérieusement, j’ai envie de vous faire part d’un petit film confidentiel qui fut pour moi une découverte foutrement sympathique.

L'affiche du film. Sacrée galerie de personnages, vous en conviendez.

Deuxième film de Pascal Rabaté, dont je n’avais pas vu la première réalisation. Malgré le côté confidentiel du film, le casting ne vous sera pas inconnu, je pense. Jugez plutôt : Jacques Gamblin, Gustave Kervern (le taré du Groland qui fait Super Soupe Au Lait), Maria de Medeiros, François Damiens, Dominique Pinon (mais si, le mec avec son magnétophone dans Amélie Poulain !)… bref, pas que des anonymes non plus.

Quant au film en lui-même, il est très simple à résumer : pendant 80 minutes quasiment muettes, le film nous expose, l’une après l’autre, des tranches de vie d’une galerie de personnages qui vaut le détour ! Le tout pendant un week-end de vacances au bord de l’Océan. On trouvera pèle-mêle deux punkettes lesbiennes, le gérant d’un supermarché aux rayons quasi vides, un père de famille qui mène tout à la baguette, un couple enfermé dans sa routine et sa maison de vacances, microscopique et improbable… et bien d’autres encore. Évidemment, tout ce petit monde ne va pas se contenter de rester dans son coin, mais va se rencontrer, fortuitement ou non, au cours du film. Les situations émouvantes, plus cocasses ou carrément délirantes, les quiproquos, les rencontres s’enchaînent alors. Le film vibre de ces petits riens qui font tout le sel de l’existence, filmés avec une grande simplicité et une tendresse communicative. On rit souvent, ou l’on est plus touché, comme lors de cette scène où le vent se déchaîne pendant une nuit, et semble révéler tout le monde au grand jour. Une scène pourtant bête comme chou, mais que je trouve d’une justesse étonnante. Et tout ça, je le rappelle, sans le moindre mot.

Mais attention ! Car simplicité et dépouillement, ça ne signifie pas systématiquement vide et banalité. De banalité ici il n’est point question, et le film fait preuve d’une grande inventivité et d’une poésie évidente dans chaque rebondissement, dans chaque situation, aussi minimes soient-ils. Le tout souligné par une jolie performance collective des acteurs, qui, privés de parole, font tout passer, émotions, intentions, dans les regards, les sourires, les soupirs, voire même les hoquets (allez voir le film, vous comprendez !).

Ce film, ce serait un petit peu l’antidote parfait à Transformers 3 par exemple : à l’heure de la 3D, des blockbusters plein à ras-bord d’explosions, d’effets spéciaux toujours plus couteux et j’en passe, un film pareil, aussi dépouillé et calme, ça risque de faire tout drôle au spectateur lambda. Mais quel bonheur au final. Si je l’osais (et je vais oser, en fait), je comparerais ce film à une coupe de champagne : c’est léger, c’est frais, ça pétille d’intelligence, et ça nous laisse sur une douce sensation d’euphorie. Recommandable. Très.

Amebix : Knights Of The Black Sun

Amebix

In Crust We Trust !

Amebix, ça vous parle ? Non ? Petit cours de rattrapage.
Formé en 1978 dans une banlieue anglaise sûrement pourrie (bon j’exagère ok), Amebix est une figure de proue du Crust Punk, et plus généralement, le groupe le plus reconnu dans ce genre. Deux albums studios, nommés « Arise! » et « Monolith », respectivement sortis en 85 et 87 confèreront au groupe son statut culte grâce à un son mélangeant habilement le Heavy Metal et le Hardcore Punk, une recette survitaminée qui aura inspirée beaucoup de groupes de l’époque. Histoire de dorer un peu plus le blason, des formations telles que Sepultura ou Neurosis ont rendues hommage au combo au travers de diverses interviews, preuve d’une influence très importante.

Bon Wikipédia, ça va trente secondes, où veut-il en venir nom de dieu ? !

Hé bien tout cela pour vous annoncer qu’après un « Redux EP » sorti en 2010, Amebix, la légende, confirme bel et bien son retour avec à la clé un nouvel album, et d’ores et déjà un single issu de ce dernier, disponible en écoute libre sur le site du groupe ou encore Youtube. Accompagné d’un très artistique clip en 3D, le titre se nomme « Knights Of The Black Sun » et marque un tournant important dans la sonorité du groupe. Je vous laisse le découvrir ci-dessous.

 

Votre verdict ?

Le nouveau son ne plaira pas à tout le monde, c’est une évidence, Amebix semble avoir mis de coté sa folie juvénile pour s’orienter vers un son plus mélodique, plus imposant et surtout plus profond. Le nouveau titre est globalement très bien reçu malgré les éternels insatisfaits, la plupart des fans appréciant la démarche risquée du groupe. Plutôt que de se salir bêtement en proposant un plat réchauffé, les anglais semblent avoir décidé d’entamer une sorte de reboot…

L’album est prévu pour le 2 septembre 2011 et sera intitulé « Sonic Mass ». Rendez-vous dans deux mois pour la confirmation d’un retour qui risque de faire du bruit, en bien comme en mal !

En attendant, suivez de près l’actualité d’Amebix en visitant leur site officiel via ce lien.

Social Distortion 04/07/11 ? TB !

Le lundi 8 juin 2009 est officiellement pour moi l’un des jours les plus importants de toute ma vie. En plus d’avoir été le dernier jour de ma scolarité, c’est en ce jour que je rencontrai un groupe qui pour moi fait figure de légende : Social Distortion. Groupe majeur de punk-rock californien (rien à voir cependant avec toute la scène de skate punk pour ados, SD joue dans un registre bien différent). Ce fut un concert sublime, fabuleux, et tous les qualificatifs qui s’ensuivent logiquement. Le meilleur concert auquel j’ai jamais été. Setlist, son, émotion, interprétation des morceaux, tout convergea, ce soir-là, vers une sorte d’absolu Rock’N’Roll, de sommet de décibels qui me plongea, moi et, j’en suis sûr, beaucoup d’autres, dans un état second.

Une seule et unique phrase nous reste en tête après un concert de ce niveau : « Vivement la prochaine ! » Et bien, c’est fait. La prochaine, c’était y’a quelques jours, le 4 juillet. Fait notable, le jour de l’indépendance américaine (quand je vous disais qu’on a tous des jours importants…). Le Trianon est une salle que je ne connais pas encore, je suis donc curieux et émerveillé au moment d’y entrer, vers 19h30. Très élégante et parfaitement agencée, pile poil de la bonne taille, voilà qui promet un bon concert !

Voici Frank Turner. Bonne bouille, n'est-ce pas ? En plus d'être une excellente première partie !

Rien à redire niveau orga, c’était du solide : tout a commencé en temps et en heure sans problème. C’est ainsi qu’après une attente plus courte que prévue, les lumières s’éteignent. Place à… Frank Turner ! Sans officier dans un style radicalement différent de Social Distortion, le petit anglais se distingue par une approche tout de même nettement plus folk et axée « chanson à texte ». Ceci étant dit, la six-cordes acoustique tenue par Turner était largement soutenue par son homologue électrique, et le résultat était plutôt dépotant. Je ne connaissais pas toutes les chansons jouées, mais celles que j’ai pu reconnaître m’ont très agréablement surpris dans leur interprétation super pêchue à 100 à l’heure. Tous les musiciens sans exception ne se sont pas privés d’afficher leur joie de jouer à Paris. Mention spéciale pour le batteur, son sourire et son implication. Bravo les mecs, bonne première partie.

J’avance encore plus devant, et trépignant toujours plus d’impatience de seconde en seconde, j’attends… SOCIAL DISTORTION, BORDEL DE MERDE ! Et là, les lumières s’éteignent à nouveau. Le coeur s’emballe, je sens qu’on va vivre quelque chose de grand. Après une intro, hem… bizarre, c’est au son de « Road Zombie » que les californiens prennent place. C’est puissant, ça riffe, et Mike Ness est définitivement le mec le plus classe de la galaxie et des galaxies avoisinantes. Il arrive mains dans les poches, l’air décontracté, on lui apporte une guitare, SA guitare mythique… et en avant.

Mike Ness. Oui, il a la classe, l'animal.

Oui, en avant pour un festival de rock, d’énergie, de tubes, et d’émotion. Depuis le concert mentionné en tout début d’article, Social Distortion a sorti un nouvel album (excellent soit dit en passant, mais ne m’écoutez pas, je suis un fan et je suis con). Cinq extraits nous seront joués, en comptant l’instrumental introductif. SD est connu pour varier relativement ses setlists, et c’est une bonne chose, ça évite d’avoir de la redite d’un concert à l’autre : j’ai donc grandement apprécié d’avoir un petit « Nickels And Dimes » en début de concert, après « Bad Luck », le tube de 1992 bien fédérateur. Pas fou non plus, la bande de Mike Ness n’use pas toutes ses cartouches d’un seul coup et alterne morceaux ultra fédérateurs (« Story Of My Life », en troisième position dans la setlist, a achevé de réveiller la salle), voire carrément bourrins (« Don’t Drag Me Down » en rappel, cette boucherie dans la fosse) avec des morceaux plus posés où l’on chante à pleins poumons les deux mains levées au lieu d’assommer ses voisins à grands coups de tatane.  Parmi ce genre de morceaux, citons « Ball and Chain », rehaussée d’acoustique, et « Prison Bound », titre éponyme de leur album de 1988. Tout simplement génial, un grand moment d’émotion, entier et magique.

J’étais assez curieux de savoir comment Social Distortion allait gérer en live les voix gospel présentes sur deux des morceaux du nouvel opus : « California (Hustle and Flow) », et « Can’t Take It With You ». Je m’attendais à ce qu’elles soient samplées, mais non : deux choristes afro-américaines sont venues sur scène en fin de concert pour assurer les parties vocales des morceaux énoncés plus haut. Elles n’ont d’ailleurs pas manqué de se faire siffler, étant venues… en tenue d’été, dirons-nous. Tant que je parle de ces deux morceaux, dommage que le son à la fin de « Can’t Take It With You » ait été brouillon à la fin. Un sacré bordel même, chacun essayant de jouer plus fort que son voisin. On aurait même dit que le bassiste ne savait plus où il en était. Mais c’est le seul (court) moment où le son ne m’a pas donné satisfaction.

Allez, je pense qu’il est quand même temps d’aborder le principal point faible de cette soirée : le public ! Bin ouais, j’ai trouvé qu’un mauvais esprit régnait sur le Trianon pendant ce concert. Commentaires désobligeants pendant les prises de parole de Ness entre les morceaux, interventions déplacées… bref une bonne grosse proportion de beaufs était présente ce soir-là. A noter le duo de mongolos qui n’avait qu’une seule chose en tête : attendre la moindre occasion pour pousser tout le monde sans réfléchir. L’avait pas l’air malin, l’animal, avec son t-shirt Dropkick Murphys (bon groupe au demeurant, dommage d’être aimé par un con) et sa casquette. Message perso si tu lis ce billet, d’ailleurs : va faire liposucer ta graisse ailleurs et ne remets plus les pieds à ce genre de concerts, il en va de l’intérêt public, d’avance, merci.

Bon ! Après ce soupçon de bile aussi délicat qu’un match de rugby, il est temps de conclure. Très bon concert donc, qui ne détrônera pas la précédente performance du groupe, mais qui m’a quand même fait sacrément plaisir. En espérant les revoir une troisième fois avec un public un peu plus respectueux.