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Sepultura – Chaos A.D. (1993)

SEPULTURAChaos A.D. (1993)

Allez, je craque mon slip sur celui-ci et je rédige une critique très élogieuse en sachant parfaitement que je ne suis pas tout à fait objectif vis-à-vis de cet album, et que de toutes manières je ne pourrais jamais l’être.

Chaos A.D. est en fait le premier album de Metal que j’ai écouté. Je m’en souviens comme si c’était hier, je devais avoir 6 ou 7 ans, ma sœur possédait des tas d’albums de qualité variable, et notamment pas mal de vieux classiques Thrash / Death mainstreams et connus. Ce Chaos A.D. est passé dans mes oreilles un nombre incalculable de fois. Sur le poste quand j’étais à la maison, sur walkman quand j’étais en voiture, bref, je ne le lâchais pas.

Là vous vous dites qu’écouter du Metal quand on a 7 ans, c’est pas banal, mais je n’exagère vraiment pas, j’adorais ce disque, et pas seulement pour « la violence ». « Refuse/Resist » sonnait déjà pour moi comme un putain de tube, « Kaiowas » une curiosité toujours aussi intéressante aujourd’hui, et « Manifest » un vrai hymne au Headbang. Je ne savais pas ce que c’était à l’époque, mais bon, oui, j’Headbangais sur Sepultura bordel de dieu ! J’aurai pu tomber sur Korn, Limp Bizkit et pleins d’autres merdes en vogue vers la fin du second millénaire, mais non, c’est bien les Brésiliens qui ont retenu mon attention et je ne saurais jamais assez les remercier pour ça.

Chaos A.D. est souvent perçu comme le passage « sellout » de Sepultura, globalement très apprécié, mais néanmoins considéré comme le début de la fin. On est loin de Roots attention, mais on sent que le groupe cherche à toucher un public différent, peut-être plus large, et à verser un peu d’eau dans son vin. Pour ma part, grand bien leur en a pris, n’étant pas un grand amateur d’Arise, ce changement de direction passe beaucoup mieux chez moi, et ce n’est pas peu dire. Nostalgie mise à part, j’aime vraiment beaucoup cet album et considère toujours que c’est l’un des disques de Thrash les plus intéressants des 90’s.

La belle époque où Sepultura était encore considéré comme un grand groupe, et non un Running-Gag.

 

D’ailleurs, Thrash, Groove, qu’est-ce qu’on écoute ici ? Un peu des deux, mais attention, pas du Groove de pédale à la Lamb of God, ah non, le Groove qui bave bien et ferait trembler un éléphant. L’album reste tout de même majoritairement Thrash à mon humble avis, des titres comme « Manifest » (cette intro bon sang !), « Propaganda » ou « Biotech is Godzilla » ne font que confirmer cette impression. De l’autre coté, Sepultura ralentit le tempo avec brio sur « We Who are Not as Others », « Territory » ou l’excellente reprise de New Model Army, « The Hunt ». Le travail rythmique sur l’album est franchement monstrueux, les frangins Cavalera sont en grande forme et ça s’entend. En résulte un album où toutes les pistes prises indépendamment s’avèrent intéressantes, certaines plus que d’autres, mais la redondance n’ose même pas pointer le bout de son nez.

Les Brésiliens ont réussi leur coup, Chaos A.D. est un virage négocié avec succès, mais qui mènera malheureusement sur une route bien déserte dans le futur. Peut-être auraient-ils mieux fait de faire demi-tour ? On ne peux pas totalement leur en vouloir d’avoir proposé sur chaque galette une expérience différente, Sepultura était l’un des très gros espoirs du Metal en cette période, leur notoriété n’a fait qu’accentuer les espérances des auditeurs de l’époque, mais la chute n’en a été que plus difficile pour eux. Chaque groupe connaît un passage à vide un moment ou un autre, pour Sepultura, tout est parti de travers, leurs racines ont pris une place prépondérante dans leur musique, les tensions internes ont menées à un semi-fratricide et la rage d’antan s’est éclipsée au profit d’un… de quoi en fait ? J’en ai franchement rien à foutre pour être honnête, le groupe signe ici son testament, de fort belle manière, et c’est bien tout ce qui m’importe.

Chronique pas forcément objective mais j’en suis bien conscient, pour le reste, c’est à vous d’en juger. Pour cela je ne peux que vous conseiller de vous repencher sur ce disque, qui malgré la controverse, est, et reste un des albums majeurs du Metal des 90’s.

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Super Star Wars: Return of the Jedi (SNES) [1994]

Super Star Wars: Return of the Jedi (SNES) [1994]

« On reprend les mêmes, et on en un ressort un nouveau »

Cette citation aurait très bien pu provenir de Lemmy Kilmister répondant à une question sur l’actualité de son groupe Motörhead, mais dans le cas présent c’est plutôt à l’ancienne équipe de développement de JVC que je me réfère. Troisième volet de la Guerre spatiale la plus incroyable de la galaxie, Super Star Wars: Return of the Jedi reprend au grain près les ingrédients qui ont fait le succès de ses aînés, à savoir un gameplay nerveux, des graphismes toujours aussi somptueux et une bande-son exemplaire utilisant à merveille les capacités de la Super Nintendo. Mais alors, qu’en est-il cette fois ci ? Ont-ils résisté à la tentation du coté obscur pour nous servir un troisième opus de qualité, ou bien ont-ils définitivement perdu foi en la Force, nous resservant un jeu fade et sans grand intérêt ?

Les monstres odieux sont légion dans cet épisode, et vous n'êtes pas arrivé au bout de vos peines pour vous en débarrasser.

 

Rassurez-vous, jamais deux sans trois: cette troisième aventure en compagnie de Luke et ses acolytes est elle aussi une petite merveille. Certes, l’effet de surprise n’y est plus vraiment, les mécaniques sont connues, les protagonistes aussi et l’univers de même, mais pourquoi bouder notre bon plaisir et ne pas se resservir une fois de plus ? D’autant plus que ce volet s’avère bien plus tendre que son prédécesseur, plus agréable à parcourir, moins frustrant, mieux optimisé… JVC semble avoir pris conscience de ses erreurs et a fortement revu à la baisse l’insolente difficulté de la série. Ainsi, cet épisode reste un sacré challenge pour tout public, néophyte comme joueur confirmé,  mais sait toutefois se montrer plus fair-play et intelligent dans sa progression. Finies les heures entières à affronter un boss, terminer un niveau ou pleurer d’énervement en pestant contre l’ordinateur, Return of the Jedi se veut plus simple et accessible, réduisant significativement les nombreux problèmes de The Empire Strikes Back.

Démonstration bluffante du mode 7 de la console aux commandes du Faucon Millénium. Une 3D impressionnante pour une si vieille machine !

 

Point agréable à constater, le jeu rame beaucoup moins ! L’aspect visuel reste pourtant toujours aussi bluffant, mais la machine semble mieux répondre aux spécifications du soft (ou peut-être bien l’inverse). J’en veux pour preuve un niveau utilisant le mode 7 de la console, vous proposant de diriger l’un des cannons du Faucon Millénium pour abattre des croiseurs ennemis: pour moi la meilleure performance technique de la console en matière d’imitation 3D, un chef-d’œuvre  ! Chose suivante, Luke est désormais spécialisé dans le combat au corps à corps: les blasters ne lui sont plus autorisés et vous devrez user de la Force pour triompher de vos ennemis. La Force en question a elle aussi été singulièrement repensée, les pouvoirs les plus inutiles ôtés du jeu pour laisser place aux meilleurs combinaisons. Le menu de sélection est également plus ergonomique. Mais ce n’est pas tout, cette nouvelle aventure vous proposer d’incarner deux personnages inédits (trois en réalité): Leia vêtue du déguisement du chasseur Boush, armée d’une lance, Leia en tenue d’esclave, équipée d’un fléau, et le petit Ewok Wickett qui partira défendre son village armé de son Arc fétiche.

Wickett est là pour vous aider dans votre périple, qui a dit que les ours en peluche étaient inoffensifs ?

 

Pour le reste, on se retrouve face à un enchaînement de niveaux aux décors très variés, tout comme la précédente épopée. Vous traverserez ainsi de grands déserts à la poursuite de Jabba The Hutt, la lune d’Endor, l’Étoile Noire ou encore l’Espace à bord du Faucon Millénium. Les passages en mode 7 sont toujours aussi intéressants et réussis, excepté une poursuite avec les Scoot-Troopers relativement… ratée. Le tout dernier niveau du jeu vous propose de piloter le Faucon Millénium lors de la fuite de l’Étoile Noire, un passage extrêmement long et complexe mais visuellement bluffant pour l’époque grâce à son imitation 3D au poil, rappelant avec nostalgie le jeu Star Fox. Les combats contre les monstres mythiques de la série sont bien présents eux aussi, c’est ainsi Jabba, le Rancor, ou bien l’Empereur que vous affronterez au cours de cette aventure décisive pour l’avenir de la galaxie. Une lourde mission repose sur vos épaules !

Il est temps de s'enfuir d'Endor pour se confronter à l'Empereur et mettre fin à ce conflit interstellaire...

 

En résumé ? Cette dernière adaptation de la saga de George Lucas est une franche réussite qui réconciliera probablement les joueurs ayant été déçus du précédent épisode. Plus abordable que son prédécesseur, Return of the Jedi s’avère être un jeu d’Action très plaisant, réalisé avec brio et une fois de plus très fidèle à son modèle original. JVC nous aura offert sur Super Nintendo trois excellents Run’N’Guns en avance sur leur temps, chacun ayant leurs défauts il faut le reconnaître, mais très loin devant la concurrence moyenne des autres éditeurs. Un beau palmarès sans aucun écueil, les fans de Star Wars (dont moi) ont souvent été gâtés en termes d’adaptations vidéo-ludique, mais la série des Super Star Wars s’imposait comme la référence avant… un certain Knights of the Old Republic.

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Super Star Wars: The Empire Strikes Back (SNES) [1993]

Super Star Wars: The Empire Strikes Back (SNES) [1993]

Pas de surprise à l’horizon, The Empire Strikes Back sur Super Nintendo est la suite directe du premier opus des Super Star Wars, sorti un an plus tard et reprenant lui aussi la trame du film du même nom.

Similaire sur de nombreux points à son aîné, ce nouvel épisode perfectionne un peu plus les meilleurs points rencontrés sur la précédente aventure, à savoir une technique graphique toujours aussi splendide, des scènes d’action encore plus réalistes pour l’époque (il est possible de participer à la contre-attaque des AT-AT à bord d’un vaisseau rebelle sur Hoth !) et un fan-service une fois de plus très soigné. Luke maîtrise désormais la Force et a appris à mieux se servir de son Sabre, vous pourrez ainsi utiliser des compétences de Soin, de Lévitation, de Contrôle Mental ou encore de Réflexes Améliorés. Le reste du casting original est toujours présent, mais le choix du Héros en début de mission n’est plus possible, le scénario décidant à votre place… Cependant, si l’intention de JVC d’améliorer son bijou fût louable, peut-être aurait-il fallu garder les pieds sur terre et se rendre compte que la Super Nes, malgré sa grande puissance, n’était pas un ordinateur… et que les joueurs n’étaient pas des cyborgs par la même occasion.

Luke sur Hoth, chevauchant son Taun-Taun.

 

Il faut savoir une chose avant de se lancer dans ce nouvel opus, la frustration sera une fois de plus de rigueur, et à un degré infiniment plus élevé: la difficulté est tout bonnement abominable. Rehaussée de toutes parts, les ennemis sont extrêmement coriaces, demandent souvent un nombre important de tirs pour être vaincus, causent de nombreux dégâts et affluent toujours par milliers. Les boss s’avèrent eux-aussi plus féroces qu’avant, allant des simples tourelles de l’Empire au puissant Dark Vador lui-même. Quant aux phases de plateforme, la difficulté a elle aussi été revue au degré supérieur et le level design s’avère bien plus tordu que par le passé.
Je n’avais jamais joué à ce jeu auparavant, et j’ai tout simplement été abasourdi, je ne suis pourtant pas le genre à reculer face au danger (je suis quand même un amateur de Contra, hein), mais je dois dire que ce Super Empire Strikes Back s’impose sans gêne comme l’un des 5 softs les plus difficiles que je connaisse. Rien que ça.

On peut enfin revivre la grande bataille de Hoth comme si on y était !

 

Pour vous éviter un Hara-Kiri, l’équipe a eue la bonne idée d’intégrer un système de password vous permettant de reprendre au début de chaque nouveau niveau découvert. Un plus qui s’avère fort appréciable et ne baisse en rien le challenge proposé, car vous aurez souvent besoin de gaspiller plusieurs continues pour boucler un niveau. Le jeu se termine ainsi « plus vite » que le premier épisode, mais reste un exercice sacrément corsé. Seuls les plus téméraires et persévérants en verront le bout, car même en Facile, les hordes d’ennemis risquent bien d’avoir raison de vous.

Chewbacca à la recherche de C-3PO sur Bespin... Mais où est-il encore passé ?

 

Mais attention, si le challenge est une chose, la puissance de la console en est une autre… Super Empire Strikes Back est certes magnifique, mais c’est là son problème: il l’est un peu trop pour la petite Super Nes. Les ralentissements sont légion. Si le premier épisode connaissait son lot de petits défauts similaires, le second, quant à lui, est souvent énervant, le framerate saute en permanence, les effets visuels recouvrants l’écran n’arrangeant rien au problème et la progression s’avérant de ce fait laborieuse. Qu’y a-t-il de plus rageant qu’un saut manqué dû à un jeu mal optimisé et qui rame quand bon lui semble ? Les jeux de l’époque connaissaient souvent ce problème, mais se débrouillaient généralement pour faire oublier ces petits défauts. Pour un Run’N’Gun aussi pointilleux que ce Super Empire Strikes Back, le verdict est malheureusement sans appel: le jeu est parfois difficilement jouable.

Rencontre entre Père et Fils.. Darth Vader s'avère être un adversaire coriace.

 

Il est dommage de constater que cet épisode est d’assez loin le meilleur des trois en termes d’expérience, de richesses et de nouveautés, mais il faut se rendre à l’évidence, c’est aussi le plus désagréable à terminer en raison des problèmes cités plus haut. On frise bien trop l’excès, et insérer un système de mot de passe pour compenser une difficulté outrancière n’était selon moi pas la meilleure des idées à avoir. Super Empire Strikes Back est un très bon jeu, mais c’est pour moi le plus faible des trois épisodes de la trilogie…

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