Archives de Catégorie: Musique

Syphilitic Vaginas – Complete Studio Collection (2008)

acov_tid150954

Personne ne sait si ils sont Suédois ou bien Japonais, ce qui est sûr, c’est que dans un cas comme dans l’autre, SYPHILITIC VAGINAS rend hommage au Hardcore Japonais d’une fort belle manière en reprenant le flambeau là où G.I.S.M. et Zouo l’ont laissé vers la fin des années 80: en pleine migration vers
le Heavy et le Speed Metal de badass !

Cette compilation comprend donc l’ensemble de leur carrière sortie avant 2008, que ce soit les albums, les splits et les EPs, tout y est, et c’est servi sur un plateau en argent qui brûle les doigts dès qu’on pose la main dessus. Juste dommage de ne pas y trouver Alpha Antichrist et quelques projets sortis par la suite donc, mais bon, on ne va pas se plaindre vu que tout ce matériel est de toute manière out of print depuis longtemps.

SYPHILITIC VAGINAS est le groupe de « Speed qui Black » ultime, c’est simple, leur recette est excellente, leurs riffs sont destructeurs et on en trouve pas deux pareils. C’est assez rare pour les groupes du genre de ne pas faire dans la redite, mais vraiment, chaque morceau est une tuerie et se remémore facilement, assez incroyable vu la quantité de titres présents sur cette compil’ et leur durée. Ou peut-être est-ce là leur secret…

D’entrée de jeu, on est prévenu, « Inferno Rider » sonne comme une version sur-protéinée du premier Bathory, ça tranche dans le lard, c’est incisif, et c’est d’un fun indescriptible. Les influences du groupe sont évidentes et faciles à reconnaître pour qui touche de près ou de loin aux différents genres abordés, il y a du G.I.S.M., du Zouo, du Venom, une forte dose de Motörhead et du speed metal dans la veine d’Exciter ou Oz. Loin de ne faire jouer que la carte de la nostalgie ou du worship, ces malades imposent leur patte en mélangeant tout ça pour obtenir un son dopé à la TNT chargée dans un M-16 qui fait mouche à tous les coups.

Ce serait compliqué de prendre quelques morceaux au hasard tant il y a de tubes, mais avec des bombes comme « Motor Demon », « Possessed To Fuck », « Command Us Satan » et son chant Heavy débraillé, ou encore « Making Love With Devil », parfaite cover de Zouo, il y a de quoi casser la baraque à maintes reprises pendant 1h20 de surpuissance nucléaire. L’ensemble de leur disco s’enchaîne, mais les coupures ne gênent aucunement l’écoute, on passe d’un album à l’autre sans temps mort ni changement de son trop brutal, le groupe n’ayant de toutes manières jamais vraiment changé sa recette et sorti que des albums de très courte durée. Et puis, avec si peu de sorties, pourquoi chercher à se renouveller quand à chaque fois on en redemande plus arrivé au dernier morceau ?

Cette Complete Studio Collection a également le mérite de proposer une qualité audio au top vu son pressage CD, le restant de leur matériel n’étant dispo qu’en LPs, très compliqués à trouver de nos jours, c’est plus qu’une alternative de choix pour avoir l’essentiel du groupe sous la main doublé d’un son irréprochable. La prod, parlons-en: tout ce qu’on peut rêver dans le genre. Ca crépite, ça grince, c’est saturé à l’extrême mais mixé à la perfection, aucun instrument ni la voix ne prennent le dessus sur le reste, ça aurait pu sortir dans les années 80 qu’on l’aurait cru sans problème. Un son qui a du charme et reproduit donc, encore une fois, avec beaucoup de soin l’expérience que pouvait procurer une bonne platine et une collec’ de vinyles 25 ans plus tôt.

Je termine enfin pour dire que si vous cherchez un album décomplexé, headbanguant au possible et mélangeant parfaitement Black et Speed Metal, vous êtes en face de l’ultime référence dans le genre. On a pas fait mieux avant, on fera difficilement mieux plus tard. Plus qu’une simple compilation, cet album est un must-have pour les fans des sous-genres cités et les Thrasheurs aux dents longues, ou simplement ceux qui veulent se défouler un bon coup en poussant le son à fond.

SYPHILITIC VAGINAS l’a fait, leur discographie est un monument de fun sans précédent, et la
Complete Studio Collection le prouve bien. Indispensable ? Mais totalement putain.

Achetez-le, volez-le à un pote, ou téléchargez-le, j’en ai rien à foutre, mais ne mourez pas sans avoir headbangué sur « Armageddon Buttfuck » au moins une fois dans votre vie. C’est votre maman qui sera contente, bon petit !

Cet album devrait être remboursé par la sécu tellement il fait du bien.

w3fx7yjn

Punish Yourself + Dead Sexy Inc. au Forum de Vauréal: 16 Novembre 2012

Et voilà. Rebelote, on la refait. Un mois à peine après avoir assisté à l’explosive performance de Punish Yourself au Divan du Monde, pour laquelle j’étais arrivé en retard, à l’arrache, et illégalement (huhu), je remet le couvert et retourne joyeusement les voir sur leur tournée actuelle, cette fois-ci non pas à Paris mais en banlieue, plus précisément au Forum de Vauréal. Première excursion pour moi dans cette petite commune proche de Cergy, vous vous douterez bien que comme guide touristique, je serais un peu à la ramasse et sûrement de mauvais conseil, en tant qu’auditeur acharné et globe-trotter en herbe en revanche, je serais pas trop mal placé pour vous parler de la salle en question. Le Forum de Vauréal, c’est une salle assez petite, proche de celle du Glazart pour donner une idée. Un endroit visiblement très entretenu à l’inverse, très clean vu de dehors et dont la confirmation se fait définitivement une fois entré. Tiens, des photographes à l’entrée ! Ils ont l’air sympa, allez, je me laisse prendre au jeu avec ma moitié, ça fera un beau souvenir. Dans le hall, plein de posters des célébrités ayant foulées la scène annexe: on aperçoit Wishbone Ash, UFO, ou encore Élodie Frégé pour les plus talentueux d’entre eux (un intrus s’est subtilement glissé dans cette liste, sauras-tu le retrouver ?). Bref, une salle visiblement pas très orientée Metal mais bien éclectique, ça fait toujours plaisir à voir.  Tour du propriétaire effectué, il est temps de passer à ce qui nous intéresse le plus: le gros son !

Dead Sexy Inc.

Alors, comme je l’ai dit plus haut, lors de leur représentation au Divan du Monde courant Octobre, je n’ai pas pu assister au début du concert, donc Dead Sexy Inc. m’est passé sous le nez. Flûte de Zut. Visiblement assez proches de Punish Yourself, qui, en plus de les accompagner sur leurs tournées, ont contribué à certains remixs de leurs titres, notamment « Night-Club » sur Disco Flesh: Warp 99, je me demandais bien à quoi pouvait ressembler le groupe, ayant lu ici et là des genres trop peu connus de mes oreilles comme Electro-Punk, Synth-Pop et autres. Sur le papier, ça a déjà l’air différent de la tête d’affiche me direz-vous. Sur scène, ça l’est presque tout autant en fait, hormis pour le look assez prononcé bien qu’encore une fois, sans aucun rapport. Pour exemple de comparaison, je dirais que Dead Sexy Inc. emprunte des sonorités à pas mal de groupes différents, en refaisant chauffer le tout à sa sauce, malheureusement un peu tiède pour ma part. J’ai entendu du Garage-Punk dans leurs riffs, je pense surtout aux Stooges ou The Clash de ce coté là, avec un petit coté Joan Jett pour l’aspect gentillet de la chose, vous voyez, pas trop forcé quoi. Pour le son global, ça se rapproche tout de même plus de ce qu’on peut trouver sur les albums les plus pops de The Cure ou Indochine (sic), enrobé dans une légère couche de Goth-Rock à la Alien Sex Fiend sur certains morceaux et l’utilisation de quelques samples et effets encore une fois assez peu marqués. Bref, c’est difficile à décrire, mais en fait c’est pas tellement original, c’est un condensé de pleins de groupes réunis et ça n’a pas franchement trop pris chez moi. Les membres y mettaient de la bonne volonté, plutôt dynamiques sur scène, proches du public, le lead-singer ayant fait participer certains membres du public, mais la globalité de la foule semblait tout de même assez statique et peu habituée des lives j’ai l’impression. Peu de mouvement, assez peu d’énergie générale dans les compos, malgré une bonne volonté certaine et l’exercice difficile d’ouvrir pour un groupe n’ayant que peu de rapport musicalement, je ne pourrais pas dire que le set de Dead Sexy Inc. m’aura convaincu. Ca passait, c’était pas odieux, mais j’aurais aimé une plus forte identité musicale pour ma part.

Punish Yourself

En parlant d’identité, en voilà qui ont certainement poussé dans ses derniers retranchements les limites de l’apparence visuelle. Punish Yourself, en fait, c’est une sorte de pub géante pour les surligneurs Stabilo, le truc que tu peux utiliser sur une autoroute en pleine nuit pour signaler une déviation, ou encore pour effrayer les corbeaux dans le champ de Mr.Gontrand, ton voisin un peu sauvage âgé de 75 ans et dur de la feuille. Un truc vraiment unique quoi. Le Metal a eu GWAR, l’Electro-Indus aura Punish Yourself, c’est dit !
Mine de rien, Punish a beau être un groupe Français, terre pas franchement réputée sur le plan musical, ces gars (et ces dames) sont dans le système depuis 1994, soit presque 20 ans, et ont depuis tout ce temps acquis une reconnaissance nationale parmi les fans d’Electro-Indus et Metal. Malheureusement, si ils sont connus dans l’Hexagone, le public étranger reste assez mince. En y regardant de près, on comprend difficilement pourquoi. Pourtant moins pops que KMFDM, beaucoup plus Metal que Skinny Puppy, carrément plus punks que Ministry et plus inventifs que Rob Zombie, le succès rencontré n’est encore une fois pas celui mérité pour un groupe de qualité ayant produit une tripoté d’albums tous aussi bons les uns que les autres. Pour ma part, Punish Yourself est aussi important sur la scène Electro-Indus que certains noms cités au-dessus, avant tout grâce à leurs efforts constants depuis la moitié des 90’s, mais aussi pour leur identité musicale (et visuelle) facilement reconnaissable. Bref, je ne suis pas là pour refaire le monde, mais si j’ai pu faire prendre conscience à certains que Punish Yourself n’est pas qu’un « groupe français », j’estime avoir bien fait mon boulot.

On vous avait prévenus: en live, c’est coloré, et c’est des vrais timbrés…

Arrivée en grandes pompes et peintures bien fluos sur tout le corps, les membres prennent place sur scène accompagnés d’une intro ambiante assez bien choisie pour illustrer le calme avant la tempête: BOUM ! Ce fût bref, mais les gros riffs débarquent déjà, « Gun » annonce le début des hostilités et la salle semble s’être réveillée d’un seul coup ! La fosse démarre au quart de tour et l’ambiance ne tarde pas à devenir vraiment explosive dès les morceaux suivants. « Suck My T.V. » nous offre une bonne opportunité de brises-nuque par milliers avec son riff pachydermique, et « Rock’N’Roll Machine » fera définitivement péter la salle pour nous laisser en plan dans les décombres. Arrivée sur la moitié du set, la danseuse pyrotechnicienne du groupe nous servira comme à son habitude son hypnotisante performance, avec tantôt ses mouvements  déstructurés, tantôt son sympathique délire à la meuleuse, éclaboussant d’étincelles brûlantes la scène et ses collègues. Grand absent de la soirée, le second pyrotechnicien, qui ne s’est pas manifesté ce soir-là… Pour quelle raison, ça je n’en sais rien, reste qu’au Divan du Monde un mois plus tôt, le gus avait fière allure avec sa combi SM et ses jets d’étincelles entrecroisés à tout bout de champ ! Si l’entrée dans le vif du sujet fût directe et sans préavis, l’intégralité du set fût du même acabit, alternant avec brio les passages plus énervés avec le coté hypnotique de titres comme « Enter Me Now » ou encore « Cult Movie Remake ». Gros mouvement sur « CNN War », titre définitivement taillé pour le live,  et délire de fou sur l’enchaînement de timbré entre « Las Vegas 2060 », et « This Is My Body/This Is My Gazoline » ! Si le public se montrait plus agité au début du set, on peut leur pardonner tout de même la fatigue évidente dû à la chaleur ambiante et la durée de la performance: un peu plus d’une heure et demie sur scène à nous agresser avec leurs gros riffs, c’est sûr que Punish a mis pas mal de monde sur les rotules. Pourtant pas décidés à nous laisser respirer, le rappel habituel allait définitivement mettre K.O. la salle avec des classiques indispensables et immanquables: ce n’est rien de moins que « Primitive », « Gay Boys In Bondage » et « A Station In Space » qui clôturerons le concert ! Pas la peine de vous dire que tout le monde s’est réveillé d’un coup, l’ambiance est repartie de plus belle avec une fosse bien motivée pour partir sur orbite. Un grand moment de fun et de camaraderie qui mérite vraiment d’être vécu, en résumé.

… mais vraiment hein.

23h40 déjà, c’est terminé… c’était encore une fois trop court ! Un petit tour au merch, histoire de voir la marchandise: toujours très abordable, 15€ le t-shirt, 10€ le CD, et 1€ l’affiche du concert ! Je n’ai malheureusement vu le prix que trop tard, je me serais bien laissé tenter… Bon, en souvenir, j’ai pris un sticker gratuit, « Satan Is Gay » que c’est écrit, voilà qui mettra de la gai(y)eté sur l’unité centrale de ma bébête. La chance de mon coté, une connaissance de ma copine nous ramènera à bon port, les trains et bus à cette heure-ci étant inexistants, on a évité de peu une déambulation nocturne quasi-suicidaire…

La soirée en bref: Si Dead Sexy Inc., malgré un effort notable et louable de leur part, n’a pas su me convaincre suffisamment pour en vanter les mérites, Punish Yourself réitère l’exploit une seconde fois et fait un sans faute pour sa part, un set complètement allumé, déjanté, délirant, fluorescent, et plein de mots qui finissent en -ant ! Non je vous rassure, c’était très loin d’être chiant… Le groupe est actuellement en tournée un peu partout dans toute la France, ça coûte une bouchée de pain, alors si vous aimez l’Electro-Indus, les gros riffs et les soirées bien animées, vous savez ce qui vous reste à faire: Gotta Catch’Em All !

Comme d’hab, si vous étiez, n’hésitez pas à laisser un commentaire en bas de page en tant que visiteur pour partager vos impressions !

Merci au Collectif 24/36 pour la participation et les photos !

Kreator + Morbid Angel + Nile + Fueled By Fire au Bataclan: 6 Novembre 2012

Putain ! Quel flyer mes amis. On peut dire que pour cette tournée, Kreator a su s’entourer de grands noms et de valeurs sûres. Exception faite du dernier nom, cette affiche présentée ci-dessus a de sérieux arguments pour réveiller les morts, et faire trembler plus d’un mur. Ce qui tremblera pour l’occasion, c’est le Bataclan tout entier, rien que ça mesdames messieurs. De passage sur la capitale ce Mardi 6 Novembre, Kreator a délivré ce soir une performance tout simplement hors du commun, épaulé par les légendes semi-déchues de Morbid Angel, les techniciens de Nile et les gros rigolos de Fueled By Fire, pour une soirée placée sous le signe du muscle, de la sueur et de l’extrême. Alors, quels sont les survivants, et qui sont les faibles ayant trépassés ? VERDICT !


Fueled By Fire

La soirée démarre tôt: 17h00 pour l’ouverture des portes, autant dire qu’il fallait prévoir sa journée de repos pour assister au spectacle dans son intégralité, d’autant plus que les horaires de passage annoncés ont été assez bien respectés, chose satisfaisante en comparaison du fiasco de la veille (W.A.S.P.). Cela dit, rassurez-vous, les retardataires n’ont pas loupé grand chose car les premiers à passer sur scène étaient les ricains de Fueled By Fire. Pour ceux qui ne connaissent pas, FBF est un groupe de Revival Thrash, remarqués par un certain nombre lors de la sortie de leur premier album « Spread The Fire » en 2006. Le succès du groupe aura cependant duré aussi longtemps qu’un pet de moustique, car comme beaucoup d’autres issus de cette scène, l’inspiration frôle de très près le bitume et l’innovation est parfaitement inexistante. En gros, à la première écoute, ça paraît génial, ça riff pas mal, y’a de bons soli ici et là, ça tabasse comme il faut… Mais une fois l’album terminé, on ne le réécoute pour ainsi dire plus jamais, le tout s’avérant d’une homogénéité effrayante et le contenu lyrique hilarant (en gros ça cause de tuer les poseurs, de thrasher à fond la baraque… pendant 50 minutes).
Bref, du Thrash chiant quoi, soyons francs.

En Live, c’est un peu pareil, en presque pire. Déjà d’une, quand on joue du Thrash, on se doit d’avoir une certaine présence scénique. Inciter à faire des moshpits, à « banger » nos « fucking heads » et tout le tralala, c’est bien beau, mais quand sur scène, on est aussi mobile et motivé qu’un poirier, forcément ça le fait pas. Pas du tout. Le lead-singer y mettait assez bien du sien, mais pour ce qui est du duo Guitare/Basse, carton rouge. Pas une parole, pas un mouvement. Rien. Musicalement, c’est cadré, c’est plutôt propre et en rythme, mais l’ambiance est navrante, vraiment. Essayer c’est bien, réussir c’est mieux, et Fueled By Fire essaie tellement que tous leurs efforts s’avèrent vains. Résultat: un public qui se fait chier dans sa grande majorité, dont moi. Oui, y’a pire comme groupe, mais c’est dommage pour eux, eux qui critiquent tellement les poseurs et le faux Thrash… Au final, qu’y a-t-il de plus faux qu’un groupe de Thrash qui n’arrive pas à mettre d’ambiance ? FUELED BY FAILURE !


Nile

La performance précédente était d’autant plus navrante que par la suite, le puissant Nile allait nous écraser sous ses riffs et ses splendides accords orientaux. Et là, on a eu droit à du lourd. Première chose qu’il faut faire remarquer, Nile en live est un groupe qui fait plaisir à voir, non pas seulement pour sa musique, mais pour le sourire affiché sur le visage de chacun de ses membres. Des musiciens motivés, heureux, en communion avec le public. J’ai rarement vu un groupe aussi rigoureux et heureux de jouer, encore moins dans le Death Metal, mais c’était vraiment réjouissant. Horns Up incessants de la part du nouveau bassiste Todd Ellis, qui m’a d’ailleurs repéré et m’a envoyé la setlist du concert à la fin du show ! C’était une parenthèse que je tenais à souligner, car vous en conviendrez, rien de pire sur scène qu’un groupe ayant l’air absent… Bref, qu’en est-il de la musique à part ça ?

N’étant pas un très grand connaisseur du groupe, j’y suis surtout allé en curieux, très intéressé de voir ce que pouvait donner cette ambiance orientale propre à leurs albums sur scène. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le show était très bien exécuté, musicalement splendide, et m’aura donné envie d’en découvrir plus sur eux. C’est quand même très positif ça, nan ? Une performance donc assez écrasante, énergique, puissante. C’est d’ailleurs le meilleur mot pour les qualifier je pense, la puissance dévoilée sur scène reflète assez bien le son de leurs albums, même si cela semble atténué par rapport au studio, la musique n’étant pas jouée par des brutes épaisses mais des musiciens assez normaux au final, toujours surprenant à voir. Pour ce qui est de la setlist, c’était très satisfaisant, moi-même ayant reconnus les grands titres du combo, il y en avait pour tous les goûts, du classique au plus récent. Le seul regret que j’en tire, c’est que le set n’ait pas été plus long, comme pour chaque groupe ce soir là d’ailleurs (sauf le premier hein). Un groupe que j’aimerais en tout cas revoir en live, et que je dois sérieusement approfondir.

Voici la setlist de Nile (9 titres):

Sacrifice Unto Sebek, Defiling The Gates of Ishtar, Kafir, Hittite During Incantation, Permitting The Noble Dead To Descent To The Underworld, Sarcophagus, The Inevitable Degradation of Flesh, Lashed to The Slave Stick, Black Seeds of Vengeance


Morbid Angel

Bon. Voilà un sujet épineux que j’aborde ici. Le cas Morbid Angel… Je ne saurais pas exactement vous l’expliquer, mais, je n’aime pas ce groupe. Pas beaucoup du moins. Je vois en Altars Of Madness l’un des albums les plus surestimés du Metal. Pionniers ? Certes, mais Possessed et son Seven Churches était là avant. « Maze of Torments » est excellente, « Chapel of Ghouls » une tuerie… le reste, un immense bordel surplombé de cris de guitares martyrisées. Insultez-moi si vous voulez, mais Morbid Angel n’a de légendaire pour moi que son batteur Pete Sandoval, qui je l’admets, est une putain de bête féroce. Trey Azagthoth force le respect aussi, mais je passe sous silence le reste du crew. Manque de pot, ce soir là, Pete Sandoval n’y était pas, visiblement toujours pas prêt à rejoindre le reste de son équipe (une blessure au bras avait-il dit il y a un an pour la précédente tournée, mais un an plus tard, toujours personne… Ca vaut mieux pour lui vu l’actualité du groupe me direz-vous). C’est donc toujours Tim Yeung qui le remplace sur scène, et si le nouveau venu est loin d’égaler le maître, force est de constater que c’est un batteur vraiment très doué qui mérite l’attention des amateurs, un jeu précis et véloce qui constitua pour moi le principal intérêt de la performance ce soir là. La performance, parlons-en… Vus au Hellfest en 2011, pour promouvoir la sortie de leur dernier étron (désolé mais là je pèse mes mots), j’étais parti en plein milieu suite à un enchaînement insoutenable de trois titres d’Illud Divinum Insanus.

Le Bataclan ayant promis sur son site que le groupe ne jouerait que des morceaux de ses deux premiers albums, je partais donc plutôt confiant pour assister à une représentation enthousiasmante, à défaut d’excellente… Résultat, mythos: le combo a joué un bon gros medley de toutes ses productions, de Altars of Madness a Formulas Fatal to The Flesh, en passant par leur dernière bouse… Alors, qui mentait, le groupe ou le Bataclan ? Toujours est-il que sur scène, c’était encore ni-chaud ni-froid pour moi. David Vincent et son beau brushing en font toujours des caisses, s’y croient trop, et énervent légèrement mon coté obscur. Trey Azagthoth, en revanche, a toujours la classe, c’était d’ailleurs lui le plus honorable ce soir là: calme, concentré, humble, plutôt content d’être là, mais sans en faire des tonnes. Destructhor ne me convainc toujours pas, statique et sans grand intérêt pour ma part, et comme je l’ai déjà dit, Tim Yeung était pour moi le grand intérêt de leur passage. Balèze, tout simplement, du haut niveau. La setlist avait son lot de tueries, au hasard, Chapel of Ghouls, Rapture, Where The Slime Live, mais les bouses n’ont pourtant pas été écartées, Nevermore et Existo Vulgoré n’ont strictement rien à foutre dans un concert de qualité, et on y a cependant eu droit, d’accords ou non. Bref, bien meilleurs qu’il y a un an et demi, mais toujours pas assez intéressants de mon coté… Jamais deux sans trois dit-on, la prochaine à intérêt d’envoyer, mais je ne crois plus au père noël depuis longtemps.

Morbid Angel aura joué 14 morceaux:

Immortal Rites, Fall From Grace, Rapture, Maze of Torment, Sworn to the Black, Existo Vulgoré, Nevermore, Lord of All Fevers and Plague, Chapel of Ghouls, Where the Slime Live, Blood on my Hands, Bil Ur-Sag, God of Emptiness, World of Shit (The Promised Land)



Kreator


Et ça y est ! On y est ! Le grand moment est arrivé. J’adore Kreator, j’ai mis du temps à les apprécier, mais avec le recul, je pense que le statut de meilleur groupe de Thrash pourrait très bien leur revenir tant ils ont contribué à façonner le son du genre, et plus encore, le faire évoluer. C’est bien simple, parmi les pionniers, Kreator est pour moi le seul groupe encore actif à proposer des albums réellement intéressants. Entre Pleasure To Kill et plus récemment Phantom Antichrist, la carrière de Kreator est ponctuée de classiques immortels du genre, tout simplement car ils n’ont jamais cherché à faire deux fois le même disque, ou reproduire un ancien succès, et c’est là la clé de la réussite. Pendant que Slayer cherche désespérément à refaire Reign In Blood depuis 10 ans, Kreator eux ont compris que Pleasure To Kill était un album inimitable, et ont donc évolué vers un style bien plus mélodique, virtuose que dans leur passé. Violent Revolution était un sérieux retour aux affaires après un léger passage à vide, montrant un groupe totalement changé, déjà maîtres d’un son tout nouveau pour eux. Enemy of God a confirmé tout cela et s’est inscrit aux cotés de Coma of Souls ou Extreme Agression sur la longue liste des références du combo. Tout cela, c’est de l’histoire. Kreator est actuellement en tournée pour promouvoir leur dernière bête, Phantom Antichrist, et le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas prêts d’être dépassés, plus encore, ils ont toujours de nouvelles choses à apprendre, aux nouveaux comme aux anciens.

Qu’on se le dise, Kreator est une bombe nucléaire en live. Un ouragan. Une putain de claque dans la gueule. Vus pour la première fois en 2011 au Hellfest, le groupe m’a simplement abasourdi par son énergie dévastatrice, encore plus marquée sur scène que sur album (!), mené par un Mille Petrozza dans une forme sur-olympique. Une violence inouïe, une technique remarquable, des morceaux qui font mouche à chaque coup, c’est simple, impossible de les surpasser en live. Kreator est l’expérience live la plus unique qu’il m’ait été donnée de voir, et la liste est pourtant déjà longue.Le concert démarre. Les lumières baissent, un rideau blanc se déroule devant les yeux du public. Projection d’un diaporama recensant des vidéos d’archives, des photos, et des miniatures défilantes de chaque album du groupe. Des cris de guerre pour Endless Pain, un triomphe pour Pleasure To Kill, un tonnerre d’applaudissement pour Coma of Souls, un bref encouragement pour Endorama, une ovation pour Enemy of God, et la guerre démarre ensuite pour Phantom Antichrist. Le rideau tombe, décor soigné sur scène, sculptures des chevaux damnés figurants sur la cover du dit-album, et grande estrade mettant en valeur Jürgen Reil, batteur et membre fondateur du groupe. Mille Petrozza a perdu du poids depuis notre dernière rencontre, mais l’âge n’a pas totalement épargné son apparence pour autant. Peu importe, du haut de ses 45 ans (46 le 18 Décembre, souhaitez-le lui !), le monsieur en impose à mort et s’avère incroyable en tant que lead-singer. Une rage hors du commun, ébouriffante, à tel point que je cherche actuellement mes mots pour la décrire. Je ne peux pas, il faut le voir, c’est impossible de synthétiser toute la puissance dégagée par Mille lors d’un concert de Kreator. Vous devez penser que j’en fais trop, que je m’emporte, mais tout ce que je dis est vrai, en attesteront ceux qui étaient présents et ont eu la chance d’assister au même spectacle.

« PARIS, ARE YOU HAVING A GOOD TIME TONIGHT ? ! » « PARIS, ARE YOU READYY ?!« . J’en tremble encore ! Quelle performance ce soir là, de chacun des membres du groupe, tous cadrés, souriants, à fond dans leur prestation. Mythique. Circle-Pits à profusion, moshpits d’une violence extrême, public qui chante en cœur des hymnes tels que « People of The Lie », « Hordes of Chaos », « Betrayer », « Civilization Collapse » ! Je m’en suis donné à cœur joie, connaissant tous les morceaux ou presque de la setlist, le moment fût intense pour moi et beaucoup d’autres, encouragé par Petrozza pour exploser le Bataclan. Explosion ayant eu lieue sur le final « Flag of Hate/Tormentor », Mille brandissant son mythique drapeau au-dessus de sa tête et hurlant à s’époumoner, signal de départ d’un circle-pit complètement timbré, mis à feu et à sang par un public en transe. « I Survived in the Moshpit », pouvait-on lire sur certains T-Shirts présents au merchandising, j’aurais dû en acheter un ! Et en plus d’avoir survécu, grand moment pour ma part, premier souvenir matériel récupéré d’un concert: comme tout bon groupe qui se respecte, les membres ont jeté certains de leurs accessoires en pâtures aux fauves, brassards et baguettes notamment. Étant placé au centre du pit, la place est idéale pour recevoir ces précieux trophées, manque de bol, le premier m’a échappé de peu, un brassard Kreator jeté par Mille me semble-t-il. Un peu dépité, je regarde les membres partir, jusqu’au moment où Jürgen s’approche et lance ses baguettes: la première n’était pas dans ma direction, tant pis, mais la seconde est parfaitement dans l’axe: je saute pour l’avoir, elle me glisse des doigts et tombe au sol, tout le monde se bouscule pour l’avoir… Mais j’en sors vainqueur !
Grand moment de fierté, hourra ! La salle se vide, et c’est déjà le moment de partir…

Setlist de Kreator, qui a joué 19 morceaux:

Phantom Antichrist, From Flood Into Fire, Enemy of God, Phobia, Hordes of Chaos, Civilization Collapse, Voices of the Dead, Extreme Aggression, People of the Lie, Death to the World, Coma of Souls / Endless Pain, Pleasure to Kill, The Patriarch, Violent Revolution, United in Hate, Betrayer, Flag of Hate, Tormentor

Pour conclure, Kreator a délivré une performance exceptionnelle qui restera dans les mémoires de ceux qui ont pu y assister, assurément.
Pour les accompagnateurs, les avis divergeront, mais je ne pense pas me tromper en disant que chaque personne ayant assisté au spectacle en sera repartie satisfaite, pour une raison ou une autre.

Un grand moment de Metal, et de musique, qui s’impose d’ores et déjà pour moi comme l’un de mes meilleurs souvenirs live, rien que ça.

N’hésitez pas à laisser un commentaire en tant qu’invité, pour parler de votre expérience et vous aussi, donner votre avis !

Adventus Satanae MMXII: Tortorum † Blacklodge † Horna au Glazart: 25 Septembre 2012

C’est parti pour une petite critique d’un concert bien trve comme il faut, avec en vedettes les finnois de Horna accompagnés de quelques guests. Verdict ?

Ce concert s’est donc déroulé le Mardi 25 Septembre 2012, au Glazart, petite salle bien connue sauf pour moi jusqu’alors, récemment arrivé sur la capitale. Bon, le prix n’est pas donné (19€ en prévente, 22€ sur place) mais c’est apparemment le tarif moyen des concerts à cet emplacement… Bon, on va pas râler, y’a pire, mais carton rouge tout de même pour le prix des consommations sur place qui lui, frôle le comique: 5€ les 25cl de bière, et de la Kronembourg s’il vous plaît. Ouais, bon bah on tournera à l’eau hein, c’est pas plus mal ! Problèmes financiers mis à part, mes craintes se dissipent assez vite en constatant de une que la salle est très conviviale, quoiqu’assez étroite, et de deux que le son est excellent, audible et non saturé. Ca fait tout de même plaisir de pouvoir faire un concert en salle sans bouchon et en ressortir sans acouphènes, là où le passage de Ministry au Bataclan cet été m’avait sonné pendant une semaine.
Une fois le tour du propriétaire fait, c’est l’heure du show !

                                                                          Tortorum
Premiers à monter sur scène: les norvégiens de Tortorum.
Découverte pour moi étant donné leur récente formation et leur évident manque de renommée, malgré la présence notable de l’ancien guitariste des oubliés de Thunderbolt, à savoir Skyggen. Si vous aimez l’ancien Immortal période Pure Holocaust, ce groupe devrait vous plaire, l’influence des pionniers du Black est en effet bien perceptible avec la même aisance à balancer des riffs lourds et grinçants, sans jamais trop verser dans le tabassage épileptique, privilégiant plutôt les breaks bien Heavy comme il faut. Les titres déboulent sans réel temps mort, et le public en redemande, accueil bien chaleureux de la salle pour une première partie qui remplit parfaitement son rôle.
En résulte un show très orthodoxe, du Black Metal qui en impose et des musiciens convaincants sur scène, une quarantaine de minutes plus que prometteuses pour la suite de la soirée et surtout une vraie bonne découverte, qui mérite l’attention des amateurs du genre. Sympathique cadeau d’adieu: une excellente reprise de « Call From The Grave« , de Bathory pour clôturer la performance. Indispensable !
Extinctionist est le titre de leur premier album, sorti fraîchement cette année, et vous pouvez vous faire une idée de leur son juste ici: « Aeonscourge« .

                                                                      Blacklodge

La Norvège quitte doucement la scène pour laisser place à la France, avec nos compatriotes de Blacklodge. Arrivés en tant que remplaçants d’Hell Militia, qui ont été forcés d’annuler leur participation à la tournée pour différents problèmes de santé, je ne vous cacherais pas que leur set m’aura laissé assez perplexe et, pour être honnête, carrément refroidi. Explications.
Blacklodge officie dans un registre hautement dangereux du Metal, à savoir l’Industrial-Black. Impossible d’avoir le cul entre deux chaises avec une telle vocation, ça passe ou ça casse, de brillants exemples sont à noter, comme Helheim, Dodheimsgard ou encore Mysticum pour ne citer qu’eux. Le pourcentage de réussites reste cependant nettement inférieur aux ratés engendrés par le genre, et sans aller dire que Blacklodge se range dans la seconde catégorie, je pense et j’affirme qu’ils n’avaient en tout cas pas leur place sur cette tournée.
Pourquoi donc ?
Déjà, la tournée se nomme « Adventus Satanae MMXII »: même si les thèmes sataniques sont abordés dans leurs paroles, c’est avant tout de drogues dont il est question chez eux, sujet sensiblement différent des deux groupes qui les encadrent. Ensuite, pourquoi proposer un groupe d’Industrial-Black en remplacement d’Hell Militia ? Les trois groupes normalement prévus jouent tous dans un registre on ne peut plus traditionnel du Black Metal, je ne vois donc pas de logique à proposer au public une formation résolument plus moderne dans ses sonorités, encadrée par des conservateurs du genre…
Résultat, pas convaincu du tout, les titres s’enchaînent sans grand intérêt de ma part mais je reste jusqu’au bout, par politesse (et aussi car j’aime bien rentabiliser ma thune). Une déception, la faute à la musique du groupe qui ne m’a pas réellement touchée, n’étant ‘Industrielle’ que dans l’utilisation d’une boîte à rythme, et surtout par l’incohérence de leur présence, faute à un choix maladroit de la part des organisateurs de la tournée…
« Vector G« , issue du troisième album de Blacklodge, intitulé T/ME.

                                                                        Horna

Voilà enfin le clou du spectacle, ceux qu’on attendait tous, le pourquoi du comment nous nous sommes tous déplacés ce soir là… ou presque. En effet, après le passage tumultueux de Blacklodge, la salle semble s’être mystérieusement vidée d’une bonne partie du public, en tout cas on respirait bien mieux et pas besoin de faire l’appel pour le remarquer. Fait étrange donc, mais tant pis pour les fuyards, car c’était bien là l’intérêt principal de cette soirée placée sous le signe de Satan, des croix inversées, des chèvres… bref tout ça.
Horna est un pionnier du Black Metal finlandais, branche toute particulière du genre que j’affectionne énormément pour son coté raw et kvlt qui n’a jamais changé d’un iota depuis deux décennies. Car oui, pour ceux qui se réveillent, le Black en finlande, c’est pas vraiment Children of Bodom qui le représente le mieux, non, moi j’entends surtout Satanic Warmaster, Archgoat ou encore Behexen plus récemment. Bref, du Black souvent très mélodique, « pur » et dénué de tout artifice… Je pars en HS là, désolé.
Les musiciens s’installent lentement sur scène et, première chose satisfaisante, l’ambiance est on ne peut plus soignée par nos maîtres de cérémonie. Froids (oui, c’est mélioratif), soudés et déterminés, le groupe plonge vite la salle sous son emprise et s’apprête à délivrer un set d’excellente qualité dont le seul défaut n’aura été que la durée. On a souvent l’habitude de dire que c’est trop court quand la performance est vraiment bonne, mais pour le coup, je me demande même si ils n’ont pas joués moins longtemps que les premières parties. Qu’importe, je n’avais pas l’œil sur la montre mais rivé du coté de la scène, captivé du début à la fin par les finnois.
Un set comme je le disais, excellent, avec son lot de classiques connus des fans même si, avec le recul, je regrette un peu la faible représentation de l’album Envaatnags Eflos Solf Esgantaavne, représentant pour moi le sommet qualitatif et mélodique du groupe. Ils auraient tout de même pu nous gratifier de « Vihan Tie« , mais bon, tant pis ! En compensation, on a quand même eu droit aux excellents « Kuoleva Lupos« , « Ikuisuuden Pimeyden Varjoihin » et tout un tas d’autres titres impossibles à prononcer, mais surtout… le moment fort de la soirée à mon humble avis, une sublime interprétation de « Merkuriana« , menée lors des refrains par la splendide voix claire du second guitariste, Infection, une particularité d’ailleurs propre aux lives du groupe, la version studio ne comprenant pas ces passages chantés…
La performance se termine sur « Örkkivuorilta«  et un applaudissement général, public reconnaissant dans sa majorité… pour un set qui le méritait amplement.

 

En résumé: une excellente soirée passée sous les feux de Satan et le froid du grand Nord, Horna en live ne déçoit pas et mieux, réjouit, un groupe à voir assurément pour tout amateur de Black qui se respecte.
Mention très bien également pour le soutien de Tortorum, qui s’impose comme une découverte de qualité.
Je passerais en revanche sous silence le cas Blacklodge, qui n’était simplement pas à sa place ce soir-là.

Anathema – Weather Systems (2012)

Ça y est ! Les Anglais sont de retour et plus vite que prévu avec un nouvel album et… Qui ça ? Bah Anathema évidemment ! Pour la petite histoire, la formation emmenée par les deux frères (maintenant trois) Cavanagh a évolué du Death Doom Metal (dont il est un des pionniers avec des groupes comme Paradise Lost, Katatonia, My Dying Bride), à du metal gothique (leur période de gloire : Alternative 4, Judgement) et est désormais le groupe de rock progressif/alternatif qu’on connaît aujourd’hui.

Avant de revenir en 2010, Ils ont tout de même eu une grosse période d’incertitude suite à la suppression de leur label (Music For Nations) et n’a sorti aucun album pendant 7ans après un A Natural Disaster très mélancolique et abandonnant presque toute notion de Metal.

La surprise fut donc grande quand We Are Here Because We Are Here (oui ce titre d’album est vraiment naze à chier) fut finalement définitivement confirmé après moult reports en tout genre. Les frères étaient revenus, avec en plus une tournée énorme (sans doute mon plus beau concert), et avec un album… très étrange.

Anathema, même s’il avait abandonné le metal petit à petit était toujours resté très dépressif, en témoigne A Natural Disaster triste et ultra-nostalgique d’un bout à l’autre. Leur nouvel effort de 2010 est quant à lui très… optimiste ! Lumineux, au son clair, plus organique, les paroles très rarement « tristes » ou alors de façon aussi positive (Angels Walk Among Us).

L’album n’était évidemment pas une ode à la joie, la musique est nostalgique, mélancolique, mais Anathema semble enfin voir la lumière au bout du tunnel, donnant à sa musique un nouvel ingrédient qui a rebuté de nombreux auditeurs.

Le nouveau bébé des Cavanagh ne revient pas en arrière… Cela veut-il dire que ceux qui ont détesté We Are Here… ne vont pas aimer le dernier ? Ce n’est pas dit…

Nos amis les Rouquins (ils sont roux, évidemment, ils viennent d’Angleterre /racisme off) ne sont des paresseux et changent leur formule à quasiment tous les albums. Anathema réitère donc avec un album optimiste mais vachement mieux dosé et très différent.

Eh oui, le mélange Lumière/Nostalgie/Mélancolie/Espoir donne souvent naissance à des morceaux hybrides commençant dans la tristesse et finissant dans la « joie » et vice/versa, le groupe jouant beaucoup avec les crescendos. Et comme dans We Are Here, certains morceaux aux mélodies pourtant déprimantes ou apaisantes ont des thèmes définitivement optimistes.

Même si certains titres ne font pas de compromis dans les sentiments, l’impression de dualité persiste tout au long du disque : The Gathering Of The Clouds, triste, grandiloquente s’emboîte dans Lightning Song ,la chanson la plus « joyeuse » du groupe, il suffit de tendre l’ oreille vers les paroles. Le son sur ce morceau donne aussi une impression de « rayon de soleil », de chaleur, de renouveau, un peu à la Thin Air ou à la Dreaming Light, le chant féminin très puissant et évocateur renforce cette ambiance typique des derniers Anathema.

Cette dualité on la retrouve sur presque tous les morceaux, et à tous les niveaux. The Storm Before The Calm, au départ singulier pour le groupe, un peu (vraiment UN PEU) électro, avec une mélodie entêtante qui monte, monte… Et puis s’arrête dans un grésillement. La deuxième partie redémarre dans un registre classique, mais qui va aussi monter en crescendo, de la tristesse vers la lumière…

Un point qui risque de fâcher par contre, c’est le chant… Car Vincent Cavanagh laisse de plus en plus de place à la chanteuse Lee  Douglas qui chante intégralement Lightning Song, qui apparaît sur presque tous les morceaux à l’exception de The Beginning And The End et Untouchable Part 1. Ca m’a un peu chiffonné lors de mes premières écoutes, j’adore le chant de ce foutu rouquemoute, mais force est de constater que la Dame se débrouille très bien dans tous les registres : elle insuffle la lumière de Lightning Song, donne toute la mélancolique de Untouchable Pt. 2, et fait des merveilles quand elle chante en duo. Mais malgré tout (et sans sexisme), il faut bien avouer que tant de chant féminin donne un aspect parfois très niais à la musique, mais rassurez-vous, Weather Systems sent vraiment beaucoup moins la guimauve que We Are Here…

Pour refaire une comparaison avec le précédent skeud, qui était très progressif et très atmosphérique, WS renoue avec des moments plus « puissants », le single The Beginning and The End qui commence calmement mais qui explose bien vite, Cavanagh crie presque son  « Silence Is Raging », ou encore sur The Storm before The Calm, où il s’époumone « This Is Fucking Insane » avant une reprise fracassante des violons et de la guitare. Ce n’est peut-être pas grand-chose comparé à Violence, Judgement ou Pulled Under at 2000 metres a second, mais ça reste très agréable, et ça manquait beaucoup à son prédécesseur.

Les gars de Liverpool ont peut-être abandonné le metal, mais ont rajouté de nouvelles choses depuis A Natural Disaster : un aspect atmosphérique qu’on retrouve ici sur un duo final de chansons très belles (The Lost Child, la seule chanson entièrement triste de l’album) et Internal Landscapes qui démarre sur un spoken word d’un vieil homme expliquant son Near Death Experience pour partir sur un morceau très calme, très optimiste (surtout au niveau des paroles), pour se fermer comme il a commencé.

La petite « nouveauté » que j’ai remarqué dans cet album c’est peut-être… une sorte de grandiloquence : beaucoup de violons, un chant plus maniéré, des effets mélodramatiques plus présents, je pense à The Gathering Of The Clouds, avec l’orage en intro, les violons, le duo de chant très puissant… C’est quelque chose qu’on n’avait pas souvent vu dans les précédents Anathema mais qui pointe de son nez dans WS.

Les frères Cavanagh démontrent encore une fois leur talent au travers d’un disque, qui certes, reprend la dualité mélancolie/espoir du précédent,  mais en lui insufflant des nouveaux éléments, et surtout avec un dosage judicieux. L’album est un miroir de presque tous les sentiments possible à l’écoute de la musique, et s’écoute d’une traite sans aucun problème grâce à son double-visage. Ce disque il représente un peu « le beau », comme peut l’être un couché de soleil magnifique sur une belle journée, ou ce genre de conneries d’un poète improvisé de skyblog.

Anathema a changé, Anathema a évolué, mais Anathema en a toujours sous le capot, et Weather Systems est un très très bon album et il risque encore de tourner beaucoup !

Sepultura – Chaos A.D. (1993)

SEPULTURAChaos A.D. (1993)

Allez, je craque mon slip sur celui-ci et je rédige une critique très élogieuse en sachant parfaitement que je ne suis pas tout à fait objectif vis-à-vis de cet album, et que de toutes manières je ne pourrais jamais l’être.

Chaos A.D. est en fait le premier album de Metal que j’ai écouté. Je m’en souviens comme si c’était hier, je devais avoir 6 ou 7 ans, ma sœur possédait des tas d’albums de qualité variable, et notamment pas mal de vieux classiques Thrash / Death mainstreams et connus. Ce Chaos A.D. est passé dans mes oreilles un nombre incalculable de fois. Sur le poste quand j’étais à la maison, sur walkman quand j’étais en voiture, bref, je ne le lâchais pas.

Là vous vous dites qu’écouter du Metal quand on a 7 ans, c’est pas banal, mais je n’exagère vraiment pas, j’adorais ce disque, et pas seulement pour « la violence ». « Refuse/Resist » sonnait déjà pour moi comme un putain de tube, « Kaiowas » une curiosité toujours aussi intéressante aujourd’hui, et « Manifest » un vrai hymne au Headbang. Je ne savais pas ce que c’était à l’époque, mais bon, oui, j’Headbangais sur Sepultura bordel de dieu ! J’aurai pu tomber sur Korn, Limp Bizkit et pleins d’autres merdes en vogue vers la fin du second millénaire, mais non, c’est bien les Brésiliens qui ont retenu mon attention et je ne saurais jamais assez les remercier pour ça.

Chaos A.D. est souvent perçu comme le passage « sellout » de Sepultura, globalement très apprécié, mais néanmoins considéré comme le début de la fin. On est loin de Roots attention, mais on sent que le groupe cherche à toucher un public différent, peut-être plus large, et à verser un peu d’eau dans son vin. Pour ma part, grand bien leur en a pris, n’étant pas un grand amateur d’Arise, ce changement de direction passe beaucoup mieux chez moi, et ce n’est pas peu dire. Nostalgie mise à part, j’aime vraiment beaucoup cet album et considère toujours que c’est l’un des disques de Thrash les plus intéressants des 90’s.

La belle époque où Sepultura était encore considéré comme un grand groupe, et non un Running-Gag.

 

D’ailleurs, Thrash, Groove, qu’est-ce qu’on écoute ici ? Un peu des deux, mais attention, pas du Groove de pédale à la Lamb of God, ah non, le Groove qui bave bien et ferait trembler un éléphant. L’album reste tout de même majoritairement Thrash à mon humble avis, des titres comme « Manifest » (cette intro bon sang !), « Propaganda » ou « Biotech is Godzilla » ne font que confirmer cette impression. De l’autre coté, Sepultura ralentit le tempo avec brio sur « We Who are Not as Others », « Territory » ou l’excellente reprise de New Model Army, « The Hunt ». Le travail rythmique sur l’album est franchement monstrueux, les frangins Cavalera sont en grande forme et ça s’entend. En résulte un album où toutes les pistes prises indépendamment s’avèrent intéressantes, certaines plus que d’autres, mais la redondance n’ose même pas pointer le bout de son nez.

Les Brésiliens ont réussi leur coup, Chaos A.D. est un virage négocié avec succès, mais qui mènera malheureusement sur une route bien déserte dans le futur. Peut-être auraient-ils mieux fait de faire demi-tour ? On ne peux pas totalement leur en vouloir d’avoir proposé sur chaque galette une expérience différente, Sepultura était l’un des très gros espoirs du Metal en cette période, leur notoriété n’a fait qu’accentuer les espérances des auditeurs de l’époque, mais la chute n’en a été que plus difficile pour eux. Chaque groupe connaît un passage à vide un moment ou un autre, pour Sepultura, tout est parti de travers, leurs racines ont pris une place prépondérante dans leur musique, les tensions internes ont menées à un semi-fratricide et la rage d’antan s’est éclipsée au profit d’un… de quoi en fait ? J’en ai franchement rien à foutre pour être honnête, le groupe signe ici son testament, de fort belle manière, et c’est bien tout ce qui m’importe.

Chronique pas forcément objective mais j’en suis bien conscient, pour le reste, c’est à vous d’en juger. Pour cela je ne peux que vous conseiller de vous repencher sur ce disque, qui malgré la controverse, est, et reste un des albums majeurs du Metal des 90’s.

[youtube.com/watch?v=0K4J90s1A2M&ob=av3e]

Akira Yamaoka – Contra: Shattered Soldier Soundtrack (2002)

AKIRA YAMAOKAContra: Shattered Soldier (2002)

C’est un travail assez surprenant et très particulier qu’aura fourni Akira Yamaoka sur la Bande-Son de Contra: Shattered Soldier (Shin Contra dans sa version originale). Absolument aucune comparaison possible avec le matériel réalisé pour une autre grande saga de Konami, à savoir Silent Hill, la soundtrack de cet épisode de Contra sorti sur Playstation 2 se base sur des gros riffs, des tempos énervés qui pulsent à fond la caisse et une brillante touche plus électro, composée en collaboration avec Sota Fujimori. Il aurait été quelque peu étonnant et déplacé de composer du Dark Ambient pour un jeu aussi sauvage que Contra, vous l’avouerez…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la soundtrack est à l’image du jeu : violente et addictive. De prime abord, c’est bourrin, baveux et parfois même brouillon, comme souvent jouer au jeu est recommandé pour pleinement apprécier ce qui nous est proposé, et c’est là que l’on se rend compte que Yamaoka a brillé une fois de plus. Tout à fait convaincante et extrêmement speed, la bande-son du jeu permet d’offrir un regard différent sur cet excellent compositeur qui prouve avec brio qu’il ne se limite pas seulement à son domaine de prédilection, mais sait également négocier avec aisance un virage à 180° pour un style totalement éloigné de ce qui l’a fait connaître.

A jeu Badass, compositeur Badass: pas pour rien que Yamaoka est l'un des plus reconnus du genre...

Evidemment, comme le jeu a honteusement manqué de soutien à sa sortie, peu de gens savent que Yamaoka est derrière cette soundtrack, tout comme peu de gens ont joué à cet épisode de Contra qui s’est vite imposé comme l’un de mes préférés. Moi-même d’ailleurs je n’ai su que très récemment qui en était le compositeur… La surprise fût de taille.
Certainement pas son meilleur travail, n’abusons pas tout de même, mais une bande-son de très bonne facture qui s’écoute avec plaisir. Le remix « Islands » du thème original de Contra est un bijou qui ravira les amateurs de longue date.

Danzig – Danzig IV (1994)

DANZIGDanzig IV (1994)

Cet album est la preuve qu’une écoute n’est pas suffisante dans beaucoup de cas pour pleinement saisir l’intérêt d’un disque ou du travail proposé par un musicien: je trouvais cet album particulièrement long, pénible et sans inspiration à ma première écoute. Danzig serait-il hors système ? Ce quatrième album ne serait-il pas un pas de trop pour le colosse ? Hé bien non, fausse alerte !

Danzig IV est une continuation normale du précédent volume, la musique du groupe change, les années aussi, et le son s’en retrouve amélioré, modifié, plus complexe… Les tempos sont plus lents, les mélodies plus intimistes, le coté Heavy moins marqué… Danzig n’a pas viré Doom pour autant, ni même Gothic, mais s’en rapproche dirais-je. « Little Whip » illustre à merveille cette nouvelle direction artistique, moment fort de l’album pour ma part.

Line-Up d'origine du groupe.

L’album entier gravite sur un rythme très posé, les compositions sont bien plus softs que par le passé, parfois même étonnantes ou dérangeantes, « Sadistikal » n’aurait par exemple pas volé sa place dans la bande-son d’une production Porno-Gore distribuée sous le manteau. Oui oui, rien que ça. Pour le reste, « Stalker Song » fait partie de mes morceaux préférés avec un Danzig plus convaincant que jamais dans un registre « blasé badass » que j’apprécie particulièrement chez lui.

Faisons abstraction des 15 prochaines années pour le groupe, assez noires et creuses, et regardons ce quatrième opus comme une très belle façon de boucler la boucle: Danzig ne sortira plus d’albums aussi convaincant jusqu’au récent Deth Red Saboath et nous livre ici son travail le plus intimiste, sombre, et nébuleux. Le genre de disque qui accompagne parfaitement un matin pluvieux, gris et maussade.

Mais de la bonne façon, heureusement.

Lou Reed & Metallica – Lulu (2011)

2011 est presque écoulée, une année pas bien fameuse pour le Metal où pas mal de grands se sont cassés les dents : Megadeth et son chiant th1rt3en, Morbid Angel et son ridicule Illud Divinum Insanus sonnant comme un sous-Rob Zombie qui aurait mangé un peu de Rammstein, Devin Townsend et son atrocement long et mou Ghost (bien que la fanbase s’en lèche les babines…), et la liste peut encore continuer un petit bout de temps.

Voilà qu’il y a quelques temps, une annonce particulière avait attiré mon regard sur la page d’un webzine metal quelconque : Metallica allait collaborer avec Lou Reed (ancien chanteur des Velvet Underground) pour un concept-album… Qu’attendre d’une nouvelle pareille ? Metallica est devenu médiocre, ne sortant plus que de la merde ridicule (St.Anger, où comment dégoûter définitivement les fans en un disque) ou au mieux des disques « ok » mais quand même pas fameux (Death Magnetic, Load…), bref on est bien loin des légendaires Master of Puppets, Ride The Lightning… Lou Reed quant à lui… Bah, je ne connais pas du tout sa carrière solo, et je n’ai jamais écouté énormément les Velvet Underground (honte à moi oui), donc je m’abstiens de faire des commentaires. Toujours est-il qu’on ne savait pas à quoi s’attendre, et qu’on a pas eu de nouvelles pendant un petit bout de temps…

Puis sont venues plusieurs interviews et leur site web où Metallica et Lou Reed ne cessaient de se féliciter de Lulu, que personne n’avait jamais fait quelque chose comme ça, que c’était un hybride, un nouvel animal, une « réinvention de la roue » (je ne crée rien, tout est là dans leur site web!), Lou Reed a même été jusqu’à dire : « Ceci est la meilleure chose que j’ai jamais faite, et je l’ai fait avec le meilleur groupe que j’ai pu trouver sur cette planète. Tous ceux qui y étaient impliqués étaient honnêtes, ceci est venu au monde de façon pure. Nous avons poussé aussi loin que nous avons pu dans les limites du possible. »
Finalement, quelques semaines avant la sortie de ladite collaboration, ils ont dévoilé l’infernal « The View », des riffs ratés, un Lars Ulrich nul comme un débutant, un Lou Reed fatigué qui raconte une espèce de fable philosophique digne d’un skyblogeur de 15ans par-dessus tout ça, et Hetfield qui se prend pour un meuble Ikéa… La vidéo s’est répandue à travers le web comme une trainée de poudre, provoquant pour la plupart des gens l’hilarité et/ou la consternation.

Le public déjà conscient que l’album allait sûrement être une catastrophe n’a pas été rassuré par les informations suivantes : il comporterait deux cds, et durerait 87minutes… Et ce qui devait arriver arriva : Lulu leaka une semaine avant sa sortie officielle… Et nous l’écoutâmes… Dieu nous bénisse.

C'est qu'ils ont l'air de s'y croire.

Lulu est mauvais. Lulu est une horreur monumentale, que dis-je, une erreur intergalactique, Kirk Hammet n’avait pas menti : personne n’avait jamais pondu un truc pareil, personne n’aurait jamais osé avoir une idée aussi sotte, et l’hybride tant auto congratulé par Metaloureed relève plus d’un enfant consanguin tricéphale éructant qu’un disque de génie.

Mais pourquoi Lulu est-il si mauvais ? Tout d’abord, le concept, l’idée, la chose : Grossièrement, ce disque, c’est Lou Reed qui parle de façon ultra-monotone au-dessus de la musique produite par Metallica : les histoires qu’il raconte sont définitivement nazes, irritantes, les effets dans sa voix font penser à un vieux fou sénile, qui parfois se paye des délire cosmiques : Cheat On Me et son texte débile, Pumping blood où il crie le titre pendant un long moment comme quelqu’un qui aurait fait tomber son savon dans les douches d’Alcatraz ou encore Frustration où il répète « I want so much to hurt you » avec Lars Ulrich qui fait le clown sur ses fûts.

De temps en temps, notre ami James (Gimme Food, Gimmes Fries, Gimme salad on the sides) vient faire écho à Papy Lou. Il se contente de répéter ce que Papy vient de dire avec sa voix pop-mielleuse directement venue de (Re)-Load, et quelques fois dans le disque il se paye quelques lignes de chant bien pourries : dans le premier morceau, Monsieur s’époumone en criant « Small Town Girl! » ou raconte qu’il est une table, ce genre de chose.

Secundo, la partie instrumentale est aussi ridicule : un bassiste ? Où ça ? C’est vraiment con d’engager un gars qui sort d’Infectious Grooves pour le rendre muet comme une carpe… Deuxième gros point noir, c’est la batterie : le gus sonne comme un débutant, sérieusement, je suis sûr que n’importe quel batteur avec au moins six mois d’exercices derrière lui peut reproduire toutes les structures rythmiques de Lulu : et dire qu’il sort d’une école de musique réputée ! Les guitares sont évidemment mauvaises, si quelques idées sympas émergent, elles sont tout de suite noyées soit dans leur propre longueur, soit dans un enchaînement sans queue ni tête. Le disque vous servira un semblant de pop (la première piste, Iced Honey), une ballade débile (qui dure quand même 19minutes), un peu de Metal (The View, Mistress Dread), et Metalouca pense même avoir invité le Post-Rock! Incroyable ! Ils font trainer quelques accords de guitare inquiétants/atmosphériques, un peu de violon, et ça y est, il en faut pas plus pour que le combo s’éternise sur ces minis-trouvailles… Junior Dad et ses 19minutes se compose de quelques arpèges de guitare, et de quelques notes de violons, et bordel, ça dure 20minutes, mais de qui se moque-t-on ? D’ailleurs, voilà le point final pour justifier l’indignation totale : ce disque est d’une longueur abominable : toutes les chansons auraient pu être réduite de moitié, et dans certains cas être rabotés d’un bon 2/3, mais d’où vient ce foutu syndrome débile qui consiste à répéter dans le même titre trois fois la même chanson ?

Vous mettez le tout ensemble dans une boite, vous secouez très fort : et vous obtenez Lulu, alias l’ennui et la connerie personnifiés. Ce n’a même pas l’atout d’être marrant comme le dernier nazi-paillettes Morbid Angel , c’est juste… je sais pas… merdique, c’est aberrant de faire un truc pareil et de se féliciter sur son propre site web de la qualité, de la magnificence  de son produit. Lulu, c’est de la pure science-fiction et ils n’avaient pas menti sur toute la ligne : personne n’avait sorti quelque chose de la sorte, et j’espère que plus personne ne le fera.

La Lulu Team, pire qu'un rickroll, pire qu'un viol.

Septic Flesh – The Great Mass (2011)

 

Ah, la Grèce… Ses paysages, sa culture, ses îles, ses dettes, ses grèves, son soleil, ses plages, sa gastronomie… sa scène Metal!
Eh oui, le pays de Zeus (si vous me permettez) propose quelques groupes de très bonne qualité, dans les moins connus on peut retrouver Nocternity et son Black Metal Atmosphérique, Dead Congregation et son Death Metal occulte et viscéral…

Du côté des célébrités on retrouve évidemment Rotting Christ, formation dont la musique a fortement évoluée d’un bout à l’autre de sa carrière… Et nous avons aussi Septic Flesh qui comme son collègue, a beaucoup changé, commençant dans un registre Doom/Death onirique rempli de gothique et de classique, le tout souvent basé sur la mythologie. Aujourd’hui Septic Flesh officie dans le Death Metal Symphonique épique, et s’il a laissé le Doom derrière lui, il n’a pas tout abandonné du reste.

Après un Revolution DNA hésitant où l‘électronique remplaçait le classique, Sumerian Daemons avait définitivement marqué la cassure vers une musique plus agressive : Death orchestré, mythologique à l‘ambiance gothique, tragique proposant son lot de gros riffs… Le ton était donné. Est ensuite venu Communion, un album court, symphonique, rapide et très incisif, le gothique était relégué à tout au plus quelques refrains.

Cuir, cuir, cuir, moustache!

En 2011, voilà qu’arrive le petit nouveau, The Great Mass, album attendu par les fans, largement teasés par les commentaires du leader annonçant un album épique dont les mouvements grandiloquents seraient opérés par l’orchestre philharmonique de Prague, un disque servi par un Antoniou récemment sorti avec succès de sa formation en musique classique!

The Great Mass ne changera pas énormément vos habitudes, si vous aviez détesté les deux précédents, ça ne vaut même la peine que vous l’essayez.
La musique profite comme à son habitude d’une production propre et puissante (non pas sans âme) mettant en valeur ce qui doit l’être, un son dans la même veine que celui de Communion même si l’orchestre passe ici au premier plan.

Le groupe a balancé de nombreux trailers et teasers pour promouvoir la sortie de cet album.

La dernière offrande est un puissant alliage de la vitesse et la colère de Communion et de l’aspect tragique, grandiloquent et progressif de Sumerian Daemons. Le groupe n’hésitera pas à vous en mettre plein la gueule comme il n’hésitera pas à être classieux. Si l’album sent bon le frais, il faut bien avouer que la recette n’a pas fortement changé, même si elle a subi quelques améliorations : les ambiances sur le disque sont variées : Mad Architect évoque la folie avec son piano malade en guise d’intro; il y a encore un petit hommage à Lovecraft (The Undead Keep Dreaming); ils se la jouent gothique sur Rising et Therianthropy; A Great Mass of Death bourrine tout en grandiloquence; Oceans of Grey est tragique comme l‘a pu être Faust et la batterie se fait même martiale et tribale sur l‘énorme tube qu‘est Pyramid God!… Bref Septic Flesh ne se repose pas sur ses lauriers et propose un The Great Mass véritablement puissant, avec son identité propre.

Il est certain que certains riffs sont faiblards, mais il est clair qu’ils ont été dessinés pour accompagner l‘orchestre…  Les orchestrations sont d‘ailleurs toutes pertinentes, majestueuses, puissantes, elles évitent aussi le kitsch et sont surtout omniprésentes : une véritable réussite qui envoie les derniers opus de Dimmu Borgir, de Therion et de Fleshgod Apocalypse se rhabiller. Les quelques moments où les instruments classiques sont muets, les guitares jouent toujours dans cette veine gothique qui caractérisent les vieux albums et les quelques titres plus récents (Sunlight Moonlight, Magic Loves Infinity, Dark River…).

Au chapitre des vocaux, nous retrouvons toujours des growls puissants, sachant se faire violents (The Vampire From Nazareth qui déboule comme une bête en furie) ou sachant se fondre dans la grandiloquence et les chœurs pour donner quelque chose d’épique, de tragique,…
Voix très peu présente sur Communion, le chant clair revient bien plus souvent, un chant qui risque d’en rebuter pas mal : assez nasillard, et surtout présent dans les titres gothiques, mais malgré tout, une grosse partie de son utilisation reste incantatoire : la fin de The Vampire From Nazareth, le refrain lent et occulte de The Undead Keep Dreaming… Après tout, quoi de mieux qu’une incantation pour un hommage à Lovecraft!

The Great Mass est efficace, frais, propose une recette améliorée alliant le meilleur du Septic Flesh post-2000. Un album qui ravira sûrement les fans de Metal Symphonique de tout poil pas fort gâtés ces deux dernières années et qui a rallié à sa cause nombreux amateurs de Death Metal. Un album majeur et de haute-qualité en cette année finalement assez pauvre. Enjoy!