Archives de Catégorie: Cinéma

The Raid 2: Berandal (2014)

The Raid 2: Berandal (Gareth Evans, 2014)

C’est rarement gagné d’avance quand, peu de temps après la sortie d’un film somme toute honnête ayant connu un vif succès d’estime auprès des amateurs, une suite est annoncée. Ca sent le cash-in facile, l’opportunisme, la volonté de faire du profit sur un nom encore frais dans la mémoire collective.

The Raid 2, ça avait toutes les raisons possibles d’être un navet nageant dans la redite, le premier film étant sympa, excellent dans son action mais sérieusement bancal sur sa progression, son scénario, le developpement de ses personnages et presque tout le reste en fait. Un excellent film à bas budget en résumé (1.000.000$). Cette suite, aussi incroyable que cela puisse paraître, gomme quasiment tous les défauts du premier jet.

Le budget est quatre fois supérieur au premier film, et ça se sent réellement. La photographie est bien meilleure, les décors plus nombreux, recherchés, les scènes d’action beaucoup plus diversifiées et la réalisation touche de près le top de ce qui peut se faire dans le genre du coté asiatique. Vraiment, la forme gagne en contours et c’est ce qui manquait au premier film.

Là où les choses s’améliorent significativement, c’est pourtant au niveau de l’intérêt global passé les scènes d’action. The Raid premier du nom n’était qu’un beat’em all cinématographique, certes maîtrisé, mais laissant quand même une impression de coquille vide dans son ensemble. C’est dur, ça castagne, mais au fond, pas de surprise, c’est creux. L’intrigue de Berandal n’est certainement pas novatrice ni excitante, mais suffisamment recherchée pour enfin donner du relief aux personnages: les enjeux sont enfin posés, le héros ne lutte pas inutilement contre une horde de sagouins « parce qu’il doit le faire », les méchants ne sont pas méchants juste parce qu’ils viennent de la té-ci, non, l’ambition est un peu plus haute.

Suite directe du premier film, Berandal est une histoire de vengeance avant tout, dans la plus pure tradition des films d’action asiatiques, les combats s’enchaînent et si le scénario n’est qu’un prétexte une fois de plus pour laisser parler les poings (et les pieds), il se laisse cette fois suivre avec intérêt, ce qui n’était certainement pas le cas du premier film. L’action, parlons-en, vous ne trouverez pas meilleur dans la catégorie Arts Martiaux avant un bon moment, et vous n’avez pas vu meilleur non plus depuis sûrement quelques années: ça envoie véritablement du bois, en pleine gueule, certainement surréaliste mais jouissif à un point indescriptible.

Les chorégraphies sont brutales, directes, sans fioritures, et suffisament inventives pour qu’on se souviennent de presque chacune. Le premier volet ne faisait pas dans la dentelle et s’est fait repérer pour cette raison, dites-vous que sa suite met les bouchées doubles et se targue en plus de ça d’être beaucoup plus lisible et diversifiée. Tout cela méritait-il pour autant 2h30 au compteur pour en arriver à son but ? Certainement pas non, le scénario aurait pu gagner à être raccourci à certains endroits, mais comme dit plus haut, l’intérêt s’en retrouve également décuplé, on a le temps de respirer, et savourer un peu plus les moments d’action quand ceux-ci prennent place, point qui manquait au premier volet mais n’était pas non plus un gros défaut, le film misant tout sur son rythme excessif.

Berandal est donc une suite réussie, qui enterre effectivement le premier volet sur quasiment tous les points. Cet épisode perd en intensité ce qu’il gagne en intérêt et c’est tant mieux en ce qui me concerne, on est cette fois en face d’un vrai film, et moins d’une démonstration de katas d’1h30. La durée divisera sûrement beaucoup de spectateurs, mais je n’ai pas vraiment de doute sur l’accueil global qu’il recevra: Berandal est objectivement bien meilleur que Redemption, et pour un film d’action, ça mérite d’être surligné avec trois fluos différents.

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Morsay: La Vengeance (Truands 2 La Galère) (2012)

Morsay: La Vengeance (Truands 2 La Galère) (2012)

Petite piqûre de rappel avant de parler de ce chef-d’œuvre honteusement oublié à la cérémonie des Oscars 2012, je tenais en premier lieu à rappeler à mes lecteurs qui était l’illustre réalisateur de ce block-buster, à savoir Mohamed Mehadji, plus connu dans le paysage virtuel sous le nom de… Morsay.

Ahhh, Morsay… Sans doute l’une des « personnalités » françaises les plus drôles de ces dernières années. Involontairement, certes, mais drôle quand même. Tout comme Tony Montana, Morsay est parti de rien pour gravir les échelons de la société. A l’inverse, lui n’a jamais vraiment dépassé le statut de vendeur de frites. Initialement commerçant de T-Shirts à la sauvette avec son frère Zehef, Morsay est par la suite devenu une caricature du rappeur moderne, pseudo-podcasteur, membre de la mafia, dealer, proxénète et enfin Réalisateur ! Rien que ça mes amis, hé oui ! Ça vous en bouche un coin pas vrai ? Bref, une véritable réussite sociale. Ce drôle de pingouin aurait très bien pu rester dans l’ombre jusqu’à la fin de ses jours (ou à l’ombre, en fonction des évènements), mais c’était sans compter sur l’aide des Noelistes qui, en Février 2008, s’en prennent avec violence au rappeur suite à la publication de son plus grand hit, « On S’en Balle Les Couilles » (Non non je tiens à vous rassurer, je n’ai fait aucune faute, c’est lui même qui l’écrit comme ça, la preuve en vidéo).

Quelle nostalgie, dire que tout est parti de cette vidéo !

 

Suite aux attaques et provocations incessantes de cette communauté au bonnet rouge,  Morsay pète les plombs, il est « supervénèretaracelapute » comme on dit chez lui, et publie une vidéo qui fera rapidement le tour du net pour s’imposer comme l’un des phénomènes du Web les plus connus de France. La vidéo en question, intitulée « Morsay: Message à Internet » et longue d’une dizaine de minutes, nous montre l’intéressé en compagnie de tous ses amis du quartier (et de personnes probablement soudoyées), remerciant tout d’abord les gens qui le soutiennent (???), puis partant d’un seul coup dans un ballet d’insultes toutes plus improbables les unes que les autres en direction de ses détracteurs. Le vocabulaire du zouave est à peine plus complet que les instructions fournies sur l’emballage des éponges Spontex et se compose majoritairement d’insultes, parfois d’adjectifs, mais pas grand chose de plus, vraiment. Dans les citations les plus connues, nous évoquerons entre autre « J’te shlasse ta race », « Ta race la mère la pute », « Enculé de ta race » ou encore « Nique ta race ». L’individu semble en toute logique très concerné par le pédigrée et n’hésite pas à s’adresser à ses spectateurs en employant le terme de « Bâtards ».

Morsay en compagnie de son gang de rue. Notez la bille rouge, caractéristique des jouets et reproductions d'armes...

 

Véritable icône montante, Morsay se rend compte que ses pitreries lui apportent une certaine forme de succès sur la toile… Unanimement considéré comme l’un des derniers rebuts de l’humanité, le guignol n’en démord pas et utilisera depuis lors ce semblant de connerie pour s’illustrer dans des vidéos toutes plus provocantes, insultantes et ridicules les unes que les autres. Tout le monde le prend pour un con, mais ça, il s’en fout, il est connu et c’est ce qu’il veut ! Morsay se sera fait de nombreux ennemis sur la longue route du succès (ironie, ironie…), de la communauté Noeliste au rappeur Heenok Beauséjour, en passant par Marine Le Pen, cette dernière ayant d’ailleurs collé un procès sur le dos de son ami Cortex pour insultes et diffamations. En bref, le petit monde de Morsay tourne uniquement grâce à sa mauvaise réputation et sa crédibilité proche du néant. Reconnaissons lui tout de même un sacré sens de l’imagination, le gus nous surprenant toujours depuis plus de 4 ans dans ses projets de conquête du monde. Dernières idées en date ? Morsay Président, et celle qui nous intéresse le plus ici, Morsay Réalisateur !

Non non, ce n'est pas la nouvelle campagne des Restaus du Cœur, mais juste Morsay et son ami Cortex dans leur boutique de Clignancourt.

 

C’est l’heure de la review, disséquons ensemble les dessous du film le plus choquant, le plus controversé, le plus remarquable, le plus surprenant et le plus haï de ce début d’année 2012 (rayez les mentions inutiles). Ça commence fort avec une introduction réalisée sous Sony Vegas Pro, une police Sci-Fi affiche le titre ainsi que sa team d’élite sous fond d’un classique de Zehef, qui nous accueille par un « Wai Wai Wai ! Ze-Ze-Zehef ! ». Hum.

L’intrigue démarre dans un parc, Morsay est assis sur un banc en compagnie de Zehef et l’un de ses potes, s’insultant joyeusement de « braqueurs de merguez » et autres familiarités liées aux trafics du « gang » de « voyous », quand apparaît soudain une brigade de policiers en inspection de routine. Les deux frères décident de tenir tête à la police sans raison apparente, et là, c’est le drame: une véritable vendetta orchestrée par Steven Seagal éclate contre les forces de l’ordre, Morsay et Zehef sont dès lors rapidement mis sous détention pour violences sur agent. Persuadé d’avoir été pris comme cible par un flic véreux, Morsay sort de prison avec pour seul but de se venger de celui qui lui a tendu un piège. Zehef, quant à lui, prend du recul par rapport à ces évènements et aspire à une vie régulière, souhaitant créer sa propre marque de vêtements, « Truands 2 La Galère », et gagner sa vie de façon honnête… Mais c’était sans compter sur son frère qui enchaînera les coups foireux et s’attirera des embrouilles incontrôlables pour un petit truand de son espèce…

Le film se lance sur une touchante scène d'amitié et de fraternité.

 

Voilà pour le scénario. Là comme ça, vous imaginez sûrement un truc cool, croisement entre Scarface / La Haine, mais en fait non, c’est tout l’inverse, c’est même inimaginable je vous assure. Premièrement, la réalisation… Quelle réalisation mes amis. La Vengeance est de toute évidence un film bas budget, malgré les annonces de 65 millions d’euros dépensés (qui sont aussi vraies que les rumeurs sur la sexualité de Jean-Pierre Pernaut). Mise au point floue, caméra hésitante et tremblante, faux raccords, effets spéciaux (coups de feu) réalisés à l’aide d’After Effect, piste sonore mal balancée et régulièrement saturée (interview du juge par une journaliste: « AWOUBOUHAWHOBUHA verdict définitif ? AWOUBUBUBUH-ci beaucoup madame la juge« )… Le tout mélangé à des acteurs médiocres, vraisemblablement sélectionnés faute de mieux, et vous obtenez un film à peine plus professionnel qu’une pub pour le ketchup Heinz. Ici, point de perches micros dans le champ, il n’y en a pas, tout a été enregistré avec un Blackberry. Flûte alors, moi qui m’attendait à rire de ces détails comme je l’ai fait devant Black Dynamite, la déception fût rude. La bande-son ne fait qu’aggraver les choses, n’étant pas un grand amateur de Hip-Hop mais néanmoins de bonne musique, je pense, malgré mes lacunes, être en mesure d’affirmer que la quasi-intégralité du film nageait dans un énorme océan de merde, et c’est peu dire. Un Tsunami de mauvais-goût, de productions infâmes et de rap haineux. Vous voyez, on est déjà bien loin de La Haine.

Morsay au supermarché... La discrétion, c'est son rayon !

 

Parlons du script et des dialogues, sans doute le point le plus intéressant de tout ce joyeux bordel (ou pas). La Vengeance constitue une sorte de palmarès du grand n’importe quoi. Incohérent, grossier, ridicule et parfois incompréhensible, le film regorge de répliques croustillantes que l’amateur des Monty-Phyton ne saurait renier. S’enchaînent alors des scènes d’une absurdité incroyable, la plus connue étant probablement celle du tribunal: « Vous avez un regard bien énervé monsieur ! Comment qu’on dit chez vous ? … Ah oui, voilà. Vous avez un regard bien ZEHEF !« . Dans les grands moments forts, je pense également à cette fameuse scène où Morsay passe la nuit chez l’un de ses camarades de cité. « Putain comment vous puez des pieds les mecs un truc de ouf ! On dirait que y’a un rat crevé dans tes pieds ! Non mais vous vous lavez desfois sans déconner ?« … De la poésie moderne chiée contée par un cœur lourd et désespéré. Désespéré, tout comme Zehef, qui contre toute attente se révèle être le seul personnage un tant soit peu appréciable du film. Habituellement trois fois plus con que son illuminé frangin sur leurs vidéos de famille, le bougre s’avère fort attachant, comique, et presque convaincant dans son rôle de Grand Frère de l’Extrême. C’est également le seul « acteur » du film semblant doué de logique, ce qui n’est pas rien dans une fiction aussi surnaturelle !

La technique de Morsay pour terroriser ses adversaires ? Les noyer dans la salive.

 

Pour le reste, le film est entaché de scènes absolument ignobles et inutiles, une bonne moitié de l’action se résumant à la quête du sexe opposé par Morsay (quête qu’il finira inévitablement par échouer soit dit en passant),  où lui et l’un de ses affreux glands de compatriotes nous montreront toute l’étendue de leurs atouts de gentlemen. Si vous avez apprécié Hitch, Expert en Séduction, vous pourrez vous passer des conseils de Morsay, Expert en Riendutout, sachez-le. De plus, l’œuvre, que dis-je, cette fresque épique, s’étale sur deux longues heures, deux putains d’heures mesdames messieurs, et les deux génériques combinés ne dépassent pas la minute trente, ce n’est pas une illusion ! Il est évident que le film aurait aisément pu être tronqué d’une bonne heure (voire même carrément deux avec le recul), mais non, toujours plus long, toujours plus con, Morsay en rajoute couche pour ne laisser personne sur sa faim. J’attends impatiemment la version Blu-Ray 1080p Director’s Cut hein, attention, pré-commandée dès l’annonce même à la Fnouc du coin !

Passé l'heure, vous ferez à peu près la même tête que Zehef sur cette photo en regardant La Vengeance.

 

C’est bien simple, je ne peux que vous conseiller de regarder La Vengeance avec vos meilleurs amis, autour d’une bonne pizza et quelques bières, et surtout un téléphone à portée de main, en cas d’urgence décès ou tout autre effet secondaire dû au visionnage. C’est presque ce que j’ai fait, et j’ai passé un moment, honnêtement, vraiment amusant, quoi qu’infâme et trop long. La Vengeance se range dans le bas du classement « So Bad it’s Good« , de par sa stupidité sans bornes et son amateurisme aigu. Ses répliques cultes, ses incohérences et ses acteurs dignes des plus mauvais téléfilms érotiques vous feront passer un bon moment de rigolade bien gras, sans vous laisser un goût trop amer en fin de séance. On ne peut pas dire que je ne vous ai pas prévenu, c’est mauvais, c’est incroyablement mauvais, vous n’avez jamais rien vu de tel, mais ce film mérite d’être vu ! Ne serait-ce que pour relever un challenge et trouver quelque chose d’encore pire, si cela existe. Néanmoins, si ces deux heures devant la production des Truands 2 La Galère n’ont pas été les plus insupportables de ma vie, je me dois de rester objectif et vous alerter sur un point nettement plus sérieux, à savoir l’absence total de maturité, de sources, et de morale de ce film.

Je vous assure que ces doublages encryptés sont d'origine, aucune modification n'a été apportée. Notez que Sean Paul semble faire une apparition spéciale dans le film ! (sic)

 

La Vengeance, au-delà de son aspect grotesque, est un film haineux. Une production réalisée par des gamins, ni plus ni moins. Un délire entre potes qui, malheureusement, sera vu par un nombre conséquent de personnes. Les évènements de ce film sont, selon son affiche, basés sur des faits réels, ce qui n’est sûrement pas vrai mais suffit néanmoins à instaurer une très mauvaise image des ethnies / groupes représentés dans ce film. Non, les skinheads ne vénèrent pas tous Hitler. Non, Slayer, The Exploited et Cradle of Filth, présents sur diverses affiches à la fin du film, ne sont pas des groupes néo-nazis. Non, les gens de cité ne sont pas tous des « racailles » pour reprendre une expression bien connue, Morsay ne représente pas une généralité, ce sous-individu ne représente d’ailleurs rien ni personne, et n’a que pour seule utilité d’agrandir la haine infondée et le racisme des gens en France. Ce film est tellement puéril et provocant qu’il pourrait presque servir de propagande au service du Front-National, je pèse mes mots. Mais ça, c’est seulement la fiction, et l’image que La Vengeance donne des quartiers défavorisés. Morsay, tu es un con, et je te chie dessus.

Avis à son fan club ! Shlagetto apparaît dans le film, nous racontant sa bouleversante histoire. Un grand moment.

 

Sur ce je vous souhaite un « bon » film, en espérant que ces (trop nombreuses) lignes vous auront convaincu de voir en famille cette merveille du cinéma français !

Et en plus de ça, on termine sur une pointe d'humour... C'était pas du luxe.

 

[youtube.com/watch?v=e_IhCNno4No&feature=related]

Star Wars: Épisode II – L’Attaque des Clones (2002)

Star Wars: Episode II – L’Attaque Des Clones (2002)

Les paris sont ouverts ! Cet épisode sera-t-il encore plus mauvais que la déjà très moyenne Menace Fantôme en son temps, ou bien la force est-elle du coté de George Lucas pour ce second opus ? La réponse est claire: non !

J’ai du voir ce film deux fois dans ma jeunesse, déjà à l’époque, je le trouvais passable et n’en avais gardé que peu de souvenirs, en le revoyant, je comprends mieux pourquoi. La mémoire sélective sûrement.
Vous avez ici l’épisode le plus cucul, le plus lent, le plus énervant de la série, et de loin selon moi.

Ne comptez pas vraiment sur d’impressionnants duels au sabrolaser ou des gunfights dignes de ce nom, car c’est encore pire qu’avant sur ce point. Le seul moment un tant soit peu intéressant dans cette océan de médiocrité n’intervient qu’aux 3/4 du film pour, heureusement, terminer sur une bonne note. Avant cela, vous devrez vous farcir une romance inintéressante entre Anakin et Padmé, les sautes d’humeur du jeune Jedi et d’interminables séquences où même Obi-Wan ne semble pas savoir ce qu’il est censé faire pour éviter le naufrage (cf: investigations sur Kamino).

L'origine des fameux Stormtroopers nous est expliquée en détails dans cet épisode.

 

Tout n’est cependant pas à jeter dans cette suite, c’est ainsi que l’on constate avec plaisir que le département scénaristique semble avoir cessé sa grève et nous offre des informations plus concrètes sur la naissance du seigneur Vador, ses motivations, et un avant-goût des choses à venir. Boba Fett nous est présenté dans son enfance, encore inoffensif bien que déjà peu recommandable, et les intentions des Siths sont plus clairement dévoilées au fil de l’intrigue. C’est donc une satisfaisante progression sur le papier, mais à l’écran, tout cela semble une fois de plus bien emmerdant.

Filmé de façon très neutre, parfois maladroite, rythmé n’importe comment et enchaînant sans gène des plans d’une effroyable médiocrité, Lucas confirme ici qu’il a perdu toute notion de Screenwriting et nous sert un repas froid au goût amer qui ne réconciliera décidément pas les amateurs de longue date. Même John Williams ne sauvera pas le navire et nous offre, à ma grande déception, une bande-son certes très bonne mais bien plus conventionnelle que ne l’était celle de La Menace Fantôme.

Cette trilogie en guise de préquelle n’arrive décidément pas à convaincre ailleurs que sur le plan visuel: si les enfants ont adoré et continueront d’adorer, passé l’effet de surprise, tout cela est très décevant et ne mérite même pas tant de lignes pour être résumé.

Star Wars: Épisode I – La Menace Fantôme (1999)

Star Wars: Episode I – La Menace Fantôme (1999)

Premier épisode de Star Wars, qui est sorti en 1999, soit 22 ans après le premier film qui est en fait le quatrième épisode de la série (Doliprane sponsorise cette review, à consommer avec modération).

On pose les bases, Obi-Wan n’est qu’un apprenti au service de Qui-Gon Jinn, Anakin Skywalker est comme Kirikou, pas très grand mais vaillant, et on apprends même d’où sortent R2-D2 et C-3P0. Magnifique ! Ça le serait quand même plus si dans le fond, tout cela n’était pas qu’un vulgaire produit marketing en provenance d’un vieux fou en manque crucial d’inspiration.

Qu’on soit clairs, aucune des trois pré-quelles n’est utile pour apprécier la fantastique œuvre originale de George Lucas, et par conséquent, ces épisodes ne s’adressent réellement qu’aux fans. Quoi que, vu les trahisons présentes ici et là, on se demande quand même.

Combat mythique entre Darth Maul, Qui-Gon et Obi-Wan: assurément le meilleur moment de l'intrigue.

Ce premier film n’est pas mauvais mais relativement monotone, ainsi si la première partie est plutôt appréciable et mouvementée, la seconde s’emmêle odieusement les pinceaux entre conflits politiques, avenir des habitants de Naboo et autres niaiseries aussi préoccupantes qu’un courant d’air. Les effets sont réussis, certes, la bataille finale est culte, d’accord, la course de pods est une référence de l’époque, c’est évident, mais tout le reste ne mérite pas vraiment plus d’éloges que ça et nous présente une très, très lointaine galaxie qui visiblement s’emmerde depuis bien, bien longtemps.

Un paragraphe tout de même sur un point qui devrait mettre tout le monde du même avis: la bande-son. Heh, John Williams semble avoir mieux vieilli que George Lucas, si ce dernier déraille complètement depuis longtemps, le compositeur maître de la série, lui, n’a certainement pas perdu la main et reste un maître incontestable dans son domaine. C’est ainsi que la bande-son de La Menace Fantôme est sans surprises l’aspect le plus réussi du film, notamment grâce à certains thèmes mythiques et un classique instantané: « Duel of The Fates« .

Un film conseillé pour les amateurs dans sa version originale, mais si vous avez une meilleure façon de tuer 2h15, ne vous gênez surtout pas.

NB: Jar Jar Binks est bel et bien insupportable.

Hellraiser (1987)

Note de l’auteur : la chronique suivante ne constitue pas réellement une description ou même une présentation précise du film, mais plutôt un rapide billet sur un classique que tout le monde devrait déjà avoir vu, et si ce n’est pas le cas ces quelques lignes vous motiveront peut-être à le faire, en tout cas vous avez intérêt.


Hellraiser, ce n’est pas qu’un excellent titre d’Ozzy Osbourne paru sur No More Tears, non, c’est avant tout un film de Clive Barker qui a marqué sur bien des aspects à sa sortie.

Souvent taxé de sous-Carpenter, ersatz de Stephen King et j’en passe, ce pauvre Clive n’a jamais réussi à se faire un nom très reconnu auprès du grand public, et ce n’est pourtant pas faute d’être polyvalent. Entre des romans à succès, des jeux vidéos de son cru ou bien évidemment ses propres films, l’homme peine à voir son nom cité parmi les plus grands alors qu’il y aurait tout à fait sa place, et même plus que certains si vous voulez mon avis. Heureusement pour lui, son esprit torturé et ses idées diaboliques ne sont pas passées inaperçues chez tout le monde…

Hellraiser est l’un de ces classiques du cinéma d’Horreur qui a marqué les années 80 de fort belle manière, et surtout avec originalité. Les Serial-Killers ayant le vent en poupe après le succès d’un certain Jason ou d’un autre Freddy, il aurait été peu judicieux de reprendre la même recette pour lancer sur le marché une nouvelle série à succès, et ça, Clive l’avait bien compris.

La coupe Automne-Hiver 1987. Ca vous cloue le bec pas vrai ?

Ainsi sort Hellraiser, un grand vent frais dans le domaine de l’Horreur, la référence du « Gore-SM » et du paranormal, et un autre très bon représentant de cette époque bénie où les costumes étaient fait main et non digitalisés…

Un scénario original et étonnamment solide pour un film horrifique, encore aujourd’hui, un univers visuel unique, un méchant référentiel, une ambiance au poil, un réalisateur qui sait parfaitement là où il va et ne s’égare pas en chemin… Tout était réuni pour en faire un classique, et fort heureusement c’est le cas aujourd’hui. Hellraiser supporte très bien le poids des années si l’on excepte ces rares mais odieux effets spéciaux lumineux dignes de Power Rangers, pour le reste, les costumes de l’époque sont somptueux, novateurs, le gore omniprésent et les créatures réellement laides. Un coup de maître presque intouchable.

Un film captivant parfaitement rythmé et dirigé avec brio. Clive Barker prouve qu’il n’est pas une bête copie sans intérêt de je ne sais quel autre réalisateur, non, c’est un grand malade, et moi j’aime ça les grands malades.

"Forcément, tous ces cons qui me prennent pour une pâle copie de Cronenberg, ça me met les nerfs à vif..."

NB : Pour ceux qui s’étonneraient de la ridicule et douteuse longévité d’une telle série (Dix films dont un futur remake), voici grossièrement les propos qu’à tenu Barker à la presse concernant le dernier opus de la série qu’il a crée, attention, ça vaut le détour :

« Bonjour les amis. Je veux que l’on comprenne bien que le film ici présent utilisant le mot Hellraiser, N’EST PUTAIN DE PAS DE MOI !! Je n’ai RIEN à voir avec cette saloperie. S’ils prétendent que cela provient de l’esprit de Clive Barker, c’est un mensonge, ça ne sort même pas de mon trou de balle. » *

Je vous l’ai dit, j’aime ce mec.


* Source

Sheitan (2006)

Alors comme ça, il paraît que j’ai des goûts douteux en cinéma. Bon, je le reconnais en partie, je cède souvent à la tentation et à la facilité. Ainsi, rire grassement et soupirer avec mépris devant le dernier Teen-Movie à la mode m’arrive plus souvent que de constater à quel point Jack Nicholson est un putain d’acteur comme on en a rarement vu. Dans un sens, regarder des films de merde à longueur de temps vous fait apprécier puissance 1000 de vrais chef-d’œuvre, et ça c’est un plaisir indescriptible que les explorateurs de chartes IMDB ne peuvent se permettre. Bon, bref, je suis l’expert du cinéma « Punk » et grossier que tout individu normalement constitué reniera avec dégoût, pour en rire secrètement avec ses potes à l’occasion.
Au moins vous savez à qui vous avez à faire.

Bref, aujourd’hui j’ai décidé de pondre quelques paragraphes sur Sheitan, de Kim Chapiron (Dog Pound), rien que pour vous, mais surtout faute d’avoir mieux à faire. Hum.


Sheitan, le film pas bien que tu vas aimer voir.

Avec une accroche pareille, il y a 75% de chances pour que mes potentiels lecteurs aient déjà quitté la page, donc je peux écrire à peu près ce que je veux. Non bon allez, je vais rester sérieux.
Sheitan est un film français, sorti en 2006 et dirigé par Kim Chapiron, qui nous offrait l’an passé l’excellent Dog Pound. Première expérience du jeune cinéaste, cette comédie noire malsaine à souhait et complètement frappée avait fait l’effet d’une bombe à retardement lors de sa sortie : Vincent Cassel dans un rôle de paysan déglingué et sataniste qui martyrise des racailles la veille de Noël, forcément, ça promettait du lourd. Le lourd, on l’a eu, dans tous les sens du terme d’ailleurs.

Le scénario écarte volontairement toute pensée philosophique et bonne morale et fait un très gros doigt d’honneur aux comédies beaufs dans lesquelles apparaissent, au hasard, Franck Dubosc (au hasard hein je répète). Nous suivons l’histoire d’une bande de petites frappes parisiennes au vocabulaire logeant sur une feuille (pas deux) de papier toilette Monoprix, pas attachants pour un sou et dont on ne leur souhaite qu’une seule chose: mourir. Jusque-là, un film d’horreur assez classique me direz-vous.
La joyeuse troupe décide, suite à une soirée un peu mouvementée, de prendre quelques jours de vacances et fêter Noël dans la maison de campagne d’une jeune pousse aux formes chaleureuses, interprétée par Roxane Mesquida. Loin de tout et perdus au beau milieu d’un environnement aussi passionnant que la Creuse, nos parisiens de choc vont passer un Noël qu’ils ne sont pas prêt d’oublier en la compagnie d’un hôte dérangeant et dérangé, campé à merveille par Vincent Cassel…

Rien que là, on sent une forme d'intelligence inconnue émaner des différents protagonistes

 

Vincent Cassel, bouffon du diable et plus encore.

Vous voyez José Bové ? Dolph Lundgreen ? Nicolas Sarkozy ? Pour une fois  ce dernier n’a rien fait et ne servira qu’à booster les résultats de recherches dirigeants vers mon article (je vous ai dit, je peux écrire ce que je veux, personne ne lit normalement passé le premier paragraphe, d’ailleurs je vous félicite si vous êtes encore là), en revanche si vous assemblez les deux premiers cités, vous obtenez Joseph, rôle de Cassel dans Sheitan. Véritable force de la nature, peu porté sur l’hygiène corporelle et les bonnes manières, cet autochtone envahissant et maladroit va faire vivre à la bande de jeunes le pire Noël qu’on puisse imaginer. Au programme, voyeurisme, violence volontaire, langage ordurier, excision d’organes divers et spécialités locales peu recommandables au voyageur en perdition.

Une bête féroce, un grand comique, le stéréotype grossier vulgaire du paysan, le mec qu’on connaît pas qui fait un peu flipper, le lourd qui s’incruste dès que possible… Vincent Cassel, dans Sheitan, c’est tout ça à la fois, et c’est franchement merveilleux. Les critiques s’accordent pour dire que sans sa performance,  le film n’aurait probablement pas fait grand bruit et n’aurait pas dépassé le cadre de la série Z, mais heureusement, c’est tout l’inverse. Point fort incontestable de la réalisation, ses frasques multiples ne manqueront pas de vous faire rire ou bien vous effrayer, et c’est d’ailleurs sur cet enchaînement d’émotions que Sheitan se démarque habilement des autres: passer du rire à la psychose en un claquement de doigts, c’est pas un phénomène très courant.

Vincent Cassel dans le rôle d'un paysan sataniste illetré... Saisissant de réalisme !

 

La blague qui tue ? Presque.

Comme je l’ai déjà dit plus haut (relisez bon sang..), Sheitan est un film très malsain, agrémenté d’un d’humour noir des plus borderline. Si la première moitié de cet obscène délire oscille entre la comédie et le nanar assumé, la seconde en revanche s’avère bien plus violente et troublante, voire provocante. Aucune compassion pour les héros, aucune envie de les aider, à vrai dire, tout dans ce film est prévu dans l’unique but de les voir souffrir et ne pas sortir en vie de cet enfer campagnard. A mi-chemin entre Texas Chainsaw, Halloween ou bien House of 1000 Corpses, que j’ai précédemment chroniqué (hé oui, là encore, relisez) , Sheitan combine d’une belle manière une atmosphère délirante et pourtant très tendue. Son scénario, très maigre et peu cohérent, ne restera pas gravé en mémoire bien longtemps, de même que son casting tout à fait moyen et fauché… Mais sa direction, son ambiance, son humour révoltant et la performance encore une fois excellente de Cassel suffiront à convaincre les fans d’Exploitation et de cinéma Trash à jeter un œil sur cet essai assez unique dans le paysage horrifique français…

Sheitan, en résumé ? Un film de fou, pour les fous.
Voilà qui devrait bien vous avancer !


PS : les plus malins d’entre vous auront remarqué une image subliminale d’un mauvais goût effroyable lors des premières secondes du générique final… très classe !

Restless de Gus Van Sant (2011)

Hello, le fromage est de retour avec, au menu, une petite chronique ciné : le dernier Gus Van Sant, répondant au doux nom de Restless. C’est parti !

De quoi ça parle ?

Enoch n’est définitivement pas un jeune homme comme les autres. Non content de partager son quotidien avec le fantôme d’un kamikaze japonais (avec qui il joue à la bataille navale, et contre qui il perd systématiquement, notez l’ironie du propos), il cultive aussi une passion un peu étrange : assister à toutes les cérémonies funèbres qui lui passent sous la main, même celles d’inconnus. Sauf qu’un jour, c’est l’enterrement de trop. Un type harangue notre héros, le prévient qu’il est dans son intérêt d’arrêter son petit jeu malsain. C’est à ce moment précis qu’Annabel, une jeune fille croisée quelques instants plus tôt, vient lui sauver la mise. Peu à peu, les personnages font connaissance. Jusqu’à ce qu’Enoch découvre que sa nouvelle amie est souffrante d’une tumeur au cerveau. Il ne lui reste que quelques mois à vivre. Ainsi en sera-t-il de leur relation…

C’est bien / c’est pas bien ? Pourquoi ?

J’espère ne pas être le seul, mais ce pitch m’en a rappelé un autre, sorti un peu avant : La Guerre est Déclarée. Un parallèle entre les deux est tentant et aurait sûrement été intéressant, mais je n’ai pas vu le long-métrage de Donzelli. De plus, ce film était le premier Gus Van Sant que j’ai eu l’honneur de voir. Oh, mais ? Quel est cet énorme bruit ? Ah oui, c’est celui de ma crédibilité qui vient de se casser la gueule. Bon, continuons quand même.

Et disons-le tout de suite : c’est un film qui m’a laissé perplexe. Et pas spécialement dans le bon sens du terme. En fait, je n’arrive pas vraiment à décider si ce film est un vibrant hommage à la vie,  ou seulement un film de plus dans le genre. Il faut avouer que le constat de base, les situations développées dans le film, et même ses personnages, navigue à la frontière du cliché.

Oui, car le postulat « la vie est trop courte, profitons-en », c’est quand même pas tout neuf. Au pif, je pense là, tout de suite, à « Sans Plus Attendre » (« The Bucket List » en VO). Et le film de nous proposer quelques scènes dispensables. Je pense par exemple à ce long dialogue devant la tombe des parents d’Enoch, avec les deux jeunes gens qui font comme s’ils leur répondaient…Plus tard, Enoch essayera de détruire la sépulture, dans une scène larmoyante et là encore dispensable.

Et pourtant, la sauce prend quand même. Et Van Sant semble avoir pleinement conscience qu’il va falloir qu’il traite son sujet avec finesse et originalité. Le pari n’est pas totalement réussi, mais le réalisateur semble en jouer avec un second degré certain. En témoigne cette scène où l’on croit qu’Annabel va mourir, alors qu’il ne s’agit que d’une répétition pour le jour où Annabel mourra… une fausse piste formidablement bien trouvée, à mon sens.

Ce qu’il y a d’intéressant avec Restless, quand on y réfléchit bien, ce sont les rapports que ce trio de personnages entretiennent avec la mort. On a tout d’abord Enoch, celui qui a connu la mort quelques minutes, qui n’a pas pu dire adieu à ses parents, complètement enfermé dans son monde, à qui l’échéance de la mort d’Annabel va sans doute permettre de relativiser et reprendre goût en la vie.
Puis, on a Annabel elle-même, qui en dépit du terrible et court sursis qu’il lui reste, est celle qui est la plus fascinée par la vie. Naturaliste et fan devant l’éternel de Charles Darwin, elle plaisante toujours à propos de sa maladie, va de l’avant,  sait la chance qu’elle a d’avoir rencontré Enoch.
Enfin, on a Hirochi, notre ami kamikaze, qui lui a connu la mort, au combat, pour sa patrie. De simple figurant un peu comique, il gagne en intérêt et en consistance au fur et à mesure du film. Il agit comme la conscience d’Enoch, la voix en lui-même qui sait quoi faire. Son rôle sur la fin du film sera crucial. Je n’en dis pas plus.

Au final, un film pas dénué de charme et de force, se ménageant quelques très bonnes scènes (la dernière, très subtile et surprenante), faisant bon usage d’ellipses bien placées pour éviter un déchaînement de pathos malvenu. Et même si tout n’est pas parfait (surcharge de dialogues pas toujours utiles), le film sait trouver un bon compromis. Ni larmoyant, ni trop idéaliste. Les scènes de tendresse entre nos deux héros sont toujours très subtiles et suggestives, et rien n’est toujours rose à 100% : le film ne ménage pas les disputes, les coups durs. On sent bien la gêne qu’Enoch ressent à « voler » Annabel à sa famille lors de ses derniers mois.

Bon, au final je ne suis pas si perplexe que ça. C’est un film de qualité que je recommande. Me reste plus qu’à me pencher sur les autres films de Monsieur Van Sant, à présent…

Rien à Déclarer (2011)

« Bienvenue chez les Ch’tis », véritable épidémie à travers la France et la Wallonie au box-office, battant pas mal de records, dépassant même l’excellente comédie qu’est la Grande Vadrouille… Un succès assez immérité : Dany Boon nous livrait un film plus que moyen, assez niais, avec pour gros lot une histoire d’amour ridicule. Pourquoi un tel succès ? Parce qu’il s’aventurait sur une partie de la France méconnue et mal-aimée ? Parce qu’il surfe sur les clichés Ch’tis ? Parce que ça fait rire Marcel de voir deux facteurs complètement ivres tombant par terre ? (Désolé à tous les Marcel qui nous lisent). En tant que fier chroniqueur belge, j’ai décidé de regarder le nouvel essai du Boon qui s’attaque en partie à mon pays !

Après un tel amas de fric, notre ami Ch’ti a donc décidé de recommencer avec Rien à Déclarer… L’histoire se déroule avant la fin des frontières européennes, et prend place entre la France et la Belgique. Benoit Poelvoorde (acteur belge bien connu, qui a commencé sa carrière avec l’énorme « C’est arrivé près de chez vous » et qui est maintenant réduit à tourner dans des Astérix et Obélix fumeux) campe donc un douanier belge hautain anti-français, horrifié par l’abolition des frontières, laissant donc entrer les trafiquants de drogue et surtout bah, les Français. Dany Boon lui campe aussi un douanier mais français, évidemment, il a une aventure secrète avec la sœur de son coéquipier belge, et va tout faire pour s’accorder avec lui, afin de pouvoir l’épouser.

Rien qu’à ces lignes, le lecteur averti aura compris que le français du nord commet exactement les mêmes bourdes que son grand-frère, mais soit, je vais vous expliquer ça en détail. Néanmoins, Rien à Déclarer vous arrachera sûrement quelques sourires : des situations cocasses ma foi bien réussies, un Benoit Poelvoorde dans son élément en tant que sale connard,  une première partie amusante, certains personnages vraiment sympas et attachants (si, si), et une caméra plus habile qu‘auparavant.
Un autre point qui va sûrement en amuser certains et en irriter d’autres : les stéréotypes énormes, et ce des deux côtés de la frontière : un couple franco-belge tenant un café : la femme française hautaine et méchante, le belge con et gentil, le trafiquant de drogue vilain, et son sous-fifre débile qui rate tous ses passages en fraude (ce qui donnera un moment d’humour gras assez bête), un arabe illettré…

Mais en contrepartie, énormément de fautes sont faites : le scénario c’est Bienvenue chez les Ch’tis bis avec quelques ajouts : la Belgique devient le Sud, Poelvoorde est Kad Merad, les facteurs sont des douaniers… Si vous attendiez quelque chose d’original, repassez, sûrement poussé par le succès de son précédent métrage, le Ch’ti tombe dans le piège du « en revoilà un deuxième Marcel! » (encore désolé pour les Marcel).

Et mi, j'suis un bon (f)acteur, hein !

Si la première moitié est assez sympathique, la deuxième ennuie, s’occupant de détails dont le spectateur se moque : les scènes d’amour sont chiantes, mal amenées, hors-propos mais ne sont en fait que la partie émergée de l’iceberg qu’est la plaidoirie antiraciste de Dany Boon. Elle alourdit le film d’une manière incroyable, plongeant les vingt dernières minutes dans les abysses profondes du ridicule et donne lieu à l’une des scènes finales les plus mauvaises du cinéma français. En fait c’est simple, pendant la deuxième partie, on ne fait qu’un voyage d’ennui parsemé de gags plus ou moins marrants (certains jeux de mots sont pitoyables, enfin, vous le verrez vous-même) dont la destination certaine est le happy end foireux. Et c’est exactement ce qui arrive.

Dany Boon livre avec son nouveau film quelque chose qui avait du potentiel mais qui s’embourbe dans la paresse et dans son message aussi subtil qu’un pet retentissant en pleine minute de silence. Si ça vous arrachera quelques sourires, le métrage inégal vous plongera surtout dans l’ennui, un film à regarder un mercredi soir sur TF1, mais ne déboursez pas un rond pour le voir : ça leur apprendra aux réalisateurs, d’être des connards paresseux.

Super 8 (2011)

J.J. Abrams, l’homme qui s’est  d’abord rendu célèbre par le petit écran. Binoclard dans sa quarantaine, le bonhomme est surtout connu pour les séries Alias et Lost, et au cinéma pour Mission Impossible 3 (qui est mauvais) ,Cloverfield (que je trouve cool mais qui est tout de même très controversé) et Star Trek (que j’ai pas vu).

Le petit gars ne s’est tout de même pas arrêté avec le cinéma et en 2011 voilà que sort Super 8. Le premier teaser était assez énigmatique : une jeep dans la nuit qui fonce sur les rails, un train qui déraille, et quelque chose frappe à la porte d’un wagon renversé qui vole vite en éclat.. L’écran devient noir, un cri de bestiole… Autant dire que ça sentait le Cloverfield 2 et que pas mal de fans étaient septiques, et puis le titre ? Une Super 8 étant un ancien modèle de caméra ,qu’est-ce que ça venait faire dans une histoire de monstre ?

Le deuxième trailer nous corrigea presque tous : le film raconte en fait l’histoire d’une bande de gosses qui tourne un film en Super 8, dont une scène à la petite gare du coin quand ils assistent au crash du train… Très vite on a appris que ce film serait une sorte d’hommage au cinéma d’aventure des 90’s : ces enfants qui vivent des aventures extraordinaires, comme dans E.T, les Goonies…

Super 8 ne s’en cache pas, sa fibre est celle d’un bon vieux Spielberg (avant que celui-ci ne se décide à mettre des aliens dans Indiana Jones). Ces films qui ont fait rêver toute une génération de bambins et de préadolescents avec ces bandes de gamins dont on rêvait de faire parties.

Le film de J.J. démarre de la sorte: on assiste à la réunion des amis et de la famille qui sont venus rendre leurs condoléances suite à la mort de la mère de Joe, broyée dans un accident d’usine… Joe est obligé de vivre avec son père, un sheriff fortement touché par la mort de sa femme et têtu comme un âne qui évidemment ne comprend pas ce que veut son fils. Le gamin malgré tout aide sa bande d’amis à réaliser un film d’horreur amateur. La bande qui est d’ailleurs bien caricaturée : Le gros, le gosse insupportable qui adore faire exploser des trucs, la nana mystérieuse, le peureux,…

Le bousin devient réellement intéressant quand on assiste au crash du train, assez spectaculaire, puis à la libération de l’entité qu’on ne voit tout d’abord pas et qui va semer la panique en ville, surtout quand l’armée va s’en mêler… Un film au scénario classique, avec toutes les valeurs d’un métrage d’aventure familiale : famille, peur, amour, amitié, courage…

Mais Super 8 fait bien son boulot : les gamins sont attachants, que des nouvelles têtes qui ont l‘air d‘être à fond dans leur rôle, il y a de l’humour, parfois assez enfantin, mais qui ne vire jamais dans le gras stupide comme ont pu le faire des navets comme Transformers, des bons sentiments et surtout une aventure, une aventure bien gérée qui monte en puissance. La bête se dévoile petit à petit, terrifie le village, les soldats qui l‘envahissent, on découvre le pourquoi du crash… Du classique avec une petite touche d’Abrams : l’alien est loin d’être aussi gentil qu’E.T., il y a quand même de beaux effets spéciaux et de la tension (même si rien d’extrême, c’est un film familial à la base).

L’hommage de J.J. n’est cependant pas parfait : quelques défauts viennent entraver le visionnage du film : la fin est assez mielleuse même si elle devrait plaire aux plus jeunes ; l’explication sur la présence de l’Alien sur terre est un peu décevante et quelque peu banale comparée au bordel monstre et apocalyptique que la créature crée dans la petite ville. Je sais que c’est un hommage mais bon sur ce coup-là il aurait pu mieux faire, après tout il a écrit un truc aussi tordu que Lost!

Reste que J.J. Abrams vient de créer là un film mieux que ce que tout Spielberg a pu sortir ces dix dernières années. Une bonne vraie vieille aventure qui ne s’égare pas dans l’humour merdique ou dans une leçon de bondieuserie, avec des personnages frais et attachants (aucune tache dans le casting), et surtout un divertissement qui plaira à presque toutes les tranches d’âge.

The Devil’s Rejects (2005)

Deux ans auparavant, House of 1000 Corpses nous entraînait dans les folles et furieuses aventures d’une famille pas vraiment comme les autres. Rob Zombie s’illustrait alors pour la première fois en tant que réalisateur, et si le bilan de cette première expérience aura été mitigé en termes de critiques, le public a quant à lui réagit de façon plutôt positive face à un film reçu à l’époque comme une bouffée d’air frais pour le cinéma Horrifique.

Il n’en fallait pas plus pour mettre en chantier la suite directe de ce succès commercial, et c’est donc sans (grande) surprise que The Devil’s Rejects voit le jour en 2005. Bon, revenons un peu sur les origines de cette fiction.

Ce qu’il faut savoir avant toute chose, c’est que cette suite ne continue aucunement la précédente histoire entamée (qui était déjà terminée de toutes façons), vous pouvez donc regarder ce second volet sans avoir jeté un œil au premier, vous ne serez absolument pas perdu. The Devil’s Rejects reprend les mêmes protagonistes, la même famille, la même maison, les mêmes ficelles, le même humour… Sauf que cette fois il y a un scénario ! Et des séquences originales même, si si je vous le jure !

Le Shérif John Wydell, dont le frère a été assassiné par le Captain Spaulding, est bien décidé à se venger.

 

Très nette évolution en comparaison de la précédente réalisation de Rob Zombie, qui gomme avec cette suite tous les défauts de son aînée. Finies les errances, exit les clichés, bonjour l’Amérique et ses routes ensoleillées !
Nous sommes cette fois du coté des « méchants », les Devil’s Rejects en question sont bien connus du public puisqu’il s’agit tout simplement de la famille Firefly, résidents et propriétaires de la Maison des 1000 Morts, accompagnés désormais de ce clown douteux qu’est le Captain Spaulding. Pourchassés pour leurs crimes et leur train de vie peu orthodoxe, la joyeuse troupe se retrouve en cavale et n’a pas d’autre alternative que de s’enfuir au plus vite de l’état.

C’est donc un Road-Movie sanglant, violent, sexy, drôle et inattendu qui démarre en trombe pour ne jamais ralentir, et ce pour notre plus grand plaisir. Moins glauque que son prédécesseur, plus gore que ce dernier, plus amusant et surtout mieux rythmé, The Devil’s Rejects s’adresse à un public bien plus large, j’irais même jusqu’à dire connaisseur ou non du cinéma Horrifique, car c’est justement là la force de ce film : mixer habilement un nombre très important d’influences pour ne tirer que le meilleur de chacune et proposer un divertissement mémorable qu’on prendra souvent plaisir à voir et revoir. Et de ce point de vue, c’est totalement réussi.

Bill Moseley dans le rôle d'Otis a gagné une barbe dans cette suite, en revanche, il a perdu quelques cases de plus.

 

Rob Zombie a réussi à faire table-rase du passé et repartir sur des bases totalement nouvelles, pour finalement proposer une fiction unique, et l’inscrire de ce fait comme l’une des productions Horrifique les plus rafraîchissantes des dix dernières années, assurément. Comme je l’ai dit plus haut, The Devil’s Rejects est un concentré de tout ce que l’on aime dans le cinéma d’Exploitation, qu’il soit moderne ou non.

La bande-son est une fois de plus très soignée, toujours bien accordée à l’action et soutenant avec brio le périple des trois timbrés à l’écran. The James Gang, Lynyrd Skynyrd, Buck Owens, Joe Walsh ou encore The Allman Brothers Band… Le réalisateur nous prouve de fort belle manière son bon goût pour le Blues Rock et les racines du Hard. La compilation de classiques proposée ravira à n’en pas douter les aficionados du genre.

Les timbrés sus-cités, eux, crèvent totalement l’écran avec une performance encore plus marquante qu’auparavant, Sid Haig est absolument déchaîné et sort des répliques cultes à tour de bras ( « What’s the matter kid, don’t you like clowns ? Why ? Don’t we make ya laugh, aren’t we fuckin’ funny ? » ), Bill Moseley pousse à son paroxysme son personnage d’Otis, maniaque violent, cynique et dérangé, et Sheri Moon Zombie, quant à elle, use à nouveau à merveille de ses atouts naturels… Oui bon, elle joue mieux aussi, et surtout, ne se comporte plus comme une gamine attardée, c’est un bon point !

Ah, lui, il n'aime pas les clowns apparemment, chose qui ne plaît pas vraiment au Captain Spaulding.

 

Au niveau de la réalisation, le film se veut plus classique et surtout moins hallucinogène que son prédécesseur : les plans ultra-saturés et les mini-clips n’ayant aucun rapport direct avec l’intrigue ont été supprimés pour plus de cohérence, l’aspect « malsain » est bien moins exploité visuellement et laisse place à des scènes tout aussi tendues, optant pour une violence plus psychologique désormais (la fameuse prise d’otages). Au final, Rob Zombie a changé de direction horrifique et livre ici un bilan plus solide et convainquant que précédemment, on perds en personnalité pour gagner en intérêt et ce n’est honnêtement pas plus mal.

 

En résumé ? Si vous avez aimé House of 1000 Corpses, vous aimerez The Devil’s Rejects. Si vous n’avez jamais vu le premier méfait, ce second opus vous donnera sûrement envie de le voir. Enfin, si plus généralement vous êtes un amateur d’Horreur, d’humour noir, de Road-Movies et de vieux Rock, vous serez aux anges avec cette production déjà culte des années 2000, cocktail détonnant et dépaysant réalisé d’une étonnante main de maître par un artiste souvent controversé dans son milieu.
Rob Zombie, meilleur réalisateur que musicien ? C’est encore un peu tôt pour le dire, mais The Devil’s Rejects est sans conteste l’un des hauts-faits de sa carrière.

Chapeau le Zombie.