Anathema – Weather Systems (2012)

Ça y est ! Les Anglais sont de retour et plus vite que prévu avec un nouvel album et… Qui ça ? Bah Anathema évidemment ! Pour la petite histoire, la formation emmenée par les deux frères (maintenant trois) Cavanagh a évolué du Death Doom Metal (dont il est un des pionniers avec des groupes comme Paradise Lost, Katatonia, My Dying Bride), à du metal gothique (leur période de gloire : Alternative 4, Judgement) et est désormais le groupe de rock progressif/alternatif qu’on connaît aujourd’hui.

Avant de revenir en 2010, Ils ont tout de même eu une grosse période d’incertitude suite à la suppression de leur label (Music For Nations) et n’a sorti aucun album pendant 7ans après un A Natural Disaster très mélancolique et abandonnant presque toute notion de Metal.

La surprise fut donc grande quand We Are Here Because We Are Here (oui ce titre d’album est vraiment naze à chier) fut finalement définitivement confirmé après moult reports en tout genre. Les frères étaient revenus, avec en plus une tournée énorme (sans doute mon plus beau concert), et avec un album… très étrange.

Anathema, même s’il avait abandonné le metal petit à petit était toujours resté très dépressif, en témoigne A Natural Disaster triste et ultra-nostalgique d’un bout à l’autre. Leur nouvel effort de 2010 est quant à lui très… optimiste ! Lumineux, au son clair, plus organique, les paroles très rarement « tristes » ou alors de façon aussi positive (Angels Walk Among Us).

L’album n’était évidemment pas une ode à la joie, la musique est nostalgique, mélancolique, mais Anathema semble enfin voir la lumière au bout du tunnel, donnant à sa musique un nouvel ingrédient qui a rebuté de nombreux auditeurs.

Le nouveau bébé des Cavanagh ne revient pas en arrière… Cela veut-il dire que ceux qui ont détesté We Are Here… ne vont pas aimer le dernier ? Ce n’est pas dit…

Nos amis les Rouquins (ils sont roux, évidemment, ils viennent d’Angleterre /racisme off) ne sont des paresseux et changent leur formule à quasiment tous les albums. Anathema réitère donc avec un album optimiste mais vachement mieux dosé et très différent.

Eh oui, le mélange Lumière/Nostalgie/Mélancolie/Espoir donne souvent naissance à des morceaux hybrides commençant dans la tristesse et finissant dans la « joie » et vice/versa, le groupe jouant beaucoup avec les crescendos. Et comme dans We Are Here, certains morceaux aux mélodies pourtant déprimantes ou apaisantes ont des thèmes définitivement optimistes.

Même si certains titres ne font pas de compromis dans les sentiments, l’impression de dualité persiste tout au long du disque : The Gathering Of The Clouds, triste, grandiloquente s’emboîte dans Lightning Song ,la chanson la plus « joyeuse » du groupe, il suffit de tendre l’ oreille vers les paroles. Le son sur ce morceau donne aussi une impression de « rayon de soleil », de chaleur, de renouveau, un peu à la Thin Air ou à la Dreaming Light, le chant féminin très puissant et évocateur renforce cette ambiance typique des derniers Anathema.

Cette dualité on la retrouve sur presque tous les morceaux, et à tous les niveaux. The Storm Before The Calm, au départ singulier pour le groupe, un peu (vraiment UN PEU) électro, avec une mélodie entêtante qui monte, monte… Et puis s’arrête dans un grésillement. La deuxième partie redémarre dans un registre classique, mais qui va aussi monter en crescendo, de la tristesse vers la lumière…

Un point qui risque de fâcher par contre, c’est le chant… Car Vincent Cavanagh laisse de plus en plus de place à la chanteuse Lee  Douglas qui chante intégralement Lightning Song, qui apparaît sur presque tous les morceaux à l’exception de The Beginning And The End et Untouchable Part 1. Ca m’a un peu chiffonné lors de mes premières écoutes, j’adore le chant de ce foutu rouquemoute, mais force est de constater que la Dame se débrouille très bien dans tous les registres : elle insuffle la lumière de Lightning Song, donne toute la mélancolique de Untouchable Pt. 2, et fait des merveilles quand elle chante en duo. Mais malgré tout (et sans sexisme), il faut bien avouer que tant de chant féminin donne un aspect parfois très niais à la musique, mais rassurez-vous, Weather Systems sent vraiment beaucoup moins la guimauve que We Are Here…

Pour refaire une comparaison avec le précédent skeud, qui était très progressif et très atmosphérique, WS renoue avec des moments plus « puissants », le single The Beginning and The End qui commence calmement mais qui explose bien vite, Cavanagh crie presque son  « Silence Is Raging », ou encore sur The Storm before The Calm, où il s’époumone « This Is Fucking Insane » avant une reprise fracassante des violons et de la guitare. Ce n’est peut-être pas grand-chose comparé à Violence, Judgement ou Pulled Under at 2000 metres a second, mais ça reste très agréable, et ça manquait beaucoup à son prédécesseur.

Les gars de Liverpool ont peut-être abandonné le metal, mais ont rajouté de nouvelles choses depuis A Natural Disaster : un aspect atmosphérique qu’on retrouve ici sur un duo final de chansons très belles (The Lost Child, la seule chanson entièrement triste de l’album) et Internal Landscapes qui démarre sur un spoken word d’un vieil homme expliquant son Near Death Experience pour partir sur un morceau très calme, très optimiste (surtout au niveau des paroles), pour se fermer comme il a commencé.

La petite « nouveauté » que j’ai remarqué dans cet album c’est peut-être… une sorte de grandiloquence : beaucoup de violons, un chant plus maniéré, des effets mélodramatiques plus présents, je pense à The Gathering Of The Clouds, avec l’orage en intro, les violons, le duo de chant très puissant… C’est quelque chose qu’on n’avait pas souvent vu dans les précédents Anathema mais qui pointe de son nez dans WS.

Les frères Cavanagh démontrent encore une fois leur talent au travers d’un disque, qui certes, reprend la dualité mélancolie/espoir du précédent,  mais en lui insufflant des nouveaux éléments, et surtout avec un dosage judicieux. L’album est un miroir de presque tous les sentiments possible à l’écoute de la musique, et s’écoute d’une traite sans aucun problème grâce à son double-visage. Ce disque il représente un peu « le beau », comme peut l’être un couché de soleil magnifique sur une belle journée, ou ce genre de conneries d’un poète improvisé de skyblog.

Anathema a changé, Anathema a évolué, mais Anathema en a toujours sous le capot, et Weather Systems est un très très bon album et il risque encore de tourner beaucoup !

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Une réponse à “Anathema – Weather Systems (2012)

  1. trushx 8 novembre 2012 à 17:51

    Alternative 4 et Judgement du métal gothique ? Pas pour moi, ils avaient déjà clairement pris leur virage rock « atmosphérique/alternatif ».

    En tout cas merci d’avoir fait un post sur ce groupe fabuleux :). J’ai assisté à mon septième concert la semaine dernière et c’était encore un moment unique et plus émotif que tous les groupes que j’ai pu voir, je ne m’en lasserai jamais !

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