Archives Mensuelles: décembre 2011

Akira Yamaoka – Contra: Shattered Soldier Soundtrack (2002)

AKIRA YAMAOKAContra: Shattered Soldier (2002)

C’est un travail assez surprenant et très particulier qu’aura fourni Akira Yamaoka sur la Bande-Son de Contra: Shattered Soldier (Shin Contra dans sa version originale). Absolument aucune comparaison possible avec le matériel réalisé pour une autre grande saga de Konami, à savoir Silent Hill, la soundtrack de cet épisode de Contra sorti sur Playstation 2 se base sur des gros riffs, des tempos énervés qui pulsent à fond la caisse et une brillante touche plus électro, composée en collaboration avec Sota Fujimori. Il aurait été quelque peu étonnant et déplacé de composer du Dark Ambient pour un jeu aussi sauvage que Contra, vous l’avouerez…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la soundtrack est à l’image du jeu : violente et addictive. De prime abord, c’est bourrin, baveux et parfois même brouillon, comme souvent jouer au jeu est recommandé pour pleinement apprécier ce qui nous est proposé, et c’est là que l’on se rend compte que Yamaoka a brillé une fois de plus. Tout à fait convaincante et extrêmement speed, la bande-son du jeu permet d’offrir un regard différent sur cet excellent compositeur qui prouve avec brio qu’il ne se limite pas seulement à son domaine de prédilection, mais sait également négocier avec aisance un virage à 180° pour un style totalement éloigné de ce qui l’a fait connaître.

A jeu Badass, compositeur Badass: pas pour rien que Yamaoka est l'un des plus reconnus du genre...

Evidemment, comme le jeu a honteusement manqué de soutien à sa sortie, peu de gens savent que Yamaoka est derrière cette soundtrack, tout comme peu de gens ont joué à cet épisode de Contra qui s’est vite imposé comme l’un de mes préférés. Moi-même d’ailleurs je n’ai su que très récemment qui en était le compositeur… La surprise fût de taille.
Certainement pas son meilleur travail, n’abusons pas tout de même, mais une bande-son de très bonne facture qui s’écoute avec plaisir. Le remix « Islands » du thème original de Contra est un bijou qui ravira les amateurs de longue date.

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Danzig – Danzig IV (1994)

DANZIGDanzig IV (1994)

Cet album est la preuve qu’une écoute n’est pas suffisante dans beaucoup de cas pour pleinement saisir l’intérêt d’un disque ou du travail proposé par un musicien: je trouvais cet album particulièrement long, pénible et sans inspiration à ma première écoute. Danzig serait-il hors système ? Ce quatrième album ne serait-il pas un pas de trop pour le colosse ? Hé bien non, fausse alerte !

Danzig IV est une continuation normale du précédent volume, la musique du groupe change, les années aussi, et le son s’en retrouve amélioré, modifié, plus complexe… Les tempos sont plus lents, les mélodies plus intimistes, le coté Heavy moins marqué… Danzig n’a pas viré Doom pour autant, ni même Gothic, mais s’en rapproche dirais-je. « Little Whip » illustre à merveille cette nouvelle direction artistique, moment fort de l’album pour ma part.

Line-Up d'origine du groupe.

L’album entier gravite sur un rythme très posé, les compositions sont bien plus softs que par le passé, parfois même étonnantes ou dérangeantes, « Sadistikal » n’aurait par exemple pas volé sa place dans la bande-son d’une production Porno-Gore distribuée sous le manteau. Oui oui, rien que ça. Pour le reste, « Stalker Song » fait partie de mes morceaux préférés avec un Danzig plus convaincant que jamais dans un registre « blasé badass » que j’apprécie particulièrement chez lui.

Faisons abstraction des 15 prochaines années pour le groupe, assez noires et creuses, et regardons ce quatrième opus comme une très belle façon de boucler la boucle: Danzig ne sortira plus d’albums aussi convaincant jusqu’au récent Deth Red Saboath et nous livre ici son travail le plus intimiste, sombre, et nébuleux. Le genre de disque qui accompagne parfaitement un matin pluvieux, gris et maussade.

Mais de la bonne façon, heureusement.