Septic Flesh – The Great Mass (2011)

 

Ah, la Grèce… Ses paysages, sa culture, ses îles, ses dettes, ses grèves, son soleil, ses plages, sa gastronomie… sa scène Metal!
Eh oui, le pays de Zeus (si vous me permettez) propose quelques groupes de très bonne qualité, dans les moins connus on peut retrouver Nocternity et son Black Metal Atmosphérique, Dead Congregation et son Death Metal occulte et viscéral…

Du côté des célébrités on retrouve évidemment Rotting Christ, formation dont la musique a fortement évoluée d’un bout à l’autre de sa carrière… Et nous avons aussi Septic Flesh qui comme son collègue, a beaucoup changé, commençant dans un registre Doom/Death onirique rempli de gothique et de classique, le tout souvent basé sur la mythologie. Aujourd’hui Septic Flesh officie dans le Death Metal Symphonique épique, et s’il a laissé le Doom derrière lui, il n’a pas tout abandonné du reste.

Après un Revolution DNA hésitant où l‘électronique remplaçait le classique, Sumerian Daemons avait définitivement marqué la cassure vers une musique plus agressive : Death orchestré, mythologique à l‘ambiance gothique, tragique proposant son lot de gros riffs… Le ton était donné. Est ensuite venu Communion, un album court, symphonique, rapide et très incisif, le gothique était relégué à tout au plus quelques refrains.

Cuir, cuir, cuir, moustache!

En 2011, voilà qu’arrive le petit nouveau, The Great Mass, album attendu par les fans, largement teasés par les commentaires du leader annonçant un album épique dont les mouvements grandiloquents seraient opérés par l’orchestre philharmonique de Prague, un disque servi par un Antoniou récemment sorti avec succès de sa formation en musique classique!

The Great Mass ne changera pas énormément vos habitudes, si vous aviez détesté les deux précédents, ça ne vaut même la peine que vous l’essayez.
La musique profite comme à son habitude d’une production propre et puissante (non pas sans âme) mettant en valeur ce qui doit l’être, un son dans la même veine que celui de Communion même si l’orchestre passe ici au premier plan.

Le groupe a balancé de nombreux trailers et teasers pour promouvoir la sortie de cet album.

La dernière offrande est un puissant alliage de la vitesse et la colère de Communion et de l’aspect tragique, grandiloquent et progressif de Sumerian Daemons. Le groupe n’hésitera pas à vous en mettre plein la gueule comme il n’hésitera pas à être classieux. Si l’album sent bon le frais, il faut bien avouer que la recette n’a pas fortement changé, même si elle a subi quelques améliorations : les ambiances sur le disque sont variées : Mad Architect évoque la folie avec son piano malade en guise d’intro; il y a encore un petit hommage à Lovecraft (The Undead Keep Dreaming); ils se la jouent gothique sur Rising et Therianthropy; A Great Mass of Death bourrine tout en grandiloquence; Oceans of Grey est tragique comme l‘a pu être Faust et la batterie se fait même martiale et tribale sur l‘énorme tube qu‘est Pyramid God!… Bref Septic Flesh ne se repose pas sur ses lauriers et propose un The Great Mass véritablement puissant, avec son identité propre.

Il est certain que certains riffs sont faiblards, mais il est clair qu’ils ont été dessinés pour accompagner l‘orchestre…  Les orchestrations sont d‘ailleurs toutes pertinentes, majestueuses, puissantes, elles évitent aussi le kitsch et sont surtout omniprésentes : une véritable réussite qui envoie les derniers opus de Dimmu Borgir, de Therion et de Fleshgod Apocalypse se rhabiller. Les quelques moments où les instruments classiques sont muets, les guitares jouent toujours dans cette veine gothique qui caractérisent les vieux albums et les quelques titres plus récents (Sunlight Moonlight, Magic Loves Infinity, Dark River…).

Au chapitre des vocaux, nous retrouvons toujours des growls puissants, sachant se faire violents (The Vampire From Nazareth qui déboule comme une bête en furie) ou sachant se fondre dans la grandiloquence et les chœurs pour donner quelque chose d’épique, de tragique,…
Voix très peu présente sur Communion, le chant clair revient bien plus souvent, un chant qui risque d’en rebuter pas mal : assez nasillard, et surtout présent dans les titres gothiques, mais malgré tout, une grosse partie de son utilisation reste incantatoire : la fin de The Vampire From Nazareth, le refrain lent et occulte de The Undead Keep Dreaming… Après tout, quoi de mieux qu’une incantation pour un hommage à Lovecraft!

The Great Mass est efficace, frais, propose une recette améliorée alliant le meilleur du Septic Flesh post-2000. Un album qui ravira sûrement les fans de Metal Symphonique de tout poil pas fort gâtés ces deux dernières années et qui a rallié à sa cause nombreux amateurs de Death Metal. Un album majeur et de haute-qualité en cette année finalement assez pauvre. Enjoy!

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