Archives Mensuelles: novembre 2011

Lou Reed & Metallica – Lulu (2011)

2011 est presque écoulée, une année pas bien fameuse pour le Metal où pas mal de grands se sont cassés les dents : Megadeth et son chiant th1rt3en, Morbid Angel et son ridicule Illud Divinum Insanus sonnant comme un sous-Rob Zombie qui aurait mangé un peu de Rammstein, Devin Townsend et son atrocement long et mou Ghost (bien que la fanbase s’en lèche les babines…), et la liste peut encore continuer un petit bout de temps.

Voilà qu’il y a quelques temps, une annonce particulière avait attiré mon regard sur la page d’un webzine metal quelconque : Metallica allait collaborer avec Lou Reed (ancien chanteur des Velvet Underground) pour un concept-album… Qu’attendre d’une nouvelle pareille ? Metallica est devenu médiocre, ne sortant plus que de la merde ridicule (St.Anger, où comment dégoûter définitivement les fans en un disque) ou au mieux des disques « ok » mais quand même pas fameux (Death Magnetic, Load…), bref on est bien loin des légendaires Master of Puppets, Ride The Lightning… Lou Reed quant à lui… Bah, je ne connais pas du tout sa carrière solo, et je n’ai jamais écouté énormément les Velvet Underground (honte à moi oui), donc je m’abstiens de faire des commentaires. Toujours est-il qu’on ne savait pas à quoi s’attendre, et qu’on a pas eu de nouvelles pendant un petit bout de temps…

Puis sont venues plusieurs interviews et leur site web où Metallica et Lou Reed ne cessaient de se féliciter de Lulu, que personne n’avait jamais fait quelque chose comme ça, que c’était un hybride, un nouvel animal, une « réinvention de la roue » (je ne crée rien, tout est là dans leur site web!), Lou Reed a même été jusqu’à dire : « Ceci est la meilleure chose que j’ai jamais faite, et je l’ai fait avec le meilleur groupe que j’ai pu trouver sur cette planète. Tous ceux qui y étaient impliqués étaient honnêtes, ceci est venu au monde de façon pure. Nous avons poussé aussi loin que nous avons pu dans les limites du possible. »
Finalement, quelques semaines avant la sortie de ladite collaboration, ils ont dévoilé l’infernal « The View », des riffs ratés, un Lars Ulrich nul comme un débutant, un Lou Reed fatigué qui raconte une espèce de fable philosophique digne d’un skyblogeur de 15ans par-dessus tout ça, et Hetfield qui se prend pour un meuble Ikéa… La vidéo s’est répandue à travers le web comme une trainée de poudre, provoquant pour la plupart des gens l’hilarité et/ou la consternation.

Le public déjà conscient que l’album allait sûrement être une catastrophe n’a pas été rassuré par les informations suivantes : il comporterait deux cds, et durerait 87minutes… Et ce qui devait arriver arriva : Lulu leaka une semaine avant sa sortie officielle… Et nous l’écoutâmes… Dieu nous bénisse.

C'est qu'ils ont l'air de s'y croire.

Lulu est mauvais. Lulu est une horreur monumentale, que dis-je, une erreur intergalactique, Kirk Hammet n’avait pas menti : personne n’avait jamais pondu un truc pareil, personne n’aurait jamais osé avoir une idée aussi sotte, et l’hybride tant auto congratulé par Metaloureed relève plus d’un enfant consanguin tricéphale éructant qu’un disque de génie.

Mais pourquoi Lulu est-il si mauvais ? Tout d’abord, le concept, l’idée, la chose : Grossièrement, ce disque, c’est Lou Reed qui parle de façon ultra-monotone au-dessus de la musique produite par Metallica : les histoires qu’il raconte sont définitivement nazes, irritantes, les effets dans sa voix font penser à un vieux fou sénile, qui parfois se paye des délire cosmiques : Cheat On Me et son texte débile, Pumping blood où il crie le titre pendant un long moment comme quelqu’un qui aurait fait tomber son savon dans les douches d’Alcatraz ou encore Frustration où il répète « I want so much to hurt you » avec Lars Ulrich qui fait le clown sur ses fûts.

De temps en temps, notre ami James (Gimme Food, Gimmes Fries, Gimme salad on the sides) vient faire écho à Papy Lou. Il se contente de répéter ce que Papy vient de dire avec sa voix pop-mielleuse directement venue de (Re)-Load, et quelques fois dans le disque il se paye quelques lignes de chant bien pourries : dans le premier morceau, Monsieur s’époumone en criant « Small Town Girl! » ou raconte qu’il est une table, ce genre de chose.

Secundo, la partie instrumentale est aussi ridicule : un bassiste ? Où ça ? C’est vraiment con d’engager un gars qui sort d’Infectious Grooves pour le rendre muet comme une carpe… Deuxième gros point noir, c’est la batterie : le gus sonne comme un débutant, sérieusement, je suis sûr que n’importe quel batteur avec au moins six mois d’exercices derrière lui peut reproduire toutes les structures rythmiques de Lulu : et dire qu’il sort d’une école de musique réputée ! Les guitares sont évidemment mauvaises, si quelques idées sympas émergent, elles sont tout de suite noyées soit dans leur propre longueur, soit dans un enchaînement sans queue ni tête. Le disque vous servira un semblant de pop (la première piste, Iced Honey), une ballade débile (qui dure quand même 19minutes), un peu de Metal (The View, Mistress Dread), et Metalouca pense même avoir invité le Post-Rock! Incroyable ! Ils font trainer quelques accords de guitare inquiétants/atmosphériques, un peu de violon, et ça y est, il en faut pas plus pour que le combo s’éternise sur ces minis-trouvailles… Junior Dad et ses 19minutes se compose de quelques arpèges de guitare, et de quelques notes de violons, et bordel, ça dure 20minutes, mais de qui se moque-t-on ? D’ailleurs, voilà le point final pour justifier l’indignation totale : ce disque est d’une longueur abominable : toutes les chansons auraient pu être réduite de moitié, et dans certains cas être rabotés d’un bon 2/3, mais d’où vient ce foutu syndrome débile qui consiste à répéter dans le même titre trois fois la même chanson ?

Vous mettez le tout ensemble dans une boite, vous secouez très fort : et vous obtenez Lulu, alias l’ennui et la connerie personnifiés. Ce n’a même pas l’atout d’être marrant comme le dernier nazi-paillettes Morbid Angel , c’est juste… je sais pas… merdique, c’est aberrant de faire un truc pareil et de se féliciter sur son propre site web de la qualité, de la magnificence  de son produit. Lulu, c’est de la pure science-fiction et ils n’avaient pas menti sur toute la ligne : personne n’avait sorti quelque chose de la sorte, et j’espère que plus personne ne le fera.

La Lulu Team, pire qu'un rickroll, pire qu'un viol.

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Septic Flesh – The Great Mass (2011)

 

Ah, la Grèce… Ses paysages, sa culture, ses îles, ses dettes, ses grèves, son soleil, ses plages, sa gastronomie… sa scène Metal!
Eh oui, le pays de Zeus (si vous me permettez) propose quelques groupes de très bonne qualité, dans les moins connus on peut retrouver Nocternity et son Black Metal Atmosphérique, Dead Congregation et son Death Metal occulte et viscéral…

Du côté des célébrités on retrouve évidemment Rotting Christ, formation dont la musique a fortement évoluée d’un bout à l’autre de sa carrière… Et nous avons aussi Septic Flesh qui comme son collègue, a beaucoup changé, commençant dans un registre Doom/Death onirique rempli de gothique et de classique, le tout souvent basé sur la mythologie. Aujourd’hui Septic Flesh officie dans le Death Metal Symphonique épique, et s’il a laissé le Doom derrière lui, il n’a pas tout abandonné du reste.

Après un Revolution DNA hésitant où l‘électronique remplaçait le classique, Sumerian Daemons avait définitivement marqué la cassure vers une musique plus agressive : Death orchestré, mythologique à l‘ambiance gothique, tragique proposant son lot de gros riffs… Le ton était donné. Est ensuite venu Communion, un album court, symphonique, rapide et très incisif, le gothique était relégué à tout au plus quelques refrains.

Cuir, cuir, cuir, moustache!

En 2011, voilà qu’arrive le petit nouveau, The Great Mass, album attendu par les fans, largement teasés par les commentaires du leader annonçant un album épique dont les mouvements grandiloquents seraient opérés par l’orchestre philharmonique de Prague, un disque servi par un Antoniou récemment sorti avec succès de sa formation en musique classique!

The Great Mass ne changera pas énormément vos habitudes, si vous aviez détesté les deux précédents, ça ne vaut même la peine que vous l’essayez.
La musique profite comme à son habitude d’une production propre et puissante (non pas sans âme) mettant en valeur ce qui doit l’être, un son dans la même veine que celui de Communion même si l’orchestre passe ici au premier plan.

Le groupe a balancé de nombreux trailers et teasers pour promouvoir la sortie de cet album.

La dernière offrande est un puissant alliage de la vitesse et la colère de Communion et de l’aspect tragique, grandiloquent et progressif de Sumerian Daemons. Le groupe n’hésitera pas à vous en mettre plein la gueule comme il n’hésitera pas à être classieux. Si l’album sent bon le frais, il faut bien avouer que la recette n’a pas fortement changé, même si elle a subi quelques améliorations : les ambiances sur le disque sont variées : Mad Architect évoque la folie avec son piano malade en guise d’intro; il y a encore un petit hommage à Lovecraft (The Undead Keep Dreaming); ils se la jouent gothique sur Rising et Therianthropy; A Great Mass of Death bourrine tout en grandiloquence; Oceans of Grey est tragique comme l‘a pu être Faust et la batterie se fait même martiale et tribale sur l‘énorme tube qu‘est Pyramid God!… Bref Septic Flesh ne se repose pas sur ses lauriers et propose un The Great Mass véritablement puissant, avec son identité propre.

Il est certain que certains riffs sont faiblards, mais il est clair qu’ils ont été dessinés pour accompagner l‘orchestre…  Les orchestrations sont d‘ailleurs toutes pertinentes, majestueuses, puissantes, elles évitent aussi le kitsch et sont surtout omniprésentes : une véritable réussite qui envoie les derniers opus de Dimmu Borgir, de Therion et de Fleshgod Apocalypse se rhabiller. Les quelques moments où les instruments classiques sont muets, les guitares jouent toujours dans cette veine gothique qui caractérisent les vieux albums et les quelques titres plus récents (Sunlight Moonlight, Magic Loves Infinity, Dark River…).

Au chapitre des vocaux, nous retrouvons toujours des growls puissants, sachant se faire violents (The Vampire From Nazareth qui déboule comme une bête en furie) ou sachant se fondre dans la grandiloquence et les chœurs pour donner quelque chose d’épique, de tragique,…
Voix très peu présente sur Communion, le chant clair revient bien plus souvent, un chant qui risque d’en rebuter pas mal : assez nasillard, et surtout présent dans les titres gothiques, mais malgré tout, une grosse partie de son utilisation reste incantatoire : la fin de The Vampire From Nazareth, le refrain lent et occulte de The Undead Keep Dreaming… Après tout, quoi de mieux qu’une incantation pour un hommage à Lovecraft!

The Great Mass est efficace, frais, propose une recette améliorée alliant le meilleur du Septic Flesh post-2000. Un album qui ravira sûrement les fans de Metal Symphonique de tout poil pas fort gâtés ces deux dernières années et qui a rallié à sa cause nombreux amateurs de Death Metal. Un album majeur et de haute-qualité en cette année finalement assez pauvre. Enjoy!