Rien à Déclarer (2011)

« Bienvenue chez les Ch’tis », véritable épidémie à travers la France et la Wallonie au box-office, battant pas mal de records, dépassant même l’excellente comédie qu’est la Grande Vadrouille… Un succès assez immérité : Dany Boon nous livrait un film plus que moyen, assez niais, avec pour gros lot une histoire d’amour ridicule. Pourquoi un tel succès ? Parce qu’il s’aventurait sur une partie de la France méconnue et mal-aimée ? Parce qu’il surfe sur les clichés Ch’tis ? Parce que ça fait rire Marcel de voir deux facteurs complètement ivres tombant par terre ? (Désolé à tous les Marcel qui nous lisent). En tant que fier chroniqueur belge, j’ai décidé de regarder le nouvel essai du Boon qui s’attaque en partie à mon pays !

Après un tel amas de fric, notre ami Ch’ti a donc décidé de recommencer avec Rien à Déclarer… L’histoire se déroule avant la fin des frontières européennes, et prend place entre la France et la Belgique. Benoit Poelvoorde (acteur belge bien connu, qui a commencé sa carrière avec l’énorme « C’est arrivé près de chez vous » et qui est maintenant réduit à tourner dans des Astérix et Obélix fumeux) campe donc un douanier belge hautain anti-français, horrifié par l’abolition des frontières, laissant donc entrer les trafiquants de drogue et surtout bah, les Français. Dany Boon lui campe aussi un douanier mais français, évidemment, il a une aventure secrète avec la sœur de son coéquipier belge, et va tout faire pour s’accorder avec lui, afin de pouvoir l’épouser.

Rien qu’à ces lignes, le lecteur averti aura compris que le français du nord commet exactement les mêmes bourdes que son grand-frère, mais soit, je vais vous expliquer ça en détail. Néanmoins, Rien à Déclarer vous arrachera sûrement quelques sourires : des situations cocasses ma foi bien réussies, un Benoit Poelvoorde dans son élément en tant que sale connard,  une première partie amusante, certains personnages vraiment sympas et attachants (si, si), et une caméra plus habile qu‘auparavant.
Un autre point qui va sûrement en amuser certains et en irriter d’autres : les stéréotypes énormes, et ce des deux côtés de la frontière : un couple franco-belge tenant un café : la femme française hautaine et méchante, le belge con et gentil, le trafiquant de drogue vilain, et son sous-fifre débile qui rate tous ses passages en fraude (ce qui donnera un moment d’humour gras assez bête), un arabe illettré…

Mais en contrepartie, énormément de fautes sont faites : le scénario c’est Bienvenue chez les Ch’tis bis avec quelques ajouts : la Belgique devient le Sud, Poelvoorde est Kad Merad, les facteurs sont des douaniers… Si vous attendiez quelque chose d’original, repassez, sûrement poussé par le succès de son précédent métrage, le Ch’ti tombe dans le piège du « en revoilà un deuxième Marcel! » (encore désolé pour les Marcel).

Et mi, j'suis un bon (f)acteur, hein !

Si la première moitié est assez sympathique, la deuxième ennuie, s’occupant de détails dont le spectateur se moque : les scènes d’amour sont chiantes, mal amenées, hors-propos mais ne sont en fait que la partie émergée de l’iceberg qu’est la plaidoirie antiraciste de Dany Boon. Elle alourdit le film d’une manière incroyable, plongeant les vingt dernières minutes dans les abysses profondes du ridicule et donne lieu à l’une des scènes finales les plus mauvaises du cinéma français. En fait c’est simple, pendant la deuxième partie, on ne fait qu’un voyage d’ennui parsemé de gags plus ou moins marrants (certains jeux de mots sont pitoyables, enfin, vous le verrez vous-même) dont la destination certaine est le happy end foireux. Et c’est exactement ce qui arrive.

Dany Boon livre avec son nouveau film quelque chose qui avait du potentiel mais qui s’embourbe dans la paresse et dans son message aussi subtil qu’un pet retentissant en pleine minute de silence. Si ça vous arrachera quelques sourires, le métrage inégal vous plongera surtout dans l’ennui, un film à regarder un mercredi soir sur TF1, mais ne déboursez pas un rond pour le voir : ça leur apprendra aux réalisateurs, d’être des connards paresseux.

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2 réponses à “Rien à Déclarer (2011)

  1. Maxime Simoncelli 29 septembre 2011 à 23:05

    Dans un même film Dany Boon et une moustache, c’est trop pour moi …

  2. Hycarius 12 octobre 2011 à 12:59

    C’est vrai qu’on a ici un Bienvenue chez les Ch’tis², mais personnellement j’ai trouvé le film sympa.
    Cependant, je ne suis pas d’accord concernant Bienvenue chez les Ch’tits, pour moi, c’est un film fait pour les habitants du Nord de la France, ou ceux qui y sont allés, et ça aurait pas dû être prit comme un film qui voulait concurrencer les plus grosses productions, mais ça n’est pas le sujet (et si je peux me permettre, la grande vadrouille et également un film niais !)

    Rien à déclarer commence bien, cependant au fil du film, ça part en cacahuète (notamment avec la voiture douanière)… Plusieurs choses sont à revoir, mais ça reste un film sympa à voir en famille, rien de plus ! Très bonne critique sinon, bien fondée, c’est agréable de voir autre chose que des « c nul » !

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