Archives Mensuelles: septembre 2011

Rien à Déclarer (2011)

« Bienvenue chez les Ch’tis », véritable épidémie à travers la France et la Wallonie au box-office, battant pas mal de records, dépassant même l’excellente comédie qu’est la Grande Vadrouille… Un succès assez immérité : Dany Boon nous livrait un film plus que moyen, assez niais, avec pour gros lot une histoire d’amour ridicule. Pourquoi un tel succès ? Parce qu’il s’aventurait sur une partie de la France méconnue et mal-aimée ? Parce qu’il surfe sur les clichés Ch’tis ? Parce que ça fait rire Marcel de voir deux facteurs complètement ivres tombant par terre ? (Désolé à tous les Marcel qui nous lisent). En tant que fier chroniqueur belge, j’ai décidé de regarder le nouvel essai du Boon qui s’attaque en partie à mon pays !

Après un tel amas de fric, notre ami Ch’ti a donc décidé de recommencer avec Rien à Déclarer… L’histoire se déroule avant la fin des frontières européennes, et prend place entre la France et la Belgique. Benoit Poelvoorde (acteur belge bien connu, qui a commencé sa carrière avec l’énorme « C’est arrivé près de chez vous » et qui est maintenant réduit à tourner dans des Astérix et Obélix fumeux) campe donc un douanier belge hautain anti-français, horrifié par l’abolition des frontières, laissant donc entrer les trafiquants de drogue et surtout bah, les Français. Dany Boon lui campe aussi un douanier mais français, évidemment, il a une aventure secrète avec la sœur de son coéquipier belge, et va tout faire pour s’accorder avec lui, afin de pouvoir l’épouser.

Rien qu’à ces lignes, le lecteur averti aura compris que le français du nord commet exactement les mêmes bourdes que son grand-frère, mais soit, je vais vous expliquer ça en détail. Néanmoins, Rien à Déclarer vous arrachera sûrement quelques sourires : des situations cocasses ma foi bien réussies, un Benoit Poelvoorde dans son élément en tant que sale connard,  une première partie amusante, certains personnages vraiment sympas et attachants (si, si), et une caméra plus habile qu‘auparavant.
Un autre point qui va sûrement en amuser certains et en irriter d’autres : les stéréotypes énormes, et ce des deux côtés de la frontière : un couple franco-belge tenant un café : la femme française hautaine et méchante, le belge con et gentil, le trafiquant de drogue vilain, et son sous-fifre débile qui rate tous ses passages en fraude (ce qui donnera un moment d’humour gras assez bête), un arabe illettré…

Mais en contrepartie, énormément de fautes sont faites : le scénario c’est Bienvenue chez les Ch’tis bis avec quelques ajouts : la Belgique devient le Sud, Poelvoorde est Kad Merad, les facteurs sont des douaniers… Si vous attendiez quelque chose d’original, repassez, sûrement poussé par le succès de son précédent métrage, le Ch’ti tombe dans le piège du « en revoilà un deuxième Marcel! » (encore désolé pour les Marcel).

Et mi, j'suis un bon (f)acteur, hein !

Si la première moitié est assez sympathique, la deuxième ennuie, s’occupant de détails dont le spectateur se moque : les scènes d’amour sont chiantes, mal amenées, hors-propos mais ne sont en fait que la partie émergée de l’iceberg qu’est la plaidoirie antiraciste de Dany Boon. Elle alourdit le film d’une manière incroyable, plongeant les vingt dernières minutes dans les abysses profondes du ridicule et donne lieu à l’une des scènes finales les plus mauvaises du cinéma français. En fait c’est simple, pendant la deuxième partie, on ne fait qu’un voyage d’ennui parsemé de gags plus ou moins marrants (certains jeux de mots sont pitoyables, enfin, vous le verrez vous-même) dont la destination certaine est le happy end foireux. Et c’est exactement ce qui arrive.

Dany Boon livre avec son nouveau film quelque chose qui avait du potentiel mais qui s’embourbe dans la paresse et dans son message aussi subtil qu’un pet retentissant en pleine minute de silence. Si ça vous arrachera quelques sourires, le métrage inégal vous plongera surtout dans l’ennui, un film à regarder un mercredi soir sur TF1, mais ne déboursez pas un rond pour le voir : ça leur apprendra aux réalisateurs, d’être des connards paresseux.

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Opeth – Heritage (2011)


Beaucoup de fans ont sonné l’alarme en voyant la pochette de ce nouveau Opeth. Un artwork résolument 70’s ; un arbre avec la tête des membres du groupe, celle du claviériste qui tombe (eh oui le bonhomme a quitté le navire), les racines qui se plantent dans les enfers, et une ville en flamme dont s’enfuient les habitants… On savait que le leader du groupe suédois adorait ces années là, maintenant on ne peut plus en douter.

C’est donc avec logique que ces mêmes fans ont été déçus quand ils ont appris que la musique, à l’instar de la pochette, serait un hommage aux 70’s : pas de death , Mikael dit dans les interviews que ça l’emmerde de growler et qu’il rêvait de pondre ce Heritage depuis ses vingt ans. Un Mikael qui dit aussi qu’il se moquait si les fans ou non aimaient, un Mikael heureux de réaliser son putain de rêve.

Mais un compositeur heureux ne veut pas forcément dire une fanbase heureuse, par exemple, David Vincent est fier de sa dernière grosse merde sonore, et il est sourd aux fans qui protestent sur internet. Est-ce que Mikael auraient-ils les chevilles qui enflent ? Est-ce qu’il fait sa crise de la quarantaine ? J’en sais rien mais en tout cas, il fait pas encore payer ses autographes comme Wilson le fait!

Mikael, un homme bien entouré.

Le virage d’Opeth n’est pas non plus la chose la plus brutale de l’histoire de la musique, c’est pas aussi fort que Celtic Frost qui s’est mis à faire du Glam Gay. Les 70’s étaient bien là dans Damnation (même si légèrement), dans Ghost Reveries, et surtout dans Watershed, album où toutes les pistes (à part Heir Apparent) avaient cette touche old-school dans la production et dans les structures…

Heritage comme son titre l’indique, est un disque qui mélange toutes les influences de ses vieux et vénérables groupes dans une grosse marmite en rajoutant l’épice Opeth. Et ouais, même si le growl est parti, que presque tous les gros riffs se sont fait la malle, on reconnait encore entre mille la patte du groupe. Enfin, c’est difficile à dire : sur ce disque Opeth n’est plus Opeth car il abandonne presque toute sa noirceur (même présente sur Damnation), il abandonne son état d’hybride qui lui a rapporté tant de fans… Mais Opeth reste tout de même Opeth : toutes les caractéristiques du son, les gimmicks, le chant, pas mal de mélancolie, des paroles personnelles…

La musique proposée est souvent calme (entendez par là que c’est du rock progressif, pas que c’est de l’ambient), du piano (intro et outro), quelques percussions, de la flûte (uniquement sur Famine), quelques petites expérimentations qui font plaisir (la venue clavier/guitare sur Nepenthe). Le disque propose quelques explosions bien senties, des ponts musicaux typiques au groupe, l’ambiance sur les longs morceaux est fortement comparable à celle présente sur Watershed. Les morceaux Metal se font rares : ils sont deux, et ce sont les plus courts : Slither, définitivement un Deep Purle Like, et The Lines in My Hand proposant une ligne de basse/batterie foutrement bonne, bien que ce morceau soit loin d’être énervé.
Le meilleur morceau de ce disque reste Folklore, tout à fait bien géré et dont l’outro fait partie d’un des meilleurs moments de l’album

Ce nouveau Opeth est loin d’être chiant comme certains ont pu le croire : les 70’s vues par Mikael reste une expérience fraiche et intéressante proposant son lot de bonnes idées, et comme chaque Opeth (à part Damnation), il faut dompter un minimum le disque pour l’apprécier. Mais l’émotion palpable du groupe durant presque toute la carrière s’effiloche, s’efface au profit de morceaux plus complexes, et en dehors de l’outro de Folklore et de quelques passages, le disque ne montre plus autant de sentiments qu’avant, et perd encore un peu de sa personnalité.

Akerfeldt se fait moins touchant dans sa prestation vocale : dans presque tous ces albums, son chant clair était souvent émouvant (Damnation, Burden, To Bid You Farewell) ou se mélangeait à merveille avec le chant Death (Still Life et Blackwater Park étant l’apogée de cet exercice de style), ici Mikael, même si agréable à l’oreille, est parfois fortement… plat! Häxprocess est le meilleur exemple, le moins bon morceau de Heritage ; ça peine à décoller, le chant n’aide en rien, et le seul moment ‘émouvant’ est avorté au profit d’un pont progressif raté.

Que dire de plus ? L’album qui est un virage naturel dans la musique du groupe : un hommage à ces groupes dont l’héritage est toujours présent dans la musique d’aujourd’hui. C’est du Opeth assurément, avec son lot de bonnes idées, ses gimmicks, sa production, Mikael réalise donc son rêve en gestation depuis, à l’en croire, une vingtaine d’années. C’est une galette mature et bien exécutée, mais en passant, le groupe abandonne une trop grosse partie de son identité, la technique et la maitrise de son sujet donnant lieu à une certaine stérilité musicale à de bien nombreux moments. Heritage est loin d’être naze, il est même bon, parfois très bon, mais il reste à mes yeux le « plus mauvais » Opeth (avec Ghost Reveries) pour toutes ces raisons.

Au final, c’est une bonne chose que Mikael ait fait ce disque : j’espère qu’Opeth en restera là avec les 70’s pures, et qu’il saura à nouveau évoluer vers quelque chose de nouveau, de frais, et d’original, sans pour autant laisser une si grosse partie de son identité derrière lui. Heritage est une bonne expérience et un virage intéressant mais ils doivent bien garder à l’esprit qu’un deuxième essai de ce genre restera certainement au travers de la gorge de nombreux fans.

Lou Reed & Metallica: The View (Single)

J’aurais voulu y croire. Après tout, l’idée avait le mérite d’être surprenante.

Mais, non, remettons les pieds sur terre quelques instants. J’aurais sincèrement voulu croire qu’en 2011, Metallica se serait enfin rendu compte de sa perte de crédibilité auprès des amateurs de musique et plus spécialement sa vraie fanbase (Comprenez par là que xXJérémyBossXx n’y figure pas), mais non, c’était trop demandé venant de la part du groupe le plus puissant au monde.

Une fois de plus, Metallica m’a déçu, et Metallica décevra. Tel est le constat que l’on peut en tirer ce jour-même en découvrant enfin le single entier « The View » extrait de la future collaboration entre Lou Reed et le groupe, bêtement nommée « Lulu ». Déjà, rien que le titre on a l’impression d’être pris pour des cons, je ne sais pas trop, une impression comme ça. Mettons ça sur le dos du concept, après tout, le titre n’est pas encore expliqué, du moins pas clairement. Bref, que dire ?

Les previews s’avéraient déjà fumeuses, le single en lui-même met le feu au pétrole et fait brûler les débris qui résistaient tant bien que mal à l’effet du temps. On a du mal à croire que les auteurs de cette mauvaise blague ont respectivement sorti des albums comme « Transformer » ou encore « Ride The Lightning ».
Comme d’habitude, les plus têtus tenteront tant bien que mal de se convaincre que non, c’est pas si nul, et que c’est même plutôt intéressant cette prise de risque, alors qu’au fond on est tous bien conscients que cet album sentira sûrement le sapin, mais ça c’est juste pour couvrir l’odeur déjà plus dérangeante qu’il reflète réellement.

Je ne vais cela dit pas trop m’avancer, d’une part car cet article concerne uniquement le Single, et d’autre part car personne ici n’a entendu l’album sus-cité en entier.

 

« The View » est donc une supercherie. Le problème, c’est que ce titre a été choisi comme premier Single de « Lulu ». Ce qui laisse entendre que c’est donc normalement l’un des meilleurs titres… Et là ça fait vraiment peur.
Que ce soit la performance de Metallica comme de Lou Reed, l’intégralité du titre fait peine à voir, que ce soit en terme d’inspiration comme de technique. Un mono-riff, un rythme ultra plat (Lars Ulrich strikes again !), un chant en opposition totale avec la musique proposée… La cohérence est tout simplement absente.

Lou Reed délivre une interprétation fade, sans saveur, presque fatigante et comme dit plus haut, hors de propos. Hetfield lui, se contente du minimum et supporte le titre lors des rares passages dynamiques, en nous racontant qu’il est « The Table » ( ??? ), et d’autres conneries de ce genre. Robert Trujillo, je n’en parlerais pas, tout simplement car je suis à peu près certain que lui-même n’est pas au courant qu’il joue dans Metallica, et pour Ulrich, je préfère me taire sous peine d’être grossier. Je vous invite simplement à écouter avec attention sa participation sur le dit Single, vous en tirerez vous-même la conclusion…

En attendant, depuis le début des previews, que ce soit les fans bornés ou ceux qui prennent plus de recul face à un groupe souvent polémiqué, l’ensemble des auditeurs semble désappointé et surtout en colère, la barre de Dislike sur les vidéos officielles des previews parle d’elle-même. Cela me rappelle une récente histoire, avec un groupe de Death Metal pourtant censé représenter l’apogée du genre… Héhé.

 

En résumé ? Une structure rébarbative, une technique absente, un manque d’envie flagrant, une inspiration proche du néant, décidément, Lou Reed & Metallica, c’est pas le grand amour, on se demande donc pourquoi ces deux-là ont copulé bourrés autour d’une Heineken bon marché un soir d’Hiver. Sûrement un pari stupide tiens. En attendant, pour nous les fans, il ne nous reste que les yeux pour pleurer…

Heureusement qu’on a de l’entraînement depuis 15 ans hein !

PS: Vous remarquerez que j’ai même pas fait de blague nulle du genre « Loutallica » ou « Metallouca » ou encore même « Metallilou ».

 

Rosetta, 18/07/11

Rosetta ! En voilà un groupe qu’il est bon, et dont ni Colossalvoid, ni Halkeron, ni moi ne vous avons encore parlé. Bizarre, ça… mais ça viendra ne vous en faites pas !

Ainsi, même si le concert dont je vais vous parler a déjà quelques semaines au compteur, un petit live-report me semble une bonne entrée en matière à Rosetta. En deux mots, de quoi s’agit-il ? D’un groupe américain de sludge (et aussi un petit peu post-rock) dont les chansons traitent de l’espace et du cosmos. Un intérêt qui ne se ressent pas que dans les paroles mais aussi dans la musique, avec un aspect souvent aérien malgré les riffs méga plombés et la voix particulièrement hurlée.

Donc, en ce lundi soir, c’est parti pour une soirée bien hipster, entre connaisseurs. Il va sans dire que la majorité du public présent se retrouvera, cinq jours plus tard, au concert des excellents Neurosis. Pas mon cas, hélas.

Après avoir retrouvé l’ami Halkeron et Vivi (une bourgeoise sludgeuse sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, mais dans un autre article, promis), et après nous être restaurés, nous pénétrons en cette petite salle parisienne, très conviviale au demeurant, qu’est le Klub. On a bien fait d’arriver en avance, la salle se remplira sans discontinuer. Vu la notoriété du groupe dans le genre, la rareté de ses passages en France et la capacité de la salle, nul doute qu’on va être de plus en plus serré.  Et en effet, la marge de manœuvre dont moi et mes camarades disposeront se réduira au fur et à mesure des quatre groupes qui vont se succéder ce soir-là.

On attaque sous les meilleurs auspices avec Zéro Absolu ! Un one-man band venu d’Annecy, plus franchement orienté post-rock. Et notre homme d’assurer toutes ses compos tout seul, un instrument après l’autre, en enregistrant des boucles instrumentales, comme un véritable homme-orchestre.  Comme je pense qu’une vidéo vous parlera plus, voici (je précise toutefois que cette vidéo n’est pas celle de ce lundi soir mais d’une autre date) :

Il paraît que c’est une pratique pas si isolée que ça, mais c’était la première fois que je voyais cela. J’ai été séduit par ce procédé, on pouvait vraiment apprécier la montée en puissance des compos, très solides au demeurant. Je ne me suis pas encore procuré les albums du monsieur, mais c’est prévu, et dans un avenir trèèès proche !

Deuxième groupe : Lost In Kiev ! Encore des français ! Officiant dans le même style,  ils s’emploient à nous faire passer un bon moment et s’en sortent bien.  Chaque morceau contient ses bons moments, et même si je décroche parfois, l’intervention de Mike Armine, vocaliste de Rosetta, achève de me convaincre. La moins bonne première partie à mon sens.

Alors que la foule commence vraiment à se faire compacte, que je squatte les premiers rangs depuis le tout début de la soirée avec un mal de dos qui s’intensifie, s’installe sans tarder City Of Ships. On commence à entrer dans un registre plus violent et hardcore, les compos charclent sévèrement, le vocaliste aussi, quelques pogos éclatent. Le son est clair, puissant, de qualité. Et même si je n’avais pas du tout écouté le groupe avant, j’apprécie quand même la musique proposée et m’échauffe un peu les cervicales avant LA tête d’affiche !

Dernier changement de matos, dernière attente. Je piétine, la salle est remplie jusqu’à la masse critique, l’impatience monte, des bourrés mongoliens lancent « alors ça vient ? on a pas le temps ! on est pas là pour cuire des haricots ! » , et autres preuves d’intelligence.  Si vous lisez ces mots par hasard : allez vous faire foutre (décidément mes live-reports se transforment en règlement de compte).

Bref, Rosetta arrive sous les hourras. Les setlists du groupe américain sont souvent variables, donc on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Mais mon sang ne fait qu’un tour quand je reconnais « Red In Tooth And Claw », issue de l’album « Wake / Lift ». Pour commencer le concert, y’a pas mieux, et l’assistance headbangue comme un seul homme.

Le gros point fort de ce concert, c’était indéniablement la proximité avec le groupe. On peut pas faire mieux dans le domaine. Mike Armine qui vous gueule dessus à bout portant, fendant la foule, allant jusqu’au fond de la salle, revenant, slammant, c’est assez magique. Les vagues pogotiques se déchaînent par instants dans un certain chaos. On manque même de renverser le laptop d’Armine dans tout ce bordel. Niveau setlist, pas tellement de surprises en fin de compte : pas de morceaux du premier album, beaucoup d’extraits du dernier, dont « Release », avec la voix claire du bassiste. La grosse surprise est quand même arrivée en fin de concert, au moment du rappel : alors que tout le monde s’attendait à « Wake », Rosetta nous sort « Monument » ! Une rareté live qui fait bien plaisir. C’est une salle surchauffée et un Mike Armine en sueur, assis au bord de la scène que nous quittons après ce dernier moment de bravoure, pleinement satisfaits par cette très bonne soirée !

(NDLR : j’ai tenté de prendre quelques photos du concert, mais elles sont vraiment piteuses, et je n’en ai pas trouvé d’autres. Donc, va falloir vous contenter de l’affiche pour le moment, navré.)

Super 8 (2011)

J.J. Abrams, l’homme qui s’est  d’abord rendu célèbre par le petit écran. Binoclard dans sa quarantaine, le bonhomme est surtout connu pour les séries Alias et Lost, et au cinéma pour Mission Impossible 3 (qui est mauvais) ,Cloverfield (que je trouve cool mais qui est tout de même très controversé) et Star Trek (que j’ai pas vu).

Le petit gars ne s’est tout de même pas arrêté avec le cinéma et en 2011 voilà que sort Super 8. Le premier teaser était assez énigmatique : une jeep dans la nuit qui fonce sur les rails, un train qui déraille, et quelque chose frappe à la porte d’un wagon renversé qui vole vite en éclat.. L’écran devient noir, un cri de bestiole… Autant dire que ça sentait le Cloverfield 2 et que pas mal de fans étaient septiques, et puis le titre ? Une Super 8 étant un ancien modèle de caméra ,qu’est-ce que ça venait faire dans une histoire de monstre ?

Le deuxième trailer nous corrigea presque tous : le film raconte en fait l’histoire d’une bande de gosses qui tourne un film en Super 8, dont une scène à la petite gare du coin quand ils assistent au crash du train… Très vite on a appris que ce film serait une sorte d’hommage au cinéma d’aventure des 90’s : ces enfants qui vivent des aventures extraordinaires, comme dans E.T, les Goonies…

Super 8 ne s’en cache pas, sa fibre est celle d’un bon vieux Spielberg (avant que celui-ci ne se décide à mettre des aliens dans Indiana Jones). Ces films qui ont fait rêver toute une génération de bambins et de préadolescents avec ces bandes de gamins dont on rêvait de faire parties.

Le film de J.J. démarre de la sorte: on assiste à la réunion des amis et de la famille qui sont venus rendre leurs condoléances suite à la mort de la mère de Joe, broyée dans un accident d’usine… Joe est obligé de vivre avec son père, un sheriff fortement touché par la mort de sa femme et têtu comme un âne qui évidemment ne comprend pas ce que veut son fils. Le gamin malgré tout aide sa bande d’amis à réaliser un film d’horreur amateur. La bande qui est d’ailleurs bien caricaturée : Le gros, le gosse insupportable qui adore faire exploser des trucs, la nana mystérieuse, le peureux,…

Le bousin devient réellement intéressant quand on assiste au crash du train, assez spectaculaire, puis à la libération de l’entité qu’on ne voit tout d’abord pas et qui va semer la panique en ville, surtout quand l’armée va s’en mêler… Un film au scénario classique, avec toutes les valeurs d’un métrage d’aventure familiale : famille, peur, amour, amitié, courage…

Mais Super 8 fait bien son boulot : les gamins sont attachants, que des nouvelles têtes qui ont l‘air d‘être à fond dans leur rôle, il y a de l’humour, parfois assez enfantin, mais qui ne vire jamais dans le gras stupide comme ont pu le faire des navets comme Transformers, des bons sentiments et surtout une aventure, une aventure bien gérée qui monte en puissance. La bête se dévoile petit à petit, terrifie le village, les soldats qui l‘envahissent, on découvre le pourquoi du crash… Du classique avec une petite touche d’Abrams : l’alien est loin d’être aussi gentil qu’E.T., il y a quand même de beaux effets spéciaux et de la tension (même si rien d’extrême, c’est un film familial à la base).

L’hommage de J.J. n’est cependant pas parfait : quelques défauts viennent entraver le visionnage du film : la fin est assez mielleuse même si elle devrait plaire aux plus jeunes ; l’explication sur la présence de l’Alien sur terre est un peu décevante et quelque peu banale comparée au bordel monstre et apocalyptique que la créature crée dans la petite ville. Je sais que c’est un hommage mais bon sur ce coup-là il aurait pu mieux faire, après tout il a écrit un truc aussi tordu que Lost!

Reste que J.J. Abrams vient de créer là un film mieux que ce que tout Spielberg a pu sortir ces dix dernières années. Une bonne vraie vieille aventure qui ne s’égare pas dans l’humour merdique ou dans une leçon de bondieuserie, avec des personnages frais et attachants (aucune tache dans le casting), et surtout un divertissement qui plaira à presque toutes les tranches d’âge.

Metal Méan 2011 : Le Bilan!

Il existe des événements qui sont presque rituels et incontournables pour les fans de Metal. En Belgique, le Metal Méan en fait bien évidemment partie. Où ? Dans la petite commune d’Havelange, perdue dans les vallées et les bois entre Marche-en-Famenne et Durbuy. Quand ? Vers le 20 août en général… Et surtout pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’un festival établi dans un village paisible attire chaque année presque un millier de personnes de Wallonie, de Flandre, et aussi de France ?
Les raisons sont les suivantes : les organisateurs du fest programment des groupes cultes de la scène underground : le Méan a déjà accueilli dans sa prairie des groupes comme Taake, Mayhem, Septic Flesh, Rotting Christ, Devourment, Grave, Melechesh, Orphaned Land, Enthroned, Finntroll; le tout avec un son et des conditions agréables, loin de l’industrie des énormes fests qui négligent parfois l’aspect humain. Au Méan, les groupes sont accessibles, on a un excellent échantillon de la scène metallique, un son de qualité, et on n’est pas obligé de regarder ses groupes préférés derrière une mer humaine qui s’étale sur 500mètres.

En bref, au Méan, on a l’impression d’être en famille, dans un cadre assez joli, avec une accessibilité qui fait plaisir : des navettes gratuites entre la gare la plus proche et le festival sont proposées aux festivaliers. Pour 30€, cette année, on avait accès au camping, à la soirée du vendredi soir avec un groupe de reprises des Rolling stones, puis évidemment, au festival du Samedi avec une affiche ma fois assez bien foutue : Catarrhal, Urzamoth, Pestifer, Helrunar, Dark Fortress, Urgehal, Keep Of Kalessin, Aborted, Enslaved et Kataklysm.

Toute une aventure

La journée du vendredi 19 août fut bien chargée, en partance de Charleroi-Sud (là où je travaillais pour le mois), je prends le train pour aller chercher deux collègues français, un vilain roux, et un membre de la GDP, notre cher Halkeron. Arrivé à Bruxelles-Midi, j’attends mes compères patiemment sur les quais réservés aux Thalys. Assez nerveux je dois dire, on a à peine 8minutes pour se retrouver et prendre le train à l’autre bout de la gare… Évidemment, problème en vue : le thalys ne peut pas rentrer en gare, vu qu’un autre en partance pour les Pays-Bas a un problème technique. Finalement, le train tant attendu arrive avec une lenteur désespérante. Mais heureusement c’est avec aisance que je reconnais les Français que je cherchais : un roux de 190 centimètres arborant une touffe titanesque, c’est facilement repérable.
Pas le temps de faire des bisous, on court, on monte dans le train, et à peine assis, celui-ci démarre. Ouf… C’est parti pour deux heures à travers la Belgique pour rejoindre Marloie, deux heures pour faire connaissance…

Finalement à destination, on attend en face de la gare la dernière navette de la journée. Elle arrive pile à l’heure. Il est 20h30 et on est apparemment les derniers à être arrivés. On a le minibus pour nous tout seul et on en profite pour siroter une bière en canette. Après une petite demi-heure de route, on arrive enfin à Méan, soleil couchant sur la plaine, chapiteau installé.

Camping presque vide au crépuscule

Ça commence!

Les tentes installées, on décide de grignoter un morceau, posés dans l’herbe. Les températures sont agréables et le resteront pour le weekend. Vers 21h30/22h00 on entend la musique se mettre en route. Ce soir, c’est Bouldou & The Sticky Fingers plays The Rolling Stones qui s’y colle. Comme vous l’aurez compris, il s’agit d’un cover band des légendaires Rolling Stones (sans déconner). On se rend vers le chapiteau (à 3-4minutes de marche du camping) et on prend nos places : 5€ pour la soirée et 25€ pour le festival. La sécu nous fait signe qu’on ne peut pas entrer avec nos canettes, on se décide donc à les finir dehors en vitesse.
Sous le chapiteau la soirée est déjà bien entamée. Un très bon son, pour un groupe qui joue ma fois assez bien. Évidemment, on a notre lot de classiques (Paint It Black, Angie,…) chantés à merveille par un clone musical et même physique de Mick Jagger. Petite soirée agréable, on les regarde une quarantaine de minutes et on remarque que le public pour la nuit est très différent de celui du lendemain : des jeunes, des vieux, et déjà quelques métalleux déjà présents sur les lieux.

Angie, oh angie!

Mais bon, vient un moment où la faim se fait ressentir, on va donc à la baraque à frites posée plus loin. On passe notre commande sans soucis (ou presque) et on repart avec notre butin vers le camping. Une fois bien installés, on bouffe, on finit la dernière bière qu’il nous reste, on cause, et on va finalement se coucher pour pas être trop mort demain (et aussi parce que ma semaine de boulot m’avait complètement bousillé).

La journée Metal

It's a beautiful day, the sun is shining

9h00, je crois qu’on est tous réveillé à cause de la même chose : un couple flamand s’envoyant gentiment en l’air bruyamment qui nous fait partager sa joie de vivre. Ne pouvant plus dormir, je décide de me lever, le soleil est déjà brûlant (le thermomètre atteindra les 35°! Un événement rare pour la Belgique!), les autres se réveillent, on se lève bien calmement et on décide de se promener dans le village qui est décidément petit, composé d’une église, d’une centaine de maisons en pierre… En croisant un habitant, on demande où se trouve l’épicerie la plus proche et on nous répond à 4km… Ouais on se contentera de la bouffe du fest’ alors…

On retourne vers le chapiteau, on discute avec deux gaillards qui attendent l’ouverture du site. Après une vingtaine de minutes d’attente, on peut finalement rentrer, avoir nos beaux bracelets Metal Mean Festival noir & rouge. Directement, on se dirige vers le Merch pour faire nos emplettes avant que la foule piétine la douce herbe de Méan. A nous trois, on prend 9cds, à 90€ dont des belles choses rares.

On retourne au camping pour mettre nos acquisitions à l’abri, et pour attendre un de mes amis qui est censé arriver bientôt, on entend au loin Catarrhal qui commence, ça a l’air sympa, on perçoit quelques riffs qui envoient bien et un growl bien cool mais difficile de juger un show avec ça. Entre-temps, voilà mon pote qui débarque, parfait, il s’installe et on retourne au concert.

En arrivant, on échange 15€ contre 10tickets (1ticket=1bière/Soft) ce qui est toujours une bonne surprise, ayant déjà vu des concerts où la Jupiler coupée à l’eau coûtait la bagatelle de 2.50€… A ce niveau je dois dire que le Metal Méan pratique des prix forts sympa. Le prochain groupe se met à jouer : encore un groupe belge, Urzamoth, du black metal bien branlé qui sonne vachement bien, pas original, mais on regarde ça au loin, assis avec une choppe à la main, pas encore bien chauds.

On se promène encore un peu près du merch, on lorgne un peu vers la bouffe, mais manger ce sera pas pour tout de suite. Pestifer monte sur scène, et commence à faire les soundchecks. Le combo belge, gagnant du concours de l’année passée, propose du Technical Death bien foutu, ils sont jeunes, et ils envoient autant sur leur unique album que sur scène, et en plus ils ont déjà l’air appréciés, il y a bien une dizaine de fans dans le public. Ça fait toujours plaisir de voir des petits belges se démerder comme ça! Leurs compositions sont bien foutues, bien techniques avec des riffs qui tâchent bien, mais certaines parties sont assez brouillonnes, c’est dû à une batterie qui bouffe assez bien sur la gratte rythmique et la basse. Que des petits problèmes, Pestifer nous a offert un show agréable et on leur souhaite plein de bonnes choses.

Pestifer , troisième groupe de la journée!

Direction manger. Voilà le plus gros problème du Méan, et ce depuis plusieurs années : la NOURRITURE. Trois malheureux petits stands qui accumulent des files énormes. Les pizzas sont assez bonnes, mais deux tickets (3€) pour ¼ c’est un peu exagéré. 3€ pour un pain saucisse, ça passe mais tomber à cours de charbon pendant les heures de pointe… Et la baraque à frites ? Une lenteur hallucinante, soi-disant un problème avec les friteuses… Un problème qui dure depuis trois ans ? Soit, on obtient notre bouffe, et on va se remettre sous la tente.

Les Allemands d’Helrunar arrivent, et balancent leur Black Metal teinté de folk et d’ambient avec une maîtrise qui fait plaisir. Un bon son, un groupe qui sait où il va, et qui a tout de même son propre concept et sa propre imagerie (écouter Sòl, leur double-album!)
Aussi bon et réglo que sur album, Helrunar et sa prestation bien classe fut une des meilleures de la journée, et puis un chanteur de Black Metal qui a 50ans, qui maitrise le français avec un fort accent allemand, ça fait toujours plaisir.

Bonchour, nous sommes Helrunar et nous allons chouer du Black Metol.

Hop, concert fini, comme il faut chaud, on va évidemment se boire une petite mousse, assis dans l’herbe au calme, vagabondant encore un peu près du merch. Quelques minutes à peine après le départ d’Helrunar de la scène, ce sont déjà les autres Allemands qui font les soundchecks : le Méan est réglé comme un coucou suisse ; l’orga avait mis : Dark Fortress : 16h10, eh bien Dark Fortress a commencé à 16h10.

Rien de fou la bière

Les petits gars de Dark Fortress amassent pas mal de fan sur le devant de la scène, je regarde personnellement à droite de la scène, n’ayant pas envie d’être entrainé dans le pit bien chiant. Dark Fortress est bien sympa mais n’accrochant pas du tout à leur formule en album, Dark Fortress ne m’a pas accroché non plus en concert, leur Black Metal moderne, mélodique, compact me laisse définitivement froid. Mais les fans en ont eu pour leur compte : bonne présence scénique, bon son, chanteur présent qui n’hésite pas à headbanguer, à faire scander la foule. Un bon concert en termes techniques, j’ai passé un moment sympa, mais loin d’être le meilleur de la journée.

Les Allemands savent eux aussi faire tourner les serviettes.

Encore une fois, entre les deux groupes, on va boire un coup, j’ai retrouvé un autre pote, je discute avec lui, etc. Les prochains à jouer sont les petits bouts d’Urgehal : les premiers Norvégiens de la journée.

DIE FOR SATAN!

Urgehal fut un des meilleurs concerts pour moi. Déjà, sur disque, j’aime beaucoup ; du black metal en mode trve : violent, occulte, accrocheur, un esprit crade et rock’n roll. Pourtant, les retours sur les concerts étaient super mitigés : dans tous les gros festivals de l’été, leurs prestations avaient été moyennes, il suffit de regarder au Hellfest, presque personne de positif. Le quadri du Nord ramène ses sales gueules sur scène : corpse painting à outrance, gros pics sur la gueule, le chanteur arrive et cause direct de Satan. Et la musique ? Eh ben c’était énorme : leur black metal crade était super bien foutu, les riffs catchys, un vrai petit bonheur. Petite anecdote amusante : le chanteur a eu quelques problèmes de bégayement entre les chansons, entre les « PEOPLE, YOU MUST GO F-f-f-f-f-ucking nuts! » et les « F-f-f-f-Uck, f-f-f-fuck» on a été régalé de beauferie black metal. Un très bon moment !

Je vous épargne le récit de l’entre-deux concerts. Keep Of Kalessin sont les prochains à passer et vont nous offrir le pire concert de la journée. Les Norvégiens sont loin de produire une musique originale, ni même de qualité. Leur dernier album est une catastrophe : un black metal eurovision avec des paroles dignes d’un sous Rhapsody. Le groupe nous balance un premier titre où le refrain mal amené scande un truc du genre « DRAGON, POWER, LEGACY », et que dire de l’inimitable Dragon Tower et de son refrain ridicule (et qui a eu le malheur de me suivre toute la semaine d’après). Ce qui est aussi marrant, ce que sous le chapiteau c’était à moitié vide : comme l’année passée pour Thyrfing, les gus ont joué dans le créneau horaire ou tout le monde a faim. Un concert moyen, leur répertoire s’étalant quasiment uniquement sur le dernier disque, j’ai profité du concert pour aller chercher des bières de temps en temps, ça repose avant Aborted.

DRAGON, POWER, LEGACY!

Avant le concert du fameux Aborted (du moins fameux pour les Belges), repause bouffe : pendant que Jack et Guillaume font la file comme des cons pendant une demi-heure pour un pain-saucisse mal cuit (Le charbon ne rougeoie plus!), Halk et moi on attend vingt minutes pour un sandwich jambon-fromage : les femmes dans la caravane prétendant un problème d’huile qui ne chauffe pas (ou je ne sais quoi) préfère faire passer des gens au tour par tour, au lieu de demander à la file si quelqu’un veut quelque chose d’autre que des foutues frites. On fait la file, 25minutes, je prends mon courage à deux mains et demande s’ils ont encore des sandwichs. Une femme me répond : Oui, et ils sont frais (en voilà une bonne nouvelle!), je les prends, basta. Une demi-baguette, un peu de salade, de la mayonnaise, du jambon, la meilleure bouffe que vous pouvez trouver sur le Méan, et surtout celle qui vous remplira le mieux! La file fut tellement longue qu’on a failli rater le début d’Aborted (pas que ce soit grave mais bon).

Les petits Belges sur scène, comme vous le savez certainement, balance du Brutal Death, limite deathgrind, limite grind tout court par moment. Un concert court (45minutes seulement) mais éprouvant : Sven sur scène est un putain de malade, il saute, il court, il gueule, il se fait aller dans tous les sens, sa musique et son nouveau line-up envoie du gros pâté énorme. Mais les gens dans le pit étant pour la plupart des gros cons, personne ne répond au chanteur quand il dit « Faites un Circle Pit! », ils préfèrent se taper dessus, ou faire des pyramides humaines (non mais sérieusement ? Vous êtes cons ou quoi ?), de mon côté, je prends mon pied, on lance deux-trois slams sympas. On a le droit à des classiques du groupe : The Saw & The Carnage is Done, ou Meticulous Invagination (poésie, poésie). Un bon concert, un leader fou (dans le bon sens du terme), ça fait super plaisir.

BRUUUUUUUUUUIK

Après une telle dépense d’énergie, on se met dans l’herbe, moi avec un Mazout (coca-bière pour les incultes) qui a l’air de choquer mes amis français (bah tant pis), on discute, on se repose, en patientant pour le groupe le plus attendu fest : Enslaved.
On se met déjà tout devant pendant les soundchecks : on peut apercevoir quelques membres, tests des jeux de lumière, tests des instruments.

Les Norvégiens se font attendre.

Enslaved balance en sample, l’interlude Axioma, la lumière bleue pour accentuer l’effet, les Norvégiens montent sur scène, saluent la foule, et commencent par Ethica Odini. Ce fut le meilleur concert de la soirée pour moi, et ça a du être le meilleur concert de la soirée pour beaucoup de monde au vu des gens regroupés sous le chapiteau. Une setlist qui prenait de tous les albums récents , et aussi de l’ep Hordanes Land, on a eu le droit à du Ruun, à du Isa (gueuler le refrain comme un con, ça vaut de l’or l’air de rien), du Below the Lights. D’ailleurs, As Fire Swept Clean The Earth était juste magnifique, sur scène une lumière inondait la scène, évoquant parfaitement la chanson, j’en ai eu la chair de poule. Grutle (le bassiste-chanteur) est super impressionnant avec un jeu de scène vraiment efficace, avant chaque chanson, il s’amuse à expliquer le pourquoi du comment en traçant dans l’air des Runes, il appelle la foule à scander, à chanter, et dédie même la chanson « The Giants » à un fan tout devant qui mesurait facilement dans les 2m10.
Bon évidemment, les habituels chiants ont pogoté (même sur des pistes calmes ?), lancés des slams, etc. J’ai l’impression que le show a été court (alors qu’ils ont joué 1h15), la foule réclame un autre morceau, mais comme d’habitude au Méan, c’est pas possible (et c’est fort dommage), les Norvégiens saluent la foule à nouveau et s’en vont…
Enfin bon, ça ne m’a pas gâché le moment, et je reste ultra-ravi de la prestation des Norvégiens !

Le meilleur concert de la journée!

Bon évidemment, une heure et quart de Black Metal ça crève, je suis complètement lessivé, et pourtant j’attends toujours Kataklysm avec impatience : les Québécois qui envoient du Death mélodique ultra-puissant et qui sont reconnus pour être des tueurs en concert. Je me calme, prends une bouteille d’eau, et m’assieds sur une des tables où les caméramans ont officié toute la journée. Les Canadiens furent les seuls à prendre des libertés avec l’horloge, comme Mayhem l’année passée. Mais bon, c’était une question de dix minutes, pas plus. Les Québécois arrivent, et je reste inerte sur ma table, les trois premiers morceaux me laissent froid, j’ai l’impression que le groupe est endormi… Puis d’un coup, le chanteur a un sursaut d’énergie, (ou alors je me réveille ?), il dit qu’il filme pour le DVD, et qu’on doit gueuler car c’est de ça que le monde verra de la Belgique. A l’oreille de mon pote, je lui demande s’il veut aller plus devant, il me dit oui (le coquin) et on va se placer face à la scène, pas loin du pit. Kataklysm sort le grand jeu, ça devient littéralement jouissif, ça riffe à mort (une seule guitare pourtant !), le batteur est monstrueux, et le chanteur fait bien travailler la foule « Faites des slams, ils (la sécu, NDLR) s’ennuient là-d’vant ». Ils se souviendront bien du Méan je crois : un immense chauve a réussi je ne sais comment à monter sur scène, a fait un câlin au chanteur, et s’est jeté dans la foule. Toujours sympa de voir les fans en action.

Après une petite heure, les Canadiens jouent leur dernier morceau. Cette fois-ci définitivement claqués, on retourne au camping, là on tue nos derniers tickets en bière, on les finit près de nos tentes, et c’est parti pour un dodo bien mérité.

Dimanche de touristes

Debout à neuf heures, réveillé par la pluie (!!!) et par le même couple flamand qu’hier, j’aurais voulu aller prendre une douche (ouais je suis une princesse je sais), mais le local où les douches sont soi-disant disponibles est fermé de partout, donc je l’ai plus ou moins dans le cul, mais ayant reçu un verre de bière pile sur la tête pendant Kataklysm, je me lave les cheveux avec une bouteille d’eau et du Head&Shoulders… Après tout, on va à Bruxelles toute une journée avec les Français alors autant ne pas puer la merde. De nouvelles fringues enfilées, et trois couches de déo plus tard, on prend la navette, puis c’est reparti deux heures de train jusqu’à Bruxelles qui sont passées vite vu qu’on a tous dormi comme des merdes.

Fa...ti...gué.

Arrivés à Bruxelles, on n’a que 6 heures dans la capitale belge, moi qui aurait voulu montrer à mes hôtes quelques-unes des merveilles que Fromji avait pu expérimenter pendant 4jours avec votre serviteur belge. Crevant la dalle, on va d’abord bouffer une mitraillette pour se remettre d’aplomb. Direction ensuite le Manneke Pis, puis un vieux café Bruxellois où l’on prend une Kwak (hé hé). On se promène un peu dans le centre, grand’place, galerie royale, et puis direction rue des bouchers pour l’inévitable Delirium. On y prendra tous 4 bières, réparties en deux heures et demie. On y discute, on boit nos breuvages. Soit, il est temps de bouger, je vais leur montrer la cathédrale Sainte-Gudule (bien le nom hideux ?) puis on va prendre le metro jusqu’à la gare du Midi, je leur dis au revoir sur le quai des thalys, et je vais prendre mon train. Voilà comment se finit un weekend très bon, avec du metal, de la bière, des frites, un roux, et un barbu. A l’année prochaine, sacré Méan.

PS : Merci à Guillaume LeRoux de m’avoir accordé avec grâce l’autorisation de publier ses photos.