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The Devil’s Rejects (2005)

Deux ans auparavant, House of 1000 Corpses nous entraînait dans les folles et furieuses aventures d’une famille pas vraiment comme les autres. Rob Zombie s’illustrait alors pour la première fois en tant que réalisateur, et si le bilan de cette première expérience aura été mitigé en termes de critiques, le public a quant à lui réagit de façon plutôt positive face à un film reçu à l’époque comme une bouffée d’air frais pour le cinéma Horrifique.

Il n’en fallait pas plus pour mettre en chantier la suite directe de ce succès commercial, et c’est donc sans (grande) surprise que The Devil’s Rejects voit le jour en 2005. Bon, revenons un peu sur les origines de cette fiction.

Ce qu’il faut savoir avant toute chose, c’est que cette suite ne continue aucunement la précédente histoire entamée (qui était déjà terminée de toutes façons), vous pouvez donc regarder ce second volet sans avoir jeté un œil au premier, vous ne serez absolument pas perdu. The Devil’s Rejects reprend les mêmes protagonistes, la même famille, la même maison, les mêmes ficelles, le même humour… Sauf que cette fois il y a un scénario ! Et des séquences originales même, si si je vous le jure !

Le Shérif John Wydell, dont le frère a été assassiné par le Captain Spaulding, est bien décidé à se venger.

 

Très nette évolution en comparaison de la précédente réalisation de Rob Zombie, qui gomme avec cette suite tous les défauts de son aînée. Finies les errances, exit les clichés, bonjour l’Amérique et ses routes ensoleillées !
Nous sommes cette fois du coté des « méchants », les Devil’s Rejects en question sont bien connus du public puisqu’il s’agit tout simplement de la famille Firefly, résidents et propriétaires de la Maison des 1000 Morts, accompagnés désormais de ce clown douteux qu’est le Captain Spaulding. Pourchassés pour leurs crimes et leur train de vie peu orthodoxe, la joyeuse troupe se retrouve en cavale et n’a pas d’autre alternative que de s’enfuir au plus vite de l’état.

C’est donc un Road-Movie sanglant, violent, sexy, drôle et inattendu qui démarre en trombe pour ne jamais ralentir, et ce pour notre plus grand plaisir. Moins glauque que son prédécesseur, plus gore que ce dernier, plus amusant et surtout mieux rythmé, The Devil’s Rejects s’adresse à un public bien plus large, j’irais même jusqu’à dire connaisseur ou non du cinéma Horrifique, car c’est justement là la force de ce film : mixer habilement un nombre très important d’influences pour ne tirer que le meilleur de chacune et proposer un divertissement mémorable qu’on prendra souvent plaisir à voir et revoir. Et de ce point de vue, c’est totalement réussi.

Bill Moseley dans le rôle d'Otis a gagné une barbe dans cette suite, en revanche, il a perdu quelques cases de plus.

 

Rob Zombie a réussi à faire table-rase du passé et repartir sur des bases totalement nouvelles, pour finalement proposer une fiction unique, et l’inscrire de ce fait comme l’une des productions Horrifique les plus rafraîchissantes des dix dernières années, assurément. Comme je l’ai dit plus haut, The Devil’s Rejects est un concentré de tout ce que l’on aime dans le cinéma d’Exploitation, qu’il soit moderne ou non.

La bande-son est une fois de plus très soignée, toujours bien accordée à l’action et soutenant avec brio le périple des trois timbrés à l’écran. The James Gang, Lynyrd Skynyrd, Buck Owens, Joe Walsh ou encore The Allman Brothers Band… Le réalisateur nous prouve de fort belle manière son bon goût pour le Blues Rock et les racines du Hard. La compilation de classiques proposée ravira à n’en pas douter les aficionados du genre.

Les timbrés sus-cités, eux, crèvent totalement l’écran avec une performance encore plus marquante qu’auparavant, Sid Haig est absolument déchaîné et sort des répliques cultes à tour de bras ( « What’s the matter kid, don’t you like clowns ? Why ? Don’t we make ya laugh, aren’t we fuckin’ funny ? » ), Bill Moseley pousse à son paroxysme son personnage d’Otis, maniaque violent, cynique et dérangé, et Sheri Moon Zombie, quant à elle, use à nouveau à merveille de ses atouts naturels… Oui bon, elle joue mieux aussi, et surtout, ne se comporte plus comme une gamine attardée, c’est un bon point !

Ah, lui, il n'aime pas les clowns apparemment, chose qui ne plaît pas vraiment au Captain Spaulding.

 

Au niveau de la réalisation, le film se veut plus classique et surtout moins hallucinogène que son prédécesseur : les plans ultra-saturés et les mini-clips n’ayant aucun rapport direct avec l’intrigue ont été supprimés pour plus de cohérence, l’aspect « malsain » est bien moins exploité visuellement et laisse place à des scènes tout aussi tendues, optant pour une violence plus psychologique désormais (la fameuse prise d’otages). Au final, Rob Zombie a changé de direction horrifique et livre ici un bilan plus solide et convainquant que précédemment, on perds en personnalité pour gagner en intérêt et ce n’est honnêtement pas plus mal.

 

En résumé ? Si vous avez aimé House of 1000 Corpses, vous aimerez The Devil’s Rejects. Si vous n’avez jamais vu le premier méfait, ce second opus vous donnera sûrement envie de le voir. Enfin, si plus généralement vous êtes un amateur d’Horreur, d’humour noir, de Road-Movies et de vieux Rock, vous serez aux anges avec cette production déjà culte des années 2000, cocktail détonnant et dépaysant réalisé d’une étonnante main de maître par un artiste souvent controversé dans son milieu.
Rob Zombie, meilleur réalisateur que musicien ? C’est encore un peu tôt pour le dire, mais The Devil’s Rejects est sans conteste l’un des hauts-faits de sa carrière.

Chapeau le Zombie.

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House Of 1000 Corpses (2003)

J’aime bien Rob Zombie.
Personnage haut en couleur qui sévit depuis de nombreuses années, l’homme est un showman, un businessman, un musicien et désormais un réalisateur à la patte très personnelle et plutôt unique. Ambassadeur de la Série B et du Grand Guignolesque, un charme évident se dégage de ses productions, pour peu que l’on accroche à son univers.

White Zombie, c’est fini, Rob démarre sa carrière en solo, et ne compte pas s’arrêter à la musique, c’est un électron libre qui vit comme bon lui semble, peu importe l’opinion publique. Fan incontesté des Ramones, du gore à outrance et des productions Grindhouse, il lance en 2003 sa toute première production cinématographique en tant que réalisateur, intitulée House Of 1000 Corpses. On est prévenus d’avance avec la jaquette, le film sera un hommage au cinéma d’exploitation et à l’horreur en général, ce qui implique un fort taux d’hémoglobine, de répliques cultes, de sexe, et j’en passe…

Oui enfin bon, si le musicien avait déjà fait ses preuves depuis longtemps, le cinéaste lui n’en est qu’à ses balbutiements et peine souvent à rester debout.
En effet, House Of 1000 Corpses fonce un peu partout sans jamais vraiment savoir où aller, à droite à gauche, devant, derrière, on est un peu perdus en fin de compte.
Rob Zombie a fait un film à son image, une production à son goût, guère plus. Une utilisation de samples à outrance, un univers visuel très marqué et de la musique balancée à tosus les coins de rues, House Of 1000 Corpses , c’est ça, et pas vraiment grand chose de plus en fait.

Tu n'aimes pas les clowns ? La gazette du Platypus, elle, aime les clowns !

Fort bien réalisé, dirigé avec brio, esthétiquement soigné et doté d’un humour très noir, le film aurait pu cartonner si il avait… un scénario ? C’est malheureusement le constat que l’on a en arrivant au générique final : la production n’est qu’un immense patchwork de tous les grands succès du genre. Une famille de dégénérés (The Texas Chainsaw Massacre), des masques de cuir découpés sur le visage des victimes (Leatherface), des jeunes en week-end qui vont rapidement baigner dans leur sang (N’importe quel Slasher moderne, ou moins), une maison diabolique…

Oui, tout ça c’est très déjà vu, et tout ça ce n’est pas des plus divertissant quand on a déjà dégusté par camions entiers les classiques du genre.
Le film est néanmoins sauvé par l’excellente performance des futurs Devil’s Rejects, mention spéciale à Bill Moseley dans le rôle d’Otis qui nous livre un maniaque totalement dingue très convainquant (Et ce n’est rien comparé à la suite), mais gros malus pour la jolie Sheri Moon qui est proprement INSUPPORTABLE du début à la fin. Son personnage est volontairement exagéré, mais c’en est énervant, entendre un Pokémon couiner pendant 1h20, c’est éprouvant. Sid Haig dans son désormais cultissime rôle du Capitaine Spaulding est bien entendu l’une des vedettes du show, une interprétation au poil qui s’avère particulièrement croustillante.

Quant aux dialogues, sortez vos carnets, vous risquez de relever des one-liners en or ici et là à tout moment du film (« It’s all true, the Boogeyman is real, and you found him ! » – Hé quand même, Duke Nukem s’en est récemment servi).

Bill Moseley dans le rôle d'Otis est assurément un drôle de personnage.

En résumé, un film assez bancal qui ne présente que peu d’intérêt pour son scénario ou son originalité, mais qui brille de milles feux pour son univers visuel et la performance des principaux acteurs. Passé le coté esthétique de la chose, tout cela s’avère bien creux et décevant pour le fan d’horreur, assurément. Fort heureusement, Rob Zombie avait de la suite dans les idées et nous gratifiera de l’excellent The Devil’s Rejects quelques années plus tard.

Au final, on s’en sort pas trop mal.