Enter The Void (2009)

Le drugmovie, c’est pas vraiment ma came… J’en ai vu quelques uns, parmi lesquels les fameux Trainspotting (un excellent film) et Requiem For A Dream (exagéré, racoleur, too much, trop dramatique et cliché pour vraiment me plaire).
Voilà qu’il y a quelques temps, Enter The Void, traduit en français par « Soudain Le Vide », pointe le bout de son nez dans le monde du cinéma.
Gaspard Noé, papa dudit long-métrage, avait aussi accouché de Irréversible (que je n’ai pas vu).
Le film a été accueilli comme le messie par beaucoup de webzines français, considérés par ceux-ci comme étant le trip absolu, un film artistique transcendant, je n’ai pas encore trouvé un seul webzine français qui le descend… Ah chauvinisme quand tu nous tiens!

Oscar vit à Tokyo, avec sa sœur, Linda, ils se sont promis après la mort de leurs parents de rester ensemble malgré tout ce qui pourrait arriver… Le Héros, junkie et dealer amateur, gagne son pain en vendant un peu à gauche à droite, sa sœur elle, est gogo danseuse dans un bar japonais. Un soir, un ami lui téléphone pour une livraison au bar « The Void ». Il s’y rend, mais malheureusement, c’était un vilain piège tendu par la police.  Notre héros essaye de s’enfuir, mais nos braves flics bridés le descendent… Voilà que le personnage principal de notre film crève après dix minutes, c’est pas bien joli tout ça… Mais, tada, il flotte au-dessus de son corps, et va suivre sa sœur pour la protéger…

La ligne du film est incroyablement visible, et le réalisateur n’essaye pas d’être subtil. Ce métrage, c’est juste un trip, l’histoire, on en connait déjà la fin après vingt minutes, tous les éléments sont donnés dans des discussions, il faudrait vraiment être bête ou sourd pour ne pas comprendre quel tournant le long-métrage va prendre… « Enter The Void » est long, du haut de ses 2h45… Pourtant, malgré une histoire racontée dans les dix premières minutes, malgré une longueur excessive, le film n’ennuie pas…

Le DMT, c'est pas bon pour la santé.

L’essence du long-métrage, c’est dans sa réalisation. Vous n’avez sans doute jamais vu un truc pareil : la première scène , on voit le héros qui cause avec sa sœur de banalités. Elle s’en va et laisse son frère dans leur appartement, notre ami va essayer du DMT, qui soi-disant d’après un des personnages, libère les mêmes toxiques que la mort.
Et là, le trip visuel et sonore vous éclate à la gueule. Des couleurs, des bruits flippants, des formes, plein de trucs bizarres… C’était donc pas pour rien que les ¾ des fans du film disent sur le net qu’il faut être défoncé pour apprécier Enter The Void… Dès lors, je vous conseille de le regarder sur la meilleure installation possible, les sons et l’image jouent vraiment, je déconne pas, ne le regardez pas sur votre portable dans le train, c’est une très mauvaise idée.

Gaspard Noé prend plein de risques avec sa caméra, et à aussi le don d’utiliser certains flashbacks pour foutre des grosses boules inattendues… Vous avez déjà entendu parler d’un film qui se passe à moitié en plongée ? Tel l’esprit flottant du héros, la caméra virevolte au-dessus d’un Tokyo sous acide, rentre dans les murs, se projette dans des formes… Des sons, des images, et une angoisse latente qui nous suit tout du long. La surprise visuelle ne se tarie pas durant le temps imparti, le film est hypnotisant, on pourrait presque tripper autant que le héros…
Si le film de Noé aurait pu être un chef-d’œuvre, il sort du chemin vers la gloire du panthéon à cause de plusieurs points noirs…

Voilà le cheval pénible du film.

La sœur du héros, que l’on suit pendant une grosse partie du film, est insupportable. Jouée par Paz de la Huerta, femme immonde aussi laide que l’épouse de Jack dans Shining à mes yeux : corps de poupée sur lequel on a posé la tête de Jane Birkin en mode pomme-de-terre (bon, j’avoue que c’est vachement subjectif). Soit, je ne sais pas si c’est elle ou son rôle, mais le personnage de la sœur est totalement repoussant et à autant de charisme qu‘un cul de bonobo…
Je pense que Noé a essayé de créer un personnage malsain et malheureux, le résultat, c’est une espèce d’enfant colérique ou absent dans le corps d’une pute qui participe à des orgies… Vous la verrez sous toutes ses coutures, le film proposant une surdose de sexe, tournant parfois presque au porno tant les détails sont nombreux. La dernière fois que j’avais vu autant de gros plans sur l’intimité des acteurs, c’était dans Antichrist de Lars Von Trier, sans en atteindre le niveau de degueulasseries (heureusement). Regardez-le avec vos potes, seul, au cinéma, mais pas avec votre copine, votre petite-sœur ou votre mamy (sauf si Mamy aime la fête bien entendu).
Les parties où l’on suit la sœur sont sans doute les moins bonnes, tout simplement parce qu’il est difficile de s’attacher à un personnage pareil qui n’a rien de réaliste et qui n’a euh… rien d’attachant ? Les autres acteurs, s’ils ne sont pas aussi horribles qu’elle, sont tous banals et ne soulèvent rien de particulier… Un défilé de personnages ennuyeux dans le monde de Gaspard Noé, voilà qui contraste…

Autre chose : le métrage est lent, parfois à bien, parfois à mal… Notre ami expérimente, et le fait bien, mais l’utilité de filmer un fond blanc qui clignote pendant près de trois minutes ? Certaines prises de risques s’avèrent douteuses, et pas vraiment nécessaires… Parmi le trip, elles sont moindres, mais peuvent néanmoins faire effet de cassure…

Un dernier point dérangeant, ce sont les voix… Acteurs français, acteurs espagnols… Moi qui regarde mes films en VostEn, c’est un vrai calvaire d’entendre des dialogues entiers écorchés par une mauvaise pratique de l’anglais. Ce n’est peut-être que moi, gros difficile que je suis, mais si vous êtes un amoureux des accents anglophones, préparez-vous à saigner.

Gaspard Noé nous a livré un film-expérience… Derrière sa caméra, il fait des prouesses : le trip visuel est époustouflant, accompagné par une bande-son discrète, mais parfaite. Dans votre fauteuil, avec le son à fond, avec une télé de bonne qualité, vous avez beaucoup de chance d’apprécier le voyage qu’il vous propose. « Un artiste essaye de nous montrer quelque chose » proclamait un critique du New-York Times.
C’est exactement ça, il a essayé, et y est presque parvenu… Le sentier vers le chef-d’œuvre obstrué par des acteurs pas folichons, des longueurs inutiles, un scénario grossier et mal dissimulé… Mais le trip sensoriel est réussi, l’expérience est unique, ce qui fait de ce film, un petit chef-d’œuvre en son genre malgré tout.

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