Strange Circus (2005)

Le cinéma asiatique (surtout Japonais et Coréen) est depuis quelques années une bonne alternative à la machine américaine aux produits devenus parfois trop lisses et sans surprises, plein de tabous et sans poésie aucune. L’Asie s’est fait nouveau maître dans plusieurs domaines : du dessin-animé (Le voyage de Chihiro, Le tombeau des Lucioles,…) à l’horreur (A Tale Of Two Sisters, Ringu,…) en passant par les thrillers (Perfect Blue, Oldboy, Sympathy for Mister/Lady Vengeance,…)

Strange Circus porte très bien son nom. Sion Sono derrière la réalisation, la production et le scénario nous propose un film torturé, au scénario lourd et grave mélangé avec une bonne dose de surréalisme. Le tout servi avec une imagerie dérangeante.

Un soir, Mitsuko, fillette de douze ans, entend du bruit venir de la chambre parentale. La curiosité aidant, mademoiselle regarde à travers le verrou et surprend (comme vous l’avez sûrement deviné) ses parents en plein acte charnel. Le père alerté, s’arrête et surprend sa fille… Il va alors l’enfermer tous les soirs dans un étui à violoncelle, la forçant à être témoin de tous leurs actes sexuels.
Très vite, cependant, l’homme va échanger les rôles : Forcée à entrer dans l’étui, la femme du satyre va assister au viol de sa fille, et vice-versa, et vice-versa… Les deux femmes vont en arriver à perdre leurs réalités, à les échanger, la fillette devenant la mère, la femme devenant l’enfant…
Tel est le résumé du nouveau livre de Taeko, écrivaine à succès de thriller. Son nouvel assistant Yeji, jeune androgyne étrange, se pose des questions… Est-ce que ce livre ne serait pas une autobiographie ?

L’Œuvre de Sion Sono est écrite d’une façon résolument malsaine, sombre, et grand-guignolesque, utilisant les ficèles du thriller, de l’horreur (sexuelle, incestueuse, sanglante sans aucun tabou) et de l’ero-guro. Ce sous-genre du cinéma japonais fait beaucoup du côté malsain  : son rôle est de montrer les scènes sexuelles. Les ficelles de ce genre peuvent être énormes et peu subtiles : les jeunes-filles violées par des tentacules (oui, les Japonais sont fous) par exemple. Néanmoins, son utilisation est souvent orientée vers la « poésie » dans les films ou la littérature… Les scènes crues, brutales, grand-guignolesque sont donc légion.

Mais le film ne se compose pas uniquement de scènes crues, beaucoup de métaphores visuelles sont employées… La plus facile à expliquer est l’image de deux filles, poussant un écran de télévision ,où apparait la tête du bourreau de Mitsuko en sueur, dans un couloir tapissé de sang… Cette image, répétée plusieurs fois dans la première moitié du film exprime les viols, la perte de la virginité de la jeune-fille…
Autre exemple, le film est parsemé de scènes où les protagonistes de l’histoire assistent à un numéro de cirques, opérés par des drag-Queens. Ledit spectacle tourne autour d’une guillotine… L’introduction et la conclusion du film se font d’ailleurs via ses scènes dérangeantes…

Scène métaphorique...

Notre ami Sion joue d’ailleurs beaucoup avec le téléspectateur . Il manipule la trame : on ne sait pas toujours si c’est la réalité ou pas, si on est dans le passé, le présent ou le futur.
Malgré l’apparent capharnaüm visuel et scénaristique, le film est clairement découpé en deux parties distinctes : la première partie met en image le calvaire de Mitsuko, la deuxième quant à elle montre l’enquête de Yeji, sa vie avec l’écrivaine, et le dénouement final… Dénouement final qui joue encore avec vous. Strange Circus propose un twist et une explication confuse. Non pas qu’il soit tiré par les cheveux (tout le film l’est, c’est un thriller surréaliste ne l’oublions pas), il est à vrai dire « logique » et superbement amené, finissant avec brio un film à l’expérience…inoubliable!

Strange Circus n’est pas un film à mettre en toutes les mains : dérangeant, malsain, grandiloquent, cru, compliqué, il peut vite tourner en calvaire pour les sensibles ou ceux dépréciant les films originaux, tortueux et torturés… Les autres devraient y trouver leur compte et apprécier ce thriller surréaliste comme il se doit.

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