Saturnus – For the Loveless Lonely Nights

Le Danemark ? Jamais foutu les pieds, mais en y réfléchissant, ce pays a produit pas mal de très bons groupes, proportionnellement à sa taille ! Et aujourd’hui, je m’attaque à Saturnus, des doomsters plus vraiment actifs (site officiel HS, dernier album en 2006…). On remonte donc en 1998, pour un petit passage en revue de leur EP sorti entre leurs deux premiers albums.

Saturnus, c’est un peu un de mes groupes « Madeleine de Proust ». Le genre de groupes que j’avais découvert par des hasards sans doute improbables, en butinant par-ci, par-là, en parcourant au hasard des pages internet, à l’époque où je téléchargeais un par un les titres des groupes dont j’entendais parler… sur frostwire (hop, + 10 points de loose pour bibi !). Bref, Saturnus, un vague vestige du passé dont je ne connaissais que quelques titres.  Je suis donc revenu vers la formation récemment, en m’attaquant à ce petit EP. Au menu donc : six titres, dont 4 inédits (l’un d’eux, « Thou Art Free », se retrouvera sur l’album suivant du groupe, Martyre), et deux titres en live.

On a affaire à du doom death assez larmoyant. Tous les ingrédients sont bel et bien au rendez-vous :  tempos pesants, pas mal de piano, de la guitare acoustique pour rendre les morceaux plus soyeux, et bien sûr ces inévitables leads de guitare si typiques, dans les aigus, mélancoliques à souhait. Je pourrais faire mon Didier Super et m’exclamer « Y’en a marre, marre, du doom ! » (NDLR : n’importe quoi) si ce n’était pas aussi réussi. On est transporté le long de l’écoute, par le talent de ces Danois à nous communiquer la peine, les regrets, l’angoisse, à nous les suggérer sans nous les imposer. Les titres sont relativement variés sans rendre l’album hétérogène : le titre d’ouverture, bien doom / death avec son refrain growlé (le growl du chanteur est assez spécial, profond sans être réellement violent, mais en tous les cas, vraiment prenant), nous plonge de suite dans une ambiance forcément propre à l’introspection. Le titre qui suit, par exemple, propose quelque chose de moins écrasant mais de bien plus lumineux, avec chant clair, acoustique et violons. Posé comme ça, on est en droit de s’attendre à un titre bidon et stéréotypé de doom pour chouineuses, mais c’est une vraie belle réussite.

Un mot sur les deux titres en live. Très réussis, mais à part quelques applaudissements à la fin et l’annonce du titre au début, on croirait entendre la version studio, l’illusion est parfaite ! Cela dit, comme je viens de le dire, ces deux morceaux s’écoutent avec plaisir (un plaisir masochiste tout de même, n’oublions pas qu’il s’agit de doom metal). Le renfort apporté par des chœurs  féminins est le bienvenu, conférant une dimension assez mystique à l’ensemble.

Carton rouge en bout de parcours tout de même, avec un « Consecration » chiant comme pas permis, un titre interminable de dark ambient à base de cuivres, de chuchotements louches et de… pas grand chose d’autre. Dommage de finir sur une note négative comme ceci…

Ainsi donc, un EP au caractère bien affirmé, qui a le bon goût de ne pas tomber dans les clichés du genre, nous proposant des titres forts en bouche. Je recommande.

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