Le Guide du Voyageur Industriel – Première Partie

L’indus, vous le savez, c’est ma grande passion ! Ou peut-être ne le savez-vous pas. Peut-être même ne savez vous pas ce qu’est l’indus. Encore pire, vous pensez le savoir mais vous trompez sur toute la ligne, pauvre ignare que vous êtes. Quoi qu’il en soit, on ne parle jamais assez de ce fantastique genre musical. Première partie d’un ambitieux guide en terres industrielles.

La musique industrielle est en effet tout d’abord un genre musical, même si son confinement parfois extrême à la « non-musique » en fera dire plus d’un qu’il ne s’agit que de bruit – et ils n’auront pas tout à fait tort. On attribue la naissance du genre au groupe anglais Throbbing Gristle qui fut en activité de 1975 à 1981, après quoi il donna naissance à d’autres groupes tout aussi légendaires que Psychic TV et surtout Coil. Le nom du genre vient en fait du label créé par le groupe, Industrial Records, au fameux slogan « Industrial music for industrial people ». Le terme « industrial » ne vient pas tant des sonorités utilisées dans la musique, rappelant effectivement beaucoup le monde industriel avec des percussions métalliques et des sons électroniques, mais se pose surtout en opposition à l’univers « campagnard » de la musique anglaise du milieu des années 70 (Led Zeppelin, la scène venue de Canterbury, le rock progressif, le folk rock… Jethro Tull prend par exemple son nom de l’inventeur du semoir…).

La musique industrielle trouve cependant ses racines très en arrière dans le temps. Les premiers expérimentateurs manipulant la bande magnétique, tel l’italien Luigi Russolo, actif de 1901 à 1947 ont eu une influence énorme sur la noise et la musique électronique, les deux parents de la musique industrielle. Le fameux Metal Machine Music de Lou Reed (1975) peut également être considéré comme le tout premier album de musique industrielle.

Si vous connaissez un peu l’histoire de Metal Machine Music, album ô combien doux à l’oreille (je l’utilise pour bercer mon lapin nain tous les soirs), vous saurez qu’il s’agit d’un gigantesque doigt d’honneur à la face de l’industrie (ohoh) musicale. L’indus des débuts conserve totalement cette approche en adressant cette fois-ci le doigt d’honneur à tout le monde et à toutes les idées préconçues sur la musique. Quelques concepts de base de ce mouvement : le premier et le plus important, il n’y a pas besoin de savoir quoi que ce soit à la musique pour pouvoir en jouer, ce qui peut faire sonner un disque d’indus comme un énorme bordel bruitiste. Également : tous les moyens sont bons pour attirer l’attention et provoquer la réflexion, ce qui vaudra au genre et en particulier à ses rejetons une certaine notoriété pour l’usage immodéré de symboles sulfureux (pour ne pas dire empruntés à l’imagerie nazie). Autre caractéristique du mouvement, le fait qu’il ne se limite pas à la musique. Throbbing Gristle et Laibach étaient ainsi à leurs débuts des actes d’art contemporain plus que des groupes de musique, utilisant d’autres médias comme la peinture ou plus couramment des performances ressemblant grandement à des attentats sonores et visuels.

Je vous laisse sur une prestation live de Throbbing Gristle avec son titre mythique « Discipline », représentant parfaitement l’esprit des débuts du mouvement indus, et à plus tard pour la deuxième partie de ce sensationnel guide de l’indus, où vous apprendrez que Devin Townsend et Deathstars sont autant des groupes d’indus qu’Ilona Mitrecey.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :